10 décembre 2009
Le camion électrique
Alain GALINDO
Cet ouvrage raconte l’histoire toute simple d’un homme qui croit en ses rêves…
Ne vous y trompez pas, rien de banal dans ce parcours.
Avancer d’un mètre par jour à l’aide d’un camion muni de panneaux solaires, nourrir l’imaginaire de villageois en cherchant à répondre à ce besoin d’accéder à son propre but. Prouver que son idée novatrice est bonne, qu’il peut aller au bout sans l’aide de personne ?! Peu importe la traversée.
Un désert, une pente, un océan, les hommes se cherchent depuis toujours. Souvent les obstacles s’obstinent à les empêcher de trouver la réponse.
Finalement est-ce tant le but qui compte que le chemin ? Les rencontres, les regards, les a priori… Il suffit de si peu pour changer le destin d’une vie ordinaire. Un excès de génie, une croyance, un amour qui s’envole…
Une gamine qui vous attrape la main.
Un roman qui plaira autant aux adolescents qu’aux adultes tant il nous rappelle la philosophie du Petit Prince d’Antoine de Saint Éxupéry.
Honnêtement, je ne vois pas en quoi ce roman rappelle Saint Ex. Certes, il part du postulat que tout est possible si on y croit et qu'on y met tout son coeur et toute son ardeur, mais il n'a en rien sa poésie ni sa portée... C'est pourtant tout à fait délicieux au début, quand nous découvrons cet énorme camion qui vient de prendre le départ sous les hourras de la foule, ce camion électrique, et donc non polluant, oeuvre géniale de Julien. Sauf qu'il s'est un peu trompé dans ses calculs d'autonomie de batterie et que le camion s'arrête au bas de la première côte, n'ayant plus de jus... Bien sûr, à ce stade de l'histoire, toute personne censée laisserait le camion sur place, rentrerait chez soi, trouverait une solution le lendemain, des cables pour recharger les batteries, ou un autre camion pour tracter celui-ci, sauf que Julien et Alice n'ont plus de maison, car ils ont tout investi dans le véhicule, et surtout Julien ne veut pas abandonner son engin, son rêve, son espoir, sa vie, en somme. Il choisit donc de recharger les batteries naturellement, avec l'énergie solaire, ce qui lui permettra selon ses calculs d'avancer de 1 mètre par jour... J'ai vraiment beaucoup aimé le début de cette histoire, totalement loufoque, et qui permet de se poser de nombreuses questions sur le sens qu'on veut donner à sa vie, ce que l'on est capable de sacrifier pour arriver à son but, ce que représente pour nous la réussite, et si cette réussite est plus importante ou pas que sa vie de couple, bref des questions que nous nous posons tous un jour ou l'autre (ou devrions !). Dommage que ça devienne vraiment trop fou à la fin, et je suis tout à fait de l'avis de Lili Galipette , qui a trouvé le début de l'histoire "charmant" mais n'a pas aimé les derniers chapitres et la conclusion. « Quelle réussite ? Arriver au terme d’un projet, était-ce forcément le réussir ? Ne fallait-il pas savoir abandonner, parfois ? » Merci à Babelio et aux Editions Volpilière pour l'envoi de ce livre.
08 décembre 2009
Rain
Spectacle du Cirque Eloize

Le site du Cirque Eloize. Spectacle vu au Colisée de Roubaix. 
Vous le savez, chers lecteurs, je vis dans le Nord. Et vous m'avez souvent entendu râler sur le climat pourri de cette région par ailleurs vraiment très agréable à vivre, à peine caricaturée dans le fameux film que vous avez sans doute vu...
Eh oui, dans le Nord, il pleut. Souvent. Voire très souvent. Et la pluie, je peux vous dire qu'ici on en a un peu marre... Sauf que, parfois, elle peut être libératrice, poétique même, et apporter gaieté et envie de rire, de s'amuser... Mais c'est bien rare, je vous l'accorde ! Ce fut néanmoins le cas lors de ce spectacle superbe que nous avons vu récemment...
