12 décembre 2009
Vendeur de cauchemars
André BENCHETRIT
Un thriller pour ado qui tient en haleine les mamans, c'est tout dire !
Lili et son grand-frère Elvis se gardent tout seuls à la maison en l'absence de leurs parents, qui ont rendez-vous chez un huissier suite à des dettes de jeu nombreuses et accumulées . Il y a d'ailleurs dans l'appartement familial une pièce secrète construite par le papa, cachée derrière un poster des parents, qui abrite tout ce que la famille possède d'encore un tant soit peu précieux, pour le soustraire aux huissiers : télévision, meubles, bibelots, tableaux...
On sonne à la porte, mais cette fois-ci ce n'est pas un huissier qui recherche les parents, c'est un homme à l'aspect tout à fait angoissant, qui force le passage et se retrouve dans l'appartement en face des enfants et menace de les tuer : le vendeur de cauchemars !
De longues heures terrifiantes attendent les deux enfants, qui sont très heureusement aidés par le pourtant très très énervant Roi de Trèfle. Sauf que Le Roi de Trèfle est un personnage imaginaire inventé par Lili et que la petite fille est la seule à le voir et à l'entendre, ce qui fait que tout le monde la prend pour une folle quand, trop en colère contre le lui, elle envoie des bordées d'injures dans tous les sens ! Mais cette petite créature va pourtant leur être bien utile et c'est en grande partie grâce à elle que l'histoire finira bien...
Une lecture très intéressante au delà de l'intrigue : s'y trouvent nombres de problèmes liés aux enfants ou à l'éducation : absence et irresponsabilité des parents qui laissent deux enfants jeunes seuls à la maison, enfants qui subissent les vices des parents (passion du jeu qui ruine la famille), personnage imaginaire créé par la fillette (pour s'évader d'un quotidien trop difficile ? ou parce qu'elle ne peut pas communiquer avec ses proches ?).
Un bon mélange entre le polar bien noir et le conte fantastique, j'ai juste été un peu déçue par la fin, à mon goût trop cartésienne et réaliste pour terminer en beauté cette histoire surréaliste.
Et je suis aussi en rogne contre mon crétin de fils qui n'a pas voulu le lire (si sa mère a aimé, ça doit être "trop naze", non ?)...
Laure a été déçue par la fin, pour Clarabel, c'était "purement terrifiant !", Ulaz a apprécié sa lecture, un coup de coeur pour Sylvie malgré la fin "un peu simpliste".
06 décembre 2009
Robe de marié
Pierre LEMAITRE
Quatrième de couverture
Il n'y a qu'une seule maladie mentale : la famille.
Évidemment, je m'y attendais puisque j'en suis l'auteur mais... à ce point-là ! Quelle vision, c'est à peine croyable...
Son mari n'est plus que l'ombre de lui-même. Les vertèbres ont dû être salement touchées. Il doit maintenant peser dans les quarante-cinq kilos. Il est tassé dans son fauteuil, sa tête est maintenue à peu près droite par une minerve. Son regard est vitreux, son teint jaune comme un coing. Et il est tout à fait conscient. Pour un intellectuel, ça doit être terrible.
Quand on pense que ce type n'a pas trente ans, on est effaré... Quant à elle, elle pousse le fauteuil avec une abnégation admirable. Elle est calme, son regard est droit. Je trouve sa démarche un peu mécanique mais il faut comprendre : cette fille a de gros soucis...
En tout cas, elle ne tombe pas dans la vulgarité : pas d'attitude de bonne soeur ou d'infirmière martyre. Elle serre les dents et pousse le fauteuil, voilà tout. Elle doit pourtant réfléchir et se demander ce qu'elle va faire de ce légume.
Moi aussi d'ailleurs.
Prévoyez un week-end calme pour ouvrir ce livre. Envoyez vos enfants chez votre mère et votre homme à une compèt de rugby avec ses copains. Enfermez-vous chez vous, toute seule. Achetez-vous de la tisane et du chocolat. Gardez éventuellement le chat.
Et lisez ! Et flippez ! Car vous allez stresser, oui, avec ce thriller psychologique qui va vous tenir en haleine du début à la fin... Le titre déjà, pourquoi ce marié sans e, en robe, qu'on ne comprend qu'en cours de lecture et qui m'a donné envie d'ouvrir ce roman ?
Alors voilà, quelques mots, mais pas trop car je ne voudrais pas gâcher votre plaisir de lecture. Sophie est folle. Cest une jeune femme d'un milieu bourgeois, jolie, intelligente. Mais elle est folle. Elle a des absences, des oublis, des crises. Et quand elle se réveille, les cadavres autour d'elle baignent dans leur sang. Elle tue, mais sans en être consciente. Les morts s'accumulent dans son sillage -vous êtes toujours là ?-, sa belle-mère, son mari, l'enfant dont elle avait la garde...
