Les lectures de Lili... Et un peu de ma vie aussi...

Ce que j'aime, ceux que j'aime... Un peu de tout, en vrac, et suivant mes humeurs...

26 novembre 2009

Nouveaux indiens

Jocelyn BONNERAVE

indiens

Présentation de l'éditeur

Nouveaux Indiens est une enquête qui change d'objet en cours de route. Sur fond de campagne présidentielle, un anthropologue français venu aux Etats-Unis étudier la vie de quelques musiciens est conduit à sortir de sa réserve scientifique lorsqu'il met au jour les turpitudes d'une drôle de bande : de jeunes artistes, des intellectuels bien en place, un chirurgien, et une clocharde qui porte au cou de jolies pierres d'ambre. On croisera aussi une violoncelliste un peu magicienne, un vieux bouddhiste irrépressiblement gourmand. Le Nouveau Monde a-t-il tant changé depuis les sauvages de la Renaissance ?

Ce livre me laisse perplexe et je suis incapable à ce jour de vous dire si je l'ai aimé ou pas, c'est un comble ! Je l'ai trouvé intéressant, innovant, dérangeant, questionnant... mais je n'ai pas accroché malgré tout. Pas de sympathie pour A., l'anthropologue que j'ai trouvé bien mou et se plaignant sans cesse (le jet lag a bon dos, à mon avis !). Pas non plus d'atomes crochus avec les autres personnages, et pas même de compassion pour cette Mary disparue qui va devenir le véritable sujet de recherche de A., un sujet qui le passionne bien plus que la musique expérimentale qu'il est censé étudier. J'ai trouvé le dénouement tiré par les cheveux et je n'ai pas du tout compris le lien de l'histoire avec les élections en toile de fond, bref, je l'ai lu sans déplaisir et mon esprit a été intéressé, mais mon coeur n'a pas aimé... La formule n'est pas du plus grand chic mais reflète pourtant bien ce que j'ai ressenti.

Les avis sont assez partagés également dans la blogosphère : Stephie n'a pas réussi à le terminer, Wictoria a été "dérangée par certains passages" mais a trouvé le roman intéressant, pour Papillon, c'est "un roman dense et surprenant pour lecteurs curieux", Sylire était "assez perplexe et pas vraiment convaincue" en refermant le livre, pour Lael "Nouveaux Indiens, est indéniablement le roman qui conjugue avec brio le romanesque et cette passionnante discipline qu'est l'anthropologie..." , Cathulu  termine son billet par ces mots : "Un livre original et intelligent, sans être pédant" , Sassenach n'a pas aimé du tout, Lou a "trouvé ce roman intéressant et globalement agréable à lire", Thais n'a pas aimé  et Levraoueg l'a lu "d’une traite et avec le sourire".

D'autres encore, surement, que je n'ai pas notés...

Un grand merci à Babelio et aux Editions du Seuil pour cet envoi.

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10 mai 2009

L'ombre orchestre

Xavier MORTIMER

ombre_orchestre_mortimer_afficheXavier Mortimer est musicien. Il est aussi mime, jongleur, magicien. Il joue avec les instruments de musique, mais pas seulement de la musique. Il s'amuse avec les objets qui l'entourent, avec le décor et même avec son ombre et celles de ses acolytes imaginaires, doubles turbulents et facétieux qui le suivent tout au long du spectacle. Il arrive sur scène pour donner un concert, mais tout lui échappe, la flûte crache des bulles au lieu de notes, le piano joue tout seul, son ombre se désolidarise de lui et vit sa propre vie, ses poches recèlent foule d'objets hétéroclites pas toujours obéissants, les partitions partitionnent d''elles-mêmes... le monde est un peu fou chez cet homme, mais quelle poésie et que d'humour, que de trouvailles, de surprises !

