Les lectures de Lili... Et un peu de ma vie aussi...

Ce que j'aime, ceux que j'aime... Un peu de tout, en vrac, et suivant mes humeurs...

28 septembre 2009

Sexus Politicus

Christophe DELOIRE - Christophe DUBOIS

sexusPrésentation de l'éditeur
Mitterrand, entre deux dossiers, consacrait beaucoup de temps à son harem. Chirac nommait ses favorites au gouvernement. Ses disparitions nocturnes entraînaient l'inévitable question de Bernadette : "Savez-vous où est mon mari ce soir ?" C'est ainsi : en France, sexe, amour et politique sont indissociables. Au XVIIIe siècle, la Maintenon et la Pompadour ont régné sur le cœur et la politique du roi. Aujourd'hui, presque rien n'a changé : le pouvoir reste obsédé par la conquête des femmes. Epouses, elles font partie des stratégies présidentielles ; maîtresses ou courtisanes, elles font parfois trembler l'Etat. La séduction est plus que jamais au cœur du système politique et de la course à l'Elysée. Pour la première fois, d'anciens Premiers ministres, des ministres passés ou en fonction, des conseillers et des hauts fonctionnaires évoquent ce sujet délicat en toute franchise. Rien n'y manque : ballets roses, espionnage, vendettas, pièges... Quant aux services de l'Etat, ils enquêtent sur les candidats. La bataille qui mènera à l'élection présidentielle de 2007 sera impitoyable.

Ce livre est arrivé chez moi par le biais d'une de mes bibliothèques tournantes et je peux vous assurer qu'il ne va pas faire long feu sur mes étagères ! Feuilleté en dix minutes hier pour me faire une idée : je ne le lirai pas ! Autant entrer dans les coulisses d'alcôves de la grande histoire m'intéresserait, du moment où on peut également lire à la suite des anecdotes une réflexion sur éventuellement les changements politiques ou diplomatiques qui ont découlé de ces galipettes d'hommes d'état, autant savoir avec qui ont couché Messieurs Chirac, Giscard, Mitterrand ou Sarkozy, vraiment, je m'en fiche comme de l'an quarante (voir plus encore !). Je ne suis déjà pas particulièrement intéressée par la politique et la personnalité des hommes qui nous dirigent, et donc encore moins par leur vie sexuelle !

Ce livre aurait pu être intéressant (enfin, pour ceux qui aiment le genre !) s'il y avait eu, suite au déballage d'anecdotes sans intérêt (ils se sont retrouvés rue Machin, il lui a téléphoné, ils sont dîné ensemble tel jour...) une mini étude sur l'influence que ces femmes ou amantes (il est plus question d'amantes ici, parce que, bien sûr les anecdotes avec les légitimes sont beaucoup moins drôles et n'intéressent au fond personne, alors que l'adultère, ah... ça fait toujours un peu rêver dans les chaumières, hein, même si on s'en défend en prenant un air offensé, voire scandalisé !), bref, si on avait poursuivi le débat en regardant concrètement ce que ces femmes ont pu avoir comme influence, cela aurait pu avoir un brin d'intérêt... Mais là, vraiment, le grand déballage de qui couche avec qui, ce n'est pas mon truc !

Cela me fait penser au très intéressant livre Histoire des Maîtresses de Elisabeth Abbot, qui lui montre l'influence que les maîtresses d'hommes connus (pas forcément politiques) ont pu avoir sur leur époque.

Un article rigolo sur Fluctuat et un extrait pour les curieux.

Un livre de ma biblio_tournante

04 septembre 2009

L'Europe de A à Z - Abécédaire illustré

Claire A. POINSIGNON - Frédérique BERTRAND

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Présentation de l'éditeur
Consommer des produits répondant aux normes CE, partir étudier une année à Barcelone grâce au programme Erasmus, voir le film " La Vie des autres " de Florian Henckel von Donnersmarck... autant de situations qui nous ancrent dans l'espace européen. Rédigé par Claire A. Poinsignon, spécialiste et passionnée de l'Europe, et illustré par Frédérique Bertrand, cet abécédaire met en lumière la dimension européenne de notre vie quotidienne. Développement durable, frontières, styles de vie... A travers vingt-six lettres et autant de thèmes, il combine informations concrètes, réflexions contradictoires, rappels historiques, et rend accessibles à tous les diverses facettes de la société européenne et les débats qui l'animent. De l'Europe des géographes à celle des historiens, de l'Union européenne à l'Europe des citoyens, de l'Europe politique à l'Europe culturelle, une formidable invitation à se sentir européen.

Je remercie Babelio babelio_g_n_ral et les Editions du Rouergue et Arte  (où vous pourrez admirer les illustrations de l'ouvrage) pour ce livre fort intéressant et très joli. J'ai beaucoup aimé les illustrations de chaque lettre de cet alphabet européen et appris une foule de choses. J'ai cependant pris conscience au fil de ma lecture que je ne me sens pas spécialement européenne, tout du moins pas de l'Europe actuelle. Mon petit coté chauvin me fait préférer sur plusieurs sujets les spécificité françaises ou l'Europe des 5 du début et j'ai encore parfois du mal à croire à une Europe forte et unie tant les différences entre les pays sont flagrantes et parfois insurmontables. Mais je suis bien consciente que de la diversité provient la richesse des échanges et que cette Europe dans laquelle nous vivons sans y attacher grande importance représente une entité politique, économique et sociale non contournable.

