02 janvier 2010
Un couple ordinaire
Isabelle MINIERE
"Mais quelle emmerdeuse !" Voici la réflexion que je me suis faite tout au long de ma lecture ! Béatrice est vraiment impossible à vivre, castratrice, autoritaire, égocentrique et on se demande comment le pauvre Benjamin, son mari, arrive à la supporter sans lui envoyer une bonne paire de baffes pour la faire taire (ne croyez pas que je sois pour que le mari batte sa femme, non, non, mais là, vraiment, elle dépasse les bornes des limites et ce ne serait que bien mérité s'il la remettait à sa place...). Bien sûr, Béatrice est belle, elle est intelligente, elle sait ce qu'elle veut, elle réussit dans son métier d'auteur de livres pour enfants, elle "gère" tout avec talent... justement, elle gère un peu trop, cette femme-là et aurait tendance à prendre la vie de couple pour un combat, et confond l'amour et le partage avec l'autorité et le pouvoir...
Mais il y a Marion, la jolie petite Marion, fille de ce couple improbable, tant aimée de son papa, le soleil de sa vie... Benjamin peut tout supporter pour ne pas la perdre, et s'il n'y avait la petite fille, aurait quitté depuis longtemps cette femme à coté de laquelle il se sent étranger, vide, creux, comme un meuble, tiens, justement comme la table basse qu'ils viennent d'acheter ensemble et qui trône maintenant au milieu du salon, bien en vue des invités qui viendront l'admirer. Car bien sûr, Béatrice joue de cet amour du père pour la petite fille en agitant la menace d'un départ et d'une séparation si Benjamin "ne se reprend pas" (en gros, s'il n'obéit pas à ses ordres) et s'il ne se décide pas enfin à se prendre en main professionnellement et à acheter une officine (on ne dit pas une pharmacie, ça fait commerce, c'est d'un vulgaire !), le chantage classique des couples qui n'ont plus en commun que leur progéniture, qui focalisera donc toutes les haines et tiendra la place centrale dans le partage des biens.
Benjamin est devenu un objet, la chose de Béatrice, et on se prend à vouloir lui donner quelques coups de pieds dans les fesses pour qu'il se remue, se cabre, refuse de se faire traiter de la sorte. Même au lit, leur relation est un combat et le pauvre homme doit se forcer pour honorer son épouse qui entend l'amour comme une attaque, un assaut, une prise de position, presque d'otage... S'il essaye de résister ou d'émettre ne serait-ce qu'une réserve sur ce que dit ou ordonne sa femme (le scène du refus d'aller acheter la pizza est trop drôle !), il se fait traiter de sale macho... Bref, le couple est mal barré... Et même si cette situation devenue malheureusement assez classique dans notre société est bien triste, on rit malgré tout des mésaventures de ce couple abominable (j'ai même fait une auto-inspection de mes relations avec mon homme pour vérifier que je n'avais pas encore atteint le niveau de Béatrice et comprendre que non, malgré mon caractère bien affirmé qu'on me reproche parfois, je ne suis pas encore devenue aussi chi...te) !
Donc, pour revenir à l'histoire, la méchante Béatrice met finalement sa menace à exécution et quitte son mari, sa fille sous le bras, pour lui faire entendre raison et l'amener à de meilleurs sentiments à son égard. Pas une seconde elle ne doute de son pouvoir sur cet homme, et de la peine qu'elle va lui faire en lui enlevant l'enfant. Mais pas une seconde non plus, elle n'imagine qu'un livre de Plutarque pourra changer son mari, lui apprendre à dire non, le bouleverser et le transformer à tel point qu'il en deviendra presque un autre homme...
Voici un livre que j'ai dévoré en une soirée et qui m'a vraiment fait rire du début à la fin, tout en restant émouvant dès que l'auteur aborde l'amour du père pour sa fille ou la solitude de cet homme qui, bien qu'en couple, se sent complètement isolé et à coté de sa vie. A mon avis, une réussite d'avoir réussi à traiter un sujet universel et bien d'actualité avec autant de légèreté mais sans en faire un livre sans consistance. Cela permet de s'interroger aussi sur nos propres relations de couple, ce que nous serions prêts à sacrifier si jamais cela n'allait plus, la façon dont nous voyons notre conjoint.
Une lecture détendante ET intéressante ! Un grand merci au Livre de Poche pour l'envoi de ce livre que j'ai lu avec grand plaisir ! 