Mais si Sophie est folle, elle a aussi en elle une force de vie incroyable qui va la pousser à se battre, à comprendre ce qu'il lui arrive, à tenter d'endiguer le flot de ces décès qu'elle ne maîtrise pas. Alors elle va fuir, mais aussi se mettre en danger, et avec le peu de lucidité qu'il lui reste, tenter de recoller un par un les morceaux de ses crises d'absence.
Un long chemin l'attend, semé de terreurs et d'embûches, que je vous laisse parcourir avec elle...
Cuné le qualifie de "délicieuse torture que l'on dévore en apnée", Ys termine son billet par ces mots "amateurs de terreur psychologique, ce roman est fait pour vous", pour Stephie, "une grande baffe de lecture", mais Cathulu n'a pas aimé du tout...
Le site de l'auteur.
26 octobre 2009
Le passage
Louis SACHAR
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Quatrième de couverture
Méfiez-vous.
Ce livre va vous donner envie de croquer des oignons crus.
De creuser des trous de 1 mètre 50 de diamètre et de profondeur.
D'escalader une montagne.
De respirer vos vieilles baskets.
De mettre du rouge à lèvres avant de partir à la poursuite de vos ennemis.
De tout savoir sur l'existence oubliée de votre arrière-arrière-arrière-grand-mèrearrière-arrière-arrière-grand-mère.
Et ce, même si vous haïssez les liliacées, même si vous détestez l'alpinisme et les travaux forcés, même si vous avez les cosmétiques en horreur autant que les odeurs de pieds, et même si la généalogie et les histoires de famille vous indiffèrent profondément.
Maintenant, pour échapper à tout cela, c'est simple. Il vous suffit de ne pas imiter les centaines de milliers d'adolescents américains qui ont déjà plébiscité ce livre, et de ne jamais ouvrir ce livre.
Ainsi que le souligne Bladelor, difficile de ne pas avoir envie de se précipiter sur ce livre en lisant une telle quatrième de couverture... Je me suis donc précipitée, et n'ai pas regretté un seul instant !
Un peu entre le roman initiatique et le conte, ce livre destiné aux adolescents contient tous les ingrédients pour accrocher le lecteur : une bonne dose d'humour, du suspense, un cadre pour le moins original, une malédiction qui pèse sur les épaules du héros et une faute pour laquelle il doit payer sa dette...
Stanley Yelnats se retrouve donc en plein désert américain dans un camp de redressement, Le Camp du Lac vert, après avoir été accusé à tord du vol d'une paire de baskets. Il devra rester dans cet endroit du bout du monde pendant 18 mois et va passer son temps à creuser des trous. Mais Stanley qui est un garçon intelligent se rend vite compte que le travail de forçat qu'on leur fait accomplir a une raison cachée, autre que celle de leur forger le caractère. Maudissant son "horrible-vaurien-d’arrière-arrière-grand-père-voleur-de-cochon" qui fait peser sur la famille une lourde malédiction, il va, avec tout son courage, sa volonté, son obstination et sa force en la vie, sauver un camarade, déjouer les plans de méchants, casser la malédiction familiale, retrouver un trésor et ressortira de cette aventure plus fort qu'avant, en ayant mûri et compris beaucoup de choses sur sa vie et ce qu'il voulait faire de son avenir. Il va découvrir l'amitié, la solidarité, la franchise, et l'honneur personnel, celui qui fait qu'on devient -ou non- quelqu'un de bien.
Un bien joli livre ! Mon seul regret : mon andouille de fils pré-ado n'a pas voulu le lire ("si ma mère aime, ça doit être ringard"...).
Emmyne a tant aimé ce roman qu'elle en a fait un livre voyageur, et je l'en remercie vivement !
Karine n'avait pas du tout aimé et s'était ennuyée, mais Bladelor a elle aussi beaucoup aimé, de même que Sylvie (qui l'a lu sous le titre La morsure du lézard, titre sous lequel il a été a adapté au cinéma par Disney). Sexaoul a trouvé que le roman n'était pas à la hauteur de la 4ème de couv et les souffrances de Stanley l'ont "laissée assez mal à l'aise".
04 octobre 2009
Twilight
Stephenie MEYER
Isabella Swan, 17 ans, déménage à Forks, petite ville pluvieuse dans l'état de Washington, pour vivre avec son père. Elle s'attend à ce que sa nouvelle vie soit aussi ennuyeuse que la ville elle-même. Or, au lycée, elle est terriblement intriguée par le comportement d'une étrange fratrie, deux filles et trois garçons. Bella tombe follement amoureuse de l'un d'eux, Edward Cullen. Ce garçon beau comme un dieu et qui lui sauve la vie plusieurs fois a selon les Indiens le sang froid... Une relation sensuelle et dangereuse commence alors entre les deux jeunes gens : quand Isabella admet que Edward est un vampire, il est déjà trop tard.