Je suis juste étonnée que ce livre soit paru dans la collection jeunesse et j'imagine mal un ado s'y plonger... Le texte en est pourtant simple et à chaque page, une réflexion sur la lettre et le thème choisis permettent d'en savoir un peu plus. Les encarts "à lire, à voir ou à consulter" proposent au lecteur intéressé d'approfondir le sujet, il n'y a pas de parti-pris ni de critiques sur quoi que ce soit se rapportant à l'Europe, juste des informations présentées de la plus agréable façon.

Une lecture pour une fois un peu plus sérieuse, mais qui m'a beaucoup plu.

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28 mai 2009

Persepolis

Marjane SATRAPI

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Beaucoup d'entre vous ont déjà lu cette bande dessinée, ou vu le film du même nom, mon résumé sera donc succinct !

Marjane, l'auteur, puisque cette histoire est totalement autobiographique, est née en Iran en 1970. Elle a grandi sous le régime du Chah, puis connu avec ses parents la révolution islamique, de même que les répressions politiques, culturelles et religieuses. Fort heureusement pour elle, ses parents sont issus d'un milieu aisé et surtout cultivé et ouvert au monde extérieur et, dès son plus jeune âge, Marjane a pu, tout en devant supporter le poids quotidien de la vie dans ce pays ravagé par la guerre et par la stupidité de la loi islamique, grandir en s'ouvrant l'esprit, en gardant une autonomie de pensée, du recul sur les évènements et en ayant la capacité de détourner le drame de chaque jour avec humour (et rébellion tout de même !).

Elle aura la chance d'émigrer en Autriche, y vivra des galères, avant de revenir au pays puis d'en repartir définitivement pour vivre enfin une vie libre.

J'avais absolument adoré le film, de toute beauté à tous les niveaux, drôle, émouvant, poignant, faisant réfléchir... J'ai eu plus de mal avec la BD, non pas sur le fond, qui est le même et reste vraiment passionnant, mais sur le graphisme et l'écriture que j'ai trouvé très fatiguants à lire. Cela reste malgré tout une belle lecture, que je vous conseille si vous ne vous y êtes pas encore plongé.

Quand au film, si vous ne l'avez pas vu, éteignez tout de suite votre ordinateur et courrez vite au vidéo club le plus proche pour le louer, c'est une petite merveille !

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Voir sur Allociné la page du film.

06 janvier 2009

Le chant de la mission

John LE CARRE

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Résumé de l'éditeur :

Bruno Salvador, alias Salvo, métis né au CongoKinshasa, élevé à l'école de la Mission africaine bercée par les chants chrétiens, devenu un interprète de renom, spécialiste des langues de l'ouest africain, est envoyé en mission par le Renseignement britannique sur une île perdue, où, lui dit-on, l'avenir et le salut de son pays natal se joueront lors d'une conférence secrète. Sont réunis sur cette île des bailleurs de fonds occidentaux et des chefs de guerre africains rivaux. Leur objectif affiché : rétablir l'ordre et la paix au Congo et fomenter une rébellion visant à rendre indépendant tout l'Est congolais, le 'Kivu', voisin du Rwanda, ennemi juré des Congolais. Leur but réel : permettre à une entreprise louche, sans doute américaine, d'exploiter les riches ressources minières du pays sans rien en reverser à la population, en échange de compensations financières pour les participants qui garderont le silence. Salvo, l'interprète, devient malgré lui le seul témoin de ces machinations cyniques. Dès son retour à Londres, révolté, il se lance avec l'aide de Hannah, l'Ougandaise qu'il aime, dans un combat dangereux, tout à ses illusions quant à l'honnêteté et la moralité de ceux, politiquement haut placés, à qui il demande avec naïveté et confiance de déjouer le complot africain. Il ne récolte que menaces et sarcasmes. Des documents compromettants envoyés par Hannah parviennent assez tôt au moins escroc des chefs africains pour déjouer le complot occidental mais trop tard pour éviter la guerre civile au Congo oriental. La Couronne britannique fera durement payer à Hannah et Salvo leurs agissements : chacun d'eux sera expulsé du royaume sans ménagement.

J'ai bien aimé ce livre de John Le Carré, mais j'avais un souvenir de ses livres plus époustouflant, et envie de plus de vitesse, et de suspence. Le début est très littéraire, très bien écrit, mais on retombe malheureusement assez rapidement dans un style commun, façon "polar", qui n'a que peu d'intérêt, dommage ! Quand à l'histoire, je ne peux pas dire que je sois passionnée par le Congo, et le milieu du livre, au moment de la conférence, est vraiment très très long, on dirait presque un cours d'histoire et d'économie...

