31 mars 2008
Poisson d'avril !
Annonce d'une naissance !
Parce que c'est demain...
Parce que petit poisson deviendra grand...
Parce que rien ne vaut la natation en pleine mer...
Parce que ça me titillait depuis longtemps...
Voici donc déclarée
l'heureuse et officielle naissance
du blog de Liliba !
http://liliba.canalblog.com/ : Une nouvelle adresse à insérer dans vos favoris !
Coups de coeur ou coups de gueule sur mes lectures, aperçu de mes sorties, de mes envies, de mes fous rires ou de mes chagrins, j'espère vous faire partager un peu de ma vie. Ce blog, mon petit poisson, est lâché dans l'océan du web, souhaitons lui de belles rencontres, et de bons moments grâce à vous tous qui me lirez.
Merci à tous ceux qui prendront le temps de mettre quelques commentaires sur mes pages,
Merci à tous ceux et celles qui ont déjà des blogs qui me font rêver depuis longtemps,
Merci à mes copines de bibliothèque tournante, aux soirées littéraires et sympathiques que nous passons ensemble, entourées de livres (et de délicieux gâteaux et bière fraîche, ce qui n'est pas incompatible !).
Merci à toi, Marie, qui crois en moi et grâce à qui j'ai osé me lancer.
A bientôt à tous !
30 mars 2008
Arlington Park
Rachel CUSK
Où mes rêves se sont-ils envolés ???
Rachel Cusk raconte vingt quatre heures de la vie de quatre femmes d'Arlington Park, banlieue résidentielle d'Angleterre, qui ont tout pour être heureuses : mari, enfants, maison, amis... Nous plongeons dans les détails de leur quotidien, entrons dans leurs maison, les suivons au supermarché ou pendant la préparation d'un dîner, et nous entrons surtout dans leurs pensées.
Vite, les les façades de ces jolies maisons de banlieue s'effritent et l'on se heurte à ces vies devenues complètement artificielles, qui se déroulent sans véritable heurt, mais sans que les gens n'en soient plus vraiment maîtres... S'ensuivent frustrations, jalousies, déceptions, rancoeurs... Chacune des quatre femmes dont nous parle Rachel Cusk a le sentiment d'être passée à côté de sa vie. Chacune tente à sa façon de se révolter, de résister à la banalité du quotidien, au passage du temps qui émousse le désir, flétrit la beauté, affadit l'amour et désabuse les êtres.
J'ai beaucoup aimé ce livre, qui m'a flanqué un sacré cafard... J'ai vraiment ressenti ce coté pesant, étouffant, anesthésiant de ces femmes, leurs doutes quand à leur mariage, leurs enfants, leurs espérances déçues, leurs rêves reniés... Du coup, j'observe ma vie (banlieue agréable de province, 10 ans de mariage, 3 enfants, un boulot...) et ... eh bien cela m'a donné envie de me secouer les puces pour ne pas ressembler à ces femmes aigries, malheureuses et désabusées... brrr, ça fait peur si on devient comme ça, non ?
Voir critiques et extraits dans Le choix des libraires et sur le blog de Clarabel, une des nombreuses blogueuses qui m'a donné envie de m'y coller aussi et qui a toujours des critiques que j'aime beaucoup lire.
29 mars 2008
La fin des terres
Philippe GENTY
Magie pour les yeux
J'ai vu La fin des terres hier soir et j'ai beaucoup aimé ce spectacle, qui est absolument époustouflant visuellement et techniquement : nous sommes entrainés dans un monde de rêves, de fantasmes (de fous ?), un monde surréaliste à la Magritte, le monde de notre enfance, de nos souvenirs, de nos errances...
fonds de scènes de toute beauté avec changements de lumières superbes, jeux d'ombres chinoises, choix des couleurs ou des "non-couleurs"... Inventivité pour la mise en scène (apparitions et disparitions des danseurs), marionnettes animées, originalité des changements de décors... Superbe !
Par contre, je n'ai rien, mais alors rien compris à l'histoire...
Mais, finalement, ce n'est pas si grave, je me suis laissée bercer et j'ai passé un très bon moment !
"Comme chacun sait la réalité copie l’illusion.
D’illusions en réalités, la Compagnie Philippe Genty, parcourt un univers où les images absurdes, dérisoires, cruelles s’emboîtent sur un mode associatif sans logique narrative, comme dans un rêve.
Des images qui retrouvent d’anciennes blessures, réveillent des premières peurs, des premiers désirs et témoignent de nos vertiges intérieurs.
Un théâtre où le comédien s’affronte aux objets aux matériaux.
Un affrontement physique qui saisit et fixe dans l’espace l’homme face à ses propres conflits.