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Bella fête ses 18 ans. La soirée d’anniversaire que lui organisent les Cullen tourne mal : la jeune fille se blesse et la vue de son sang provoque des réactions diverses chez les vampires. Trois jours plus tard, Edward lui annonce qu’il ne l’aime plus et que sa famille déménage. Bella ne comprend pas ce brusque retournement et sombre dans la dépression. Elle reprend le dessus peu à peu et s’aperçoit qu’en courant de graves dangers elle peut entendre la voix d’Edward. Elle décide alors de s’exposer régulièrement. Dans ce but, elle restaure de vieilles motos avec Jacob, le fils de Billy. Une amitié amoureuse se noue entre eux. Mais le retour soudain de Victoria et Laurent jette le trouble à Forks. Bella se retrouve traquée. Elle est sauvée in extremis par le clan indien des Protecteurs, qui ne sont autres que des loups-garous, ennemis héréditaires des vampires...
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Bella est perdue. Déchirée entre les deux hommes qu'elle aime, elle choisit finalement d'épouser Edward. Mais lorsqu'elle revoit Jacob, elle n'est plus sûre de rien : souhaite-t-elle vraiment qu'Edward la transforme en vampire après leur mariage? Mais surtout, doit-elle ensevelir le sentiment d'amour qui la submerge lorsqu'elle est face à Jacob ? La confusion règne dans son esprit déjà perturbé par les Volturi et Victoria, qui la menacent toujours...
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Bella a fait son choix : elle s'apprête à épouser Edward. Mais le jeune homme honorera-t-il sa part du marché? Acceptera-t-il de la transformer en vampire et d'accepter de la voir renoncer à sa vie humaine ?
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Tentation, Fascination, Hésitation, Révélation, tout un programme ! Je ne vais cependant pas m'étendre sur ces livres puisque vous les avez toutes lus, ou presque ! Depuis le temps que je voyais des billets sur vos blogs, j'attendais le moment heureux ou ces pavés arriveraient chez moi. Eh bien, du moment où je les ai eu en main, je ne les ai pas lâchés tant que je n'ai pas terminé le tome 4, lisant même jusqu'à 4 heures du matin, frénétique, incapable de refermer le livre, voulant absolument savoir la suite... Bref, j'ai dévoré la série en 10 jours début juillet... bien que ce soit un truc d'ados en mal de sentiments guimauve et gnangnan à souhait !
Car oui, pourtant, c'est kitch et bêta, c'est bourré de clichés d'ados en mal d'amour, de sentiments mielleux, avec des bons et des méchants en vraies caricatures... J'ai de plus trouvé que le monde et les personnages de l'auteur n'étaient pas assez construits et de ce fait l'histoire m'est apparue pas du tout crédible...
Mais qu'on ne me dise pas que je n'aime pas les livres d'ados ! J'avais adoré Harry Potter où le monde est imaginé dans ses moindres détails par l'auteur, où chaque chose est logique parce qu'émanant de ce monde là, ou tout se tient. Je m'étais laissée embarquer totalement avec Harry et ses amis, ressentant en même temps qu'eux les frissons de l'aventure, la peur, la joie, la colère, le désir... J'ai également beaucoup aimé la série Eragon que j'ai offerte à mon filleul et que je me suis empressée de lui piquer...
Ce qui est incroyable dans les livres de Stephenie Meyer, et je pense que beaucoup d'entre vous serez du même avis que moi, c'est que malgré tous les défauts que l'on peut trouver, bien que nous ayons dépassé l'âge de la cible des lecteurs de 20 ans largement (ma bonne dame, ça ne nous rajeunit pas !), bien que le style soit vraiment indigent (dans le 1er tome, le "torse marmoréen" de Edward doit revenir à peu près à chaque page, voire plusieurs fois par page ! On se croirait presque dans un Harlequin !), eh bien malgré tous ces défauts et d'autres encore que j'oublie certainement de vous citer, on accroche ! On se laisse embarquer par la gémissante Bella (mon Dieu, qu'elle est godiche et énervante !), par le bel Edward (qu'on me présente une fille dans la vraie vie qui ait envie de se lover contre un homme, si beau soit-il, dont la peau glacée vous transperce de froid !), par un Jacob bouillonnant et instable (le personnage de l'histoire que j'ai le plus aimé, vraiment attachant) et par des personnages secondaires dont la psychologie n'a pas été plus poussée que celle des postulants à la Police Nationale... (c'est tout dire).