Bien, donc, mais sans coup de coeur particulier. D'autant plus que je n'ai pas du tout aimé la fin, qui m'a déçue... Je m'attendais à un peu plus de rebondissement, et un peu d'espoir, et non pas à cette résignation, ce défaitisme, cette hypocrisie (qui collent cependant bien à ce que cela pourrait être dans la réalité).

Des critiques élogieuses sur Bibliosurf et revue de presse sur Passion du livre.

Bio et bibliographie de John LE CARRE sur Wikipédia.

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14 décembre 2008

L'échange

Film de Clint Eastwood

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avec Angelina Jolie, John Malkovich, Jeffrey Donovan...

Un samedi matin de 1928, dans une jolie maison de la banlieue de Los Angeles, Christine Collins dit au revoir à Walter, son fils de 9 ans, en lui promettant de rentrer bien vite de son travail pour qu'ils puissent aller au cinéma, comme promis. Lorsqu'elle revient chez elle en fin de journée, le garçon n'est plus là. Elle appelle aussitôt la police, mais ceux-ci (c'est la procédure) ne mettent en route les recherches que 24 heures après la disparition. Commence alors pour elle le calvaire de l'attente, jusqu'au jour où la police l'appelle pour lui annoncer qu'on a retrouvé l'enfant sain et sauf. Sauf que le garçon qu'on lui ramène n'est pas son fils, mais un inconnu qui l'appelle pourtant maman, et avec lequel elle est prise en photo par la presse. La police, qui a absolument besoin de redorer son image de marque en cette période où nombre de concitoyens commencent à se rebeller contre la corruption ambiante, la loi de la jungle instaurée, et la terreur de la répression, lui affirme que c'est bien son enfant, et va tenter par tous les moyens de la faire taire.

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J'ai adoré ce film, mais je vous préviens que j'ai pleuré comme une madeleine, presque tout du long ! L'histoire (vraie) est poignante, et est extrêmement bien jouée par les acteurs, notamment Angelina Jolie, toute en sobriété dans son immense douleur et son désarroi (et qui sait -presque- faire oublier sa beauté, tant elle vibre et vit tout au long de l'histoire). John Malkovich joue pour une fois un rôle de gentil (à la perfection, comme tout ce qu'il fait), et le méchant de l'histoire, le policier obtus, est parfait dans sa raideur et son indifférence, sa froideur et son détachement...

Je ne peux plus depuis laisser mon fils de 10 ans partir seul à l'école sans une angoisse sourde... Mais plus encore que l'enlèvement de l'enfant (chose abominable, mais bien malheureusement "courante" de nos jours, il suffit d'ouvrir les journaux), c'est le vide auquel est confronté cette femme qui m'a bouleversé : tout d'abord, elle élève seule son enfant, donc n'a pas vers qui se tourner pour s'épauler, se faire consoler, puis tous les services de la police, qui sont censés être là pour aider les gens, se liguent quasiment contre elle, jusqu'à la faire prendre pour folle ! Je ne vous dirai pas un mot de plus pour ne pas vous dévoiler la fin, mais courrez vite au cinéma voir ce film beau et sobre et triste mais pas mélo, difficile mais sans violence, du bon cinéma comme on aime, et comme on ne voit peu.

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24 septembre 2008

De Niro's Game

Rawi HAGE

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Une fois de plus gâtée par Chez les Filles et les Editions Denoël, j'ai eu la chance de recevoir le livre de Rawi HAGE, De Niro's Game. Lorsque Violaine m'a contactée par mail, je n'ai même pas lu le résumé du livre qu'elle me proposait, et accepté de suite car, vous commencez à me connaître, je suis définitivement livromaniaque et je ne peux jamais dire non si on me suggère de lire un ouvrage dont je n'ai pas encore entendu parler (d'où des PAL et LAL monstrueuses...).

De plus, j'ai la satisfaction de pouvoir me faire (un peu) mousser dans les dîners : "Comment ? Tu n'as pas encore entendu parler de ce livre ? L'éditeur me l'a envoyé, il faut absoooolumentabsoooolument le lire quand il sortira ! Oui... grâce à mon blog, je reçois des livres en avant première, ainsi que quelques autres blogueurs triés sur le volet, et, en contrepartie de ce livre offert, nous devons publier un billet sur nos blogs, même négatif si le livre ne nous a pas plu..." Ainsi qu'on l'entend partout, ÇA LE FAIT !!! et si cette expression est à mon goût parfaitement abominablement plouc, elle est, en l'occurrence, tout à fait appropriée !

Bref, mon égo réconforté par le fait d'avoir été à nouveau une des heureuses élues, j'ai abordé cette lecture d'une humeur guillerette, toute ravie d'échapper aux plâtres et poussières de ma maison en chambardement...

Et je suis tombée sur les gravas et cendres de Beyrouth, soulevés par les bombes écrasant la ville...

