Les lectures de Lili... Et un peu de ma vie aussi...

Ce que j'aime, ceux que j'aime... Un peu de tout, en vrac, et suivant mes humeurs...

11 novembre 2009

Objectif PAL

objectif_PAL

Il y a quelques mois, je vous avais livré une photo de ma PAL. J'ai honte d'avouer qu'elle n'a pas baissé d'un livre, mais plutôt ... augmenté ! C'est pourquoi je participe au nouveau Challenge lancé par Antigone-la raisonnable : vider la PAL en quelques mois, ce serait bien, ou tout du moins la faire baisser de quelques livres...

Je ne suis cependant pas certaine du tout d'arriver à un résultat probant : vider ma PAL, cela veut dire ne plus lire en priorité les livres voyageurs, les découvertes surprises, les cadeaux, les livres de mes biblio tournantes... et je trouve que si certains bouquins attendent depuis des années, ils ne vont pas s'offusquer pour quelques mois en plus !

Enfin, voilà, c'est dit, je m'y colle !

A ce jour : 102 livres dans ma PAL... y'a plus qu'à... (Cette PAL ne comprend que les livres qui m'appartiennent. Ceux envoyés par les éditeurs, BOB, Chez les Filles, Babelio, ou les livres voyageurs et ceux de mes amies de mes deux bibliothèques tournantes font l'objet d'une autre mini-PAL non comptabilisée parce que trop fluctuante - et ce sont ces livres que je lis en premier).

102 +3

(2 offerts par Le livre de Poche, ça ne compte pas, et un acheté suite à une conférence, ça ne compte pas non plus !)

-1 = 104 ! + 1 = 105 (pas ma faute, cadeau !)

+ Librios retrouvés au fond des toilettes... = 119 livres dans ma PAL

- 2 lus à ce jour  (28/10)

il me reste donc 117 livres à lire...

+ 4 le 6/11 (des cadeaux ! Merci Flop et Isa ! + 2 livres offerts par Le livre de Poche que je remercie aussi !) = 119 + encore 3 cadeaux = 122 !

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais j'ai l'impression que ma PAL augmente au lieu de diminuer... (11 nov 09)

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10 novembre 2009

La dérisoire effervescence des comprimés

Marie a mal. Marie en a assez. Elle ne supporte plus d'être allongée sur ce lit, liée à tous ces tubes, piquée de toutes parts. Elle ne veut plus voir les médecins qui prennent l'air sérieux et pressé, ni les infirmières, gentilles et douces, mais qui ne peuvent rien faire pour la soulager. Marie voudrait mourir.

Au début, elle y croyait. Elle pensait qu'elle allait s'en sortir, que ce serait une affaire de quelques semaines, et puis au revoir l'hôpital ! Avec les progrès de la médecine, l'évolution des nouvelles technologies médicamenteuses, la Science, avec un grand S, elle n'avait pas de soucis à se faire : ils trouveraient ce qu'elle avait, et la guériraient, c'était certain... On faisait maintenant des miracles !

Et puis le temps avait passé, lentement, tellement lentement. Les jours mornes et blancs s'étaient succédés, étaient devenus des semaines, et les semaines des mois... Tout le monde la rassurait, une petite complication, rien du tout, nous maîtrisons parfaitement l'infection, ne vous inquiétez pas, vous serez bientôt sur pieds, et elle y croyait, oh oui, elle s'accrochait à ces paroles comme à une bouée de sauvetage, et les buvait et s'en repaissait ensuite la nuit, quand la douleur la réveillait, quand elle se retrouvait seule face à ses démons, à ses peurs, seule face à la maladie...

Et puis, imperceptiblement, elle avait changé. Elle n'était plus aussi vaillante, physiquement, bien sûr, mais surtout, dans la tête. Elle n'avait plus de ressort, plus d'énergie, elle était fatiguée, tellement fatiguée. Elle avait mal, tellement mal. Elle n'en pouvait plus de cette douleur qui la broyait, la tenaillait, qui se jouait d'elle comme d'un pantin, et la laissait inerte, vide, presque morte déjà. Et elle s'était mise à détester tout le monde, et tous les objets qui l'entouraient. Elle ne pouvait plus entendre sans frémir les bips continus des appareils de contrôle sur lesquels on l'avait branchée en permanence... Le glouglou des perfusions résonnait dans sa tête, la rendait folle alors qu'autrefois il la calmait, la rassurait. Tous ces médicaments qu'on lui administrait... toutes ces drogues... pour quoi ? Pour rien... Dérisoire effervescence des comprimés qu'elle avalait sans plus croire maintenant à leur efficacité... Elle n'était plus qu'une pauvre chose reliée à des machines...

Marie voudrait mourir. Quelqu'un l'aime-t'il assez pour l'aider ?

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08 novembre 2009

Le chameau sauvage

Philippe JAENADA

coeurcoeur

cham

Présentation de l'éditeur
Halvard Sanz est un gentil garçon. Signe particulier: doué pour les catastrophes en série. Il y a des gens qui n'ont pas de chance, mais qui, genoux à terre, toujours se relèvent. Halvard est de ceux-là. Quête initiatique, roman picaresque, amour allégorique, loufoques aventures servies par une verve intarissable... Mais le chameau sauvage, dans tout ça ? Quand vous en connaîtrez le principe, comme Halvard, vous verrez la vie différemment.

" Un jour, ce n'est rien mais je le raconte tout de même, un jour d'hiver je me suis mis en tête de réparer le radiateur de ma salle de bains (...). Je ne sais pas ce qui m'est passé sous le crâne ce jour-là, je me suis cru l'un de ces magiciens de la vie pour qui tout est facile. Il faut dire que jamais encore je n'avais été confronté à de réels obstacles, alors naturellement, j'étais naïf. "

Un livre qui m'a fait rire aux éclats ! Dans un univers complètement décalé, l'humour de Jaenada est un vrai délice. Ce livre regorge de trouvailles (les noms, déjà !), de clins d'oeil, d'idées originales. Les disgressions nous embarquent un peu dans tous les sens, mais l'auteur sait habilement nous ramener vers le coeur du récit et reprendre le fil jamais vraiment interrompu. C'est drôle, complètement loufoque et bizarre, vraiment original. Parfois un peu énervant parce qu'on se dit que non, trop c'est trop pour un seul homme, et qu'il fait un peu exprès, tout de même, cet Halvard, pour se fourrer dans des situations totalement improbables et dans les pires embrouilles. On a envie de lui botter les fesses, de le remettre un peu dans le droit chemin, de lui faire la morale. Et puis en même temps, on est touché par son innocence, sa candeur, sa pureté. On voudrait être une Pollux et rencontrer un homme qui nous aime à ce point-là, obstinément, farouchement...

Et puis, bien sûr, quand on arrive au passage qui explique le titre du roman, on jubile. Moi, j'ai jubilé. De comprendre. Et de me reconnaître, aussi...