Avec son air un peu ingénu, son sourire gentil, ses yeux rieurs qui tournent parfois dans leurs orbites comme de grosses billes, on le dirait tombé de la lune... mais ce jeune artiste vraiment talentueux nous promène dans son monde farfelu ou l'homme n'est plus le maître incontesté et où les objets s'animent, se rebellent, vivent leur vie... C'est complètement surréaliste et on se laisse emporter par la musique, on rit, on s'étonne : un spectacle magique, qui me réconcilie avec la magie que j''exècre en général, tant je trouve les magiciens guindés, surfaits et sans aucun charme ni humour ou poésie. Cet homme sait tout faire, et il le fait bien ! Je vous engage à vite prendre des places s'il se produit dans votre région, vous ne serez pas déçus !

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Ce spectacle est donc un vrai régal que nous avons apprécié à sa juste valeur. Mon fils Paul, 6 ans, qui nous a accompagné pour la première fois au théâtre, a ri tout du long et était absolument médusé, bouche ouverte, yeux fixant la scène, sans bailler malgré l'heure tardive et sans bouger d'un poil ce qui est un exploit phénoménal pour cet enfant qui en général ne tient pas en place cinq minutes et ne peut pas s'arrêter de parler ! Il a adoré autant que nous (et rêve de retourner au théâtre, ce qui nous promet un budget sorties terrifiant pour l'année prochaine, si les trois enfants deviennent aussi accros que moi !).

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Ce spectacle a été unanimement salué comme une révélation du festival off d’Avignon.

Spectacle vu comme toujours au Colysée de Roubaix ; c'était notre dernière sortie théâtrale de l'année et je savoure par avance le programme de l'année prochaine qui, je vous le dis en avant-première, va être encore mieux !colys_e


Xavier Mortimer "l'ombre orchestre"

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10 avril 2009

Fame

comédie musicale de David DE SILVA

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Qui ne se souvient de Fame et du film qui a été adapté de la comédie musicale qui fut un grand succès à Broadway dans les années 80 ?

C'est une adaptation française que nous avons pu admirer ce dimanche, qui m'a transportée dans ma jeunesse, et donner envie de danser sur place pendant tout le spectacle.

Un petit rappel de l'histoire :  dans une école spécialisée dans les arts du spectacle (danse, musique et théâtre), seize jeunes apprennent à chanter, danser et jouer la comédie, portés par leurs rêves de gloire et de succès. Tout au long des quatre années d'étude, nous suivons leurs progrès, leurs amours, leurs angoisses, leurs émotions, leurs période d'enthousiasme ou de découragement et découvrons avec eux que ces années d'étude sont autant un apprentissage des métiers du spectacle que celui de la vie elle-même. Les professeurs sont là pour les aider, tantôt durs et sévères, tantôt plus doux, mais toujours attentifs à la personnalité de ces jeunes en devenir.

Une star académie avant l'heure ? (avec le talent en plus !).

Plus de trente artistes (musiciens, danseurs et chanteurs) sur scène donnent vie aux élèves de cette école, tous jeunes et extrèmement talentueux : musiciens, danseurs, comédiens, chanteurs et un peu tout cela à la fois, la troupe distille avec art un souffle de jeunesse et d'espoir, d'amitié, d'entraide, d'humour aussi et les spectateurs ont pu se régaler pendant deux heures et demi sur la musique entraînante, dont plusieurs airs nous sont restés en tête. La chorégraphie mêle avec brio danse classique, hip hop, rock, les changements de scène très bien menés, le décor sobre est agrémenté par les accessoires utilisés pour danser, les interprètes transmettent leurs émotions et je me suis régalée du début à la fin ! Cela m'a donné envie de revoir au plus vite le film, vu il y a plus de 15 ans... 

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Générique V.F. série Fame
Souvenirs, souvenirs...

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08 avril 2009

Blue Lady (revisited)

Carolyn Carlson

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carolynJe n'avais jamais vu Blue Lady, le solo mythique de Carolyn Carlson créé en 1983, bien que j'en ai entendu parler maintes fois, tant il a marqué les amoureux de la danse, laissé dans les yeux des spectateurs des images inoubliables et cristallisé dans leur coeur les émotions et les rêves...

