Les lectures de Lili... Et un peu de ma vie aussi...

Ce que j'aime, ceux que j'aime... Un peu de tout, en vrac, et suivant mes humeurs...

10 décembre 2009

Le camion électrique

Alain GALINDO

show_image_in_imgtagQuatrième de couverture :

Cet ouvrage raconte l’histoire toute simple d’un homme qui croit en ses rêves…

Ne vous y trompez pas, rien de banal dans ce parcours.

Avancer d’un mètre par jour à l’aide d’un camion muni de panneaux solaires, nourrir l’imaginaire de villageois en cherchant à répondre à ce besoin d’accéder à son propre but. Prouver que son idée novatrice est bonne, qu’il peut aller au bout sans l’aide de personne ?! Peu importe la traversée.

Un désert, une pente, un océan, les hommes se cherchent depuis toujours. Souvent les obstacles s’obstinent à les empêcher de trouver la réponse.

Finalement est-ce tant le but qui compte que le chemin ? Les rencontres, les regards, les a priori… Il suffit de si peu pour changer le destin d’une vie ordinaire. Un excès de génie, une croyance, un amour qui s’envole…

Une gamine qui vous attrape la main.

Un roman qui plaira autant aux adolescents qu’aux adultes tant il nous rappelle la philosophie du Petit Prince d’Antoine de Saint Éxupéry.

Honnêtement, je ne vois pas en quoi ce roman rappelle Saint Ex. Certes, il part du postulat que tout est possible si on y croit et qu'on y met tout son coeur et toute son ardeur, mais il n'a en rien sa poésie ni sa portée...

C'est pourtant tout à fait délicieux au début, quand nous découvrons cet énorme camion qui vient de prendre le départ sous les hourras de la foule, ce camion électrique, et donc non polluant, oeuvre géniale de Julien. Sauf qu'il s'est un peu trompé dans ses calculs d'autonomie de batterie et que le camion s'arrête au bas de la première côte, n'ayant plus de jus... Bien sûr, à ce stade de l'histoire, toute personne censée laisserait le camion sur place, rentrerait chez soi, trouverait une solution le lendemain, des cables pour recharger les batteries, ou un autre camion pour tracter celui-ci, sauf que Julien et Alice n'ont plus de maison, car ils ont tout investi dans le véhicule, et surtout Julien ne veut pas abandonner son engin, son rêve, son espoir, sa vie, en somme. Il choisit donc de recharger les batteries naturellement, avec l'énergie solaire, ce qui lui permettra selon ses calculs d'avancer de 1 mètre par jour...

J'ai vraiment beaucoup aimé le début de cette histoire, totalement loufoque, et qui permet de se poser de nombreuses questions sur le sens qu'on veut donner à sa vie, ce que l'on est capable de sacrifier pour arriver à son but, ce que représente pour nous la réussite, et si cette réussite est plus importante ou pas que sa vie de couple, bref des questions que nous nous posons tous un jour ou l'autre (ou devrions !). Dommage que ça devienne vraiment trop fou à la fin, et je suis tout à fait de l'avis de Lili Galipette , qui a trouvé le début de l'histoire "charmant" mais n'a pas aimé les derniers chapitres et la conclusion. 

« Quelle réussite ? Arriver au terme d’un projet, était-ce forcément le réussir ? Ne fallait-il pas savoir abandonner, parfois ? »

Merci à Babelio et aux Editions Volpilière pour l'envoi de ce livre.

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08 décembre 2009

Rain

Spectacle du Cirque Eloize

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Le site du Cirque Eloize. Spectacle vu au Colisée de Roubaix. colys_e_roubaix

Vous le savez, chers lecteurs, je vis dans le Nord. Et vous m'avez souvent entendu râler sur le climat pourri de cette région par ailleurs vraiment très agréable à vivre, à peine caricaturée dans le fameux film que vous avez sans doute vu...

Eh oui, dans le Nord, il pleut. Souvent. Voire très souvent. Et la pluie, je peux vous dire qu'ici on en a un peu marre... Sauf que, parfois, elle peut être libératrice, poétique même, et apporter gaieté et envie de rire, de s'amuser... Mais c'est bien rare, je vous l'accorde ! Ce fut néanmoins le cas lors de ce spectacle superbe que nous avons vu récemment...