Un roman à lire, qui peut-être vous dérangera parce que c'est un peu fouillis, un peu "trop", un peu fou, mais qui vaut le coup rien que pour son originalité et la verve de l'auteur !

Le site de l'auteur avec plusieurs extraits.

Cécile ne répètera jamais assez qu'elle adore ce livre ! C'est d'ailleurs elle qui me l'a offert suite à un concours très intelligent gagné (haut la main) sur son blog. De plus, elle l'a fait dédicacer par l'auteur (qui est certain que je suis une "chamelle sauvage", sans me connaître...). Je n'ai bien sûr compris la dédicace qu'après ma lecture, et je confirme, vous ne vous êtes pas trompé, Monsieur Jaenada, je suis bien moi aussi une chamelle sauvage ! Merci Miss Quoi de 9 !

Caro(line) a été emballée, Praline a été emballée également par le début et a trouvé l'ensemble "agréable à lire", Thom qualifie ce premier roman d' "imparfait mais grandiose", Tamara trouve que c'est "une histoire tirée par les cheveux" mais qui lui "a beaucoup plu" et Emma se qualifie elle-même avec humour de "la mauvaise élève" qui n'a pas aimé ce livre...

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07 novembre 2009

Les livres se promènent...

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Petite mise à jour des voyages...

p_re

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Suite à mon billet sur Le père de la petite, de Marie Sizun, et comme beaucoup d'entre vous étaient intéressés par ce livre, je l'ai fait circuler.

Il est déjà passé chez La môme poison, Lili Galipette, Val. Argantel l'a également lu, il a poursuivi sa course chez Charly, Antigone vient de le lire et a beaucoup aimé. Anjelica , qui a bien apprécié sa lecture, l'a envoyé chez Servanne. Orchidée vient de le lire et a adoré, Gambadou a beaucoup aimé. Sylvie avait oublié qu'elle s'était inscrite et a donc eu la surprise de le trouver dans sa boite aux lettres, mais elle a beaucoup aimé également. Karine vient de le terminer et a également apprécié sa lecture. Martine l'a lu également avant de le transmettre à Stephie, qui vient de le terminer et a également apprécié sa lecture, sauf la fin. Keisha devrait le recevoir sous peu, puis ce sera au tour de Marie et Ehaa et Christelle qui viennent de se rajouter sur la liste !

Ce petit livre aura fait un sacré tour !

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24h

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Lili Galipette est une jeune femme sensible qui a été touchée par le petit livre de Constance de Salm, et qui a beaucoup apprécié sa lecture. Vous trouverez son billet

Florinette a également pris beaucoup de plaisir à le lire, de même que Sylvie.

Charly l'a lu également et se lance d'ailleurs dans la critique littéraire, qu'il réussit joliement.

Martine vient de le lire et a adoré sa lecture. la mère d'Houilles l'a reçu également. Pour l'instant, il a disparu de la circulation... S'il réapparaît, il ira chez Stephie, qui lui fera traverser l'océan pour aller chez L'encreuse.

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dictionnaire

Ce livre est un cadeau de La Môme Poison qui a eu la très grande gentillesse de me l'offrir avant son départ pour Hong Kong. Je ne l'ai toujours pas lu, mais Lili Galipette a beaucoup aimé, et vous en parle avant moi.

L'encreuse l'a lu puis transmis à Bel Gazou  . Clochette est en train de le lire et elle l'enverra ensuite à Choco. Keisha prendra la suite, ainsi que Servanne.

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livraiLa libraire a aimé est le premier roman de Sophie Poirier que vous connaissez peut-être sous son nom de blogueuse : Ficelle (si vous ne connaissez pas, filez-y en vitesse, c'est un joli blog intelligent et Ficelle est adorable). J'ai beaucoup aimé ce petit livre sensible, à l'écriture délicate, et je vous propose de le lire après moi.

Laure vient de le lire et a un avis mitigé ;  Toinette vient de le terminer et a été un peu déçue. Martine a pris la suite, avant de l'envoyer à Soie. Puis ce sera au tour de L'encreuse et de Pascale, Bel Gazou, Manu , Clochette et Lili.

N'hésitez pas à vous inscrire ! Pour info, ce livre circule également grâce à Sylvie, qui a également beaucoup aimé.

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expi

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Expiation de Ian Mac Ewan est allé chez Toinette avant de revenir se ranger tranquillement sur mon étagère.

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mariage

Mariage à l'indienne de Kavita Daswani est parti chez Sandrine .... Sauf qu'il est parti il y a un mois maintenant et ... pas encore arrivé ! Restons zen, La Poste l'a peut-être envoyé se replonger dans ses racines indiennes avant d'arriver à destination (ou alors c'est moi qui me suis encore trompée de destinatrice, si l'une de vous l'a reçu sans l'avoir demandé, merci de vous manifester, je suis parfois un peu distraite, et surtout il y a tellement de livres qui vont et viennent à la maison que parfois je m'y perds, malgré mes fichiers excel tenus à jour...).

Bref, si le livre refait surface, il ira ensuite chez Esmeraldae avant de s'envoler à Hong Kong chez La Môme Poison puis de revenir dans nos contrées pour rendre visite à Choco. Les filles, soyez patientes !!!

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Quand aux Aventures coquines de Lord Edward de Noelle Mack, mon fameux Harlequin de cet été, il est actuellement chez Fashion qui le fera suivre à Daniel, devenu accro !!!

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Si d'autres livres que j'ai commentés vous intéressent, n'hésitez pas à m'envoyer un message. Tous ne sont pas à moi, mais ceux qui m'appartiennent peuvent voyager sans problème. J'aime ces échanges qui "dévirtualisent" le net et tissent des liens entre nous, tout en n'augmentant pas de façon terrible nos PAL !

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06 novembre 2009

Dessine-moi une âme

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Dourvac'h, un blogueur poète et dessinateur de fées que je visite de temps à autre a organisé récemment un jeu :

" S'il te plaît, dessine-moi une âme..."

Il fallait choisir un ou une autre blogueuse et arriver, par le moyen que l'on voulait, à  faire ressortir "l"âme" de la personne, qui elle-même  devait faire ressortir la votre. Ehaa m'a choisie et nous avons donc commencé à échanger quelques mails pour faire connaissance et puis surtout à aller farfouiller chacune sur le blog de l'autre...

Et puis j'ai reçu cette très jolie aquarelle par la poste, que j'adore. Je trouve que Ehaa a vraiment réussi à définir l'atmosphère de la maison, le jaune, les livres, les chats, et les babioles des enfants ou bibelots qui traînent un peu partout, un gentil fouillis chaleureux, j'ai vraiment l'impression de me retrouver chez moi, face à cette aquarelle. Merci encore de m'avoir gâtée !

tableau_Ehaa

De mon coté, ne sachant absolument pas dessiner ni peindre, je lui ai fait un montage photo en lui "chipant" des photos sur son blog : son jardin, un portrait de femme qu'elle a fait, que je trouve superbe, son chat, des fleurs peintes...

montage_eha_copie

C'était un très joli jeu, demandant à prêter attention à l'autre, à se mettre à l'écoute, merci Dourvac'hDourvac'h, j'ai beaucoup aimé cette belle initiative ! Sur son blog, vous pourrez  retrouver les créations des autres participants, tour à tour belles, artistiques, poétiques...