Cette pièce a été créée après la maternité de Carolyn Carlson et est marquée par Venise. D'immenses stores (vénitiens, donc), des jeux de robes et de chapeaux, des drapés qui participent eux aussi à la danse, on admire une femme, des femmes qui nous transmettent à travers les gestes, les sauts, les pas, le rythme, leurs émotions, leurs désirs... sur la musique envoutante de René Aubry.

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J'ai adoré cette nouvelle version du spectacle offerte par Tero Saarinen, un danseur impressionnant qui arrive tout au long à être fidèle à l'esprit de Carolyn Carlson sans jamais la singer, ni du tout paraître ridicule, même habillé de robes ou s'enroulant dans de grands tissus. Ce danseur sait jouer de son coté un peu androgyne mais reste malgré tout homme, et son jeu est superbe. La mise ne scène, avec parfois des images de la danseuse en fond d'écran, permet de rapprocher les deux danseurs et de réaliser à quel point ils se complètent, se répondent.

Un grand et beau moment de danse, et beaucoup d'émotion lorsqu'au moment de saluer, Carolyn Carlson a rejoint le danseur sur scène et qu'ils ont esquissé ensemble quelques pas...

blueJe me réjouis à chaque fois d'avoir la chance de pouvoir assister à autant de spectacles de si grande qualité, d'une part parce que mon gentil mari ne pique pas (trop) de syncopes quand je réserve les places et qu'il faut faire les chèques, et d'autre part car nous avons la chance d'habiter à coté de Roubaix, où la vie artistique est intense, grâce à la présence du théatre du Colysée et celle du CCN dirigé par Carolyn Carlson (pour une fois, cela compense le climat pourri !).

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René AUBRY. Carolyn CARLSON. Tree Song: (1984)

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02 avril 2009

Miserere

Jean-Christophe GRANGE

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"Ce sont des enfants.
Ils ont la pureté des diamants les plus parfaits.
Aucune ombre. Aucune inclusion. Aucune faille.
Mais leur pureté est celle du Mal."

Dans ce roman de Jean-ChristopheJean-Christophe Grangé, il faut ouvrir grand ses oreilles, il faut écouter les sons, les pas, les chants, les voix.

Le mystère plane cette fois-ci sur Paris ou un chef de chorale d'origine chilienne vient d'être assassiné dans l'église arménienne. Plusieurs meurtres suivent, sans lien apparent, à part le modus operandi (perforation inexplicable des tympans des victimes), des inscriptions du Miserere d'Allegri sur les lieux des crimes et de mystérieuses traces en taille 36 qui pourraient appartenir à un enfant...

L'enquête est cette fois-ci menée par deux flics comme les aime l'auteur : un peu à part, avec leurs problèmes, névroses et angoisses. Kasdan est à la retraite, mais ne peut pas vraiment décrocher, poursuivi par les démons qui le hantent, et Volo est un jeune flic toxico, rongé par son enfance sans qu'il comprenne vraiment pourquoi. Les deux compères vont mener une enquête tambour battant, dénouer les mobiles des meurtres et celui des disparitions d'enfants et le suspense vous tient à chaque page, distillé avec art par l'auteur. Un zeste de violence, des personnages tourmentés, une histoire abracadabrante mais - et à mon avis, là est tout l'art de cet auteur - dont on se demande toujours "et si c'était possible ?", un fil de l'action qui jamais ne se détend...

Miserere n'est pas à mon goût le meilleur roman de Grangé, plutôt loin derrière Le vol des cigognes (mon préféré), du fait de la fin qui m'a parut vraiment trop improbable (un état indépendant et intouchable au sein même de l'état français ?) et trop cliché (la cavalerie arrive pour sauver les deux héros bien mal en point...), mais c'est une lecture détendante, prenante qui fait passer un bon moment.

Site perso de l'auteur

Argantel  a regretté la fin, mais bien aimé l'ensemble.