Et je suis tombée littéralement sous le charme de ce livre que j'ai dévoré en trois nuits à peine...

de_niroQuatrième de couverture

Liban, début des années 1980. Campé dans un Beyrouth dévasté par les bombes, De Niro's Game est une odyssée chaotique, écorchée et haletante, une plongée vertigineuse au cœur de la guerre civile et de ses folies.
À Beyrouth-OuestBeyrouth-Ouest, Bassam et Georges, deux amis d'enfance, tuent leur ennui et leur mal de vivre à coups de petits boulots minables, de maigres larcins et de soirées trop arrosées. Les jours se suivent et avec eux les alertes, les morts, les immeubles en ruine. Les filles sont inaccessibles, muselées par les traditions et les couvre-feux. Entre deux visites aux copains de lycée engagés dans la milice, les deux jeunes gens s'imaginent coulant des jours meilleurs : Bassam rêve de fuir à l'étranger, et Georges, lui, se sent de plus en plus attiré par les discours belliqueux de la milice chrétienne.
Dans un ultime défi, les deux amis décident de détourner la recette de la salle de jeu où Georges travaille. Mais l'argent seul suffira-t-il à les éloigner de la guerre et à sauver leur amitié ?
Porté par une écriture sans concessions, le premier roman de Rawi Hage annonce, au-delà de la puissance du récit, l'avènement d'une nouvelle voix.

Le style de l'auteur, effectivement, martèle le récit comme les bombes rythment la vie de Beyrouth en cette époque de guerre civile. Les phrases sont incisives, les mots lancés tels des obus, directs, coupants, nets et atteignant leur cible : celle de nous faire vivre par la lecture la terrible période de destruction de cette ville, autrefois pôle de culture et d'ouverture au monde extérieur, celle aussi de nous faire entrer de plein fouet dans le quotidien des gens simples, des gens qui tentent tout simplement de vivre, de survivre au milieu des bombardements, des décombres, de la violence, de la haine et la bêtise humaine, attisés par la peur de mourir ou de tout perdre en une seconde.

Les quelques premières pages, fortes en images et couleurs, odeurs et bruits (on se croirait presque au cinéma) m'ont pourtant un peu destabilisée, tant la force qui s'en dégage est dérangeante, impressionnante. Cependant, l'auteur, avec un art immense, réussit le tour de force de ne pas tomber dans le voyeurisme, ni dans un pathos sentimental tant rebattu dans certaines littératures sur ce pays ou ses voisins. Sur fond de guerre, certes omniprésente dans le récit, le lecteur arrive à s'attacher aux personnages, à Bassam, tenaillé par le désir inextinguible de partir (Rome, la France !) qui a compris que nul avenir ne l'attend plus dans son propre pays, et à son ami Georges, qui lui au contraire est attiré par les discours véhéments de la milice, par la force qu'elle déploie et le pouvoir qu'elle donne à ceux qui adhèrent à sa loi. Bravant l'ennui et la conscience du "non-avenir" qui les attend dans cette ville sinistrée, cherchant dans l'alcool et la drogue une évasion factice, pariant sur leur chance à rester vivants comme on joue à la roulette russe, les jeunes gens vivent au jour le jour, cherchant par tous les moyens et combines à gagner un peu d'argent, à séduire des filles, à s'amuser, bref à avoir malgré tout un semblant de vie normale. Et même quand les deux amis prennent des chemins divergents, qui deviendront opposés, et on les suit avec toute la tendresse qu'on a pour eux, comme une mère pour ses enfants, en les excusant par avance de leurs vilenie, de leur erreurs, en les aimant et en ayant envie de les protéger : surtout qu'il ne leur arrive rien ! Mais nous ne décidons pas de leur sort, nous ne sommes que des lecteurs, et l'auteur nous emmène, ainsi peut-être qu'il a du le faire lors de son propre exode hors de son pays, sur les pas de Bassam qui, peut-être, parviendra à atteindre son rêve...

S'il faut une critique à ce roman, je trouve que la troisième partie n'est pas aussi puissante, moins intéressante que les deux premières parties (haletantes, passionnantes, on est entre le roman d'aventure, le polar et le documentaire) car contenant moins d'action. Mais j'ai lu ce livre avec passion, et ne saurais trop vous le recommander : du bel ouvrage ! Voilà un auteur prometteur et je ne manquerai pas de lire ses prochains écrits.

ra256119Rawi Hage est né à Beyrouth en 1964, et il quitte le Liban après la guerre civile, en 1992. Il vit depuis à Montréal. Conservateur, il partage ses activités entre les arts visuels et l'écriture. De Niro's Game, son premier roman, écrit en anglais (sa troisième langue après l'arabe et le français) a obtenu de nombreuses récompenses au Canada, dont le prix des Libraires de Québec et le Prix Impact ainsi que le prestigieux Impac Dublin Literary Award.

Quelques blogueurs l'ont déjà lu (dont les Canadiens il y a quelques temps déjà), et je n'ai trouvé aucune critique négative. L'avis de Thom, de Kathel, celui de Caro(line), de Tamara , de Brize et celui de Karine. Jules l'a lu il y a quelques mois sous le titre "Parfum de poussière".

