Les lectures de Lili... Et un peu de ma vie aussi...

Ce que j'aime, ceux que j'aime... Un peu de tout, en vrac, et suivant mes humeurs...

12 décembre 2009

Vendeur de cauchemars

André BENCHETRIT

acauc

Un thriller pour ado qui tient en haleine les mamans, c'est tout dire !

Lili et son grand-frère Elvis se gardent tout seuls à la maison en l'absence de leurs parents, qui ont rendez-vous chez un huissier suite à des dettes de jeu nombreuses et accumulées . Il y a d'ailleurs dans l'appartement familial une pièce secrète construite par le papa, cachée derrière un poster des parents, qui abrite tout ce que la famille possède d'encore un tant soit peu précieux, pour le soustraire aux huissiers : télévision, meubles, bibelots, tableaux...

On sonne à la porte, mais cette fois-ci ce n'est pas un huissier qui recherche les parents, c'est un homme à l'aspect tout à fait angoissant, qui force le passage et se retrouve dans l'appartement en face des enfants et menace de les tuer : le vendeur de cauchemars !

De longues heures terrifiantes attendent les deux enfants, qui sont très heureusement aidés par le pourtant très très énervant Roi de Trèfle. Sauf que Le Roi de Trèfle est un personnage imaginaire inventé par Lili et que la petite fille est la seule à le voir et à l'entendre, ce qui fait que tout le monde la prend pour une folle quand, trop en colère contre le lui, elle envoie des bordées d'injures dans tous les sens ! Mais cette petite créature va pourtant leur être bien utile et c'est en grande partie grâce à elle que l'histoire finira bien...

Une lecture très intéressante au delà de l'intrigue : s'y trouvent nombres de problèmes liés aux enfants ou à l'éducation : absence et irresponsabilité des parents qui laissent deux enfants jeunes seuls à la maison, enfants qui subissent les vices des parents (passion du jeu qui ruine la famille), personnage imaginaire créé par la fillette (pour s'évader d'un quotidien trop difficile ? ou parce qu'elle ne peut pas communiquer avec ses proches ?).

Un bon mélange entre le polar bien noir et le conte fantastique, j'ai juste été un peu déçue par la fin, à mon goût trop cartésienne et réaliste pour terminer en beauté cette histoire surréaliste.

Et je suis aussi en rogne contre mon crétin de fils qui n'a pas voulu le lire (si sa mère a aimé, ça doit être "trop naze", non ?)...

Laure a été déçue par la fin, pour Clarabel, c'était "purement terrifiant !", Ulaz a apprécié sa lecture, un coup de coeur pour Sylvie malgré la fin "un peu simpliste".

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04 décembre 2009

Allumer le chat

Barbara CONSTANTINE

coeur

chat

Quatrième de couverture :

Bastos, le chat philosophe et pédant, parvient à échapper au fusil de Raymond. N'empêche qu'il le nargue ce chat ! Et il faut encore s'occuper du môme, un peu nul en foot, qui n'a rien trouvé de mieux que de choper de l'eczéma sur le visage... Sans compter son imbécile de père qui se fait encastrer par un cerf de deux cents kilos. Il y a franchement de quoi devenir allumé dans cette famille !

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Un premier roman qui ne laisse pas le lecteur indifférent ! Ici, tout est loufoque et rocambolesque, tant l'histoire que les personnages, hauts en couleur et dont la verve donne un rythme soutenu au livre. Chaque chapitre permet à un des personnages de s'exprimer et de raconter les choses à sa façon. Nous avançons donc dans l'histoire en découvrant les caractères de chacun, racontés par les autres, et c'est assez rigolo ; le chat qui parle et philosophe, Raymond le septuagénaire dont la forme doit en faire rêver plus d'un, le petit Rémi et son eczéma, les femmes, avec leurs secrets... tous nous donnent leur propre version des faits, qui, bien sûr, s'avère parfois très différente de celle du voisin...