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04 novembre 2009

Un peu, beaucoup, pas du tout

Alice MUNRO

alice

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Ce sont des histoires de femmes. Des femmes comme vous et moi, avec leur vie, parfois simple, parfois gaie, parfois compliquée. Des femmes avec des maris et des enfants. Quelques femmes seules aussi. Ce sont des histoires simples, des tranches de vie, des histoires d'amour ou de trahison. Mais dans lesquelles la maladie tient une place prépondérante, dans lesquelles la mort rode...

Alors on est un peu mal à l'aise, en lisant ce livre, que j'ai pourtant bien aimé. Le style d'Alice Munro est très agréable et se lit facilement, mais le destin pèse si lourd sur les épaules de tous ses personnages que cela pèse un peu sur nous aussi.

C'est un livre intéressant, mais à ne pas lire en cas de cafard, car malgré soi, parfois, on s'identifie, on compare, et tout ça n'est pas très gai...

Un grand merci à Antigone pour ce livre voyageur. Bel Gazou  livre_voyageur_anim_ a un "petit avis froissé" et Martine n'a pas accroché non plus.

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02 novembre 2009

Challenge Les coups de coeur de la blogosphère

coups_de_coeur_de_la_blogosph_re

Cette fois-ci, c'est Théoma qui nous a pondu un bien joli logo pour un challenge non moins sympathique. Elle a répertorié nos coups de coeurs suite au tag qui a circulé il y a peu de temps un peu partout, en a fait une belle liste imagée et nous propose juste de lire deux romans différentes au minimun de la liste que vous trouverez sur son blog, et ce avant le 30 juin 2011.

Fastoche ! J'en suis aussi ! Et vous ?

coups_de_coeur_de_la_blogosph_re_petit

Voili, voilà, mon choix est enfin fait !

Orgueil et Préjugés de Jane Austen (proposé par la Fée Bourbonnaise)

La mécanique du coeur de Mathias Malzieu (proposé par Lael)

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Les deux livres sont dans ma PAL, je n'ai donc aucune excuse de ne pas les lire ! Et j'en ai noté quelques autres que je lirai peut-être mais pour lesquels je ne m'engage pas (si je peux réussir au moins une fois un challenge dans ma vie de blogueuse, ce serait bien...)

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30 octobre 2009

Free Challenge

free_challenge

Le Challenge qu'il nous fallait !

En ce moment, la fin d'année approchant à grands pas, c'est la folie des challenges sur la blogosphère... Ils sont tous passionnants mais à moins de devenir blogueuse à plein temps, d'oublier homme et enfants, de ne plus faire le ménage, de zapper ma gym et mes autres activités, d'arrêter de chercher du travail, et d'encore moins dormir... impossible de s'inscrire à tous !

Par contre, le Free Challenge initié par Loula est une petite merveille ! On lit ce qu'on veut, quand on veut, comme on veut, bref, on fait à notre guise et on a le droit de mettre un joli logo en bas de nos billets !

J'en suis, bien sûr !

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28 octobre 2009

Mon père n'est pas mort à Venise

Sophie POIRIER

coeur

venise

Un grand bonheur, quand on est blogueur, est de recevoir des livres dans sa boite aux lettres. Livres voyageurs dont on a entendu parler sur des blog-amis et qui viennent faire un court séjour chez nous, afin de continuer le partage, livres offerts par les éditeurs, livres gagnés au fil de concours ou de jeux, et parfois aussi livres envoyés directement par l'auteur lui-même, avec lequel on a eu quelques contacts et qui veut nous faire plaisir et nous faire découvrir son nouvel ouvrage.

Alors, bien sûr, oui, ça fait plaisir. Mais, dans le même temps, me voilà parfois toute intimidée face au livre. Autant j'arrive à donner un avis pertinent et tout à fait indépendant de diverses pressions quand il s'agit d'un ouvrage prêté ou d'un livre envoyé par un éditeur, je ne me sens pas liée à l'expéditeur par un quelconque lien et reste donc libre de faire une critique négative si je n'ai pas aimé ma lecture, autant, face à un livre envoyé par l'auteur lui-même... c'est plus délicat, j'ai peur de vexer, de faire de la peine, je me dis que c'est facile de critiquer et que moi, pour l'instant, je n'ai toujours rien publié et que je ne serais certainement pas capable de faire aussi bien, bref l'affectif entre en ligne de compte et je repousse ma lecture...

C'est ainsi que cela s'est passé pour le deuxième livre de Sophie Poirier (que vous pouvez retrouver dans la blogosphère sous le nom de Ficelle) qu'elle m'a fait parvenir par l'intermédiaire de son éditeur au début de l'été, que j'avais ouvert, feuilleté un peu, reposé, repris, re-reposé... J'avais beaucoup aimé son premier roman La libraire a aimé, que Sophie avait déjà eu la gentillesse de m'offrir et j'avais peur non seulement de ne pas aimer ce deuxième livre mais peur également, si je ne l'aimais pas, de devoir le dire, puisque que je me suis jurée d'être honnête sur ce blog et de donner réellement mon avis. Je n'avais pas envie d'être dans la position de faire de la peine à Sophie, de la critiquer... Et puis ce fameux deuxième livre, l'auteur qu'on attend au tournant... Je ne voulais pas être celle qui allait dire qu'elle était déçue... Dilemme... Le temps a donc passé... Et puis, honteuse, j'ai enfin ouvert Mon père n'est pas mort à Venise...

Et j'ai aimé ! (ouf !). Merci, donc chère Sophie pour ta confiance et surtout merci pour cette jolie histoire. J'ai beaucoup aimé suivre cette femme qui fouille dans le passé de son père, qui cherche à comprendre, à canaliser l'angoisse, à répondre aux questions non formulées. J'ai également retrouvé avec grand plaisir ton écriture fine et sensible, mais plus maîtrisée, plus construite que dans ton premier ouvrage. On sent que tu as mûri, grandi et je pourrais même dire que par ce livre, on comprend tout de suite qu'on a à faire à un vrai écrivain, et non pas à une jeune femme qui aurait juste eu le coup de bol d'être choisie pour un premier ouvrage, et qu'un seul. J'ai trouvé dans cet ouvrage un humour qui répond tout à fait à ce que j'aime, j'ai souvent souri ; j'ai aimé cette femme et les mouvements et bruits des trains, j'ai adoré le détective, et la fin est si belle...

Bref, un très beau moment de lecture ! Merci encore  Sophie ! Et pour le 3ème livre que tu écriras, je n'attendrai pas 3 mois avant de l'ouvrir, promis !