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30 mars 2009

L'oratorio d'Aurélia

Victoria THIEREE-CHAPLIN

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Le monde d'Aurélia est un monde à l'envers, tout en poésie et plein de trouvailles et d'idées originales. Au début du spectacle, nous découvrons Aurélia petit morceau par petit morceau : elle se cache dans une grande commode tandis que le téléphone sonne et qu'elle ne veut pas répondre. Un pied apparaît, disparaît, puis c'est une main, une autre, une jambe... Aurélia est seule et semble vivre dans son monde à elle, un peu chamboulé, loufoque, étrange. Les objets s'animent, le cerf-volant reste à terre alors qu'Aurélia s'envole, les fleurs sont mises à l'envers dans les vases, la chaise à porteur vous porte la tête en bas, le train électrique lui traverse le ventre, les rideaux s'animent et regorgent de cachettes, les marionnettes manipulent elles-mêmes, le temps file dans un sablier, ou bien est-ce Aurélia elle-même qui s'écoule ?

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Ce spectacle extrêmement poétique, truffé de nouveautés, dans le monde fantasmagorique d'Aurélia, ou les métamorphoses et les prouesses physique des deux acteurs s'enchaînent au milieu des gags ne nous a pourtant pas comblés. Je n'ai pas du tout apprécié la musique, à mon goût pas assez gaie et rythmée et j'ai trouvé fatiguant à la longue les courses des acteurs à travers la scène, même si j'ai souvent beaucoup ri ou été impressionnée par les idées scéniques vraiment originales. Manque, je ne sais quoi, un peu de liant, un peu de poésie, je ne saurais trop bien dire en fait, mais toujours est-il que j'ai été un peu déçue, de même que mon mari. Par contre, ma fille a absolument adoré et ri tout au long du spectacle en murmurant "ah Maman, c'est trop drôle, c'est le bazar ici, tout est de travers !".

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Spectacle vu au Colysée de Roubaix (as usual, mais je remets le lien pour les curieux... ou les nordistes !) colys_e

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23 mars 2009

Le roi penché

Carolyn CARLSON & Marie DESPLECHIN

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le_roi_pench0"Autrefois, il y a très longtemps, un homme bossu et boiteux vivait sur la lande. Il avait été chassé de partout. Son visage était fort laid et sa voix très altérée. Aussi les gens disaient qu'il était le fils d'une femme et d'un oiseau et ils craignaient qu'il fût sorcier.

En ce temps-là, un Roi cruel et avare régnait sur le pays. Il était si puissant et sa couronne était si lourde qu'il pouvait à peine lever la tête. Mais il préférait renoncer à voir le ciel, plutôt que de se séparer de son pouvoir et de ses trésors. On l'appelait le Roi penché.

Sur son ordre, le pauvre Bossu fut exilé sur une lande désolée. Là, il se sentit si seul qu'il décida de se laisser mourir. Mais la mort ne voulu pas de lui. Alors, puisqu'il fallait vivre, il supplia le ciel de le faire père d'un enfant. Il fut entendu : un oeuf nacré descendit se poser sur la terre...

Quand le Roi penché entendit raconter ce prodige, il décida de s'approprier l'enfant. Ce qu'il fallut de courage pour le combattre, et comment le soleil se changea en dragon pour s'en mêler, c'est ce que raconte l'histoire du Roi penché, qui fut vaincu par une petite fille qu'on désignait sous le nom de Née d'un Oeuf..."

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Pour la première fois de sa longue et riche carrière, Carolyn Carlson s'est appuyée sur un texte pour donner naissance à son dernier spectacle. En collaboration avec Marie Desplechin, auteur nordique bien connue déjà pour ses romans pour adultes et surtout pour enfants ou ados, Madame Carlson nous emmène une fois de plus dans un univers onirique, mais dans lequel nous retrouvons les valeurs chères aux contes pour enfants : le méchant Roi, cupide et agressif, le bon Bossu, malheureux et solitaire, et Née d'un Oeuf, cet enfant magique envoyée par le ciel pour apporter un peu d'amour dans la vie du Bossu...

Ce spectacle est destiné en priorité aux enfants, mais aussi aux adultes qui ont gardé la capacité de rêver, les yeux assez grands ouverts pour écouter dans le chant des oiseaux et le coeur encore assez pur pour parler à la lune. J'y ai assisté avec ma fille de 8 ans et nous avons adoré, l'une et l'autre.