Un théâtre où l’homme transcende sa condition misérable pour s’élever jusqu’à rêver d’infini.
Un théâtre où la magie et l’illusion sont là pour fissurer le rationnel et se glisser dans l’univers du subconscient, laissant le spectateur prolonger les images qui lui sont proposées et le renvoyer à ses propres miroirs."
Philippe Genty.
Distribution 
Mise en scène : Philippe Genty et Mary Underwood
Assistés de Clélia Colonna
Musique : Serge Houppin et Henry Torgue
Costumes : Charline Beauce
Conception Lumières : Philippe Genty et Emmanuel Laborde
Avec : Amanda Barter, Nikola Krizkova, Sébastien Lenthéric, Pierrik Malebranche, Rolan Loor, Nancy Rusek, Simon T.Rann
Régie plateau / Manipulateur : Emmanuel Rieussec
Technicien / Manipulateur : Rodolphe Serres
Costumière / Manipulateur : Grâce Rondier
Régisseur Lumières : Jean Luc Passarelli
Régisseur Son : Pascal Laajili
Directeur technique: Olivier Pot
Plasticiens : Sébastien Puech, Carole Allemand, Romain Duverne, Laurent Huet et Cécile Meunier
Voir critique très détaillée et intéressante sur Théatre on line ainsi que sur le blog Le jardin d'écriture
28 mars 2008
Pour trouver des idées de lectures...
Bien que pour ma part, ma liste de livres à lire soit longue, longue, longue et que j'ai l'impression que dès que j'arrive à lire un livre et à le barrer sur cette fichue liste, 10 nouvelles parutions, ou vieux romans viennent s'y ajouter... voici un site sympa pour trouver de nouvelles idées de lectures : Le choix des libraires
27 mars 2008
Le bizarre incident du chien pendant la nuit
Mark HADDON
Le génie de la maladie
" Il était 0 h 07. Le chien était allongé dans l'herbe au milieu de la pelouse, devant chez Mme Shears. Il avait les yeux fermés. On aurait dit qu'il courait couché sur le flanc, comme font les chiens quand ils rêvent qu'ils poursuivent un chat. Mais le chien ne courait pas. Il ne dormait pas non plus. Il était mort. Il avait une fourche plantée dans le ventre. "
Qui a tué Wellington, le grand caniche noir de Mme Shears, la voisine ? Christopher Boone, décide de mener l'enquête, même si cela doit bouleverser son univers quotidien et l'équilibre délicat de sa vie.
Christopher est autiste : il aime les listes, les plans, la vérité. Il comprend les mathématiques et la théorie de la relativité et a une formidable mémoire photographique. Par contre, Christopher ne comprend pas du tout les êtres humains qui le déconcertent et ne s'est jamais aventuré plus loin que le bout de sa rue. Il ne supporte pas qu'on le touche, a des phobies...
Livre très original. Le personnage de Christopher est attachant, malgré, ou à cause de son handicap, c'est assez drôle.
26 mars 2008
AILLEURS
A chaque fois qu'elle les regarde monte en elle un immense sentiment de fierté, d'émerveillement mélangés à un léger étonnement, une incrédulité toujours présente malgré les années qui défilent. Etonnement face au mystère de la vie, ce pouvoir qui lui a été donné de concevoir et mettre au monde des enfants. Emerveillement d'avoir sentit grandir en elle, au fond de ses entrailles, une créature faite de son sang et de sa chair, une part d'elle-même, et pourtant un être à part entière, unique, accompli, incomparable.
Elle regarde ses enfants jouer dans le jardin et son coeur se gonfle de bonheur ; elle remercie le Ciel, Dieu, la vie et le hasard pour ces enfants qu'elle a mis au monde, et qui sont la joie de ses jours. Mais il y a au fond d'elle-même, tout au fond, une petite boule qui se terre et ne disparaît pas, un noeud qui se resserre de plus en plus, qui l'étouffe ; cette honte, ce sentiment de culpabilité qui l'étreignent si fort depuis cinq ans déjà, mais qu'elle dissimule autant qu'elle peut. Il y a aussi les larmes, ces larmes en attente, en suspend, qui ne coulent plus, qui restent bloquées sous ses paupières : elle n'arrive plus à pleurer, ses yeux sont secs. Et elle a l'impression maintenant de pleurer à l'intérieur d'elle-même, de n'être qu'une gigantesque cascade de larmes. Elle a peur de se laisser emporter par ce raz de marée, de s'y noyer.
Elle les regarde tous les deux, la grande soeur et le petit frère qui se ressemblent tant, et qui lui ressemblent à elle aussi, mais qui sont si différents, incomparables. D'abord, son rayon de soleil, sa poupée rieuse et câline, sa gracieuse petite fille aux boucles blondes qui tourne et chante, et rit de son rire cristallin qu'elle adore, et tourne encore, et danse autour de son petit frère. Et puis elle le regarde, lui, son grand bébé de cinq ans, son petit garçon fragile, son amour, sa douleur.