Le site de l'éditeur ANA Editions. Vous y trouverez le résumé du livre (oui, cette fois-ci, je change la formule, pas de 4ème de couv. ni de résumé, ni de notes de lecture...) et quelques critiques intéressantes. Et si vous voulez rire, allez donc vous régaler de l'interview imaginaire de l'auteur sur son blog, on s'y croirait !

"Ni les barrages, ni les camouflages d'aucune sorte ne peuvent empêcher l'idée de faire son chemin. Telle La Princesse au petit pois, malgré les épaisseurs, elle sentait sur sa peau la marque se faire, à l'endroit du corps où ça gène. Minuscule excroissance qui réveille la nuit, qui envahit les rêves, qui devient une obsession.

Parce que certaines découvertes, certaines expériences, des détails parfois, s'étirent jusqu'à devenir des immensités dans la tête, indéboulonnables.

Parce qu'on ne choisit pas ce qui s'oublie".

" Son père lui avait appris qu'il fallait être libre, ne pas faire de concessions, le moins possible. Que l'égoïsme était la plus belle des qualités, que la passion valait cent fois le quotidien merdique, qu'on aimait à la folie plusieurs fois dans une vie, que la fidélité était un concept judéo-chrétien, que le nihilisme avait le mérite de rendre le présent vif et précieux, à saisir."

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26 octobre 2009

Le passage

Louis SACHAR

coeur

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Quatrième de couverture

Méfiez-vous.
Ce livre va vous donner envie de croquer des oignons crus.
De creuser des trous de 1 mètre 50 de diamètre et de profondeur.
D'escalader une montagne.
De respirer vos vieilles baskets.
De mettre du rouge à lèvres avant de partir à la poursuite de vos ennemis.
De tout savoir sur l'existence oubliée de votre arrière-arrière-arrière-grand-mèrearrière-arrière-arrière-grand-mère.
Et ce, même si vous haïssez les liliacées, même si vous détestez l'alpinisme et les travaux forcés, même si vous avez les cosmétiques en horreur autant que les odeurs de pieds, et même si la généalogie et les histoires de famille vous indiffèrent profondément.
Maintenant, pour échapper à tout cela, c'est simple. Il vous suffit de ne pas imiter les centaines de milliers d'adolescents américains qui ont déjà plébiscité ce livre, et de ne jamais ouvrir ce livre.

Ainsi que le souligne Bladelor, difficile de ne pas avoir envie de se précipiter sur ce livre en lisant une telle quatrième de couverture... Je me suis donc précipitée, et n'ai pas regretté un seul instant !

Un peu entre le roman initiatique et le conte, ce livre destiné aux adolescents contient tous les ingrédients pour accrocher le lecteur : une bonne dose d'humour, du suspense, un cadre pour le moins original, une malédiction qui pèse sur les épaules du héros et une faute pour laquelle il doit payer sa dette...

Stanley Yelnats se retrouve donc en plein désert américain dans un camp de redressement, Le Camp du Lac vert, après avoir été accusé à tord du vol d'une paire de baskets. Il devra rester dans cet endroit du bout du monde pendant 18 mois et va passer son temps à creuser des trous. Mais Stanley qui est un garçon intelligent se rend vite compte que le travail de forçat qu'on leur fait accomplir a une raison cachée, autre que celle de leur forger le caractère. Maudissant son "horrible-vaurien-d’arrière-arrière-grand-père-voleur-de-cochon" qui fait peser sur la famille une lourde malédiction, il va, avec tout son courage, sa volonté, son obstination et sa force en la vie, sauver un camarade, déjouer les plans de méchants, casser la malédiction familiale, retrouver un trésor et ressortira de cette aventure plus fort qu'avant, en ayant mûri et compris beaucoup de choses sur sa vie et ce qu'il voulait faire de son avenir. Il va découvrir l'amitié, la solidarité, la franchise, et l'honneur personnel, celui qui fait qu'on devient -ou non- quelqu'un de bien.

Un bien joli livre ! Mon seul regret : mon andouille de fils pré-ado n'a pas voulu le lire ("si ma mère aime, ça doit être ringard"...).

Emmyne a tant aimé ce roman qu'elle en a fait un livre voyageur, et je l'en remercie vivement !

Karine n'avait pas du tout aimé et s'était ennuyée, mais Bladelor a elle aussi beaucoup aimé, de même que Sylvie (qui l'a lu sous le titre La morsure du lézard, titre sous lequel il a été a adapté au cinéma par Disney). Sexaoul a trouvé que le roman n'était pas à la hauteur de la 4ème de couv et les souffrances de Stanley l'ont "laissée assez mal à l'aise".

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24 octobre 2009

Corps étranger

Didier van CAUWELAERT

coeur

corps

Quatrième de couverture
Peut-on changer de vie par amour, devenir quelqu'un de neuf sous une autre identité, sans sacrifier pour autant son existence habituelle ? C'est ce que va oser Frédéric. A dix-huit ans, il avait publié sous le nom de Richard Glen un roman passé inaperçu, puis il avait renoncé à l'écriture ; il avait conquis Paris d'une autre manière... Mais, un jour, une jeune étudiante de Bruges envoie une lettre à ce pseudonyme oublié, à cette part de lui-même en sommeil depuis plus de vingt ans. De tentations inconnues en bonheurs d'imposture. il va s'inventer dans les yeux de Karine un autre passé, un autre présent, rendre Richard Glen de plus en plus réel, de plus en plus vivant... Mais combien de temps deux personnalités peuvent-elles se partager un corps ? Avec son humour et sa tendresse implacable, le romancier d'Un aller simple, prix Goncourt 1994, nous entraîne dans un récit poignant qui explore le rêve secret de beaucoup d'entre nous.

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Un coup de coeur pour ce livre dévoré d'une traite, que j'ai trouvé tout à la fois plein d'humour, très poétique, triste et qui m'a beaucoup émue... Rêves, destin, espoirs, désespoir aussi, tout est là, dans une belle écriture fluide que l'on lit avec plaisir... L'amour pour la femme aimée défunte entraîne le narrateur à changer de vie, ou plutôt à reprendre cette part de lui-même qu'il avait au fil des ans laissée s'étioler jusqu'à la faire disparaître, jusqu'à devenir étranger à lui-même. Le hasard d'une lettre d'admiratrice reçue le fait se retourner sur ce qu'il a construit, sur ce qu'il est devenu, sur ce qu'il a fait de ses années passées et comprendre enfin à quel point il a changé et pourquoi il a de ce fait perdu la femme de sa vie avant qu'elle ne meure réellement. Un personnage attachant bien que tourmenté et compliqué, qui essaye de se dissocier de lui-même pour mieux se retrouver et arrivera ainsi à renouer avec son âme et retrouver l'amour.