Un livre que l'on pourrait ranger dans la catégorie des Chick Litt, mais alors en Chick Litt haut de gamme !
08 décembre 2009
Rain
Spectacle du Cirque Eloize

Le site du Cirque Eloize. Spectacle vu au Colisée de Roubaix. 
Vous le savez, chers lecteurs, je vis dans le Nord. Et vous m'avez souvent entendu râler sur le climat pourri de cette région par ailleurs vraiment très agréable à vivre, à peine caricaturée dans le fameux film que vous avez sans doute vu...
Eh oui, dans le Nord, il pleut. Souvent. Voire très souvent. Et la pluie, je peux vous dire qu'ici on en a un peu marre... Sauf que, parfois, elle peut être libératrice, poétique même, et apporter gaieté et envie de rire, de s'amuser... Mais c'est bien rare, je vous l'accorde ! Ce fut néanmoins le cas lors de ce spectacle superbe que nous avons vu récemment...
Voici donc Rain, spectacle multifacettes proposé par la troupe du Cirque Eloize.
Danseurs, acrobates, musiciens, équilibristes, contorsionniste (une vraie femme élastique qui a déclenché des cris d'angoisse dans la salle tant elle se tortillait en tous sens !), jongleurs, clowns, chanteurs... les onze membres de cette troupe sont tout cela à la fois, ils savent tout faire, excellent même dans leur art : cerceaux, portés, cordes... les prouesses physiques se succèdent, au mépris des lois de la gravité, mais toujours avec un brin de poésie et de clownerie, ce qui rend ce spectacle véritablement magique. Les artistes s'amusent, et bien sûr, nous aussi !
Un spectacle drôle et extrêmement poétique tout à la fois, qui nous tient en haleine, nous émeut souvent, nous fait sourire, rire... et qui se termine sous une impressionnante averse, sous laquelle les artistes s'amusent comme des fous, à bondir dans les flaques et à effectuer des glissades ventre à terre, pour notre plus grand bonheur. Qui a dit ne pas aimer la pluie ?
N'hésitez pas un instant à réserver des places si Rain passe près de chez vous, et offrez-le également à vos enfants, c'est magique !
Tout y est pour vous faire passer une soirée vraiment exceptionnelle, et les parents et enfants dans la salle n'ont pas cessé de rire tout au long du spectacle, ni d'écarquiller les yeux tant il y avait à voir... (spectacle presque autant sur scène que sur les bouilles des petits autour de nous, subjugués).04 décembre 2009
Allumer le chat
Barbara CONSTANTINE
Quatrième de couverture :
Bastos, le chat philosophe et pédant, parvient à échapper au fusil de Raymond. N'empêche qu'il le nargue ce chat ! Et il faut encore s'occuper du môme, un peu nul en foot, qui n'a rien trouvé de mieux que de choper de l'eczéma sur le visage... Sans compter son imbécile de père qui se fait encastrer par un cerf de deux cents kilos. Il y a franchement de quoi devenir allumé dans cette famille !
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Un premier roman qui ne laisse pas le lecteur indifférent ! Ici, tout est loufoque et rocambolesque, tant l'histoire que les personnages, hauts en couleur et dont la verve donne un rythme soutenu au livre. Chaque chapitre permet à un des personnages de s'exprimer et de raconter les choses à sa façon. Nous avançons donc dans l'histoire en découvrant les caractères de chacun, racontés par les autres, et c'est assez rigolo ; le chat qui parle et philosophe, Raymond le septuagénaire dont la forme doit en faire rêver plus d'un, le petit Rémi et son eczéma, les femmes, avec leurs secrets... tous nous donnent leur propre version des faits, qui, bien sûr, s'avère parfois très différente de celle du voisin...
Le style est simple, c'est le langage parlé qu'employeraient les personnages si on pouvait les entendre, et on sent pendant la lecture les intonations, les soupirs, les sourires, tant ce style est imagé, et convient parfaitement aux personnages. Ce qui m'a le plus touché dans cette histoire, outre le fait que ce soit drôle et décalé, c'est l'humanité et la poésie sous-jacentes. L'histoire est à dormir debout, totalement farfelue et incroyable, tant il y a de rebondissements et de trouvailles, mais les caractères sont décrits avec finesse, et avec beaucoup d'empathie, beaucoup de tendresse. Certes, ils sont tous un peu fous, ces personnages, mais on se prend à les aimer et à ne pas vouloir les quitter.....