J'ai comme toujours sûrement oublié beaucoup d'entre vous... Veuillez m'excuser et me laisser un petit comm, je vous rajouterai à la liste des liens !

Extraits :

"Les bombes tombaient comme la mousson sur l'Inde lointaine. J'étais agité, prêt à tout, j'avais besoin d'argent, d'un meilleur boulot. Je travaillais au port. Opérateur de treuil. On déchargeait des navires remplis d'armes qui portaient des numéros de série hébreux, anglais ou arabes. Des fois, c'était une cargaison de pétrole qu'il fallait transvaser à l'aide de gros tuyaux dans des camions-citernes. Les fruits venaient de Turquie. Les moutons morveux qui poussaient des bêlements inquiets aussi. Nous, on vidait tout. Quand il s'agissait d'une livraison d'armes, toute la zone était cernée par les jeeps de la milice. On déchargeait toujours la nuit. Aucun éclairage n'était permis, même pas la lueur d'une cigarette. Après le quart de nuit, je rentrais chez moi et je dormais toute la journée. Ma mère faisait la cuisine en maugréant. Les rares fois où je travaillais au port ne suffisaient pas pour les cigarettes, pour faire taire ma mère, pour acheter à manger. Où aller, qui voler, escroquer, supplier, séduire, déshabiller, palper ? Assis dans ma chambre, je contemplais le mur couvert d'images étrangères : posters fanés d'idoles prépubères, de blondes aux dents blanches éclatantes, de footballeurs italiens. Je me disais que Rome avait l'air d'un bon endroit où se promener librement. Les pigeons, sur les places, avaient l'air heureux. Bien nourris."

"Dix mille cigarettes avaient roulé entre mes lèvres, un million de gorgées de café truc m'avaient brûlé le gosier. Je pensais à Nabila, aux machines à poker, à Rome. Je pensais à quitter cet endroit. J'ai allumé la dernière bougie, bu au seau d'eau, ouvert et refermé le frigo. Il était vide et ça fondait à l 'intérieur. Pas un bruit dans la cuisine : la radio que ma mère avait descendue avec elle dans l'abri antibombes jouait désormais pour les rats et les familles entassées les unes sur les autres. Quand les bombes pleuvaient, l'abri se faisait maison, palais de sucre, camp de jeu pour les enfants, cuisine et café, lieu saint, lieu sombre, lieu sûr avec un poêle, des matelas de mousse et des jeux de société. Mais ça sentait le renfermé et j'aimais mieux mourir en plein air".

"Debout au milieu de la chaussée, je me suis roulé une cigarette. J'ai inhalé, expiré : la fumée qui sortait de ma bouche s'étalait comme un bouclier. Les bombes tirées vers moi ricochaient dessus et repartaient d'un bond jusqu'au ciel, vers de lointaines planètes."

Un grand Merci

à  chez_les_filles et   _ditions_denoel

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13 juin 2008

Mille Soleil Splendides

Khaled HOSSEINI

La lumière du soleil n'est pas la même pour tous...

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Nous sommes en Afghanistan en 1959. A la mort de sa mère, Mariam, jeune harami (bâtarde) de 15 ans, est forcée par son père d'épouser un homme de trente ans son aîné, afin de sauver l'honneur de la famille de ce père qu'elle vénérait, mais qui ne veut pas l'accueillir sous son toit avec ses femmes et ses enfants officiels.

Si les débuts du mariage se passent à peu près bien tant que Mariam obéit à son mari, qu'elle suit ses directives et exigences, qu'elle le sert, tant pour la nourriture que pour ses besoins sexuels, qu'elle porte la burqa pour sortir de chez elle (pour la protéger du regard concupiscent des autres hommes...), Rachid subit bientôt une transformation totale de son caractère (ou laisse plutôt ressurgir cette personnalité peu attrayante qu'il avait dissimulée) dès que Mariam fait une fausse couche et perd son premier bébé. Les espoirs de maternité envolés, Mariam va vivre pendant des années sous le joug de cet homme, sans amour, sans liberté, sans joie, comme un fantôme d'elle-même.

Dix-huit ans après son mariage, sa vie est bouleversée par l'arrivée dans la maison de la jeune Laila, sa petite voisine de quatorze ans. Laila a grandi dans la même ruelle, cadette d'une famille dont les ainés sont morts à la guerre, adorée et éduquée par son père professeur, cultivé et moderniste, et mal-aimée par sa mère, en pleine dépression depuis la disparition des deux garçons. Laila a grandi aux cotés de Tarik, un petit voisin, qu'elle a d'abord considéré comme un frère, mais qui s'est avéré au fil du temps être bien plus qu'un ami. Les deux jeunes gens s'avouent leur amour, sous les rafales de mitraillettes et les bombes qui commencent à pleuvoir sur Kaboul. Nous sommes en 1992, et devant la montée de la violence dans tout le pays, Tarik décide de partir à l'étranger avec ses parents. Laila ne peut l'accompagner sans abandonner les siens et se résoud donc à rester, mais elle va bientôt se retrouver orpheline, et sera recueillie par son voisin Rachid.