Je ne sais pas quelle est la recette miracle du succès de cette série... J'ai juste passé un très bon moment de lecture, mais dont il ne me restera probablement rien dans quelques mois !
A girl n'a pas dépassé le tome 1, qu'elle a trouvé trop bourré de clichés, un avis mitigé pour Caro(line), mais des commentaires enthousiastes à lire en dessous (et tous les liens des blogueuses lectrices que j'ai la flemme de recopier), Enna a bien aimé et Clarabel était complètement accro !
Et un article très drôle de Karine sur le film.
20 septembre 2009
Les enfants du néant
Olivier DESCOSSE
Présentation de l'éditeur
Dans une autre vie, François Marchand était psychanalyste. Un des meilleurs. Jusqu'au jour où sa femme fut étranglée par un de ses patients. Depuis, il est devenu flic, spécialisé dans l'étude des profils criminels. Aidé par le lieutenant Julia Drouot, jeune enquêtrice au caractère entier et au passé douloureux, il va être confronté à des meurtres barbares, sans logique apparente, commis aux quatre coins de la France sur des adolescents. Ensemble, les deux enquêteurs se lanceront sur la piste d'un tueur dont la folie et l'ingéniosité semblent n'avoir aucune limite. Pour le cerner, ils n'auront qu'un seul choix : percer les codes déroutants et complexes d'une génération sacrifiée.
Voilà un thriller tout à fait adapté aux lectures de vacances, que j'ai dévoré en deux jours au bord de la piscine (pas besoin de se concentrer outre mesure, on peut admirer les plongeons des enfants, boire du rosé bien frais et se tartiner de crème solaire sans que cela pâtisse vraiment à la concentration nécessaire...). Rien de transcendant donc : l'intrigue se tient et l'on a envie de découvrir le fin mot de l'histoire et ce qui est arrivé à ces adolescents (parce que ce ne sont pas des enfants, mais bien des adolescents dont il est question ici). L'histoire d'amour est cousue de fil blanc et on sait dès la rencontre entre François et Julia qu'il va se passer quelque chose. J'ai également trouvé la fin vraiment "trop" ; ce n'est pas qu'on s'y attende, mais j'y avais pensé un moment en cours de lecture, en me disant que non, cela ne serait pas possible, c'était vraiment trop gros pour que cela soit la fin inventée par l'auteur, et puis si, finalement... L'écriture est facile et n'a elle rien d'intéressant. Ca se lit vite et bien, mais ce roman ne me laissera pas un souvenir impérissable, loin de là.
Je remercie cependant les Editions Michel Lafon qui m'ont offert ce livre suite au buzz médiatique sur le web suscité par l'envoi de mails un peu douteux dont vous vous souvenez sans doute. Bref, ce livre m'a plus marquée par le battage qu'on en a fait à l'époque sur le mode de publicité employé, que par son contenu. Contrairement à ce qui avait été annoncé dans les mails reçus par nombre d'entre vous, je n'ai pas du tout trouvé que le roman pouvait se targuer d'être une mise en garde contre les dangers d'internet pour nos chères têtes blondes, il eut fallu pour cela creuser un peu plus le phénomène d'internet et user à mon goût de moins de "psychologie de bazar" que celle dont il est question dans l'histoire... Je suis tout à fait d'accord avec Miss Quoide9 et In cold blog, dont les billets sont beaucoup plus fouillés que le mien si vous voulez en savoir plus : ce n'est pas de la flemme, non, non, juste que je trouve qu'il n'y a pas grand chose à dire sur ce livre que vous n'ayez tous déjà dit !
Miss Quoide9 l'a lu et pense que "l'auteur n’échappe pas au travers du genre et ce qu’il raconte présente à peu près autant de crédibilité que Mimie Matthy en aurait en guide de haute montagne ou moi future présidente du Mozambique (quoique)." In cold blog trouve qu' "Une grande qualité de ce roman est qu’il nous embarque rapidement" mais que le roman "souffre cruellement de certaines invraisemblances dans l’intrigue et d’un style indigent" , Cathulu n'a "pas lâché ce thriller une minute !", Argantel pense que les amateurs du genre ne devraient pas être déçus, Daniel ajoute quant à lui qu' "il faut reconnaître qu'Olivier Descosse, peintre réaliste des cimetières, des squats hostiles et des immeubles glauques, fait fort", Biblioblog qualifie ce roman de "thriller sans grande prétention qui se lit bien " ... et beaucoup d'autres que j'ai du oublier... (mes excuses par avance, et n'hésitez pas à noter le lien de votre billet dans les commentaires, je le rajouterai).
Le site du livre.