Un grand merci à Pascale pour ce livre voyageur ! ![]()
Sylvie a beaucoup aimé. Elle recense, à son habitude, les blogueurs qui ont lu le livre avant elle, de façon très complète (merci Sylvie, tu me mâches le travail !). Pour trouver les autres, car certains l'ont lu après la parution de son billet, je vous renvoie directement sur le moteur de recherche de Calepin, car je suis en retard d'au moins 15 livres à chroniquer et je fais au plus vite !
30 novembre 2009
La reine des lectrices
Alan BENNETT
Quatrième de couverture
Que se passerait-il outre-Manche si, par le plus grand des hasards, Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, tout d'un coup, plus rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ?
C'est à cette drôle de fictions que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. Henry James, les sœurs Brontë, le sulfureux Jean Genet et bien d'autres défilent sous l'œil implacable d'Elizabeth, cependant que le monde empesé et so british de Buckingham Palace s'inquiète : du valet de chambre au prince Philip, d'aucuns grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l'implacable protocole de la maison Windsor.
C'est en maître de l'humour décalé qu'Alan Bennett a concocté cette joyeuse farce qui, par-delà la drôlerie, est aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture.
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Vous qui commencez à me connaître assez bien, chers lecteurs, savez que je suis tout à fait réceptive à l'humour décalé et aux histoires un peu loufoques ou originales. Pas de surprise donc à la lecture de ce livre dont je me suis bien sûr délectée. L'humour typically british de l'auteur n'y est pas pour rien, certes, mais c'est surtout le personnage de Sa Majesté qui a emporté mon adhésion à cette lecture. Comme cette Reine est accessible, humaine, et comme sa découverte de la lecture m'a semblé proche de la mienne !
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"Elle découvrait également que chaque livre l'entraînait vers d'autres livres, que les portes ne cessaient de s'ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n'étaient pas assez longues pour lire autant qu'elle l'aurait voulu."
"Cet attrait pour la lecture, songeait-ellesongeait-elle, tenait au caractère altier et presque indifférent de la littérature. Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s'ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle. (...) La lecture provoquait un sentiment du même ordre. Il y avait en elle quelque chose d'anonyme, de partagé, de commun. Ayant mené une existence à part, elle se rendait compte à présent qu'elle désirait ardemment éprouver un tel sentiment : elle pouvait parcourir toutes ces pages, l'espace contenu entre les couvertures de tous ces livres, sans qu'on la reconnaisse."
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La reine lit, me direz-vous ? La belle affaire ! Eh oui, justement ! Car on ne demande pas à la reine de lire, ni de réfléchir d'ailleurs, on lui demande juste... d'être reine et de faire correctement son travail de reine. Lire, c'est d'une audace ! Alors quand la reine va, en plus de la lecture, se mettre à écrire sur un petit carnet qu'elle garde secrètement sur elle, le Palais s'affole ! Il faut remédier vite à cet état de fait so chocking, la remettre dans le droit chemin et commencer par limoger rapidement ceux qui la pousse dans cette voie de perdition...
Les arcanes du pouvoir sont brocardés tout en finesse, de même que les manigances des conseillers qui tentent desespérément de faire entendre la voix de la raison à cette reine qui dépasse les bornes de la bienséance, avec ses drôles d'idées ! Mais la reine s'est mise à lire, puis à écrire, et donc à réfléchir... et c'est elle qui aura le mot de la fin, avec un véritable panache royal !
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Un livre vraiment sympathique, à lire absolument !
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J'avais noté ce livre en passant chez Ys et chez Clarabel il y a déjà plusieurs mois. Vous trouverez chez Sylvie , qui a bien aimé elle aussi, une foule de liens d'autres lecteurs.
Un grand Merci à Alapage qui m'a offert ce livre. 
22 novembre 2009
Connaissez-vous le prix Virilo ?
Grâce à l'info trouvée sur le blog de Lili Galipette (et donnée par Daniel) j'ai découvert le Prix Virilo.
"Le Prix Virilo récompense un roman francophone publié dans l’année ayant touché le jury par son audace littéraire, sa justesse, ou toute autre qualité faisant sens.
Il est accompagné du prix Trop Virilo qui récompense la plus belle poussée littéraire de testostérone parue dans l'année. Le jury est mixte mais doit voter en homme et porter la moustache."