Autiste. Les médecins ont dit qu'il était autiste. Son instinct de mère avait bien senti quelque chose, pressenti l'étrange dès le début chez ce tout petit bébé silencieux qui ne la regardait pas, ne souriait jamais, semblait grandir seul, à l'écart de la famille et du monde. Mais elle n'avait tout d'abord pas voulu prêter attention aux signes bizarres, aux symptômes divers prouvant la différence de son enfant. Il avait juste une croissance un peu lente, il prenait simplement son temps pour grandir, les garçons, c'est bien connu sont toujours en peu en retard... Puis elle avait commencé à comparer avec les enfants du même âge, à discuter avec d'autres mères pour finalement comprendre, admettre que son fils était différent. Et elle s'était tournée vers la médecine, avait couru d'hôpitaux en spécialistes, d'analyses en consultations. Autisme ; diagnostique irrévocable, définitif, sans appel. Alors elle avait refusé, elle s'était rebellée, elle avait eu toute une période de rejet, de négation des faits. Non ! Pas elle, pas son enfant, cela ne pouvait pas être possible, ils s'étaient sûrement trompés, ils n'y connaissaient rien de toute façon, racontaient n'importe quoi. Il est juste un peu lent, un peu en retard, ce n'est rien, ça va passer. Elle s'était ainsi bercée d'illusions et consolée pendant quelque temps avant de se rendre à l'évidence, d'accepter le verdict médical. Elle avait lu alors quantité de livres, elle avait rencontré des familles touchées elle aussi par la maladie, elle avait assisté à des conférences, des débats... Elle aurait tellement aimé avoir un petit garçon comme les autres, un turbulent casse-cou au coeur tendre, un petit mec qui aurait imité son père et aurait été très amoureux de sa Maman... Mais il en était autrement, elle avait un fils autiste et elle devait l'aimer comme cela, elle devait se soumettre devant le destin, et trouver son bonheur tout de même. Ne lui avait-on pas dit un jour que c'était finalement mieux que d'avoir un enfant handicapé moteur ?
C'est vrai, c'est une drôle de maladie, l'autisme. C’est une maladie où l'on n'est pas vraiment malade en fait, juste absent. Son petit garçon, elle le regarde souvent, elle l'observe pour tenter de percer son secret, pour découvrir où se cachent son âme, son esprit, son coeur. Il n'a pas l'air malheureux, il ne souffre apparemment pas, il est calme hormis ses crises de colère hystérique ou de panique qui surviennent sans prévenir, sans raison, et disparaissent de même. Il est juste là sans être là, il vit dans son monde à lui, ne voit pas les mêmes images, les mêmes couleurs, il n'entend pas toujours les bruits de la vie, de la famille qui s'agite autour de lui. Il n'atteint que très rarement les rives de notre monde à nous, il voit et entend des choses dont nous n'avons ni la perception, ni même l'idée. Présent et absent tout en même temps. Il n'est pas malade, pas handicapé, ni débile, non. Il est tout simplement ailleurs.
Finalement l'amour pur et absolu, sans réserve, de la mère pour son enfant a pris le dessus sur la colère et la douleur. Oui, elle a un fils autiste, et alors ? Alors il faut vivre avec, l'aimer, et l'aider à grandir tout comme elle le fait pour sa fille. Elle a besoin évidement de plus de temps, plus de patience, plus de présence pour cet enfant particulier, mais elle ne baissera pas les bras devant cette maladie qui voulait gâcher son bonheur ; elle fera face.
Elle pense à tout cela tout en regardant ses enfants, joie et douleur mêlées, fierté et regrets aussi. Elle sourit à sa fille et à ses galipettes. Et elle sourit aussi à son petit garçon étrange, à son enfant enfermé en lui-même, dans la prison de son cerveau. Elle ne désespère pas, elle l'aura à l'usure, elle en est certaine. Pour l'instant, elle observe, mais elle sent, elle sait qu'elle arrivera un jour à communiquer avec lui, à briser ce mur invisible qui les sépare, cette distance phénoménale infranchissable pour le moment. Elle espère l'attirer un jour vers la vie, vers la réalité, elle espère capter un regard, voir se dessiner sur son visage si fin un début d'expression, voire même un sourire, un rire pourquoi pas. Et alors elle aura gagné contre la maladie, elle aura gagné contre tous, et ce jour-là ils seront ensemble, mère et fils, enfin réunis.
Alix 15/09/94
Visite au musée
Ma fille sera une artiste !