28 juin 2009
Le voisin
Tatiana de ROSNAY
Quatrième de couverture
Face à son nouveau voisin, elle a le choix vaincre ou déménager - Un mari souvent absent. Un métier qui ne l'épanouit guère. Un quotidien d'une affligeante banalité. Colombes Barou est une femme sans histoires. Une de ces femmes auxquelles il n'arrive jamais rien. Comment peut-elle imaginer ce qui l'attend dans le nouvel appartement où elle vient d'emménager ? Sans raisons apparentes, à l'étage supérieur, un inconnu lui a déclaré la guerre. Seule l'épaisseur d'un plancher la sépare désormais de son pire ennemi...
Ce roman est agréable à lire mais ne me laissera pas un souvenir impérissable. Je n'ai pas trouvé Colombes très attachante, dont le caractère est sans grande personnalité et qui se cherche toujours sans pour autant se donner les moyens de trouver sa voie. Je l'ai trouvée un peu molle et les aventures qui lui arrivent depuis qu'elle a emménagé dans ce nouvel appartement m'ont semblé parfaitement improbables. Non pas parce que de tels voisins ne peuvent exister, je suis au contraire tout à fait persuadée qu'il existe bon nombre de pervers manipulateurs autour de nous, mais parce qu'avec mon caractère (de cochon, diraient certains... bien trempé, diraient d'autres...), je ne me serais je crois jamais laissée malmener ainsi sans réagir de façon tout à fait exemplaire (voire extrême ou même violente !). Je me suis même dit en cours de lecture "tu l'as bien cherché, ma vieille !", tant j'avais envie de lui secouer les puces pour qu'elle arrête de se plaindre et de se morfondre, de se complaire dans ses angoisses plutôt que d'attaquer le problème de front. Cela dit, je peux également comprendre qu'un être dont la personnalité est vacillante puisse se retrouver ainsi à la merci d'un maître chanteur et ne sache comment se dépêtrer d'une situation devenue invivable...
Une lecture détendante, donc, mais sans plus.
Florinette l'avait lu à sa sortie et avait beaucoup aimé, de même que Cuné.
18 juin 2009
Rêves de garçons
Laura KASISCHKE
« J’ai compris à cet instant que ce qu’on dit est vrai - on peut vraiment sentir le regard d’un garçon posé sur soi. »
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Présentation de l'éditeur
A la fin des années 1970, trois pom-pom girls quittent leur camp de vacances à bord d'une Mustang décapotable dans l'espoir de se baigner dans le mystérieux Lac des Amants. Dans leur insouciance, elles sourient à deux garçons croisés en chemin. Mauvais choix au mauvais moment. Soudain, cette journée idyllique tourne au cauchemar. Rêves de garçons est une plongée au coeur d'un univers adolescent dépeint avec une justesse sans égale. Une fois de plus, Laura Kasischke s'attache à détourner avec beaucoup de férocité certains clichés de l'Amérique contemporaine et nous laisse, jusqu'à la révélation finale, dans l'imminence de la catastrophe.
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Je ne connaissais pas du tout cette auteur lorsque Le livre de Poche m'a proposé de m'envoyer Rêves de garçons et j'ai donc répondu un peu au hasard, en me disant que ce serait une lecture facile et détendante juste avant l'été. C'est effectivement une lecture agréable, mais j'étais bien loin de m'attendre à me retrouver attirée et littéralement accrochée par le style de l'auteur et l'atmosphère dégagée par ce petit roman (petit par la taille et non par le contenu).
Bien sûr, dès le départ, nous sommes plongés dans cette ambiance de mélodrame et nous nous attendons donc à chaque page à avoir peur ou à voir couler le sang. Des pom-pom girls campant dans une forêt sauvage, c'est évidement la porte ouverte à tous les sadiques, violeurs ou étrangleurs croisant dans les environs... Et si les jeunes filles se racontent le soir à la veillée des histoires à faire peur, c'est parce qu'elles savent pertinemment bien que certaines de ces histoires sont pure fiction mais d'autres bien réelles...
Il fait chaud, donc, très chaud dans ces bois et la chaleur pèse sur les hommes comme sur les animaux, elle les anéantit mais les excite en même temps, elle fait monter leur tension et baisser leur vigilance, elle éveille certains sens et en endort d'autres. La tension dans l'air est palpable dès les premières pages, les premières phrases et j'ai été vraiment impressionnée par le style de l'auteur qui réussit à nous transmettre ce vrombissement de l'air, cette moiteur, cette sorte de suffocation, cette électricité d'avant orage, ou d'avant horreur. Bref, on sent, on sait qu'il va se passer quelque chose, on tourne les pages, mais il faut patienter car nous revenons en arrière pour nous pencher sur des épisodes de la vie de Kristy, l'héroïne, nous revivons avec elle quelques évènements de son enfance, les relations avec ses parents, avec ses camarades d'école, et surtout l'amitié qui la lie depuis toujours à Desiree.