C'est une bien jolie histoire, avec une bien horrible fin, que je ne vous raconte pas, évidemment ! J'ai été fâchée contre l'auteur aux dernières pages... Tout de même, Monsieur Van Cauwelaert, vous êtes dur avec vos personnages et Frédéric ne me semble pas mériter ce que vous lui faites subir ! Mais peut-être en est-il ainsi de la vie et cela devrait nous pousser tous à savourer chaque moment de notre existence de notre mieux, en restant fidèle à nous-mêmes, à nos idéaux, à nos aspirations de jeunesse...

Une belle lecture !

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22 octobre 2009

L'homme que l'on prenait pour un autre

Joël EGLOFF

homme

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Quatrième de couverture

Avec un visage très commun, on court toujours le risque d’être confondu avec quelqu’un d’autre. En général, la méprise apparaît rapidement et chacun s’excuse, penaud, de son erreur. Mais ce n’est pas le cas de cet homme qui finit par se laisser aller, résigné, à être ceux pour qui on le prend. Il est cependant très compliqué, voire épuisant, de vivre plusieurs existences à la fois… surtout quand ce ne sont pas les siennes !

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Un livre amusant dans lequel le comique de répétition fonctionne à merveille. Le narrateur est un homme solitaire qui semble avoir une vie bien insipide et creuse. Si ce n'est qu'il lui arrive maintes aventures du fait qu'on le prend souvent pour un autre et que, timide et assez angoissé, il n'arrive pas à faire comprendre à ses interlocuteurs que ceux-ci se trompent de personne.

« Il m'arrive de plus en plus souvent d'être pris pour un autre. Que des gens qui me croisent aient l'impression de m'avoir déjà vu quelque part, sans parvenir toujours à se souvenir dans quelle circonstance, à quelle occasion [...] Au bout d'un moment [...] je m'excuse platement de ne pas être la personne que l'on pensait que j'étais. »

Le voici donc embringué dans d'hallucinantes histoires : un truand le reconnaît comme un compagnon de cellule, des lettres arrivent chez lui de la part d'une femme amoureuse, mais qui ne lui sont pas destinées, le facteur le prend en grippe parce qu'il croit que cet homme se fiche de lui, refusant de porter un nom qui pourtant devrait être le sien, la concierge peu amène l'observe du fond de sa loge, la voisine du dessous le prend pour son mari et il se retrouve à vivre une vie de couple avec des enfants... Seule la vieille tante à qui il rend visite tous les quinze jours dans sa maison de retraite, et qui pourtant perd la tête, est à même de reconnaître cet homme transparent et passe-partout... Bref, autant de situations cocasses pour ce personnage qui est tout à la fois tout le monde et personne...

Drame de l'anonymat dans notre société moderne, roman décalé et un peu fou, ce petit livre se lit d'une traite avec grand plaisir. J'ai cependant, tout comme Lili, été un peu déçue par la fin, que j'ai trouvé un peu trop abrupte. Déçue également par rapport aux autres livres que j'avais lus de l'auteur : Edmond Ganglion et fils et L'Étourdissement que j'avais trouvés vraiment hilarants et extrêmement originaux, beaucoup plus drôles en tout cas que celui-ci qui ne m'a fait que sourire (ce qui n'est tout de même pas si mal).

Clarabel  a trouvé que ce livre est "superbement écrit", Antigone note que cette "lecture est plaisante mais pas inoubliable", pour Lili , "c'est avec délice qu' (elle a) plongé dans cet univers absurde" et plein d'autres avis de lecteurs à retrouver sur BOB.

Un grand merci aux Edtions Pocket pour l'envoi de ce roman, de même qu'à Blog-o-Book dont plus personne sur la blogosphère ne pourra bientôt se passer !

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21 octobre 2009

Quarante trois

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allemand : dreiundvierzig

anglais : forty-three

espagnol : cuarenta y tres

italien : quarantatré

japonais : 四十三 (shi-jū-san)

russe : сорок три (sórok tri)

Latin :   Tritetraconta

Grec: Trequadraginti

Romain : XLIII

.

En toutes les langues, donc...

.

Joyeux Anniversaire, moi !

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20 octobre 2009

Challenge livres à 2 €

CHALLENGE_2_EUROS

Un nouveau petit challenge organisé par Cynthia qui nous propose de lire et faire partager les livres des Collections Folio ou Librio à 2 €.

"Nombre de pages et prix restreints, deux arguments de taille qui font de ces opus un prétexte idéal à l'agrandissement de nos PAL."

J'en suis, donc ! puisque vous commencez à me connaître, je ne sais pas résister à un challenge sympa si les copines le font aussi (même si je ne les termine jamais, mais ça c'est une autre histoire, bilan fin décembre, j'ai encore un peu de délai...).

J'ai justement acheté 4 livres de la collection Folio récemment (ça ne compte pas dans la PAL, hein, des tout petits livres comme ça ?). Je vais donc lire pour vous :

  • FS Fitzgerald - l'étrange histoire de Benjamin Button

  • de Beaudelaire à St Ex, des lettres d'écrivains

  • Romain Gary - Une page d'histoire

  • Le Clézio - Peuple du ciel

Ahhhh, et je viens de retrouver (au fond des toilettes) plein de Librio que j'avais totalement oubliés :

  • Richard Bach - Jonathan Livingston le Goéland (en double, je l'offre à qui veut !)

  • Goethe - Faust

  • Leslie Charteris - Le saint entre en scène + Impot sur le crime + En petites coupures

  • Pierre Louys - La femme et le pantin

  • Jules Barbey d'Aurevilly - Le bonheur est dans le crime

  • Nouvelles auteurs divers - La méchante dose

  • Henri Troyat - Le geste d'Eve

  • Dostoïveski - Le joueur

  • René Belletto - L'homme de main

  • Alberto Moravia - Le mépris

  • Nicolas Gogol - Journal d'un fou

  • William Shakespeare - Roméo et Juliette

Un choix assez varié !!!

Après lecture, je peux faire tourner les livres pour celles (et ceux, bien sûr !) qui les veulent.

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16 octobre 2009

Le malade imaginaire

Molière

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La saison théatrâle a repris, pour mon plus grand bonheur !

Nous avons eu la grande joie de retrouver au Colisée de Roubaix (mon théatre favori !) Michel Bouquet qui est venu cette fois-ci interpréter Le malade imaginaire. Nous l'avions déjà admiré il y a deux ans dans L'avare et déjà j'avais été impressionnée par cet acteur formidable qui a une présence extraordinaire sur scène, et joue à la perfection, malgré ses 83 ans... Un vieux monsieur par l'âge, certes, mais qui pétille et iradie devant son public : on sent qu'il est tout à son affaire, dans son rôle et qu'il y prend un plaisir fou, et donc, nous nous régalons aussi...

Une petite piqure de rappel de l'histoire ?