Allez jeter un coup d'oeil, c'est marrant, et malgré tout assez pertinent.
08 novembre 2009
Le chameau sauvage
Philippe JAENADA
Présentation de l'éditeur
Halvard Sanz est un gentil garçon. Signe particulier: doué pour les catastrophes en série. Il y a des gens qui n'ont pas de chance, mais qui, genoux à terre, toujours se relèvent. Halvard est de ceux-là. Quête initiatique, roman picaresque, amour allégorique, loufoques aventures servies par une verve intarissable... Mais le chameau sauvage, dans tout ça ? Quand vous en connaîtrez le principe, comme Halvard, vous verrez la vie différemment.
" Un jour, ce n'est rien mais je le raconte tout de même, un jour d'hiver je me suis mis en tête de réparer le radiateur de ma salle de bains (...). Je ne sais pas ce qui m'est passé sous le crâne ce jour-là, je me suis cru l'un de ces magiciens de la vie pour qui tout est facile. Il faut dire que jamais encore je n'avais été confronté à de réels obstacles, alors naturellement, j'étais naïf. "
Un livre qui m'a fait rire aux éclats ! Dans un univers complètement décalé, l'humour de Jaenada est un vrai délice. Ce livre regorge de trouvailles (les noms, déjà !), de clins d'oeil, d'idées originales. Les disgressions nous embarquent un peu dans tous les sens, mais l'auteur sait habilement nous ramener vers le coeur du récit et reprendre le fil jamais vraiment interrompu. C'est drôle, complètement loufoque et bizarre, vraiment original. Parfois un peu énervant parce qu'on se dit que non, trop c'est trop pour un seul homme, et qu'il fait un peu exprès, tout de même, cet Halvard, pour se fourrer dans des situations totalement improbables et dans les pires embrouilles. On a envie de lui botter les fesses, de le remettre un peu dans le droit chemin, de lui faire la morale. Et puis en même temps, on est touché par son innocence, sa candeur, sa pureté. On voudrait être une Pollux et rencontrer un homme qui nous aime à ce point-là, obstinément, farouchement...
Et puis, bien sûr, quand on arrive au passage qui explique le titre du roman, on jubile. Moi, j'ai jubilé. De comprendre. Et de me reconnaître, aussi...
Un roman à lire, qui peut-être vous dérangera parce que c'est un peu fouillis, un peu "trop", un peu fou, mais qui vaut le coup rien que pour son originalité et la verve de l'auteur !
Le site de l'auteur avec plusieurs extraits.
Cécile ne répètera jamais assez qu'elle adore ce livre ! C'est d'ailleurs elle qui me l'a offert suite à un concours très intelligent gagné (haut la main) sur son blog. De plus, elle l'a fait dédicacer par l'auteur (qui est certain que je suis une "chamelle sauvage", sans me connaître...). Je n'ai bien sûr compris la dédicace qu'après ma lecture, et je confirme, vous ne vous êtes pas trompé, Monsieur Jaenada, je suis bien moi aussi une chamelle sauvage ! Merci Miss Quoi de 9 !
Caro(line) a été emballée, Praline a été emballée également par le début et a trouvé l'ensemble "agréable à lire", Thom qualifie ce premier roman d' "imparfait mais grandiose", Tamara trouve que c'est "une histoire tirée par les cheveux" mais qui lui "a beaucoup plu" et Emma se qualifie elle-même avec humour de "la mauvaise élève" qui n'a pas aimé ce livre...
26 octobre 2009
Le passage
Louis SACHAR
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Quatrième de couverture
Méfiez-vous.
Ce livre va vous donner envie de croquer des oignons crus.
De creuser des trous de 1 mètre 50 de diamètre et de profondeur.
D'escalader une montagne.
De respirer vos vieilles baskets.
De mettre du rouge à lèvres avant de partir à la poursuite de vos ennemis.
De tout savoir sur l'existence oubliée de votre arrière-arrière-arrière-grand-mèrearrière-arrière-arrière-grand-mère.
Et ce, même si vous haïssez les liliacées, même si vous détestez l'alpinisme et les travaux forcés, même si vous avez les cosmétiques en horreur autant que les odeurs de pieds, et même si la généalogie et les histoires de famille vous indiffèrent profondément.
Maintenant, pour échapper à tout cela, c'est simple. Il vous suffit de ne pas imiter les centaines de milliers d'adolescents américains qui ont déjà plébiscité ce livre, et de ne jamais ouvrir ce livre.