Elle sont belles, ces filles et elles le savent. Elle sont jeunes, sportives, désirables. Elles sont issues d'un milieu privilégié, ont toujours eu ce qu'elles désiraient. Elles ont la vie devant elles, elle croient en leur bonne étoile, elle croient au pouvoir de leur sourire, de leur volonté. Elle sont 17 ans et pensent être au centre du monde, de leur monde, sans imaginer plus loin que le bout de leur joli nez que le monde ne se limite pas seulement au cercle restreint habituel, mais qu'il est vaste et inconnu - et dangereux.
Ainsi dans cette forêt vivent des animaux inconnus. Les arbres bruissent, les feuilles crissent, on entend des sifflements, des grincements, peut-être même des cris ? Les garçons croisés sur la route ont-ils suivi ces trois jolies filles, croyant à une invite du fait de leur attitude ? Ou bien a-t-on trop raconté d'histoires horribles à la dernière veillée ? On ne sait plus très bien si les bruits sont réels ou issus de l'imagination des filles, on frissonne malgré la chaleur, on se retourne "il y a quelqu'un ?", non, il n'y a personne, on a cru rêver, ou bien peut-être que si, finalement, c'était bien une personne, ou bien un fantôme ? N'étaient-ce pas des bruits étouffés de pas, de rires ? Ainsi on chemine dans le noir et la peur dès que la nuit est tombée, ou sous le soleil accablant de la journée. On chemine jusqu'au dénouement, qui est ...
Non, non, non, ne me suppliez pas, je ne vous dirai pas un mot de plus sur ce livre ! Lisez-le !
Ys a beaucoup aimé cette lecture et qualifie le ton de l'auteur de "imparable, méticuleux, et toujours aussi glaçant".
Merci au Livre de Poche pour m'avoir fait découvrir cet auteur. Je veux bien lire aussi ses autres romans !
10 juin 2009
Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde
Steven HALL
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4ème de couverture :
"Eric,
Commençons par le commencement : reste calme. Si tu lis ceci, je ne suis plus de ce monde. Prends le téléphone et compose le 1. Dis à la femme qui répondra que tu es Eric Sanderson. La femme est le docteur Randle. Elle comprendra ce qui s'est passé et elle sera en mesure de te recevoir immédiatement. Prends les clefs de la jeep jaune et roule jusque chez elle. [...]
Le docteur Randle pourra répondre à toutes tes questions. Il est important que tu ailles la voir tout de suite. [...]
Les clefs de la maison sont suspendues à un clou sur la rampe au pied de l'escalier. Ne les oublie pas.
Avec regret et espoir aussi, le premier Eric Sanderson. "
Un matin, Éric Sanderson se réveille amnésique. Grâce à une série de lettres, d'indices et de textes codés qu'il s'était adressés à lui-même, il reconstitue son passé, et découvre qu'un requin, qui vit dans les eaux troubles de la pensée, le traque pour dévorer ses souvenirs... Il plonge soudain dans un monde parallèle inquiétant, où l'attend un amour imprévu, échappé du temps. Un jeu de piste brillant qui nous révèle la fragilité de la réalité, et le rêve éternel de l'amour.
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Le ludovicien, requin métaphysique qui traque le héros, est-il une réalité ou seulement une suggestion de l'esprit ? La mémoire des hommes est-elle une entité à part entière, dont on peut les déposséder ? Éric vit-il réellement ces évènements terriblement angoissants, cette fuite en avant à la recherche de son passé oublié et ce voyage pour sauver sa peau, ou bien tout cela ne sort-il que de son cerveau fragilisé ? Est-il fou ou bien ce requin mangeur d'idées et de mots va-t-il réellement le dévorer ? Les pensées peuvent-elles avoir une vie propre et naviguer dans l'espace (ou le non-espace), peuvent-elles être détachées de l'homme qui les a formulées ? L'identité d'un homme est-elle immuable ou bien interchangeable d'un cerveau à un autre, d'un corps à un autre ? Pouvons-nous retrouver par la pensée les êtres perdus ? Notre subconscient peut-il nous enseigner ce que notre conscient ne peut pas comprendre ? Y a-t-il une vie après la mort ?
J'ai dévoré ce roman en deux jours à peine (nuits comprises !), mais me voici devant mon clavier avec un mal fou pour le résumer. En effet, l'histoire est assez compliquée et plus qu'abracadabrante, mais j'ai néanmoins plongé dans ce livre sans pouvoir reprendre haleine jusqu'à ce que je l'aie terminé.