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Voici donc Rain, spectacle multifacettes proposé par la troupe du Cirque Eloize.

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Danseurs, acrobates, musiciens, équilibristes, contorsionniste (une vraie femme élastique qui a déclenché des cris d'angoisse dans la salle tant elle se tortillait en tous sens !), jongleurs, clowns, chanteurs... les onze membres de cette troupe sont tout cela à la fois, ils savent tout faire, excellent même dans leur art : cerceaux, portés, cordes... les prouesses physiques se succèdent, au mépris des lois de la gravité, mais toujours avec un brin de poésie et de clownerie, ce qui rend ce spectacle véritablement magique. Les artistes s'amusent, et bien sûr, nous aussi !

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Un spectacle drôle et extrêmement poétique tout à la fois, qui nous tient en haleine, nous émeut souvent, nous fait sourire, rire... et qui se termine sous une impressionnante averse, sous laquelle les artistes s'amusent comme des fous, à bondir dans les flaques et à effectuer des glissades ventre à terre, pour notre plus grand bonheur. Qui a dit ne pas aimer la pluie ?

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N'hésitez pas un instant à réserver des places si Rain passe près de chez vous, et offrez-le également à vos enfants, c'est magique !

Tout y est pour vous faire passer une soirée vraiment exceptionnelle, et les parents et enfants dans la salle n'ont pas cessé de rire tout au long du spectacle, ni d'écarquiller les yeux tant il y avait à voir... (spectacle presque autant sur scène que sur les bouilles des petits autour de nous, subjugués).

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24 juin 2009

Le sumo qui ne pouvait pas grossir

Eric-Emmanuel SCHMIDT

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sumo

Quatrième de couverture
Dans une ville du Japon, de nos jours, un garçon de 10 ans grandit dans un orphelinat. Son père est mort de surmenage professionnel et sa mère est atteinte de cyclothymie aiguë. Comme tous les enfants de son âge, il est passionné de technologies et de jeux vidéo. Étrangement, il a attiré l’attention d’un lutteur de sumo, de passage. Ce dernier, grand maître de force et de sagesse, a repéré le »  gros »  qui se cache en lui. Il entreprend donc, alors que ce gosse garde sa corpulence normale, de lui expliquer les éléments fondamentaux et les pratiques d’un sport ancestral et d’un art martial qui touche à la plus profonde philosophie zen…

J'ai dévoré ce dernier ouvrage de EE Schmidt avec passion. J'ai eu l'impression de retrouver l'ancien Schmidt, celui de Oscar, de L'Evangile selon Pilate ou de L'enfant de Noé, celui qui à partir d'un récit simple et léger nous permet de réfléchir, de continuer à y penser une fois le livre refermé...

Au contraire de Madame Charlotte qui l'a lu et a été déçue (une lecture qu'elle qualifie d' "agréable mais superficielle" alors que l'auteur est son "chouchou"), j'ai trouvé à ce récit une vraie profondeur, cachée comme l'auteur sait si bien le faire derrière les mots et les phrases anodines. C'est un petit conte initiatique qui m'a ravie, parce que j'ai reconnu en moi la grosse qui se cache (enfin, me dit mon jean fétiche, la grosse ne se cache pas tant que ça en ce moment !), parce qu'au delà de l'histoire de ce jeune homme qui veut grossir pour devenir un vrai sumo, j'ai retrouvé une part de moi-même, toujours à la recherche d'un idéal quasi inaccessible... La question est de savoir si cet idéal forgé est vraiment bon pour moi et le but ultime de mes actions, de mes paroles et de toute ma vie...

Je vous engage donc à lire ce joli petit livre et à vous laisser rêver et réfléchir sur le sens de votre vie, sur vos buts, vos envies...

Le site de l'auteur.

12 juin 2009

Le coeur cousu

Carole MARTINEZ

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Quatrième de couverture :

"Écoutez, mes soeurs ! Écoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Écoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le coeur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes !"

Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre : le coeur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement... Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels... Le roman fait alterner les passages lyriques et les anecdotes cocasses on cruelles. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle tragique de la vie.

Un immense coup de coeur pour moi ! Je l'ai lu en 2 jours -et nuits ! (décidément, en ce moment, je suis une mère et épouse indigne, plongée que je suis dans mes lectures et abandonnant la maisonnée à elle-même tant que je n'ai pas terminé ces livres passionnants qui me suivent partout...).

Grâce à l'écriture ciselée de Carole Martinez, qui déroule cette histoire magique et envoûtante à petits points, à petites touches, j'ai voyagé moi aussi aux cotés de Frasquita et de ses enfants sur les routes d'Espagne et d'Afrique du Nord. Magicienne ou sorcière, cette femme au destin terrible et merveilleux à la fois est terriblement attachante. Ses enfants, héritiers d'un don mystérieux et magique adapté à la personnalité de chacun, devront suivre leur propre chemin pour grandir aux cotés de cette mère étrange. Bénédiction ou malédiction, c'est en donnant un sens à sa vie que chacun pourra faire évoluer le cadeau reçu de la boite mystérieuse, et décider par ses actions s'il en résultera des bonheurs pour eux et leur entourage ou bien un malheur renouvelé, encerclant cette famille bien particulière dans une spirale sans fin.

J'ai adoré ce roman, l'histoire, le style absolument magnifique de l'auteur (un premier roman ! il est des gens si doués...). Ce que j'ai le plus aimé, c'est cette façon qu'à l'auteur de ne plus tenir qu'à un fil à la réalité, d'entrer dans un monde onirique, parallèle... Le coeur cousu, c'est ce que  nous devrions tous avoir au fond de nos poches : un bout de tissu qui deviendra vivant et palpitant par la grâce de nos pensées, de nos bonnes actions, par l'attention portés aux autres, par l'amour... J'attends le prochain roman de cette auteur extrêmement talentueuse avec impatience !

Un immense merci à Florinette qui nous conviait après sa lecture à découvrir ce livre de toute urgence et a fait voyager ce magnifique roman jusqu'à moi.livre_voyageur_anim_

Biblioblog aurait "tant aimé que le feu d'artifices dure un peu plus longtemps", Sylvie a trouvé que "ce texte foisonnant est beau, poétique, gonflé d'amour, de chair, de sang, de souffrance, de larmes et de rêves" et a comme toujours écrit un magnifique billet, répertoriant à la fin les lectrices et les critiques sur cet ouvrage (travail de pro, à chaque fois, bravo !). Clarabel dit de ce roman : "C'est fou, sensuel, pittoresque, paré de mille couleurs, éclatant de poésie, violent." Saphoo conseille vivement de l'ajouter à votre LAL, Antigone a mis un coeur, Bellesahi l'a dégusté, Leiloona "crie au génie", La Môme poison attend le prochain roman de l'auteur, un cour de coeur également pour Gambadou, Sybilline trouve qu' "il est à peine croyable que ce livre soit un premier roman", Aifelle a trouvé le roman "foisonnant, extravagant, violent, surprenant, très poétique", et seule  Bel Gazou a savouré sa lecture mais a cependant "eu un peu peur des ombres remuées", Lili Galipette est restée "perplexe" à la lecture de la première partie, et a trouvé le titre "réducteur" puisqu'il ne "reprend qu'un court épisode du livre".

J'ai sûrement oublié certaines (ou certains) d'entre vous, veuillez m'en excuser à l'avance, vous êtes si nombreuses à déjà l'avoir lu, et je n'ai trouvé sur ce livre aucun avis négatif.

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04 juin 2009

Présence

Te voir, te sentir

Te savoir près de moi

T'entendre parler et rire

Et ne penser qu'à toi

A chaque instant du jour

Tu es là, dans mon coeur

C'est peut-être ça l'amour

La vraie vie, le bonheur.

Même quand tu n'es pas là

Tu es encore présent

Je sens, je vois par toi

Je t'aime, c'est évident.