Ainsi que le souligne Bladelor, difficile de ne pas avoir envie de se précipiter sur ce livre en lisant une telle quatrième de couverture... Je me suis donc précipitée, et n'ai pas regretté un seul instant !
Un peu entre le roman initiatique et le conte, ce livre destiné aux adolescents contient tous les ingrédients pour accrocher le lecteur : une bonne dose d'humour, du suspense, un cadre pour le moins original, une malédiction qui pèse sur les épaules du héros et une faute pour laquelle il doit payer sa dette...
Stanley Yelnats se retrouve donc en plein désert américain dans un camp de redressement, Le Camp du Lac vert, après avoir été accusé à tord du vol d'une paire de baskets. Il devra rester dans cet endroit du bout du monde pendant 18 mois et va passer son temps à creuser des trous. Mais Stanley qui est un garçon intelligent se rend vite compte que le travail de forçat qu'on leur fait accomplir a une raison cachée, autre que celle de leur forger le caractère. Maudissant son "horrible-vaurien-d’arrière-arrière-grand-père-voleur-de-cochon" qui fait peser sur la famille une lourde malédiction, il va, avec tout son courage, sa volonté, son obstination et sa force en la vie, sauver un camarade, déjouer les plans de méchants, casser la malédiction familiale, retrouver un trésor et ressortira de cette aventure plus fort qu'avant, en ayant mûri et compris beaucoup de choses sur sa vie et ce qu'il voulait faire de son avenir. Il va découvrir l'amitié, la solidarité, la franchise, et l'honneur personnel, celui qui fait qu'on devient -ou non- quelqu'un de bien.
Un bien joli livre ! Mon seul regret : mon andouille de fils pré-ado n'a pas voulu le lire ("si ma mère aime, ça doit être ringard"...).
Emmyne a tant aimé ce roman qu'elle en a fait un livre voyageur, et je l'en remercie vivement !
Karine n'avait pas du tout aimé et s'était ennuyée, mais Bladelor a elle aussi beaucoup aimé, de même que Sylvie (qui l'a lu sous le titre La morsure du lézard, titre sous lequel il a été a adapté au cinéma par Disney). Sexaoul a trouvé que le roman n'était pas à la hauteur de la 4ème de couv et les souffrances de Stanley l'ont "laissée assez mal à l'aise".
22 octobre 2009
L'homme que l'on prenait pour un autre
Joël EGLOFF
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Quatrième de couverture
Avec un visage très commun, on court toujours le risque d’être confondu avec quelqu’un d’autre. En général, la méprise apparaît rapidement et chacun s’excuse, penaud, de son erreur. Mais ce n’est pas le cas de cet homme qui finit par se laisser aller, résigné, à être ceux pour qui on le prend. Il est cependant très compliqué, voire épuisant, de vivre plusieurs existences à la fois… surtout quand ce ne sont pas les siennes !
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Un livre amusant dans lequel le comique de répétition fonctionne à merveille. Le narrateur est un homme solitaire qui semble avoir une vie bien insipide et creuse. Si ce n'est qu'il lui arrive maintes aventures du fait qu'on le prend souvent pour un autre et que, timide et assez angoissé, il n'arrive pas à faire comprendre à ses interlocuteurs que ceux-ci se trompent de personne.
« Il m'arrive de plus en plus souvent d'être pris pour un autre. Que des gens qui me croisent aient l'impression de m'avoir déjà vu quelque part, sans parvenir toujours à se souvenir dans quelle circonstance, à quelle occasion [...] Au bout d'un moment [...] je m'excuse platement de ne pas être la personne que l'on pensait que j'étais. »
Le voici donc embringué dans d'hallucinantes histoires : un truand le reconnaît comme un compagnon de cellule, des lettres arrivent chez lui de la part d'une femme amoureuse, mais qui ne lui sont pas destinées, le facteur le prend en grippe parce qu'il croit que cet homme se fiche de lui, refusant de porter un nom qui pourtant devrait être le sien, la concierge peu amène l'observe du fond de sa loge, la voisine du dessous le prend pour son mari et il se retrouve à vivre une vie de couple avec des enfants... Seule la vieille tante à qui il rend visite tous les quinze jours dans sa maison de retraite, et qui pourtant perd la tête, est à même de reconnaître cet homme transparent et passe-partout... Bref, autant de situations cocasses pour ce personnage qui est tout à la fois tout le monde et personne...