Le style est simple, c'est le langage parlé qu'employeraient les personnages si on pouvait les entendre, et on sent pendant la lecture les intonations, les soupirs, les sourires, tant ce style est imagé, et convient parfaitement aux personnages. Ce qui m'a le plus touché dans cette histoire, outre le fait que ce soit drôle et décalé, c'est l'humanité et la poésie sous-jacentes. L'histoire est à dormir debout, totalement farfelue et incroyable, tant il y a de rebondissements et de trouvailles, mais les caractères sont décrits avec finesse, et avec beaucoup d'empathie, beaucoup de tendresse. Certes, ils sont tous un peu fous, ces personnages, mais on se prend à les aimer et à ne pas vouloir les quitter.....

Un grand merci à Pascale pour ce livre voyageur !     livre_voyageur_anim_

Sylvie a beaucoup aimé. Elle recense, à son habitude, les blogueurs qui ont lu le livre avant elle, de façon très complète (merci Sylvie, tu me mâches le travail !). Pour trouver les autres, car certains l'ont lu après la parution de son billet, je vous renvoie directement sur le moteur de recherche de Calepin, car je suis en retard d'au moins 15 livres à chroniquer et je fais au plus vite !

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16 novembre 2009

La chorale des maîtres bouchers

Louise ERDRICH

coeur

bouchers

Quatrième de couverture

1918. De retour du front, Fidelis Waldvogel, un jeune soldat allemand, tente sa chance en Amérique. Avec pour seul bagage une valise pleine de couteaux et de saucisses, il s'arrête à Argus, dans le Dakota du Nord où, bientôt rejoint par sa femme et son fils, il décide d'ouvrir une boucherie et de fonder une chorale, en souvenir de celle des maîtres bouchers où chantait son père.

Des années 1920 aux années 1950, entre l'Europe et l'Amérique, ce roman à la fois épique et intime retrace le destin d'une famille confrontée au tumulte du monde.

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Un livre qui se lit d'une traite mais que je trouve difficile à résumer. On n'y parle pas de guerre, ou si peu, mais plutôt des marques que la guerre laissera dans les coeurs et les âmes, des gens aimés qu'elle prendra. On n'y parle pas tant que ça de chorale, mais bien du partage que des hommes trouvent dans le chant, du réconfort que leur apporte le fait d'être ensemble et de laisser s'élever leur voix. On n'y parle pas non plus énormément de boucherie, mais l'odeur du sang reste présente tout au long du livre, et la propreté qu'il faut maintenir malgré tout, ainsi que les couteaux qui servent à tuer les animaux...

Non, on y parle surtout d'amitié, et d'amour. Banal, pensez-vous ! Oui. Et non. Parce que le style est superbe et qu'on se laisse porter. Parce que l'amitié et l'amour ne sont jamais aussi simples qu'on le croit et qu'au fil du temps on découvre parfois des secrets enfouis, ou bien ce qu'on se cachait à soi-même. Parce que cela se passe en Amérique et que la famille dont il est question vient d'Allemagne. Parce que, on le découvre assez vite, ce n'est pas le boucher le héros de l'histoire, mais une femme. Parce que dans ce livre, les petites choses de la vie de tous les jours sont décrites avec minutie, et poésie tout en même temps, et qu'on comprend que ce sont dans ces détails infimes, dans ces gestes répétés, dans l'attention portée aux autres que se niche le bonheur, qu'on peut tirer de la joie. Parce qu'il ne faut pas se fier aux apparences et cataloguer les gens sur leur mauvaise mine ou leur réputation. Et pour plein d'autres raisons encore...

Alors je me tais, et vous dis simplement : lisez ce livre ! vous passerez un vraiment bon moment.

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Wictoria a trouvé ce livre magnifique, Aifelle le recommande chaudement, "un grand bonheur" pour Keisha, mais Théoma n'a pas trop aimé et c'était une lecture "un peu mitigée" pour Sassenach . Sylire a trouvé que c'était une "fresque familiale passionnante", Kathel recommande ce livre "sans réserves", Papillon l'avait lu il y a 3 ans et avait  beaucoup aimé ; pour Solenn, c'est "une fresque captivante" et les avis de La biblio du dolmen, Les mots de Pascale, et d'autres lecteurs chez BOB.

Un grand merci à Chez les Filles et au Livre de Poche pour cette lecture !