Commence alors une période ou la jalousie, la haine même grandissent dans le coeur de Mariam. Rachid a décidé d'épouser Laila, et celle-ci étant enceinte accepte, afin de procurer au bébé de Tarik confort et sécurité, car elle a appris d'un émissaire sa mort dans un hopital pakistanais. Laila met au monde une petite fille, Aziza et par sa douceur et sa discrétion va finir par trouver une alliée en Mariam. Laila donne ensuite à Rachid un fils, dont il fait un petit dieu, au grand dam de sa mère, qui n'a malheureusement rien à dire quand à son éducation...

Toutes deux sont victimes de la violence de Rachid, qui va grandissant dans la même mesure où ses affaires périclitent, et où la guerre détruit la ville, avec la fureur, la terreur et la folie meurtrière que les talibans amènent avec eux. Elles s'unissent pour tenter de fuir l'Afghanistan, et leur ville, Kaboul, qui dissimulait autrefois derrière ses murs "mille soleils splendides", mais n'est plus qu'un tas de gravas, décombres, où l'on meurt chaque jour, d'une balle, de faim ou de peur, et où la vie devient plus hasardeuse, dangereuse, terrifiante... Parviendront-elles à quitter le pays ? Et quel sera le prix de ce voyage vers un monde nouveau ?

J'ai beaucoup aimé ce livre, lu très rapidement, bien que je trouve que ce soit un peu trop romanesque à mon goût (ils s'aiment, ils se quittent, vont-ils se retrouver...). L'histoire est cependant intéressante et se dévore littéralement, on veut à tout prix savoir ce qui va arriver aux personnages et comment ils se sortiront de ces aventures. Mais ce qui m'a le plus passionné sont les relations hommes-femmes et la condition de la femme que dépeint avec beaucoup de précision, de retenue et, comment dire, en quelque sorte de respect, Khaled Hosseini, de même que toutes les explications qu'il donne sur la vie politique du pays, les pourquoi et comment de la guerre, les retournements d'amitiés, les trahisons, les prises de pouvoir...

Poignant tant l'histoire de ce pays est triste et lourde, alors que l'Afghanistan était autrefois un fleuron de la culture musulmane dans toute sa beauté, sa finesse, sa poésie....

Terrifiant tant l'espoir est mince que les conditions de vie des afghans s'arrangent un jour... Quand à celle des afghanes...

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A lire, donc, même si je dois tout de même préciser pour être honnête que j'avais préféré Les Cerfs Volants de Kaboul.

Le site de l'auteur, à visiter, ainsi qu'un article sur Passion du Livre

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Extraits : "Elle ignorait alors que harami signifiait bâtarde. De même, elle était encore trop petite pour éprouver l'injustice d'une telle injure et pour objecter que ce sont les parents d'une enfant illégitime qui sont à blâmer, et non l'enfant lui-même -lui dont le seul tort est d'être né. Pour autant, elle devina sans peine qu'une harami était quelque chose de répugnant, de laid. Un peu à l'image des cafards que sa mère jetait sans cesse hors de la kolba en pestant.

Ce n'est que plus tard, lorsqu'elle fut devenue grande, que Mariam comprit. La manière dont Nana lui crachait parfois cette insulte à la figure lui en faisait ressentir toute la cruauté, et elle finit par saisir qu'une harami était quelqu'un de non désiré, qui n'aurait jamais droit comme les autres à une famille, une maison, et à l'amour et à l'approhation des gens."

"Elle avait du mal à accepter qu'il lui parle sur ce ton, qu'il la traite avec mépris, qu'il la ridiculise, qu'il l'insulte, qu'il passe devant elle comme si elle n'était qu'un animal domestique. Mais, après quatre ans de mariage, elle savait ce qu'une femme était capable d'endurer sous l'emprise de la peur. Et le fait est qu'elle avait peut. Elle vivait dans la crainte continuelle des sautes d'humeur de Rachid et des moments où même les conversations les plus anodines devenaient pour lui prétexte à un affrontement, qu'il ponctuait à l'occasion de gifles ou de coups de poing et de pied. Parfois, il tentait de se faire pardonner à grand renfort d'excuses fallacieuses - parfois non."

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Et le passage le plus terrifiant, parce que VRAI :

"Notre watan s'appelle désormais l'Emirat islamique d'Afghanistan. Voici les lois que nous allons faire appliquer et auxquelles vous obéirez :

Tous les citoyens doivent prier cinq fois par jour. Quiconque sera surpris à faire autre chose au moment de la prière sera abattu.

Tous les hommes doivent se laisser pousser la barbe. La longueur correcte est d'au moins un poing en dessous du menton. Quiconque refusera de respecter cette règle sera batttu.

Tous les garçons doivent porter un turban - noir pour ceux scolairsés en primaire, et blanc pour ceux des classes supérieures - ainsi que des habits islamiques. Les cols de chemise seront boutonnés.

