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Avec un héros qui s'appelle Bond, on s'attend à un homme fort, combatif, volant au secours de la veuve et de l'orphelin, pourfendant les méchants... Sauf que le méchant, dans cette histoire, c'est une maladie, une vilaine maladie que ni les médecins ni les proches des malades n'arrivent à combattre... Pourtant, ce papa ne manque pas de courage ni de patience pour vivre au quotidien ce drame et tenter de communiquer avec sa fille, la petite Clara, atteinte d'autisme. Mais affronter tout seul les démons de Clara n'est pas chose aisée. Lorna, la père de la petite, a d'ailleurs préféré s'enfuir pour ne pas se retrouver quotidiennement face au silence de l'enfant, à son regard vide et insondable, face à cette communication impossible qui la ronge, et dont elle se sent coupable. Les questions des parents s'accumulent : « Quel monde est le sien ? Est-elle cette combattante perpétuelle dressée contre un univers qui l'attaque à chaque seconde sur tous les fronts... toute une armée crispée derrière ses paupières affolées ? » mais les progrès infinitésimaux de la petite n'augurent pas d'une guérison proche.

Jusqu'au jour où le père découvre dans un cahier de sa fille une écriture étrange et un texte qui l'est plus encore. Sans une faute d'orthographe, quelques phrases évoquent le grand Nord en septembre 2012. Il va partir à la recherche des réponses concernant sa fille, en Alaska tout d'abord puis au fin fond de l'Ardèche et bientôt rejoint par la mère de l'enfant. Les médecins affirment que c'est bien la fillette qui a écrit ces lignes étranges, et proposent la folle hypothèse que son esprit puisse être hanté par l'esprit de quelqu'un d'autre... Absurde est la première réaction de tout-un-chacun, mais cependant les parents s'accrochent au moindre espoir et décident de suivre cette mince piste, ce fil incroyable qui peut-être, leur permettra de briser le mur de silence derrière lequel s'abrite la petite fille.

Un thriller psychanalytique très intéressant que j'ai beaucoup aimé lire, mais qui m'a laissée avec quelques interrogations. Les progrès de la médecine n'ont pas encore permis de comprendre cette terrible maladie qu'est l'autisme, et je ne sais pas du tout si les théories avancées dans le roman sur une éventuelle réincarnation des âmes ont été abordées dans la réalité par des chercheurs. Pour moi, c'est un peu gros, mais j'ai souvent un esprit trop terre à terre... et donc la fin m'a paru un peu tirée par les cheveux... Sans sombrer dans le pathos, Cauvin réussit donc à aborder un thème difficile, mais j'ai eu l'impression qu'il s'amusait aussi à tirer sur la corde sensible, sur notre petit coeur pour nous faire accrocher à cette histoire...

Une bonne lecture, donc, mais pas un coup de coeur.

 

« Elle tenait un feutre à la main, elle avait ouvert le cahier à dessins et, de l’endroit où je me trouvais, je pouvais voir les lignes qu’elle venait de tracer. La pointe du feutre reposait sur la dernière lettre. Nous étions seuls dans cette pièce, elle et moi, ce rond de lumière sur le papier, et pourtant, je peux dire que je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie : je suis resté tétanisé… qui avait écrit ? »

Un roman lu par Sassenach (qui n'a pas du tout aimé)

Je n'ai jamais rencontré "en vrai" d'enfant autiste, mais j'ai écris, il y a de longues années, un texte : Ailleurs.

 

Merci au Livre de Poche pour l'envoi de ce roman !

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