Le Malade imaginaire est la dernière pièce écrite par Molière (1622 - 1673) et celle qui causa sa mort, puisqu'il tomba évanoui à la quatrième représentation et mourut peu après.

michel2Argan est un vieux bourgeois qui se croit extrèmement malade alors qu'il se porte comme un charme. Il ne peut se passer de ses médecins qui lui font subir tous les remèdes imaginables : saignées, purges et décoctions diverses, qui bien évidemment ne pourront le guérir de ses maux mais le confortent au contraire dans son délire et lui font respecter plus encore le corps médical qui lui apparaît si savant. Il ne se rend pas compte que ces médecins verreux, véritables charlatans, en veulent plus à son argent qu'à sa santé... Il en est de même avec sa jeune épouse Béline, qui bien que lui prodiguant moults soins et force gentillesses, attend avec impatience que la mort du vieil homme lui apporte l'héritage tant convoité...

La servante Toinette n'est pas dupe du jeu des uns et des autres et tente, en se déguisant en médecin, de prodiguer à son maître de plus raisonnables conseils. Elle est aussi la confidente de la fille ainée d'Argan, Angélique, qui s'est éprise du beau Cléante. Mais Argan a décidé d'hors et déjà de l'avenir de sa fille et compte la marier sous quatre jours au jeune Thomas Diafoirus, médecin et fils de médecin. Par cette union, il pourra ainsi disposer à loisir de soins médicaux "en famille" (et donc fort peu honéreux !).

Une ruse de Toinette ouvre les yeux du malade qui comprend enfin que l'amour de sa fille est véritable mais que celui de son épouse n'est que feint, lorsque les deux femmes le croient mort. Tout finira bien pour tout le monde, puisque la jeune Angélique pourra épouser celui qu'elle aime et que Argan devient lui-même médecin pour pouvoir ainsi "s'auto-soigner".

J'adore le théatre de Molière d'une manière générale, mais cette pièce est vraiment une merveille tant elle reste d'actualité plusieurs siècles après avoir été écrite. Certes, ce n'est pas la plus drôle du répertoire de Molière, cependant la finesse de la satire est un vrai bonheur et il suffit d'un peu d'imagination pour transposer les critiques émises par l'auteur sur les médecins et la suprématie pas toujours méritée du corps médical sur quelques figures actuelles pour voir que la pièce n'a pas vieilli, ou si peu...

L'art de Michel Bouquet, un grand du théatre, accentue encore le coté burlesque des scènes, mais sans nuire au texte sur lequel on peut tout de même se concentrer pour en suivre les subtibilités. L'acteur campe avec panache un Argan totalement miné par son hypocondrie, d'une mauvaise foi terrible. Il lui prète maintes grimaces mais sans jamais forcer trop le trait, le rire vient sans devenir raillerie. Il a l'art également de ne pas écraser les autres acteurs de son talent et de son expérience, mais au contraire de faire rejaillir sur eux toute sa verve et son charisme. Toinette, la servante rusée et rebelle, nous a fait rire aux larmes par son jeu haut en couleurs et les autres acteurs ont tous été excellents sans exception (ce qui n'est pas toujours le cas, il arrive parfois qu'un grand acteur occulte totalement ceux qui jouent à ses cotés).

La mise en scène tout à la fois classique et moderne de la pièce m'a beaucoup plu. Un décor chaud dans les tons rouge sombre, de très beaux costumes... bref, vous l'avez compris, tous les ingrédients étaient présents pour nous faire à nouveau passer une excellente soirée !

Avec

Michel Bouquet | Juliette Carré-Bouquet | Sara Llorca | Christian Bouillette | Pierre-Alain Chapuis | Clémence Faure | Pierre Forest | Sylvain Machac | Patrick Payet | Sébastien Rognoni | Vanessa Fonte | Pierre Val

Distribution

Mise en scène : Georges Werler | Bande-son : Jean-Pierre Prévost | Décors : Agostina Pacé | Costumes : Pascale Bordet | Lumières : Jacques Puisais

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Quelques extraits, pour rafraîchir votre mémoire...