Il est interdit de chanter.

Il est interdit de danser.

Il est interdit de parler et de jouer aux cartes, aux échecs et aux cerfs-volants.

Il est interdit d'écrire des livres, de regarder des films et de peindre des tableaux.

Quiconque gardera des perruches chez soi sera battu et ses oiseaux tués.

Quiconque se rendra coupable de vol aura la main coupée. Et s'il recommence, il aura le pied coupé.

Il est interdit à tout non musulman de pratiquer son culte en un lieu où il pourrait être vu par des musulmans, au risque d'être battu et emprisonné. Quiconque sera surpris à essayer de convertir un musulman à sa religion sera exécuté.

A l'attention des femmes :

Vous ne quitterez plus votre maison. Il est inconvenant pour une femme de se promener dehors sans but précis. Pour sortir, vous devrez être accompagéne par un mahram, un homme de votre famille. Si vous être surprise seule dans la rue, vous serez battue et renvoyée chez vous.

En aucun cas vous ne dévoilerez votre visage. Vous porterez une burqa à l'extérieur de votre maison. Sinon, vous serez sévèrement battue.

Il vous  est interdit de vous maquiller.

Il vous est interdit d'arborer des bijoux.

Vous ne vous afficherez pas avec des vêtements aguichants.

Vous ne parlerez que lorsqu'on vous adressera la parole.

Vous ne regarderez aucun homme droit dans les yeux.

Vous ne rirez pas en public. Sinon, vous serez battue.

Vous ne vous vernirez pas les ongles. Sinon, vous serez amputée d'un doigt.

Il vous est interdit d'aller à l'école. Toutes les écoles pour filles seront fermées.

Il vous est interdit de travailler.

Si vous êtes reconnue coupable d'adultère vous serez lapidée.

Ecoutez bien et obéissez. Allah-u-akbar.

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Je crois que ça se passe de commentaires...

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11 juin 2008

Une exécution ordinaire

Marc DUGAIN

Le pays où une vie ne vaut pas cher...

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En août 2000, le sous-marin Koursk, l'un des fleurons de la flotte russe, coule en mer de Barents. Aucun secours efficace ne sera tenté à temps et il n'y a aucun survivant.

Marc DUGAIN, en partant de cette tragédie bien réelle, nous propose un roman sur les gens ordinaires de la Russie post-soviétique, ainsi que leurs réflexions sur la politique du pays, son déclin, l'emprise de ces transformations sur le peuple russe, et leurs conditions de vie misérables et incertaines. Aux cotés des personnages issus de son imagination, on retrouve les personnalités historiques, Staline, les officiers des services secrets, des capitalistes...

Les chapitres présentent des personnages différents, dont au comprend au fil de la lecture, qu'ils sont tous liés les uns aux autres, sur trois générations. Au début du roman, la mère du narrateur est appelée auprès de Staline pour le soulager de ses maux grâce à ses dons de magnétiseuse. Isolée de son mari, elle croise le cuisinier, un certain Plotov qui vient d'avoir un petit-fils Vladimir que l'on retrouvera plus tard. Elle rejoint ensuite son mari à son affectation dans une base de la marine sur le cercle polaire.

Puis, Vladimir Plotov devenu adulte, est recruté par le KGB et envoyé en RDA pour tester ses convictions et son aptitude à servir le pays.

Le narrateur, professeur d'histoire dans un lycée dans une base militaire au bord de la mer de Barentz nous parle ensuite de son couple et de ses enfants, Anna journaliste, et Vania, cadet dans la marine. Il reçoit une indemnité en "contrepartie" de la disparition de leur fils lieutenant de vaisseau. On entre alors vraiment dans le coeur du roman et on découvre le naufrage dramatique et mystérieux du sous-marin Oskar, sur lequel servaient Anton, le meilleur ami du narrateur, et son fils. Descriptions de la vie à bord, des influences politiques, de la corruption qui pourrit le pays, nous touchons au plus près la réalité de ce pays complexe, attirant et repoussant tout à la fois : sous le couvert de ses personnages, l'auteur brosse un véritable panorama de la Russie d'aujourd'hui.

J'ai bien aimé ce livre, mais j'avoue avoir eu un mal fou au début à me mettre dans le roman. Les réflexions sur le pays, sur les mentalités des gens sont passionnantes, mais j'ai mis pas mal de temps à comprendre qui était qui dans le récit et comment les personnages étaient liés les uns aux autres. A part cela, la description du pays et de ses rouages secrets est vraiment intéressante et le "fait divers" qui fait la base du récit est poignant.

Une exécution ordinaire a reçu le Grand prix RTL-Lire 2007.   

Pour plus d'informations sur le sujet, vous pouvez lire le site Russie.net, très intéressant,  ainsi qu'une critique approfondie sur Critiques libres.