Autant de questions sans vraiment de réponses... mais dont nous suivons le déroulement dans cette histoire qui file à toute vitesse, à la vitesse de la recherche de cet homme sur son identité. L'angoisse d'Eric est palpable tout au long des pages, elle nous interpelle, nous fait réfléchir sur ce que nous sommes de plus que notre enveloppe organique, notre corps mortel rattaché à la terre. J'ai été séduite par ce roman car j'aime imaginer que mes pensées me survivront, qu'il y a, au delà de mon corps, un moi qui vit aussi, et qui pourrait suivant les circonstances devenir indépendant de mon moi d'ici et maintenant. J'ai aimé cette angoisse sourde qui s'est distillée en moi tout au long de ma lecture, ce petit "et si c'était possible ?" qui clignotait dans un coin de mon cerveau au fil des pages, ces élucubrations d'un esprit malade qui deviennent pour lui aussi réelles que le monde qui m'entoure.
Ce roman est absolument déroutant et passionnant tout à la fois. Ce n'est pas un polar, ni un thriller, ni un livre philosophique ou métaphysique, c'est cela tout à la fois, d'une richesse inouïe, sortis de l'imagination fertile de ce jeune auteur talentueux.
Un coup de coeur pour ce livre !
Extrait :
"L'animal qui te chasse est un ludovicien. Il appartient à l'une des nombreuses espèces de poissons purement conceptuels qui nagent dans les flots des interactions humaines et dans les marées de la causalité. Ça peut paraître complètement fou, mais ça ne l'est pas. La vie est tenace et déterminée. Les flux, les courants et les rivières de la connaissance, de l'expérience et de la communication humaine, qui se sont développés au cours de notre brève histoire, constituent désormais un immense environnement, riche et abondant. Pourquoi devrions-nous nous attendre à ce que ces flux soient stériles ?
La vie trouve toujours un chemin. Regarde-nous simplement toi et moi, et vois la vérité.
Je ne sais pas exactement comment le poisson de pensée est venu au monde, mais dans les vastes piscines chauffées de la société et de la culture, des millions de mots, d'idées et de concepts évoluent constamment. Il est plausible, semble-t-il, que l'un d'eux se soit élevé au-dessus de ses cousins à cellule unique, de la même façon que nous l'avons fait. Le Gène Egoïste ?
Le ludovicien est un prédateur, un requin. Il se nourrit de souvenirs humains au sens intrinsèque du moi. Les ludoviciens sont solitaires, férocement territoriaux et méthodiquement chasseurs. Un ludovicien peut sélectionner un individu humain comme sa proie et le poursuivre et s'en nourrir pendant des années, jusqu'à ce que la mémoire et l'identité de cette victime ait été entièrement dévorées. Parfois, le corps de la cible survit à cette épreuve et peut poursuivre une seconde vie crépusculaire après que le moi et les souvenirs originaux ont été emportés."
Cécile a lu ce roman qu'elle a bien aimé et "salue la performance de l'auteur", Roxane quant à elle a été déçue, Stephie n'a pas adhéré à l'histoire et Cuné n'a pas pu le terminer... Yohan n'a pas du tout aimé et ne l'a pas terminé. Et j'ai lu aussi je ne sais plus où (bécasse, je n'ai pas noté tout de suite) une critique absolument mauvaise et cassante.
Je peux tout à fait comprendre cet abandon ou ces déceptions, tant ce roman est étrange et déconcertant. Pour ma part, mon imagination fertile m'a aidé à rentrer dans cette histoire, sans trop chercher à tout comprendre, en me laissant juste porter par les évènements et le suspense que j'ai trouvé vraiment soutenu.
Je remercie les Editions Robert Laffont pour cette belle découverte, ainsi que Babelio.
Dans une terre grasse et pleine d'escargots
Je veux creuser moi-même une fosse profonde,
Où je puisse à loisir étaler mes vieux os
Et dormir dans l'oubli comme une requin dans l'onde.
Je hais les testaments et je hais les tombeaux ;
Plutôt que d'implorer une larme du monde,
Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux
À saigner tous les bouts de ma carcasse immonde.
Ô vers ! Noirs compagnons sans oreille et sans yeux,
Voyez venir à vous un mort libre et joyeux ;
Philosophes viveurs, fils de la pourriture,
À travers ma ruine allez donc sans remords,
Et dites-moidites-moi s'il est encor quelque torture
Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les morts !
Charles Beaudelaire. Le mort joyeux
14 avril 2009
Pandore au Congo
Albert SANCHEZ PINOL

A Londres en 1914, Thommy Thomson est nègre pour un écrivain populaire quand il est contacté par un avocat pour écrire l'histoire de son client, Marcus Garvey, un gitan accusé du meurtre de ses maîtres lors d'une expédition au Congo. Thommy pense avoir trouvé enfin sa chance d'assouvir ses espoirs de gloire littéraire et se jette à corps perdu dans le récit de la vie de cet homme, à qui il rend visite en prison pour recueillir son témoignage. Marcus raconte et Thommy écrit, sans prendre conscience auparavant de l'importance que le témoignage de Garvey aura sur sa propre vie.