12 novembre 2009

Chaleur du sang

Irène NEMIROVSKY

sang

Quatrième de couverture :

Dans un hameau du centre de la France, au début des années 1930, un vieil homme se souvient. Après avoir beaucoup voyagé dans sa jeunesse, Silvio se tient à l'écart, observant la comédie humaine des campagnes, le cours tranquille des vies paysannes brusquement secoué par la mort et les passions amoureuses.
Devant lui, François et Hélène Érard racontent leur première et fugitive rencontre, le mariage d'Hélène avec un vieux et riche propriétaire, son veuvage, son attente, leurs retrouvailles. Lorsque leur fille Colette épouse Jean Dorin, la voie d'un bonheur tranquille semble tracée. Mais quelques mois plus tard, c'est le drame. La noyade de Jean vient détruire la fausse quiétude de ce milieu provincial. L'un après l'autre, les lourds secrets qui unissent malgré eux les protagonistes de cette intrigue vont resurgir dans le récit de Silvio, jusqu'à une ultime et troublante révélation...
Situé dans le village même où Irène NémirovskyNémirovsky écrira Suite française, mais entrepris dès 1937, ce drame familial conduit comme une enquête policière raconte la tempête des pulsions dans le vase clos d'une société trop lisse. Complet et totalement inédit, ce nouveau roman d'Irène NémirovskyNémirovsky refait surface près de soixante-dix ans après sa composition.

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Curieusement, alors qu'Irène Nemirovsky est une auteur que j'ai déjà lue plusieurs fois et vraiment adorée (Une suite française, Le bal, Le vin de solitude), j'ai peu accroché à cette nouvelle lecture. Certes, le style est toujours aussi superbe, fluide, littéraire sans être lourd, agréable à lire, mais je suis moins entrée dans l'histoire et dans les âmes des personnages que d'habitude. Cela est peut-être du au fait que j'ai lu ce roman cet été au bord de la piscine et que ce n'était pas le lieu ni surtout l'ambiance idéale... Il faut que je me cantonne l'été à des lectures légères et faciles, et non à des histoires tristes ou glauques...

C'est peut-être aussi parce que le thème général, l'adultère et ses conséquences, est devenu un thème si banal de nos jours que nous sommes moins choqués, pris à partie, même si les conséquences de cet adultère en particulier s'avèrent catastrophiques. La chaleur du sang, de nos jours, n'est plus honteusement cachée, mais bien plus au grand jour. Les couples vont et viennent, se font et se défont, l'adultère n'est plus une faute si on divorce et je pense que nous n'avons plus cette maîtrise de nous-même, ce poids de la société, de la morale qui faisaient qu'autrefois le mensonge, la tromperie pesaient bien plus lourd que maintenant, et que les gens, du fait, arrivaient presque à "oublier" leurs erreurs, ou tout du moins à les occulter pour laisser croire à leur pureté... On écoute de nos jours autant son coeur que sa raison, et les frustrations sont moins grandes, puisque tout de suite compensée...

Argantel avait  beaucoup aimé, Jules également, qui souligne "un talent de raconteuse indéniable, des mots choisis et un style impeccable"  tandis qu'Amanda est restée "perplexe", qu'Alwenn a eu un coup de coeur.

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04 novembre 2009

Un peu, beaucoup, pas du tout

Alice MUNRO

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Ce sont des histoires de femmes. Des femmes comme vous et moi, avec leur vie, parfois simple, parfois gaie, parfois compliquée. Des femmes avec des maris et des enfants. Quelques femmes seules aussi. Ce sont des histoires simples, des tranches de vie, des histoires d'amour ou de trahison. Mais dans lesquelles la maladie tient une place prépondérante, dans lesquelles la mort rode...

Alors on est un peu mal à l'aise, en lisant ce livre, que j'ai pourtant bien aimé. Le style d'Alice Munro est très agréable et se lit facilement, mais le destin pèse si lourd sur les épaules de tous ses personnages que cela pèse un peu sur nous aussi.

C'est un livre intéressant, mais à ne pas lire en cas de cafard, car malgré soi, parfois, on s'identifie, on compare, et tout ça n'est pas très gai...

Un grand merci à Antigone pour ce livre voyageur. Bel Gazou  livre_voyageur_anim_ a un "petit avis froissé" et Martine n'a pas accroché non plus.