Extraits : "Un cheval  qui n'a peur de rien, il faut le tuer, car il va contre les instincts de sa race. Un cheval craintif, il faut le tuer aussi sinon un jour c'est toi qu'il tuera dans un mouvement inconsidéré pour se dégager. Il en est de même avec les hommes. La terreur requiert un dosage subtil, sinon nous sommes obligés de tuer beaucoup trop de monde, […] elle doit être perçue comme un phénomène irrationnel du point de vue de ses victimes, mais elle est un phénomène quasi scientifique du point de vue de ceux qui l'infligent, sinon c'est n'importe quoi."

"Pour moi, la terreur, c’est la certitude pour tout homme de l’Union soviétique, du plus humble au plus puissant, de l’anonyme à l’ami de Staline, que rien ne le protège d’une décision de l’exécuter qui peut tomber à chaque instant sans véritable fondement. »

« … tout est possible dans ce pays, la culture de la destruction est telle, et nous sommes capables d’y apporter un tel vice. Tout ce qui est impossible dans n’importe quel pays civilisé devient probable ici. »

"Quand la corruption devient un mode de vie, rien n’est impossible, l’improbable s’efface devant l’opportunité."

"Ces hommes devaient mourir pour que le doute puisse continuer à bénéficier au pouvoir, pour que la vérité ne puisse lui être jetée à la face. Au bout du compte, que sont ces vingt-trois vies, comparées à un secret d’Etat à naître ? Rien. Et cela n’a rien de choquant. Le contraire aurait étonné. Dans un pays où la vie en vaut rien, ou la mort a longtemps été une délivrance, peut-on concevoir qu’on échange des siècles d’exercice du pouvoir dans le secret contre les vingt-trois vies d’hommes qui ont choisi le métier des armes ? Le contraire aurait été à lui seul une révolution. Et, de révolution, dans ce pays, nous  n’en n’avons jamais eu. »

Posté par liliba à 20:44 - J'ai lu, j'ai bien aimé - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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15 mai 2008

Millenium 3 La reine dans le palais des courants d'air

Stieg LARSON

JE VEUX UN TOME 4 !!!

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Lisbeth n'est pas morte et Mikael est toujours bien décidé à la sortir de ses problèmes. Ce troisième tome est axé sur la vie politique suédoise, et les méandres du contre-espionnage censé assurer la stabilité du gouvernement. Une fois de plus, tout et tous se liguent contre Lisbeth pour la faire à nouveau internet et imposer à  jamais le silence sur l'Affaire. Mais la jeune femme compte malgré son caractère difficile quelques amis, des fidèles, qui vont braver police et malfrats pour faire enfin exploser la vérité sur son passé et les raisons de son internement.

Je ne vous en dirai pas plus... désolée, ce n'est pas de la flemme, mais sinon, pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, il n'y aurait plus de suspense, et justement, on ne sait pas s'arrêter, on tourne une page, et puis l'autre, et une autre encore, ah, juste une petite dernière, la fin du chapitre, le suivant, juste pour voir... et il est 2 heures du matin, et on a des cernes le lendemain, et boss râle qu'on n'est pas efficace au bureau...

Donc, vous avez compris, j'ai vraiment bien aimé cette trilogie suédoise. Malgré le style qui laisse un peu à désirer, j'ai été transportée par l'histoire, vraiment bien ficelée, par la complexité des personnages principaux (Lisbeth tellement antisociale et attachante malgré tout, Mikael, bon mais si prévisible...) et j'ai surtout beaucoup aimé la peinture de la Suède que nous propose Stieg Larson. C'est assez rare qu'un polar décrive autant le contexte dans lequel il se déroule, et j'ai trouvé vraiment intéressant de découvrir certaines faces de la Suède : l'économie, la  politique, le système journalistique... 

Bien sûr, il y a quelques bémols ; on attend longtemps pour savoir ce que deviennent certains protagonistes de l'histoire, il y a quelques incohérences dans le récit, la fin est un peu rapide à mon goût, un peu "facile", mais je crois qu'il faut tenir compte du fait que l'auteur n'a pas eu le temps de retravailler son manuscrit puisqu'il est malheureusement décédé juste après l'avoir remis à l'éditeur, et que peut-être ces petits couacs viennent de cette parution post-mortem et du manque de relecture... Toujours est-il que Millenium est un bon polar, je vous le recommande, ça se lit vite malgré les ouvrages importants, et ça nous change des psychopathes américains (dont j'ai soupé)...

Posté par liliba à 21:23 - J'ai lu, j'ai beaucoup aimé - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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06 mai 2008

L'aube, le soir, la nuit

Yasmina REZA

Le but du jeu ?

l_aubeL'auteur a suivi Nicolas Sarkozy tout au long de sa campagne présidentielle.

Ce livre m'a mise assez mal à l'aise : on ne sait pas à la fin si Madame Reza voue au candidant Sarkozy une admiration sans bornes ou si elle le déteste… et encore moins ce qu'elle pense de l'homme. Etrange, pas compris quel était le but du livre.

Pour ma part, style illisible et livre sans aucun intérêt !

Posté par liliba à 16:43 - j'ai lu, mais j'ai détesté - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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