Voici donc Rain, spectacle multifacettes proposé par la troupe du Cirque Eloize.
Danseurs, acrobates, musiciens, équilibristes, contorsionniste (une vraie femme élastique qui a déclenché des cris d'angoisse dans la salle tant elle se tortillait en tous sens !), jongleurs, clowns, chanteurs... les onze membres de cette troupe sont tout cela à la fois, ils savent tout faire, excellent même dans leur art : cerceaux, portés, cordes... les prouesses physiques se succèdent, au mépris des lois de la gravité, mais toujours avec un brin de poésie et de clownerie, ce qui rend ce spectacle véritablement magique. Les artistes s'amusent, et bien sûr, nous aussi !
Un spectacle drôle et extrêmement poétique tout à la fois, qui nous tient en haleine, nous émeut souvent, nous fait sourire, rire... et qui se termine sous une impressionnante averse, sous laquelle les artistes s'amusent comme des fous, à bondir dans les flaques et à effectuer des glissades ventre à terre, pour notre plus grand bonheur. Qui a dit ne pas aimer la pluie ?
N'hésitez pas un instant à réserver des places si Rain passe près de chez vous, et offrez-le également à vos enfants, c'est magique !
Tout y est pour vous faire passer une soirée vraiment exceptionnelle, et les parents et enfants dans la salle n'ont pas cessé de rire tout au long du spectacle, ni d'écarquiller les yeux tant il y avait à voir... (spectacle presque autant sur scène que sur les bouilles des petits autour de nous, subjugués).24 juin 2009
Le sumo qui ne pouvait pas grossir
Eric-Emmanuel SCHMIDT
Quatrième de couverture
Dans une ville du Japon, de nos jours, un garçon de 10 ans grandit dans un orphelinat. Son père est mort de surmenage professionnel et sa mère est atteinte de cyclothymie aiguë. Comme tous les enfants de son âge, il est passionné de technologies et de jeux vidéo. Étrangement, il a attiré l’attention d’un lutteur de sumo, de passage. Ce dernier, grand maître de force et de sagesse, a repéré le » gros » qui se cache en lui. Il entreprend donc, alors que ce gosse garde sa corpulence normale, de lui expliquer les éléments fondamentaux et les pratiques d’un sport ancestral et d’un art martial qui touche à la plus profonde philosophie zen…
J'ai dévoré ce dernier ouvrage de EE Schmidt avec passion. J'ai eu l'impression de retrouver l'ancien Schmidt, celui de Oscar, de L'Evangile selon Pilate ou de L'enfant de Noé, celui qui à partir d'un récit simple et léger nous permet de réfléchir, de continuer à y penser une fois le livre refermé...
Au contraire de Madame Charlotte qui l'a lu et a été déçue (une lecture qu'elle qualifie d' "agréable mais superficielle" alors que l'auteur est son "chouchou"), j'ai trouvé à ce récit une vraie profondeur, cachée comme l'auteur sait si bien le faire derrière les mots et les phrases anodines. C'est un petit conte initiatique qui m'a ravie, parce que j'ai reconnu en moi la grosse qui se cache (enfin, me dit mon jean fétiche, la grosse ne se cache pas tant que ça en ce moment !), parce qu'au delà de l'histoire de ce jeune homme qui veut grossir pour devenir un vrai sumo, j'ai retrouvé une part de moi-même, toujours à la recherche d'un idéal quasi inaccessible... La question est de savoir si cet idéal forgé est vraiment bon pour moi et le but ultime de mes actions, de mes paroles et de toute ma vie...
Je vous engage donc à lire ce joli petit livre et à vous laisser rêver et réfléchir sur le sens de votre vie, sur vos buts, vos envies...
12 juin 2009
Le coeur cousu
Carole MARTINEZ
Quatrième de couverture :
"Écoutez, mes soeurs ! Écoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Écoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le coeur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes !"
Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre : le coeur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement... Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels... Le roman fait alterner les passages lyriques et les anecdotes cocasses on cruelles. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle tragique de la vie.
