Mon oncle Oswald Roald Dahl Lectures de Liliba 

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Le premier mardi, c'est permis Stephie

 

Vous vous souvenez d’Oswald ? J’avais fait sa connaissance dans La grande entourloupe, découvrant ce personnage fantasque, cet hédoniste que sa passion pour les femmes entrainait vers des aventures vraiment cocasses.

Le revoilà ici dans un roman complet, où nous allons apprendre comment il est devenu immensément riche. Parce que vous en conviendrez, consacrer sa vie aux plaisirs, ceux de la chair et ceux des bons vins ou des bons cigares, c’est bien, mais encore faut-il en avoir les moyens !

Son neveu, qui nous transmet l’histoire d’Oswald en nous lisant son journal intime, parle de lui en ces termes : « Le connaisseur, le bon vivant, le collectionneur d’araignées, de scorpions et de cannes, le passionné d’opéra, l’expert en porcelaines chinoises, le séducteur de ces dames, et sans nul doute le plus grand fornicateur de tous les temps. Je sais, d’autres personnages  célèbres ont prétendu à ce titre de gloire, mais ils se retrouvent simplement couverts de ridicule quand on compare leurs prouesses à celles de mon oncle Oswald. Je songe en particulier à  ce pauvre Casanova. Il sort de la confrontation avec l’allure d’un homme atteint d’une grave déficience de son organe sexuel. »

Oswald étant doué en toutes choses, c’est à 17 ans qu’il a gagné ses premières 100 000 livres. Il part chercher en Afrique une poudre très rare, fabriquée par partir d’un insecte, réussit à en négocier le commerce et ensuite à en faire fabriquer en quantités industrielles, tout en ayant la main mise sur la production. Et cette poudre est un petit miracle à elle toute seule ! En effet, elle est si aphrodisiaque, si puissante qu’une seule dose infinitésimale suffit à faire de n’importe quel homme ou femme une bombe sexuelle (souvenez-vous de Chienne, une des histoires de La grande entourloupe !). Jeunes ou vieux, ceux qui ingurgitent cette poudre sont pris d’un désir frénétique à assouvir de suite…

Après avoir testé le pouvoir de la poudre, Oswald, alors à Paris, commence à vendre quelques doses de poudre en tout petit comité à quelques personnes triées sur le volet : l’ambassadeur de Grande-Bretagne en France, ami de son père chez lequel se passe la réception, les ambassadeurs d’Allemagne, d’Italie, de Hongrie, Russie, du Pérou… plus le ministre français des affaires étrangères, un général d’armée ainsi qu’un mystérieux japonais… Bref du beau monde ayant chacun pignon sur rue dans leur pays, de l’argent, des relations et tous bien évidemment séduits par cette idée !

« Le succès fut énorme. Les ventes doublèrent, triplèrent même. A la fin de mes douze mois à Paris, j’avais en banque environ deux millions de francs ! C’est-à-dire cent mille livres ! J’avais maintenant presque dix-huit ans. J’étais riche. Mais pas encore assez riche. Mon année en France m’avait montré on ne peut plus clairement le chemin que je souhaitais suivre dans la vie. J’étais un sybarite. Mon existence devait se dérouler dans le luxe et l’oisiveté. Je ne m’ennuierais jamais, non, ce n’était pas mon genre. Mais je ne serais vraiment satisfait que si le luxe se doublait d’une intense volupté, et si le loisir demeurait sans limites. ». « Il m’était impossible de tolérer un champagne médiocre ou le plus léger manque de confort dans un domaine quelconque. Selon ma propre vision des choses, seul le luxe le plus raffiné – et par là j’entends ce qui se faisait de mieux dans le monde entier – était à peu près digne de moi ». Mais Oswald se targue malgré tout d’avoir de la morale : « Personnellement je suis très scrupuleux sur les méthodes que j’emploie. Je refuse toute entreprise susceptible de me rapporter de l’argent si elle n’obéit pas à deux règles d’or. D’abord, cela doit me divertir énormément. » On se prend à l’envier…