Nous avons d'autant plus apprécié que nous avons eu la grande chance d'être invités par le CCN de Roubaix (Centre Chorégraphie National, dirigé depuis quelques années par Carolyn Carlson -eh oui, nous avons beau être dans le Nord, et qui plus est à Roubaix, la culture -la grande et belle- vient aussi jusqu'à chez nous !-) pour une porte ouverte et une répétition du spectacle.

Les enfants et moi avons donc eu le bonheur de participer à une après-midi au CCN. Accueillis, ainsi que quelques autres mamans et enfants par Estelle, chargée de communication et des relations presse et Marie-France, attachée de relations publiques, confortablement installés dans la grande salle de danse, nous avons eu tout d'abord un exposé passionnant sur les méthodes de travail de Carolyn Carlson. Ces deux passionnées nous ont expliqué comment, au travers de dessins, d'aquarelles, Carolyn Carlson transmettait à son équipe, danseurs, techniciens ce qu'elle avait dans la tête, comment elle concevait le déroulement de l'histoire, quelle intonation elle voulait donner, quel sens. Les dessins, dont vous trouverez quelques copies glanées sur le site du CCN sont superbes et montrent le talent de cet artiste polyvalente. Ils permettent à l'équipe de mieux cerner ce qu'elle attend d'eux, concrétisent les idées, les sensations, donnent une direction au travail.

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Puis nous sommes entrés dans l'"antre secrète" de la chef costumière, Chrystel Zingiro. Nous avons pu, en avant première, admirer les futurs costumes du Roi penché, du Bossu et de Née d'un oeuf, encore en cours de fabrication (mais Chrystel nous a expliqué que les costumes pouvaient être modifiés jusqu'à la dernière minute avant le lever de rideau...). Nous avons pu visualiser les prouesses non seulement techniques de la couturière, mais d'inventivité et de création pure pour que les costumes correspondent parfaitement à ce que désire la chorégraphe, et qu'ils soient malgré tout aisément portables par les danseurs, pas trop lourds, adapté aux mouvements, pratiques à enfiler ou enlever lors des changements de rôles, et surtout lavables sans dommages après la performance des danseurs. La costumière, quand elle ne trouve pas les tissus désirés, crée parfois elle-même ses propres tissus, avec moultes expériences qui peuvent s'avérer selon le cas des réussites ou un remake de l'apprenti sorcier (micro-onde, cocote minute, fer à souder, peinture... tout est bon pour que le tissu ait enfin la texture et le rendu attendu !).

Après un goûter réparateur, Cristina, l'interprète de Née d'un oeuf, nous a rejoint dans la grande salle pour deux heures non stop d'atelier danse. C'était magique ! Echauffements, marches, mouvements du corps, expression de sentiments à travers les gestes, tout cela en musique, chapeautés par cette danseuse terriblement sympathique et proche qui nous ouvrait les portes de son art, un vrai moment de bonheur pur ! Les enfants, un peu gênés au début (et moi aussi !), se sont vite lachés et sont rentrés dans ce jeu du mouvement et de l'écoute de soi et des autres et aucun de nous n'a vu le temps passer.

Je remercie tout particulièrement Cristina pour la gentillesse et la douceur avec laquelle elle s'est occupée de Paul, mon dernier de 6 ans, trop fier de montrer l'exemple et d'être -enfin- pris pour modèle...

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Notre bonheur a continué 15 jours plus tard par une répétition de la pièce. Nous avons eu un avant-goût de la musique, de la gestuelle des danseurs (le Roi, effectivement vraiment penché, le Bossu boitant et vraiment bossu), admiré les décors de Stéphane Vérité (projections d'images toujours en mouvement qui permettent ainsi à un décor généralement statique de participer pleinement au déroulement de l'histoire, d'en être un protagoniste à part entière). Carolyn Carlson, présente avec son équipe, a répondu très aimablement aux questions des uns et des autres mais, afin de ne pas gâcher notre plaisir de découverte et notre émerveillement, n'a pas voulu "trop" nous en montrer...