Un immense coup de coeur pour moi ! Je l'ai lu en 2 jours -et nuits ! (décidément, en ce moment, je suis une mère et épouse indigne, plongée que je suis dans mes lectures et abandonnant la maisonnée à elle-même tant que je n'ai pas terminé ces livres passionnants qui me suivent partout...).
Grâce à l'écriture ciselée de Carole Martinez, qui déroule cette histoire magique et envoûtante à petits points, à petites touches, j'ai voyagé moi aussi aux cotés de Frasquita et de ses enfants sur les routes d'Espagne et d'Afrique du Nord. Magicienne ou sorcière, cette femme au destin terrible et merveilleux à la fois est terriblement attachante. Ses enfants, héritiers d'un don mystérieux et magique adapté à la personnalité de chacun, devront suivre leur propre chemin pour grandir aux cotés de cette mère étrange. Bénédiction ou malédiction, c'est en donnant un sens à sa vie que chacun pourra faire évoluer le cadeau reçu de la boite mystérieuse, et décider par ses actions s'il en résultera des bonheurs pour eux et leur entourage ou bien un malheur renouvelé, encerclant cette famille bien particulière dans une spirale sans fin.
J'ai adoré ce roman, l'histoire, le style absolument magnifique de l'auteur (un premier roman ! il est des gens si doués...). Ce que j'ai le plus aimé, c'est cette façon qu'à l'auteur de ne plus tenir qu'à un fil à la réalité, d'entrer dans un monde onirique, parallèle... Le coeur cousu, c'est ce que nous devrions tous avoir au fond de nos poches : un bout de tissu qui deviendra vivant et palpitant par la grâce de nos pensées, de nos bonnes actions, par l'attention portés aux autres, par l'amour... J'attends le prochain roman de cette auteur extrêmement talentueuse avec impatience !
Un immense merci à Florinette qui nous conviait après sa lecture à découvrir ce livre de toute urgence et a fait voyager ce magnifique roman jusqu'à moi.![]()
Biblioblog aurait "tant aimé que le feu d'artifices dure un peu plus longtemps", Sylvie a trouvé que "ce texte foisonnant est beau, poétique, gonflé d'amour, de chair, de sang, de souffrance, de larmes et de rêves" et a comme toujours écrit un magnifique billet, répertoriant à la fin les lectrices et les critiques sur cet ouvrage (travail de pro, à chaque fois, bravo !). Clarabel dit de ce roman : "C'est fou, sensuel, pittoresque, paré de mille couleurs, éclatant de poésie, violent." Saphoo conseille vivement de l'ajouter à votre LAL, Antigone a mis un coeur, Bellesahi l'a dégusté, Leiloona "crie au génie", La Môme poison attend le prochain roman de l'auteur, un cour de coeur également pour Gambadou, Sybilline trouve qu' "il est à peine croyable que ce livre soit un premier roman", Aifelle a trouvé le roman "foisonnant, extravagant, violent, surprenant, très poétique", et seule Bel Gazou a savouré sa lecture mais a cependant "eu un peu peur des ombres remuées", Lili Galipette est restée "perplexe" à la lecture de la première partie, et a trouvé le titre "réducteur" puisqu'il ne "reprend qu'un court épisode du livre".
J'ai sûrement oublié certaines (ou certains) d'entre vous, veuillez m'en excuser à l'avance, vous êtes si nombreuses à déjà l'avoir lu, et je n'ai trouvé sur ce livre aucun avis négatif.
04 juin 2009
Présence
Te voir, te sentir
Te savoir près de moi
T'entendre parler et rire
Et ne penser qu'à toi
A chaque instant du jour
Tu es là, dans mon coeur
C'est peut-être ça l'amour
La vraie vie, le bonheur.
Même quand tu n'es pas là
Tu es encore présent
Je sens, je vois par toi
Je t'aime, c'est évident.