Drame de l'anonymat dans notre société moderne, roman décalé et un peu fou, ce petit livre se lit d'une traite avec grand plaisir. J'ai cependant, tout comme Lili, été un peu déçue par la fin, que j'ai trouvé un peu trop abrupte. Déçue également par rapport aux autres livres que j'avais lus de l'auteur : Edmond Ganglion et fils et L'Étourdissement que j'avais trouvés vraiment hilarants et extrêmement originaux, beaucoup plus drôles en tout cas que celui-ci qui ne m'a fait que sourire (ce qui n'est tout de même pas si mal).
Clarabel a trouvé que ce livre est "superbement écrit", Antigone note que cette "lecture est plaisante mais pas inoubliable", pour Lili , "c'est avec délice qu' (elle a) plongé dans cet univers absurde" et plein d'autres avis de lecteurs à retrouver sur BOB.
Un grand merci aux Edtions Pocket pour l'envoi de ce roman, de même qu'à Blog-o-Book dont plus personne sur la blogosphère ne pourra bientôt se passer !
06 octobre 2009
Les pintades à Paris
Le Livre de Poche organise une animation sur les pintades, suite à la parution du livre Une vie de pintade à Paris.
Vous trouverez ici des e-cards rigolotes à envoyer à vos proches.
"Rien de péjoratif dans ce sobriquet, bien au contraire ! Une pintade, n'est ni une poule, ni une dinde et certainement pas une bécasse, mais le symbole de la femme d'aujourd'hui, sérieuse et frivole à la fois !"
Il semblerait donc que je sois une pintade !
30 septembre 2009
La concierge est dans l'escalier
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J'avais 6 ans, c'était l'année du cours préparatoire. Comme je passais dans la catégorie des "grands", j'avais désormais le droit de rentrer de l'école tout seul, et je portais avec fierté la clé de l'appartement accrochée autour du cou. Pour parcourir ce trajet, on m'avait assigné la présence de Claude, qui était dans ma classe et habitait le même immeuble. Déjà furieux de ne pas pouvoir faire le trajet seul, je le fus plus encore de découvrir que Claude était... une fille !
Les premiers temps, je faisais le fier, et partait droit devant, laissant Claude trottiner derrière moi pour ne pas se laisser distancer, et arriver en même temps à la porte de l'immeuble. Puis je m'adoucis et finis par trouver à Claude quelques qualités. Bon, d'accord, c'était une fille, mais sympathique tout de même, et puis elle n'était pas peureuse comme les autres, et elle avait de jolies jambes, et puis... et puis je l'aimais bien, voilà tout !
Quand nous arrivions dans l'immeuble, nous passions chaque jour un peu de temps dans un recoin du palier du premier étage, que nous avions baptisé pompeusement notre cabane. Nous y échangions des trésors : chewing-gums, billes, bonbons divers... et nous jouions au docteur. Ah, j'aimais bien jouer au docteur, surtout quand c'est Claude qui était malade et qui devait se déshabiller pour que je l'ausculte ! Un jour que nous nous amusions à ces jeux innocents, et que j'étais, moi, très malade et en train de demander à Claude de regarder de plus près mon robinet (elle n'était pas trop d'accord...), surgit au dessus de nous une énorme masse froufroutante, noire comme l'ébène, débordante d'odeurs diverses et écoeurantes, et nous bloquant le passage vers la sortie. La concierge ! Mon Dieu, la concierge était dans l'escalier et nous ne l'avions pas entendue arriver ! Elle nous regarda de ses immenses yeux blancs qui roulaient comme des billes, évalua la situation rapidement, et nous attrapa chacun par le col. Elle me glaça de terreur lorsqu'elle ouvrit sa bouche gargantuesque, aux lèvres rouge sang prohéminentes et prononça d'une voix basse : "Petit ga'nement ! Si tu rec'ommence, je vais te le c'ouper ton 'obinet !".
Depuis ce jour, et bien que cela fasse plus de trente ans, je ne peux m'empêcher, chaque fois que j'entre dans un immeuble que je ne connais pas, de ressentir un léger frisson de peur à l'idée de croiser la concierge dans l'escalier... Mais mon robinet va bien, merci.










