Ma princesse de 7 ans est allée avec le centre aéré visiter le "Palais des Plus Beaux Arts" ! Oui, "c'est un musée qui est beau comme un palais de château, et dedans il y a des choses de l'art qui sont belles aussi, comme des peintures et des statues et des trucs vieux et on y va pour les regarder et dire que c'est beau".
Métier d'avenir !
Mon fils ira loin...
Mon Paulo, du haut de ses 5 ans, intense réflexion dans sa petite tête :
- Maman, quand je s'ras grand, je serai CHEF !
- Ahhh, bien, mais chef de quoi, ce n'est pas un métier, chef ?
Haussement d'épaules, genre il faut tout t'expliquer à toi, même les choses les plus évidentes...
- Ben, chef de surveillance !
Et toc !
25 mars 2008
Chagrin d'école
Daniel PENNAC
Cancre, ça mène à tout !
Daniel Pennac est un ancien cancre, et il nous livre dans cet ouvrage ses souvenirs d'école.
En nous restituant ses angoisses de mauvais élève, ses chagrins de dernier de classe, les injustices et les critiques auxquelles il était habitué (mais s'habitue-t-on jamais à l'injustice ?), mais aussi les victoires durement gagnées : apprentissages enfin mémorisés, début de compréhension, intérêt enfin éveillé, le Pennac devenu prof (cela rassure, cancre, ça mène finalement à des métiers intelligents !) nous transmet ses réflexions sur la pédagogie, l'ancienne ou la nouvelle et sur les dysfonctionnements de l'institution scolaire.
Rôle de la télévision, de la société de consommation à outrance, du laxisme des parents et de l'éclattement du noyau familial traditionnel, tout concourre à faire de l'école ce qu'elle est : un prolongement de la vie à l'extérieur des murs scolaires... La réflexion est intéressante, bien que parfois un peu stéréotypée, l'écriture fluide et le ton plein d'humour. Se lit donc "comme un roman" (cf son ouvrage précédent), mais je suis cependant restée un peu frustrée qu’encore une fois, il ne nous livre pas un de ses merveilleux "vrais" romans... (Malaussène...)
Extrait : "Donc, j'étais un mauvais élève. Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l'école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n'étais pas le dernier de ma classe, c'est que j'en étais l'avant-dernier. (Champagne!) Fermé à l'arithmétique d'abord, aux mathématiques ensuite, profondément dysorthographique, rétif à la mémorisation des dates et à la localisation des lieux géographiques, inapte à l'apprentissage des langues étrangères, réputé paresseux (leçons non apprises, travail non fait), je rapportais à la maison des résultats pitoyables que ne rachetaient ni la musique ni le sport ni d'ailleurs aucune activité parascolaire."
"J'étais un objet de stupeur, et de stupeur constante car les années passaient sans apporter la moindre amélioration à mon état d'hébétude scolaire. «Les bras m'en tombent», «Je n'en reviens pas», me sont des exclamations familières, associées à deux yeux d'adulte où je vois bien que mon incapacité à assimiler quoi que ce soit creuse un abîme d'incrédulité."
24 mars 2008
L'amant de la ligne 11
Rina Novi
Ca n'arrive qu'aux autres !!!
"Sans même les regarder, Cécile savait que ses tétons se dressaient sous son corsage, sans qu'elle n'y puisse rien. Dès que la rame se vida un peu, elle s'écarta de la barre et fit glisser sa main le long de la tige de métal. Lorsque celle-ci atteignit la hauteur de ses seins, elle eut la surprise de sentir ses doigts buter sur un doigt qui n'était pas le sien. Le doigt de quelqu'un qui n'était pas elle, dont la dernière phalange avait pris position entre la barre et son sein droit, et dont l'ongle, à intervalles réguliers, répétés et timides, en titillait le téton. Elle n'avait aperçu que le doigt, n'avait pas regardé l'homme à qui il appartenait, et restait paralysée. Pour Cécile, depuis la disparition de son mari, c'est métro-boulot-dodo. Jusqu'au jour où, dans un wagon bondé à l'heure de pointe, un homme mystérieux lui procure une sensation délicieuse, semblable à un effleurement : moment volé au temps qui la fait renaître à la vie. Le roman d'une initiation à l'amour que la jeune femme va parcourir avec la plus grande maîtrise."
Roman vaguement érotique sympathique, mais je n'ai pas vraiment accroché. Un peu tiré par les cheveux tout de même... Je ne sais pas si l'auteur prend souvent le métro à Paris ??? Ou alors c'est carrément vexant pour moi qui y ai vécu plus de 10 ans (à l'époque où j'étais jeune, fraiche, belle et disponible !) : cela ne m'est jamais arrivé !!!!