Je voudrais pouvoir te faire partager
Tout ce que je vis, je vois, j'entends
Mes interrogations, mes doutes, mes secrets
Mes joies et mes émerveillements
Quand nous sommes séparés
Je ressens un grand vide
J'ai peur de mal t'aimer
Ou d'être trop stupide
Je veux te rendre heureux
Te couvrir de tendresse, de douceur
On est si bien nous deux
Et je t'aime fort, mon petit coeur.
Même au bout de 11 ans...
Joyeux anniversaire, mon homme !
30 mai 2009
Les cinq quartiers de l'orange
Joanne HARRIS

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Quatrième de couverture
Lorsque Framboise Simon revient dans le village de son enfance au bord de la Loire, personne ne reconnaît la scandaleuse Mirabelle Dartigen, tenue pour responsable de l'exécution de onze villageois pendant l'occupation allemande, cinquante ans auparavant. Framboise ouvre une auberge qui, grâce aux délicieuses recettes de sa mère, retient l'attention des critiques, mais suscite les jalousies de sa famille. Le carnet de recettes de Mirabelle recèle des secrets qui donneront à Framboise la clé de ces années sombres. Peu à peu, elle découvrira la véritable personnalité de sa mère, parfois si tendre, maternelle et sensuelle, subitement cruelle et tourmentée. En temps de guerre, les jeux d'enfants et les histoires d'amour ne sont pas toujours innocents. Leurs conséquences peuvent même être tragiques.
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Voilà un livre bien prenant, que j'ai beaucoup, beaucoup aimé. Mais que je ne veux pas vous résumer plus que ce qu'en dit la quatrième de couverture pour vous obliger à vous y plonger et à vous laisser bercer par cette belle histoire...
On y trouve de la poésie, de l'humour, des secrets, des intrigues et du suspense, de vieilles haines qui ressurgissent, du courage, de la volonté, du désespoir, de l'amour, des rires d'enfants, des odeurs de campagne et la sensation du vent dans les cheveux, des effluves de nourriture qui font saliver... L'intrigue se déroule avec art, et j'ai été tenue en haleine jusqu'au bout pour découvrir le secret de Framboise et de cette famille pour le moins originale. Le style est une pure merveille, on rit, on sourit, on a peur, on se remémore son enfance, des sensations reviennent qu'on croyait enfouies, bref, on se régale !
Laissez-vous tenter par cette orange et dévorez-la vite !
Clochette l'a lu et a beaucoup aimé, de même que Lily (qui a écrit un billet superbe avec plein d'extraits) et Katell .
10 mai 2009
L'ombre orchestre
Xavier MORTIMER
Xavier Mortimer est musicien. Il est aussi mime, jongleur, magicien. Il joue avec les instruments de musique, mais pas seulement de la musique. Il s'amuse avec les objets qui l'entourent, avec le décor et même avec son ombre et celles de ses acolytes imaginaires, doubles turbulents et facétieux qui le suivent tout au long du spectacle. Il arrive sur scène pour donner un concert, mais tout lui échappe, la flûte crache des bulles au lieu de notes, le piano joue tout seul, son ombre se désolidarise de lui et vit sa propre vie, ses poches recèlent foule d'objets hétéroclites pas toujours obéissants, les partitions partitionnent d''elles-mêmes... le monde est un peu fou chez cet homme, mais quelle poésie et que d'humour, que de trouvailles, de surprises !
Avec son air un peu ingénu, son sourire gentil, ses yeux rieurs qui tournent parfois dans leurs orbites comme de grosses billes, on le dirait tombé de la lune... mais ce jeune artiste vraiment talentueux nous promène dans son monde farfelu ou l'homme n'est plus le maître incontesté et où les objets s'animent, se rebellent, vivent leur vie... C'est complètement surréaliste et on se laisse emporter par la musique, on rit, on s'étonne : un spectacle magique, qui me réconcilie avec la magie que j''exècre en général, tant je trouve les magiciens guindés, surfaits et sans aucun charme ni humour ou poésie. Cet homme sait tout faire, et il le fait bien ! Je vous engage à vite prendre des places s'il se produit dans votre région, vous ne serez pas déçus !