Nous partons de Londres pour la jungle angoissante du Congo, puis pour le centre de la terre, avant de revenir vers Londres et le voyage qui se déroule dans ce roman n'est pas de tout repos. Comme dans La peau froide, extrêmement dérangeant mais que j'avais adoré de bout en bout, cette épopée, plus que de nous faire voyager géographiquement, nous emmène au plus profond de l'être humain, au coeur des hommes, là où se nichent les âmes et les sentiments : violence, cruauté, soif de vengeance ou de pouvoir, bêtise, lâcheté se révêlent à cause des évènements étranges qui se déroulent dans cette jungle hostile, mais aussi la curiosité, la générosité, la bravoure, l'attention aux autres et l'amour. Ainsi ce roman est à la fois un voyage et un portrait de l'âme humaine, avec tout ce qu'elle peut offrir de bon ou d'innommable... L'auteur nous emmène à la rencontre une fois de plus de créatures repoussantes, hostiles au premier abord, mais toute la réflexion de ces deux livres est là : sommes-nous capables, nous les hommes, forts de notre intelligence et de nos connaissances, de communiquer avec d'autres espèces vivantes, avec une race d'êtres différente de la notre mais possédant également intelligence, réflexion, technique sans les cataloguer au premier abord comme des ennemis et sans chercher à leur nuire ou à les exterminer ? L'homme, certains hommes arrivent-ils à surmonter leurs peurs primales, leur dégoût de la différence physique (ou leur attirance dans ces deux romans pour la femme, une femme terriblement belle et désirable bien que monstrueuse) pour tenter de comprendre d'autres créatures ? Est-il possible de vivre côte-à-côte en bonne intelligence, ou les différences culturelles et physiques empêchent-elles tout contact à jamais ?
Une lecture passionnante, et un auteur à découvrir pour sa réflexion et l'originalité des ses livres. Mais je comprends parfaitement que ce roman puisse impressionner et ne pas plaire, tant on est plongé dans un univers dérangeant et tant on se sent mal à l'aise tout au long de la lecture (moins cependant dans celui-ci que dans La peau froide, que j'ai trouvé de qualité supérieure -et encore plus angoissant- et que je vous suggère de lire en premier si vous voulez découvrir cet auteur.
02 avril 2009
Miserere
Jean-Christophe GRANGE
"Ce sont des enfants.
Ils ont la pureté des diamants les plus parfaits.
Aucune ombre. Aucune inclusion. Aucune faille.
Mais leur pureté est celle du Mal."
Dans ce roman de Jean-ChristopheJean-Christophe Grangé, il faut ouvrir grand ses oreilles, il faut écouter les sons, les pas, les chants, les voix.
Le mystère plane cette fois-ci sur Paris ou un chef de chorale d'origine chilienne vient d'être assassiné dans l'église arménienne. Plusieurs meurtres suivent, sans lien apparent, à part le modus operandi (perforation inexplicable des tympans des victimes), des inscriptions du Miserere d'Allegri sur les lieux des crimes et de mystérieuses traces en taille 36 qui pourraient appartenir à un enfant...
L'enquête est cette fois-ci menée par deux flics comme les aime l'auteur : un peu à part, avec leurs problèmes, névroses et angoisses. Kasdan est à la retraite, mais ne peut pas vraiment décrocher, poursuivi par les démons qui le hantent, et Volo est un jeune flic toxico, rongé par son enfance sans qu'il comprenne vraiment pourquoi. Les deux compères vont mener une enquête tambour battant, dénouer les mobiles des meurtres et celui des disparitions d'enfants et le suspense vous tient à chaque page, distillé avec art par l'auteur. Un zeste de violence, des personnages tourmentés, une histoire abracadabrante mais - et à mon avis, là est tout l'art de cet auteur - dont on se demande toujours "et si c'était possible ?", un fil de l'action qui jamais ne se détend...
Miserere n'est pas à mon goût le meilleur roman de Grangé, plutôt loin derrière Le vol des cigognes (mon préféré), du fait de la fin qui m'a parut vraiment trop improbable (un état indépendant et intouchable au sein même de l'état français ?) et trop cliché (la cavalerie arrive pour sauver les deux héros bien mal en point...), mais c'est une lecture détendante, prenante qui fait passer un bon moment.
Argantel a regretté la fin, mais bien aimé l'ensemble.









