C'est ainsi que ma puce et moi nous sommes rendues au spectacle. Pleines des souvenirs et impressions emmagasinées lors de cet après-midi de découverte, et pleines des questions suscitées par ce que nous avions entrevu à la répétition... Et nous nous sommes laissées toutes deux bercer par ce joli conte. Sur une musique de René Aubry, compositeur complice de Carolyn Carlson depuis de nombreuses années, nous avons admiré les performances des danseurs, suivi le déroulement de l'histoire, observé avec dédain le Roi cupide tentant de s'approprier bijoux et biens divers (l'entrée du Roi sur scène était superbe, avec sa couronne qui le tirait véritablement en avant, tant et si bien qu'on aurait cru qu'il allait tomber !), tremblé au moment de la bagarre entre le Roi et le Bossu (superbe !), bref, nous avons admiré ce spectacle de bout en bout et adoré ! La chorégraphie "colle" à l'histoire et les danseurs, dans leur gestuelle ont parfaitement intégré le caractère de leur personnage. Tout en faisant rêver les adultes, ce spectacle est, à mon goût parfaitement adapté aux enfants (très nombreux ce soir-là, même des très jeunes), tant il se rapproche de leur univers, de leurs rêves. La lune et le soleil font avancer le cours de l'histoire, tandis que retentissent les cris des oiseaux, amis des gentils...

Un spectacle magique !

Sur le site du CCN Interview de Marie Desplechin et de René Aubry et de Carolyn Carlson (en anglais).

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Un grand merci à l'équipe du CCN pour leur accueil et leur gentillesse. Cette expérience était vraiment enrichissante et j'espère que mes enfants en garderont le souvenir, et surtout le goût de la danse, de la musique... Nous serons ravis de pouvoir participer à une prochaine porte ouverte !

Distribution :

Cristina Santucci, Maxim Kopistko, Guilhem Rouillon

Chorégraphie : Carolyn Carlson
Musique : René Aubry
Dramaturgie : Marie Desplechin

Conseillère littéraire : Hélène de Talhouët
Scénographie, images et lumières : Stéphane Vérité
Production d'images : Romain Sosso
Costumes : Chrystel Zingiro
Assistants chorégraphiques : Jacky Berger, Henri Mayet

16 mars 2009

Lalala Opéra en chansons

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Toutes les étapes de notre vie sont emplies de souvenirs de musique et nous avons tous, dans la tête, des airs, des paroles de chansons qui pourraient s'adapter à une situation que l'on est en train de vivre. C'est ce que propose ce magnifique spectacle musical, qui nous a bercé d'airs souvent connus, fait rire ou sourire et énormément plu.

Une chanteuse de variétés reçoit un bouquet de fleurs et une lettre d'amour de la part d'un inconnu. Elle est un peu perdue, boit, semble malheureuse et part à la recherche du mystérieux expéditeur tout au long de la nuit, au gré des rencontres, dans une soirée mondaine, le métro, la rue, un taxi, pour finir dans une discothèque.

Plusieurs histoires sont imbriquées les unes aux autres, jouées par des danseurs, des comédiens et les trente deux chanteurs du chœur de chambre Les Cris de Paris (en tout plus de 40 personnes sur scène). Les chants, tous a capella, reprennent des chansons françaises ou étrangères qui ont bercé notre enfance, notre adolescence ou ces dernières années. Le mime, la danse et les textes font avancer l'histoire, avec toujours un brin d'humour, beaucoup de poésie, un peu de folie. Les costumes sont superbes, la mise en scène très originale (très amusant de voir la salle du Colysée sans décor, brute), on se laisse bercer, on se prend à chanter en même temps, c'est très beau, c'est magique.

Le final est époustouflant, tant pour la musique que la danse, et la troupe, ovationnée a eu la gentillesse de nous le rejouer une fois, pour notre plus grand plaisir !

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lalala

Photos prises pendant le spectacle.

Vous reconnaitrez des chansons de Fréhel, Boris Vian, Jacques Dutronc, Vinicius de Moraes, Julio Iglesias, Dalida, Ottawan, Les Rita Mitsouko, Thomas Fersen, Prince, Madonna, et bien d'autres...