Je voudrais pouvoir te faire partager

Tout ce que je vis, je vois, j'entends

Mes interrogations, mes doutes, mes secrets

Mes joies et mes émerveillements

Quand nous sommes séparés

Je ressens un grand vide

J'ai peur de mal t'aimer

Ou d'être trop stupide

Je veux te rendre heureux

Te couvrir de tendresse, de douceur

On est si bien nous deux

Et je t'aime fort, mon petit coeur.

Même au bout de 11 ans...

Joyeux anniversaire, mon homme !

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30 mai 2009

Les cinq quartiers de l'orange

Joanne HARRIS

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Quatrième de couverture
Lorsque Framboise Simon revient dans le village de son enfance au bord de la Loire, personne ne reconnaît la scandaleuse Mirabelle Dartigen, tenue pour responsable de l'exécution de onze villageois pendant l'occupation allemande, cinquante ans auparavant. Framboise ouvre une auberge qui, grâce aux délicieuses recettes de sa mère, retient l'attention des critiques, mais suscite les jalousies de sa famille. Le carnet de recettes de Mirabelle recèle des secrets qui donneront à Framboise la clé de ces années sombres. Peu à peu, elle découvrira la véritable personnalité de sa mère, parfois si tendre, maternelle et sensuelle, subitement cruelle et tourmentée. En temps de guerre, les jeux d'enfants et les histoires d'amour ne sont pas toujours innocents. Leurs conséquences peuvent même être tragiques.

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Voilà un livre bien prenant, que j'ai beaucoup, beaucoup aimé. Mais que je ne veux pas vous résumer plus que ce qu'en dit la quatrième de couverture pour vous obliger à vous y plonger et à vous laisser bercer par cette belle histoire...

On y trouve de la poésie, de l'humour, des secrets, des intrigues et du suspense, de vieilles haines qui ressurgissent, du courage, de la volonté, du désespoir, de l'amour, des rires d'enfants, des odeurs de campagne et la sensation du vent dans les cheveux, des effluves de nourriture qui font saliver... L'intrigue se déroule avec art, et j'ai été tenue en haleine jusqu'au bout pour découvrir le secret de Framboise et de cette famille pour le moins originale. Le style est une pure merveille, on rit, on sourit, on a peur, on se remémore son enfance, des sensations reviennent qu'on croyait enfouies, bref, on se régale !

Laissez-vous tenter par cette orange et dévorez-la vite !



Clochette l'a lu et a beaucoup aimé, de même que Lily (qui a écrit un billet superbe avec plein d'extraits) et Katell .

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10 mai 2009

L'ombre orchestre

Xavier MORTIMER

ombre_orchestre_mortimer_afficheXavier Mortimer est musicien. Il est aussi mime, jongleur, magicien. Il joue avec les instruments de musique, mais pas seulement de la musique. Il s'amuse avec les objets qui l'entourent, avec le décor et même avec son ombre et celles de ses acolytes imaginaires, doubles turbulents et facétieux qui le suivent tout au long du spectacle. Il arrive sur scène pour donner un concert, mais tout lui échappe, la flûte crache des bulles au lieu de notes, le piano joue tout seul, son ombre se désolidarise de lui et vit sa propre vie, ses poches recèlent foule d'objets hétéroclites pas toujours obéissants, les partitions partitionnent d''elles-mêmes... le monde est un peu fou chez cet homme, mais quelle poésie et que d'humour, que de trouvailles, de surprises !

Avec son air un peu ingénu, son sourire gentil, ses yeux rieurs qui tournent parfois dans leurs orbites comme de grosses billes, on le dirait tombé de la lune... mais ce jeune artiste vraiment talentueux nous promène dans son monde farfelu ou l'homme n'est plus le maître incontesté et où les objets s'animent, se rebellent, vivent leur vie... C'est complètement surréaliste et on se laisse emporter par la musique, on rit, on s'étonne : un spectacle magique, qui me réconcilie avec la magie que j''exècre en général, tant je trouve les magiciens guindés, surfaits et sans aucun charme ni humour ou poésie. Cet homme sait tout faire, et il le fait bien ! Je vous engage à vite prendre des places s'il se produit dans votre région, vous ne serez pas déçus !