Acte III, Scène 10 - Toinette, en médecin ; Argan, Béralde

Toinette : Monsieur, je vous demande pardon de tout mon cœur.
Argan : Cela est admirable !
Toinette : Vous ne trouverez pas mauvais, s’il vous plaît, la curiosité que j’ai eue de voir un illustre malade comme vous êtes ; et votre réputation, qui s’étend partout, peut excuser la liberté que j’ai prise.
Argan : Monsieur, je suis votre serviteur.
Toinette : Je vois, Monsieur, que vous me regardez fixement. Quel âge croyez-vous bien que j’aie ?
Argan : Je crois que tout au plus vous pouvez avoir vingt-six ou vingt-sept ans.
Toinette : Ah, ah, ah, ah, ah ! j’en ai quatre-vingt-dix.
Argan : Quatre-vingt-dix ?
Toinette : Oui. Vous voyez un effet des secrets de mon art, de me conserver ainsi frais et vigoureux.
Argan : Par ma foi ! voilà un beau jeune vieillard pour quatre-vingt-dix ans.
Toinette : Je suis médecin passager, qui vais de ville en ville, de province en province, de royaume en royaume, pour chercher d’illustres matières à ma capacité, pour trouver des malades dignes de m’occuper, capables d’exercer les grands et beaux secrets que j’ai trouvés dans la médecine. Je dédaigne de m’amuser à ce menu fatras de maladies ordinaires, à ces bagatelles de rhumatismes et défluxions, à ces fiévrottes, à ces vapeurs, et à ces migraines. Je veux des maladies d’importance : de bonnes fièvres continues avec des transports au cerveau, de bonnes fièvres pourprées, de bonnes pestes, de bonnes hydropisies formées, de bonnes pleurésies avec des inflammations de poitrine : c’est là que je me plais, c’est là que je triomphe ; et je voudrais, Monsieur, que vous eussiez toutes les maladies que je viens de dire, que vous fussiez abandonné de tous les médecins, désespéré, à l’agonie, pour vous montrer l’excellence de mes remèdes, et l’envie que j’aurais de vous rendre service.
Argan : Je vous suis obligé, Monsieur, des bontés que vous avez pour moi.
Toinette : Donnez-moi votre pouls. Allons donc, que l’on batte comme il faut. Ahy, je vous ferai bien aller comme vous devez. Hoy, ce pouls-là fait l’impertinent : je vois bien que vous ne me connaissez pas encore. Qui est votre médecin ?
Argan : Monsieur Purgon.
Toinette : Cet homme-là n’est point écrit sur mes tablettes entre les grands médecins. De quoi dit-il que vous êtes malade ?
Argan : Il dit que c’est du foie, et d’autres disent que c’est de la rate.
Toinette : Ce sont tous des ignorants : c’est du poumon que vous êtes malade.
Argan : Du poumon ?
Toinette : Oui. Que sentez-vous ?
Argan : Je sens de temps en temps des douleurs de tête.
Toinette : Justement, le poumon.
Argan : Il me semble parfois que j’ai un voile devant les yeux.
Toinette : Le poumon.
Argan : J’ai quelquefois des maux de cœur.
Toinette : Le poumon.
Argan : Je sens parfois des lassitudes par tous les membres.
Toinette : Le poumon.
Argan : Et quelquefois il me prend des douleurs dans le ventre, comme si c’était des coliques.
Toinette : Le poumon. Vous avez appétit à ce que vous mangez ?
Argan : Oui, Monsieur.
Toinette : Le poumon. Vous aimez à boire un peu de vin ?
Argan : Oui, Monsieur.
Toinette : Le poumon. Il vous prend un petit sommeil après le repas et vous êtes bien aise de dormir ?
Argan : Oui, Monsieur.
Toinette : Le poumon, le poumon, vous dis-je. Que vous ordonne votre médecin pour votre nourriture ?
Argan : Il m’ordonne du potage.
Toinette : Ignorant.
Argan : De la volaille.
Toinette : Ignorant.
Argan : Du veau.
Toinette : Ignorant.
Argan : Des bouillons.
Toinette : Ignorant.
Argan : Des œufs frais.
Toinette : Ignorant.
Argan : Et le soir de petits pruneaux pour lâcher le ventre.
Toinette : Ignorant.
Argan : Et surtout de boire mon vin fort trempé.
Toinette : Ignorantus, ignoranta, ignorantum. Il faut boire votre vin pur ; et pour épaissir votre sang qui est trop subtil, il faut manger de bon gros bœuf, de bon gros porc, de bon fromage de Hollande, du gruau et du riz, et des marrons et des oublies, pour coller et conglutiner. Votre médecin est une bête. Je veux vous en envoyer un de ma main, et je viendrai vous voir de temps en temps, tandis que je serai en cette ville.
Argan : Vous m’obligez beaucoup.
Toinette : Que diantre faites-vous de ce bras-là ?
Argan : Comment ?
Toinette : Voilà un bras que je me ferais couper tout à l’heure, si j’étais que de vous.
Argan : Et pourquoi ?
Toinette : Ne voyez-vous pas qu’il tire à soi toute la nourriture, et qu’il empêche ce côté-là de profiter ?
Argan : Oui ; mais j’ai besoin de mon bras.
Toinette : Vous avez là aussi un œil droit que je me ferais crever, si j’étais en votre place.
Argan : Crever un œil ?
Toinette : Ne voyez-vous pas qu’il incommode l’autre, et lui dérobe sa nourriture ? Croyez-moi, faites-vous-le crever au plus tôt, vous en verrez plus clair de l’œil gauche.
Argan : Cela n’est pas pressé.
Toinette : Adieu. Je suis fâché de vous quitter si tôt ; mais il faut que je me trouve à une grande consultation qui se doit faire pour un homme qui mourut hier.
Argan : Pour un homme qui mourut hier ?
Toinette : Oui, pour aviser, et voir ce qu’il aurait fallu lui faire pour le guérir. Jusqu’au revoir.
Argan : Vous savez que les malades ne reconduisent point.
Béralde : Voilà un médecin vraiment qui paraît fort habile.
Argan : Oui, mais il va un peu bien vite.
Béralde : Tous les grands médecins sont comme cela.
Argan : Me couper un bras, et me crever un œil, afin que l’autre se porte mieux ? J'aime bien mieux qu’il ne se porte pas si bien. La belle opération, de me rendre borgne et manchot !

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Acte III Scène III - ARGAN, BÉRALDE.

Nous en sommes au moment ou Béralde discute avec son frère Argan (Le malade) de la médecine et des médecins. Ce texte vieux de plusieurs siècles est encore totalement d'actualité...

BÉRALDE : Non, mon frère ; laissons-la là : c'est une femme qui a les meilleures intentions du monde pour votre famille, et qui est détachée de toute sorte d'intérêt, qui a pour vous une tendresse merveilleuse, et qui montre pour vos enfants une affection et une bonté qui n'est pas concevable : cela est certain. N'en parlons point, et revenons à votre fille. Sur quelle pensée, mon frère, la voulez-vous donner en mariage au fils d'un médecin ?

ARGAN : Sur la pensée, mon frère, de me donner un gendre tel qu'il me faut.

BÉRALDE : Ce n'est point là, mon frère, le fait de votre fille, et il se présente un parti plus sortable pour elle.

ARGAN : Oui, mais celui-ci, mon frère, est plus sortable pour moi.

BÉRALDE : Mais le mari qu'elle doit prendre, doit-il être, mon frère, ou pour elle, ou pour vous ?

ARGAN : Il doit être, mon frère, et pour elle, et pour moi, et je veux mettre dans ma famille les gens dont j'ai besoin.

BÉRALDE : Par cette raison-là, si votre petite était grande, vous lui donneriez en mariage un apothicaire ?

ARGAN : Pourquoi non ?

BÉRALDE : Est-il possible que vous serez toujours embéguiné de vos apothicaires et de vos médecins, et que vous vouliez être malade en dépit des gens et de la nature ?

ARGAN : Comment l'entendez-vous, mon frère ?

BÉRALDE : J'entends, mon frère, que je ne vois point d'homme qui soit moins malade que vous, et que je ne demanderais point une meilleure constitution que la vôtre. Une grande marque que vous vous portez bien, et que vous avez un corps parfaitement bien composé, c'est qu'avec tous les soins que vous avez pris, vous n'avez pu parvenir encore à gâter la bonté de votre tempérament, et que vous n'êtes point crevé de toutes les médecines qu'on vous a fait prendre.

ARGAN : Mais savez-vous, mon frère, que c'est cela qui me conserve, et que Monsieur Purgon dit que je succomberais, s'il était seulement trois jours sans prendre soin de moi ?

BÉRALDE : Si vous n'y prenez garde, il prendra tant de soin de vous, qu'il vous envoiera en l'autre monde.

ARGAN : Mais raisonnons un peu, mon frère. Vous ne croyez donc point à la médecine ?

BÉRALDE : Non, mon frère, et je ne vois pas que, pour son salut, il soit nécessaire d'y croire.

ARGAN : Quoi ? vous ne tenez pas véritable une chose établie par tout le monde, et que tous les siècles ont révérée ?

BÉRALDE : Bien loin de la tenir véritable, je la trouve, entre nous, une des plus grandes folies qui soit parmi les hommes ; et à regarder les choses en philosophe, je ne vois point de plus plaisante momerie, je ne vois rien de plus ridicule qu'un homme qui se veut mêler d'en guérir un autre.

ARGAN : Pourquoi ne voulez-vous pas, mon frère, qu'un homme en puisse guérir un autre ?

BÉRALDE : Par la raison, mon frère, que les ressorts de notre machine sont des mystères, jusques ici, où les hommes ne voient goutte, et que la nature nous a mis au-devant des yeux des voiles trop épais pour y connaître quelque chose.