Baden Powell & Vinicius de Moraes : Samba em preludio
Fréhel : Où sont tous mes amants
Boris Vian : J'suis snob
Lio : Amoureux solitaires
Guy Béart & Jeanne Moreau : Parlez-moi d’moi
Jeanne Moreau : India song
Jeannette : Porque te vas
Ottawan : T’es OK
Jacques Dutronc : J’aime les filles | Il est cinq heures, Paris s’éveille
Damia : Moi j’m’ennuie
Les Rita Mitsouko : Les histoires d’A
Thomas Fersen : Dugenou
Ella Fitzgerald : Cry me a river
Julio Iglesias : Je n'ai pas changé
Michael Jackson : Thriller
Nicole Croisille : Téléphone-moi
Dalida & Alain Delon : Parole parole
Prince : Kiss
Madonna : Hung Up

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12 mars 2009

La Bossa Fataka

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Totalement improbable, La Bossa Fataka est pourtant un assemblage réjouissant de folie, de musique et d’images. Sur fond de la musique baroque de Jean-Philippe Rameau, entre des projections d'images, des illusions cinématographiques et des jeux scéniques, les danseurs évoluent avec exubérance et originalité. Mélange de hip-hop, de danse africaine et de danse classique revue et corrigée, poésie, humour, le monde en 3D de la Bossa Fataka est farfelu, extravagant mais attachant. Le rythme est soutenu, on s'amuse, on admire les prouesses des danseurs... une heure de pur bonheur !

J'ai vu ce spectacle avec mon fils de 10 ans, qui a également adoré. colys_e

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Le site des metteurs en scène.

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14 février 2009

La Traviata

VERDI

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traviataLa Traviata est l’opéra le plus populaire de Verdi, et même si vous n'êtes pas très mélomane, vous connaissez tous un ou plusieurs airs de cette pièce magnifique. L'histoire est tirée du roman de Alexandre Dumas, La dame aux Camélias.

A Paris, au XIXe siècle, Alfredo, jeune homme de bonne famille, s'éprend avec passion de la courtisane Violetta. Mais le père d'Alfredo ne voit pas cette liaison d'un bon oeil, qui porte ombrage à l'honneur de sa famille et fait promettre à Violetta de renoncer à son amant. Elle lui envoie une lettre de rupture sans explications qui rend Alfredo fou furieux. De rage et de désespoir, il l'insulte en public, et la jeune femme dont la maladie réapparaît, se meurt seule en compagnie de sa camériste. Alfredo apprend par une lettre de son père qu'elle n'a jamais cessé de l'aimer et se précipite à son chevet, mais trop tard : elle meurt dans ses bras.

L’amour naissant, la passion, la souffrance, la notion du devoir et du sacrifice, tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette oeuvre un chef-d'oeuvre. L'opéra alterne avec bonheur les airs envoûtants et joyeux des fêtes heureuses, et la tristesse des moments intimes et du drame que vivent Alfredo et Violetta. Et comme toujours, j'ai pleuré, pleuré...

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Une merveilleuse soirée passée grâce au Colysée de Roubaix, qui nous offre, à deux pas de la maison, des spectacles de grande qualité. C'est mon petit luxe, et chaque année, je me précipite sur le programme, mais mon choix est de plus en plus difficile à établir, tant les spectacles sont diversifiés et attirants... Je coche, je coche sur mon bulletin d'abonnement, et je n'ose pas dire à mon mari le nombre de spectacles choisis... Je le préviens juste quelques jours avant : "n'oublies pas, nous avons un spectacle cette semaine !" et ainsi il ne se rend pas trop compte de tout ce que j'ai retenu ! (enfin, il n'est pas idiot tout de même, n'allez pas croire ! Il est aussi ravi que moi !).

Photos prises pendant le spectacle.

violetteUne belle version de Violetta que je vous incite à écouter, encore et encore !


Découvrez Anna Netrebko!

Et parce que c'est la Saint Valentin, et que je vous aime tous, vous, mes lecteurs, les fidèles et ceux de passage, voici un petit bouquet pour vous :

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