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Ce spectacle est donc un vrai régal que nous avons apprécié à sa juste valeur. Mon fils Paul, 6 ans, qui nous a accompagné pour la première fois au théâtre, a ri tout du long et était absolument médusé, bouche ouverte, yeux fixant la scène, sans bailler malgré l'heure tardive et sans bouger d'un poil ce qui est un exploit phénoménal pour cet enfant qui en général ne tient pas en place cinq minutes et ne peut pas s'arrêter de parler ! Il a adoré autant que nous (et rêve de retourner au théâtre, ce qui nous promet un budget sorties terrifiant pour l'année prochaine, si les trois enfants deviennent aussi accros que moi !).

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Ce spectacle a été unanimement salué comme une révélation du festival off d’Avignon.

Spectacle vu comme toujours au Colysée de Roubaix ; c'était notre dernière sortie théâtrale de l'année et je savoure par avance le programme de l'année prochaine qui, je vous le dis en avant-première, va être encore mieux !colys_e


Xavier Mortimer "l'ombre orchestre"

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12 avril 2009

Rendez-vous

Quand j'ai lu ce doux mot,

Glissé dans mon manteau...

Mon coeur n'a fait qu'un tour...

Et si c'était l'Amour ?

Le vrai, celui qui dure

Non pas ces aventures

D'un jour, sans émotion

Mais une vraie passion...

Pierre, le beau Pierre

Au regard si fier

Dont je rêvais la nuit

M'attendait... aujourd'hui !

Ce rendez-vous galant

Etait ensorcelant !

Pour signer le contrat

Qui m'unira à toi

Ce rendez-vous d'affaire

Etait-il nécessaire ?

Il faut tout préparer

Et ne rien oublier

Les textes pour la messe

Les gâteaux pour l'pince-fesse

La couturière à voir

Avec, enfin l'espoir

Que la robe soit finie

Et qu'il la trouve jolie

Et les enfants de choeur

Ah, et puis le coiffeur

La date fatidique

Approche bien trop vite

Il était là à l'heure

Tout rouge de bonheur

Et nous nous sommes dit oui

Pour toujours, pour la vie

Ce rendez-vous d'amour

Qui va durer toujours

Nous fait mari et femme

On va m'appeler Madame !

Je suis un peu anxieuse

Tout à fait nauséeuse

L'examen médical

Dit que tout est normal

Mais les futures mères

Ont toutes la même prière

Que le bébé soit sain

Et puis pas trop vilain !

Ce rendez-vous de vie

De mon ventre arrondi

Ce fruit de nos amours

Va bientôt voir le jour !

On dit que les enfants

Sont cause de grands tourments

Rendez-vous chez l'méd'cin

Est le lot quotidien

D'une mère en soucis

Pour son pauvre petit

Mais un sourire console

Même d'une rougeole

Et l'amour d'un enfant

Est tout pour sa Maman

Et la vie nous emporte

Les grandes idées sont mortes

Le temps fait son ouvrage

On subit ses outrages

Et l'on s'aime un peu moins

On ne partage plus rien

On voudrait vivre sa vie

On a d'autres envies

Même on s'en veut un peu

De se sentir si vieux

Alors on se sépare

Pour un nouveau départ

Chacun de son coté

Et sans rien regretter

Quand on prend rendez-vous

On réalise d'un coup

En face de l'avocat

Qu'on est tombé bien bas...

Et ça fait mal au coeur

Et on verse des pleurs

Sur nos jeunes années

Et ce bonheur gâché.

Avec le temps s'effacent

Même les plus grosses traces

De regrets, de tristesse

C'est donc ça, la vieillesse ?

Il reste un rendez-vous

Sur la route, tout au bout

On ne peut s'y soustraire

Même par des prières

Il nous faut dire Adieu

Et puis fermer les yeux.

Ainsi donc va la vie

Mon poème est fini.