Ce spectacle est donc un vrai régal que nous avons apprécié à sa juste valeur. Mon fils Paul, 6 ans, qui nous a accompagné pour la première fois au théâtre, a ri tout du long et était absolument médusé, bouche ouverte, yeux fixant la scène, sans bailler malgré l'heure tardive et sans bouger d'un poil ce qui est un exploit phénoménal pour cet enfant qui en général ne tient pas en place cinq minutes et ne peut pas s'arrêter de parler ! Il a adoré autant que nous (et rêve de retourner au théâtre, ce qui nous promet un budget sorties terrifiant pour l'année prochaine, si les trois enfants deviennent aussi accros que moi !).
Ce spectacle a été unanimement salué comme une révélation du festival off d’Avignon.
Spectacle vu comme toujours au Colysée de Roubaix ; c'était notre dernière sortie théâtrale de l'année et je savoure par avance le programme de l'année prochaine qui, je vous le dis en avant-première, va être encore mieux !
Xavier Mortimer "l'ombre orchestre"
12 avril 2009
Rendez-vous
Quand j'ai lu ce doux mot,
Glissé dans mon manteau...
Mon coeur n'a fait qu'un tour...
Et si c'était l'Amour ?
Le vrai, celui qui dure
Non pas ces aventures
D'un jour, sans émotion
Mais une vraie passion...
Pierre, le beau Pierre
Au regard si fier
Dont je rêvais la nuit
M'attendait... aujourd'hui !
Ce rendez-vous galant
Etait ensorcelant !
Pour signer le contrat
Qui m'unira à toi
Ce rendez-vous d'affaire
Etait-il nécessaire ?
Il faut tout préparer
Et ne rien oublier
Les textes pour la messe
Les gâteaux pour l'pince-fesse
La couturière à voir
Avec, enfin l'espoir
Que la robe soit finie
Et qu'il la trouve jolie
Et les enfants de choeur
Ah, et puis le coiffeur
La date fatidique
Approche bien trop vite
Il était là à l'heure
Tout rouge de bonheur
Et nous nous sommes dit oui
Pour toujours, pour la vie
Ce rendez-vous d'amour
Qui va durer toujours
Nous fait mari et femme
On va m'appeler Madame !
Je suis un peu anxieuse
Tout à fait nauséeuse
L'examen médical
Dit que tout est normal
Mais les futures mères
Ont toutes la même prière
Que le bébé soit sain
Et puis pas trop vilain !
Ce rendez-vous de vie
De mon ventre arrondi
Ce fruit de nos amours
Va bientôt voir le jour !
On dit que les enfants
Sont cause de grands tourments
Rendez-vous chez l'méd'cin
Est le lot quotidien
D'une mère en soucis
Pour son pauvre petit
Mais un sourire console
Même d'une rougeole
Et l'amour d'un enfant
Est tout pour sa Maman
Et la vie nous emporte
Les grandes idées sont mortes
Le temps fait son ouvrage
On subit ses outrages
Et l'on s'aime un peu moins
On ne partage plus rien
On voudrait vivre sa vie
On a d'autres envies
Même on s'en veut un peu
De se sentir si vieux
Alors on se sépare
Pour un nouveau départ
Chacun de son coté
Et sans rien regretter
Quand on prend rendez-vous
On réalise d'un coup
En face de l'avocat
Qu'on est tombé bien bas...
Et ça fait mal au coeur
Et on verse des pleurs
Sur nos jeunes années
Et ce bonheur gâché.
Avec le temps s'effacent
Même les plus grosses traces
De regrets, de tristesse
C'est donc ça, la vieillesse ?
Il reste un rendez-vous
Sur la route, tout au bout
On ne peut s'y soustraire
Même par des prières
Il nous faut dire Adieu
Et puis fermer les yeux.
Ainsi donc va la vie
Mon poème est fini.
08 avril 2009
Blue Lady (revisited)
Carolyn Carlson



Je n'avais jamais vu Blue Lady, le solo mythique de Carolyn Carlson créé en 1983, bien que j'en ai entendu parler maintes fois, tant il a marqué les amoureux de la danse, laissé dans les yeux des spectateurs des images inoubliables et cristallisé dans leur coeur les émotions et les rêves...
