José - Richard ANDRIEUX
Livre voyageur en provenance de Florinette.
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José est un garçon de neuf ans qui n'a jamais connu son papa et vit seul avec sa mère. Il n'a pas d'amis, ne parle pas avec sa maman, mais s'invente des compagnons choisis parmi les objets quotidiens qui l'entourent, et rebaptisés d'un nom censé leur convenir mieux que celui par lequel on les désigne habituellement : son lit est " voyage ", un bougeoir devient le " colonel ", "Ange" est la photo d'un cheval , "pingouin" le réfrigérateur...
Le médecin de famille rassure la maman inquiète, en lui disant que cette manie passera à son enfant, mais celle-ci se sent impuissante face à cet enfant particulier, enfermé dans son monde intérieur. Elle se sent rejetée, mal aimée par son propre fils et va tomber lentement dans la dépression et l'alcoolisme, attendant vainement un mot, un geste de communication en provenance de l'enfant.
Le garçonnet est recueilli par une tante, mais commence à sombrer lui aussi dans un état dépressif, si bien qu'il doit être hospitalisé. Nous suivons l'évolution de son "mal' et son retour dans le monde réel, celui de la parole, de l'échange, de la communication entre les êtres.
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Auteur-compositeurAuteur-compositeur, Richard Andrieux signe son premier album en 1988. Il entre au Conservatoire d'art dramatique de Strasbourg en 1990. Suivent plusieurs pièces de théâtre et toujours la musique. José est son premier roman ; il reçu le prix 2007 de la Forêt des Livres.
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J'ai bien aimé ce petit livre lu d'une traite un soir, mais mon avis est cependant un peu mitigé. J'ai été sensible à la poésie des mots, à la retenue, la pudeur de l'auteur, à ce style épuré et simple qui fait que les faits prennent plus de poids, de consistance.
Mais j'ai été un peu dérangée par José : la mère d'un tel enfant aurait dû être alertée depuis plusieurs années par un tel comportement, qui est normal jusqu'à 4-5 ans, voire 6 ans, mais sort complètement des critères d'évolution d'un enfant de 9 ans ! (mes enfants ont 9, 7 et 5 ans, je suis donc en plein dedans !). José est donc atteint d'une maladie grave, autisme ou autre forme de repli sur soi, dépression ou je ne sais quoi d'autre, et on a l'impression qu'elle vient de découvrir que son fils est différent, ou tout du moins de s'en inquiéter vraiment, quand au médecin... je ne lui confierais pas mes enfants !!!
D'autre part, je trouve la fin un peu facile... Et ils furent heureux et tout redevint normal... Un peu trop conte de fée, à mon goût ! J'ose espérer que cela puisse être possible, mais je suis pas certaine que les hôpitaux psy pour enfants connaissent d'aussi belles rémissions...
Malgré mes critiques, lisez José ! C'est un joli petit livre, très poétique, très triste et bien prenant !
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Extraits : "José a un nouvel ami ; c'est un dictionnaire qu'il ne quitte plus. Son grand plaisir est d'ouvrir une page au hasard, de mettre le doigt sur un mot, toujours au hasard, et d'en changer le sens le plus rapidement possible. L'enfant ne retire son doigt que s'il est certain de se souvenir du mot inventé : ainsi crépuscule devient "ouverture", cartable "boite à outils" et coccinelle "poussin". Ensuite avec les nouveaux mots, il s'amuse à faire des phrases qu'il note dans un cahier caché sous son oreiller."
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"Dans ce service pour enfants, on entend parfois des cris terribles. Entre deux chambres, les infirmières et les toubibs se croisent pour soigner des mômes dont la ville ne veut plus.
Ici, la douleur suinte à travers les portes. La souffrance est là : on respire, on s'en nourrit, comme pour ne rien oublier.
Ici, il y a des regards qui n'existent pas. Pendant les heures de visites, on croise la culpabilité dans les couloirs.
ici, il y a des bouts de chou que l'on aimerait serrer contre soi, juste pour être sûr d'entendre battre leur coeur.
Ici, il n'y a ni barbe à papa, ni manège, ni cour de récréation.
ici, rien n'est comme ailleurs : même les fleurs semblent tristes.
Ici, on a le droit de détester Dieu."