Contre coup - Nathan Filer Liliba

Avoir une voix dans sa tête qui parle sans cesse n’aide pas à aller bien. Surtout quand cette voix vous rappelle un évènement que vous voudriez oublier, pour lequel vous n’arrivez pas à cesser de culpabiliser. C’est pourtant ce qui arrive Matthew qui est hanté par la mort de son grand frère 10 années plus tôt. Schizophrénie. Le diagnostic est posé. Mais pour se défaire enfin de cette maladie qui lui pèse, qui le ronge de l’intérieur, le jeune garçon va se mettre à écrire et à dessiner. Tout. Son passé, ses pensées, ses souvenirs. La douleur, la mort, le silence des parents, la folie qui tente de l’étouffer un peu plus chaque jour. Un étalage de mal-être, cependant intercalé avec des passages très humoristiques où il arrive à prendre du recul, et même voir d’un œil amusé sa situation, en rire.

Le sujet est intéressant et il est traité de manière assez originale, si bien que le lecteur est interpelé et curieux de connaître le déroulement et le dénouement de cette histoire. Mais j’ai cependant trouvé la construction de ce roman un peu compliquée à suivre, avec certains passages un peu longs, et de nombreux flashback qu’il faut suivre pour ne pas se perdre en cours de route. D’autre part, j’ai déjà pas mal lu sur la folie, et j’ai regretté que l’auteur n’aille pas plus loin dans le thème, nous donnant plus de clés, plus d’explications des mécanismes de cette maladie, de ses symptômes, de ses conséquences. Etre dans la tête de Matthew est un point de vue captivant, mais bien sûr, du coup, on manque de recul.

Cependant, c’est un premier roman et à ce titre, on ne peut que le remarquer. Et les lecteurs pourront y trouver leur plaisir, même si à vrai dire, deux mois après avoir lu ce roman, il ne m’en reste qu’un souvenir assez vague…

Merci aux Editions Michel Lafon pour cette lecture.

 

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