Il faut dire qu’Oswald a été éduqué par son père à aimer les bonnes choses : « Sens-moi ce parfum ! Respire ce bouquet ! goûte-le ! bois-le Mais n’essaie jamais de le décrire ! Impossible de rendre compte d’un tel délice avec des mots ! Boire un Romanée-Conti équivaut à éprouver un orgasme à la fois dans la bouche et dans le nez. »

« Il m’enseigna que, si l’on s’intéressait à un sujet quelconque, il fallait foncer de l’avant à toute allure. Le serrer dans ses deux bras, l’embrasser, l’aimer, et surtout se passionner ardemment pour lui. La tiédeur ne donne aucun résultat. La chaleur non plus. Seule la passion résolument ardente apporte la satisfaction. »

« Même à ce stade précoce de ma carrière, j’avais déjà établi que seules les nouvelles femmes m’intéressaient. Passer à l’attaque une seconde fois ne servait à rien. C’était comme si on lisait un roman policier deux fois de suite. On savait d’avance ce qui allait se produire. […] ce principe de ne jamais coucher deux fois avec la même femme est l’un de ceux auxquels je suis demeuré fidèle toute ma vie, et je le recommande à tous les hommes d’action qui aiment la diversité. »

Mais le commerce de la poudre sexuelle a ses limites, qu’Oswald veut dépasser. Il désire devenir immensément riche, et c’est là que germe son idée la plus grandiose. Il se lie d’amitié avec un de ses professeurs de Cambridge, une sorte de savant fou, ayant inventé le moyen de congeler des cellules humaines sans les endommager. Avec la complicité de la belle Yasmin, une de ses amies, et celle de l’inventeur, Oswald décide de faire une fantastique récolte, qui se vendra dans quelques années des millions. Les compères listent donc les hommes célèbres de leur époque, pour pouvoir recueillir leur sperme, qui sera ensuite vendu à prix d’or. Qui ne voudrait d’un fils portant les gênes d’Einstein, Picasso ou Proust ?

« Il suffit de leur faire avaler en douce un peu de poudre, et ils nous donneront automatiquement mille millions de leurs petits spermatozoïdes tout frétillants ! » Ce qui semble simple, car Yasmin n’a peur de rien, et sa morale est plutôt flexible : « Je ne demande pas mieux que d’être l’allumeuse. Je vais les exciter à mort. Même les vieillards impuissants redeviendront capables d’éjaculer. »

Voici la liste de leurs pigeons qui, vous l'avouerez, représente un beau panel ! 

La substance aphrodisiaque sera cachée dans d’innocents chocolats que la belle Yasmin va offrir à chacun de ces messieurs, pour tenter de revenir avec la précieuse semence… ce qui ne sera pas de tout repos !

Oswald n’a pas de tabous, ou bien peu. Son langage est souvent cru, et ses idées plus que saugrenues, mais il sait garder en toutes circonstances la classe et le flegme british, et bien sûr un humour à toute épreuve. Oswald est donc capable de dire des horreurs, de parler crument du sexe, tout en gardant ses bonnes manières, et j’avoue que le mélange est assez jouissif. Bref, ce roman est totalement hilarant, et je l’ai lu en me régalant de bout en bout de ces aventures toutes plus extravagantes les unes que les autres. Certains passages sont croustillants à souhait et tout le livre est vraiment drôle. Ainsi la façon dont Oswald catégorise les femmes de différents pays qu’il rencontre : « Nous savons tous que les gens de pays différents possèdent chacun des caractéristiques nationales distinctes et un tempérament aisément identifiable. Ce dont on se doute moins, c’est que ces divers traits de personnalité deviennent encore plus marqués dans les rapports sexuels que dans les rapports sociaux. Je ne tardai pas à acquérir les connaissances qui firent de moi un expert en matière de caractéristiques sexuelles nationales. » Je ne suis pas certaine que le livre Le tour du monde des idées reçues de Sophie LARMOYER, que m’ont offert les éditions Le cavalier bleu et que je vais lire prochainement soit aussi détaillé sur le sujet que les aventures de ce cher Oswald ! Le passage sur les femmes possédant un titre de noblesse, et notamment les duchesses est également un régal…

Sacré Oswald ! Mais il n’est pas le seul à être capable de jouer des tours pendables à ses semblables… A lire pour se mettre de bonne humeur !

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