Cette pièce a été créée après la maternité de Carolyn Carlson et est marquée par Venise. D'immenses stores (vénitiens, donc), des jeux de robes et de chapeaux, des drapés qui participent eux aussi à la danse, on admire une femme, des femmes qui nous transmettent à travers les gestes, les sauts, les pas, le rythme, leurs émotions, leurs désirs... sur la musique envoutante de René Aubry.
J'ai adoré cette nouvelle version du spectacle offerte par Tero Saarinen, un danseur impressionnant qui arrive tout au long à être fidèle à l'esprit de Carolyn Carlson sans jamais la singer, ni du tout paraître ridicule, même habillé de robes ou s'enroulant dans de grands tissus. Ce danseur sait jouer de son coté un peu androgyne mais reste malgré tout homme, et son jeu est superbe. La mise ne scène, avec parfois des images de la danseuse en fond d'écran, permet de rapprocher les deux danseurs et de réaliser à quel point ils se complètent, se répondent.
Un grand et beau moment de danse, et beaucoup d'émotion lorsqu'au moment de saluer, Carolyn Carlson a rejoint le danseur sur scène et qu'ils ont esquissé ensemble quelques pas...
Je me réjouis à chaque fois d'avoir la chance de pouvoir assister à autant de spectacles de si grande qualité, d'une part parce que mon gentil mari ne pique pas (trop) de syncopes quand je réserve les places et qu'il faut faire les chèques, et d'autre part car nous avons la chance d'habiter à coté de Roubaix, où la vie artistique est intense, grâce à la présence du théatre du Colysée et celle du CCN dirigé par Carolyn Carlson (pour une fois, cela compense le climat pourri !).
René AUBRY. Carolyn CARLSON. Tree Song: (1984)
30 mars 2009
L'oratorio d'Aurélia
Victoria THIEREE-CHAPLIN
Le monde d'Aurélia est un monde à l'envers, tout en poésie et plein de trouvailles et d'idées originales. Au début du spectacle, nous découvrons Aurélia petit morceau par petit morceau : elle se cache dans une grande commode tandis que le téléphone sonne et qu'elle ne veut pas répondre. Un pied apparaît, disparaît, puis c'est une main, une autre, une jambe... Aurélia est seule et semble vivre dans son monde à elle, un peu chamboulé, loufoque, étrange. Les objets s'animent, le cerf-volant reste à terre alors qu'Aurélia s'envole, les fleurs sont mises à l'envers dans les vases, la chaise à porteur vous porte la tête en bas, le train électrique lui traverse le ventre, les rideaux s'animent et regorgent de cachettes, les marionnettes manipulent elles-mêmes, le temps file dans un sablier, ou bien est-ce Aurélia elle-même qui s'écoule ?
Ce spectacle extrêmement poétique, truffé de nouveautés, dans le monde fantasmagorique d'Aurélia, ou les métamorphoses et les prouesses physique des deux acteurs s'enchaînent au milieu des gags ne nous a pourtant pas comblés. Je n'ai pas du tout apprécié la musique, à mon goût pas assez gaie et rythmée et j'ai trouvé fatiguant à la longue les courses des acteurs à travers la scène, même si j'ai souvent beaucoup ri ou été impressionnée par les idées scéniques vraiment originales. Manque, je ne sais quoi, un peu de liant, un peu de poésie, je ne saurais trop bien dire en fait, mais toujours est-il que j'ai été un peu déçue, de même que mon mari. Par contre, ma fille a absolument adoré et ri tout au long du spectacle en murmurant "ah Maman, c'est trop drôle, c'est le bazar ici, tout est de travers !".
Spectacle vu au Colysée de Roubaix (as usual, mais je remets le lien pour les curieux... ou les nordistes !)










