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28 octobre 2009

Mon père n'est pas mort à Venise

Sophie POIRIER

coeur

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Un grand bonheur, quand on est blogueur, est de recevoir des livres dans sa boite aux lettres. Livres voyageurs dont on a entendu parler sur des blog-amis et qui viennent faire un court séjour chez nous, afin de continuer le partage, livres offerts par les éditeurs, livres gagnés au fil de concours ou de jeux, et parfois aussi livres envoyés directement par l'auteur lui-même, avec lequel on a eu quelques contacts et qui veut nous faire plaisir et nous faire découvrir son nouvel ouvrage.

Alors, bien sûr, oui, ça fait plaisir. Mais, dans le même temps, me voilà parfois toute intimidée face au livre. Autant j'arrive à donner un avis pertinent et tout à fait indépendant de diverses pressions quand il s'agit d'un ouvrage prêté ou d'un livre envoyé par un éditeur, je ne me sens pas liée à l'expéditeur par un quelconque lien et reste donc libre de faire une critique négative si je n'ai pas aimé ma lecture, autant, face à un livre envoyé par l'auteur lui-même... c'est plus délicat, j'ai peur de vexer, de faire de la peine, je me dis que c'est facile de critiquer et que moi, pour l'instant, je n'ai toujours rien publié et que je ne serais certainement pas capable de faire aussi bien, bref l'affectif entre en ligne de compte et je repousse ma lecture...

C'est ainsi que cela s'est passé pour le deuxième livre de Sophie Poirier (que vous pouvez retrouver dans la blogosphère sous le nom de Ficelle) qu'elle m'a fait parvenir par l'intermédiaire de son éditeur au début de l'été, que j'avais ouvert, feuilleté un peu, reposé, repris, re-reposé... J'avais beaucoup aimé son premier roman La libraire a aimé, que Sophie avait déjà eu la gentillesse de m'offrir et j'avais peur non seulement de ne pas aimer ce deuxième livre mais peur également, si je ne l'aimais pas, de devoir le dire, puisque que je me suis jurée d'être honnête sur ce blog et de donner réellement mon avis. Je n'avais pas envie d'être dans la position de faire de la peine à Sophie, de la critiquer... Et puis ce fameux deuxième livre, l'auteur qu'on attend au tournant... Je ne voulais pas être celle qui allait dire qu'elle était déçue... Dilemme... Le temps a donc passé... Et puis, honteuse, j'ai enfin ouvert Mon père n'est pas mort à Venise...

Et j'ai aimé ! (ouf !). Merci, donc chère Sophie pour ta confiance et surtout merci pour cette jolie histoire. J'ai beaucoup aimé suivre cette femme qui fouille dans le passé de son père, qui cherche à comprendre, à canaliser l'angoisse, à répondre aux questions non formulées. J'ai également retrouvé avec grand plaisir ton écriture fine et sensible, mais plus maîtrisée, plus construite que dans ton premier ouvrage. On sent que tu as mûri, grandi et je pourrais même dire que par ce livre, on comprend tout de suite qu'on a à faire à un vrai écrivain, et non pas à une jeune femme qui aurait juste eu le coup de bol d'être choisie pour un premier ouvrage, et qu'un seul. J'ai trouvé dans cet ouvrage un humour qui répond tout à fait à ce que j'aime, j'ai souvent souri ; j'ai aimé cette femme et les mouvements et bruits des trains, j'ai adoré le détective, et la fin est si belle...

Bref, un très beau moment de lecture ! Merci encore  Sophie ! Et pour le 3ème livre que tu écriras, je n'attendrai pas 3 mois avant de l'ouvrir, promis !

Le site de l'éditeur ANA Editions. Vous y trouverez le résumé du livre (oui, cette fois-ci, je change la formule, pas de 4ème de couv. ni de résumé, ni de notes de lecture...) et quelques critiques intéressantes. Et si vous voulez rire, allez donc vous régaler de l'interview imaginaire de l'auteur sur son blog, on s'y croirait !

"Ni les barrages, ni les camouflages d'aucune sorte ne peuvent empêcher l'idée de faire son chemin. Telle La Princesse au petit pois, malgré les épaisseurs, elle sentait sur sa peau la marque se faire, à l'endroit du corps où ça gène. Minuscule excroissance qui réveille la nuit, qui envahit les rêves, qui devient une obsession.