ARGAN : Les médecins ne savent donc rien, à votre compte ?

BÉRALDE : Si fait, mon frère. Ils savent la plupart de fort belles humanités, savent parler en beau latin, savent nommer en grec toutes les maladies, les définir et les diviser; mais, pour ce qui est de les guérir, c'est ce qu'ils ne savent point du tout.

ARGAN : Mais toujours faut-il demeurer d'accord que, sur cette matière, les médecins en savent plus que les autres.

BÉRALDE : Ils savent, mon frère, ce que je vous ai dit, qui ne guérit pas de grand-chose; et toute l'excellence de leur art consiste en un pompeux galimatias, en un spécieux babil, qui vous donne des mots pour des raisons, et des promesses pour des effets.

ARGAN : Mais enfin, mon frère, il y a des gens aussi sages et aussi habiles que vous; et nous voyons que, dans la maladie, tout le monde a recours aux médecins.

BÉRALDE : C'est une marque de la faiblesse humaine, et non pas de la vérité de leur art.

ARGAN : Mais il faut bien que les médecins croient leur art véritable, puisqu'ils s'en servent pour eux-mêmes.

BÉRALDE : C'est qu'il y en a parmi eux qui sont eux-mêmes dans l'erreur populaire, dont ils profitent, et d'autres qui en profitent sans y être. Votre Monsieur Purgon, par exemple, n'y sait point de finesse : c'est un homme tout médecin, depuis la tête jusqu'aux pieds ; un homme qui croit à ses règles plus qu'à toutes les démonstrations des mathématiques, et qui croirait du crime à les vouloir examiner ; qui ne voit rien d'obscur dans la médecine, rien de douteux, rien de difficile, et qui, avec une impétuosité de prévention, une raideur de confiance, une brutalité de sens commun et de raison, donne au travers des purgations et des saignées, et ne balance aucune chose. Il ne lui faut point vouloir mal de tout ce qu'il pourra vous faire : c'est de la meilleure foi du monde qu'il vous expédiera, et il ne fera, en vous tuant, que ce qu'il a fait à sa femme et à ses enfants, et ce qu'en un besoin il ferait à lui-même.

ARGAN : C'est que vous avez, mon frère, une dent de lait contre lui. Mais enfin venons au fait. Que faire donc quand on est malade ?

BÉRALDE : Rien, mon frère.

ARGAN : Rien ?

BÉRALDE : Rien. Il ne faut que demeurer en repos. La nature, d'elle-même, quand nous la laissons faire, se tire doucement du désordre où elle est tombée. C'est notre inquiétude, c'est notre impatience qui gâte tout, et presque tous les hommes meurent de leurs remèdes, et non pas de leurs maladies.

ARGAN : Mais il faut demeurer d'accord, mon frère, qu'on peut aider cette nature par de certaines choses.

BÉRALDE : Mon Dieu ! mon frère, ce sont pures idées, dont nous aimons à nous repaître ; et, de tout temps, il s'est glissé parmi les hommes de belles imaginations, que nous venons à croire, parce qu'elles nous flattent et qu'il serait à souhaiter qu'elles fussent véritables. Lorsqu'un médecin vous parle d'aider, de secourir, de soulager la nature, de lui ôter ce qui lui nuit et lui donner ce qui lui manque, de la rétablir et de la remettre dans une pleine facilité de ses fonctions ; lorsqu'il vous parle de rectifier le sang, de tempérer les entrailles et le cerveau, de dégonfler la rate, de raccommoder la poitrine, de réparer le foie, de fortifier le cœur, de rétablir et conserver la chaleur naturelle, et d'avoir des secrets pour étendre la vie à de longues années : il vous dit justement le roman de la médecine. Mais quand vous en venez à la vérité et à l'expérience, vous ne trouvez rien de tout cela, et il en est comme de ces beaux songes qui ne vous laissent au réveil que le déplaisir de les avoir crus.

ARGAN : C'est-à-dire que toute la science du monde est renfermée dans votre tête, et vous voulez en savoir plus que tous les grands médecins de notre siècle.

BÉRALDE : Dans les discours et dans les choses, ce sont deux sortes de personnes que vos grands médecins. Entendez-les parler : les plus habiles gens du monde ; voyez-les faire : les plus ignorants de tous les hommes.

ARGAN : Hoy ! Vous êtes un grand docteur, à ce que je vois, et je voudrais bien qu'il y eût ici quelqu'un de ces messieurs pour rembarrer vos raisonnements et rabaisser votre caquet.

BÉRALDE : Moi, mon frère, je ne prends point à tâche de combattre la médecine; et chacun, à ses périls et fortune, peut croire tout ce qu'il lui plaît. Ce que j'en dis n'est qu'entre nous, et j'aurais souhaité de pouvoir un peu vous tirer de l'erreur où vous êtes, et, pour vous divertir, vous mener voir sur ce chapitre quelqu'une des comédies de Molière.

ARGAN : C'est un bon impertinent que votre Molière avec ses comédies, et je le trouve bien plaisant d'aller jouer d'honnêtes gens comme les médecins.

BÉRALDE : Ce ne sont point les médecins qu'il joue, mais le ridicule de la médecine.

ARGAN : C'est bien à lui à faire de se mêler de contrôler la médecine ; voilà un bon nigaud, un bon impertinent, de se moquer des consultations et des ordonnances, de s'attaquer au corps des médecins, et d'aller mettre sur son théâtre des personnes vénérables comme ces Messieurs-là.

BÉRALDE : Que voulez-vous qu'il y mette que les diverses professions des hommes ? On y met bien tous les jours les princes et les rois, qui sont d'aussi bonne maison que les médecins.

ARGAN : Par la mort non de diable! Si j'étais que des médecins, je me vengerais de son impertinence ; et quand il sera malade, je le laisserais mourir sans secours. Il aurait beau faire et beau dire, je ne lui ordonnerais pas la moindre petite saignée, le moindre petit lavement, et je lui dirais: "crève, crève ! cela t'apprendra une autre fois à te jouer à la Faculté".

BÉRALDE : Vous voilà bien en colère contre lui.

ARGAN : Oui, c'est un malavisé, et si les médecins sont sages, ils feront ce que je dis.

BÉRALDE : Il sera encore plus sage que vos médecins, car il ne leur demandera point de secours.

ARGAN : Tant pis pour lui s'il n'a point recours aux remèdes.

BÉRALDE : Il a ses raisons pour n'en point vouloir, et il soutient que cela n'est permis qu'aux gens vigoureux et robustes, et qui ont des forces de reste pour porter les remèdes avec la maladie ; mais que, pour lui, il n'a justement de la force que pour porter son mal.

ARGAN : Les sottes raisons que voilà ! Tenez, mon frère, ne parlons point de cet homme-là davantage, car cela m'échauffe la bile, et vous me donneriez mon mal.

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Posté par liliba à 19:00 - Théatre, Cinéma, Sorties, Musique... - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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