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08 avril 2009

Blue Lady (revisited)

Carolyn Carlson

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carolynJe n'avais jamais vu Blue Lady, le solo mythique de Carolyn Carlson créé en 1983, bien que j'en ai entendu parler maintes fois, tant il a marqué les amoureux de la danse, laissé dans les yeux des spectateurs des images inoubliables et cristallisé dans leur coeur les émotions et les rêves...

Cette pièce a été créée après la maternité de Carolyn Carlson et est marquée par Venise. D'immenses stores (vénitiens, donc), des jeux de robes et de chapeaux, des drapés qui participent eux aussi à la danse, on admire une femme, des femmes qui nous transmettent à travers les gestes, les sauts, les pas, le rythme, leurs émotions, leurs désirs... sur la musique envoutante de René Aubry.

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J'ai adoré cette nouvelle version du spectacle offerte par Tero Saarinen, un danseur impressionnant qui arrive tout au long à être fidèle à l'esprit de Carolyn Carlson sans jamais la singer, ni du tout paraître ridicule, même habillé de robes ou s'enroulant dans de grands tissus. Ce danseur sait jouer de son coté un peu androgyne mais reste malgré tout homme, et son jeu est superbe. La mise ne scène, avec parfois des images de la danseuse en fond d'écran, permet de rapprocher les deux danseurs et de réaliser à quel point ils se complètent, se répondent.

Un grand et beau moment de danse, et beaucoup d'émotion lorsqu'au moment de saluer, Carolyn Carlson a rejoint le danseur sur scène et qu'ils ont esquissé ensemble quelques pas...

blueJe me réjouis à chaque fois d'avoir la chance de pouvoir assister à autant de spectacles de si grande qualité, d'une part parce que mon gentil mari ne pique pas (trop) de syncopes quand je réserve les places et qu'il faut faire les chèques, et d'autre part car nous avons la chance d'habiter à coté de Roubaix, où la vie artistique est intense, grâce à la présence du théatre du Colysée et celle du CCN dirigé par Carolyn Carlson (pour une fois, cela compense le climat pourri !).

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René AUBRY. Carolyn CARLSON. Tree Song: (1984)

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30 mars 2009

L'oratorio d'Aurélia

Victoria THIEREE-CHAPLIN

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Le monde d'Aurélia est un monde à l'envers, tout en poésie et plein de trouvailles et d'idées originales. Au début du spectacle, nous découvrons Aurélia petit morceau par petit morceau : elle se cache dans une grande commode tandis que le téléphone sonne et qu'elle ne veut pas répondre. Un pied apparaît, disparaît, puis c'est une main, une autre, une jambe... Aurélia est seule et semble vivre dans son monde à elle, un peu chamboulé, loufoque, étrange. Les objets s'animent, le cerf-volant reste à terre alors qu'Aurélia s'envole, les fleurs sont mises à l'envers dans les vases, la chaise à porteur vous porte la tête en bas, le train électrique lui traverse le ventre, les rideaux s'animent et regorgent de cachettes, les marionnettes manipulent elles-mêmes, le temps file dans un sablier, ou bien est-ce Aurélia elle-même qui s'écoule ?

aurel

Ce spectacle extrêmement poétique, truffé de nouveautés, dans le monde fantasmagorique d'Aurélia, ou les métamorphoses et les prouesses physique des deux acteurs s'enchaînent au milieu des gags ne nous a pourtant pas comblés. Je n'ai pas du tout apprécié la musique, à mon goût pas assez gaie et rythmée et j'ai trouvé fatiguant à la longue les courses des acteurs à travers la scène, même si j'ai souvent beaucoup ri ou été impressionnée par les idées scéniques vraiment originales. Manque, je ne sais quoi, un peu de liant, un peu de poésie, je ne saurais trop bien dire en fait, mais toujours est-il que j'ai été un peu déçue, de même que mon mari. Par contre, ma fille a absolument adoré et ri tout au long du spectacle en murmurant "ah Maman, c'est trop drôle, c'est le bazar ici, tout est de travers !".

aurel2

Spectacle vu au Colysée de Roubaix (as usual, mais je remets le lien pour les curieux... ou les nordistes !) colys_e

aur aur2  

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