Parce que certaines découvertes, certaines expériences, des détails parfois, s'étirent jusqu'à devenir des immensités dans la tête, indéboulonnables.

Parce qu'on ne choisit pas ce qui s'oublie".

" Son père lui avait appris qu'il fallait être libre, ne pas faire de concessions, le moins possible. Que l'égoïsme était la plus belle des qualités, que la passion valait cent fois le quotidien merdique, qu'on aimait à la folie plusieurs fois dans une vie, que la fidélité était un concept judéo-chrétien, que le nihilisme avait le mérite de rendre le présent vif et précieux, à saisir."

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10 octobre 2009

Mariage à l'indienne

Kavita DASWANI

mariage

Présentation de l'éditeur
" A deux jours de son dixième anniversaire, ma grand-mère était déjà mariée. Ma mère, elle, avait trouvé un mari à vingt ans. J'en avais conclu que si l'on gagnait ainsi dix ans à chaque génération pour arriver à l'âge idéal du mariage, à trente ans au plus tard j'aurais dû trouver un conjoint. Mais, à trente ans, j'étais à mille lieues de convoler, d'où la consternation de chacun au mariage de ma cousine Nina. " K. D.

Née à Bombay, devenue journaliste de mode à New York, Anju est écartelée entre son envie de vivre à l'américaine, célibataire et libre, et son désir de rester fidèle à ses racines indiennes pour ne pas décevoir sa nombreuse famille.

Un livre qui peut faire partie de la Chick Litt de Calepin, mais que j'ai lu très rapidement et avec beaucoup de plaisir. L'Inde est un pays sur lequel j'ai déjà lu plusieurs ouvrages qui m'ont tous beaucoup intéressée tant ce pays est riche : culture, religion, mode de vie, traditions, tout y est si différent de chez nous et également si exacerbé, démesuré que cela me fascine. Ce roman ne prétend pas faire de vous une érudite sur l'Inde et ses traditions mais on y découvre tout de même les us et coutumes face au mariage. Certes, il n'est question ici que des traditions d'une caste en particulier, celle des privilégiés qui allient éducation, culture, ouverture d'esprit et au monde extérieur et bien sûr la réussite dans les affaires qui permet un train de vie particulièrement opulent et vous ne pourrez pas prétendre en refermant le livre tout connaître sur la façon de convoler en justes noces de ce pays, fort différente de la notre. Fort différente ? A voir...

Anju, donc, provient de ce milieu ultra privilégié. Elle a pu grandir en étant très protégée par sa famille et en recevant la meilleure éducation qu'on puisse donner à une jeune fille de bonne famille. Mais elle a pu également faire des études et surtout travailler et partir à l'étranger, ce qui est loin d'être le cas dans toutes ces familles, surtout pour une fille. Ses parents, bien que veillant sur les traditions et les suivant scrupuleusement, la laissent gagner la lointaine "Umrique", comprenant que leurs efforts pour marier leur fille continueront à s'avérer vains si elle reste à Bombay.

Car les parents de Anju n'ont qu'un but dans la vie : bien marier leurs enfants. Cela sous-entend faire un mariage arrangé par les familles respectives en ayant considéré toutes les conditions requises pour que fonctionne ensuite ce mariage : même milieu, même religion bien évidemment, même statut social et niveau de richesse. Il faut que les deux jeunes gens (les plus jeunes possible, après 20 ans, une fille est déjà presque vieille fille, et un garçon peut attendre jusqu'à 25 ans, mais pas plus !) soient bien éduqués, n'aient pas de "mauvaises habitudes", soient respectueux des traditions inculquées et surtout qu'ils acceptent, après une ou deux entrevues, d'épouser le ou la parfaite inconnue qu'on leur présentera...

"Maman, je veux simplement être heureuse. Beti, répliqua-t-elle, je ne veux pas que tu sois heureuse. Je veux que tu sois mariée."

Mais Anju semble avoir le mauvais oeil. Elle refuse les quelques demandes qu'on lui fait quand elle est encore jeune, et ensuite attend désespérément de recevoir d'autres demandes... Sa mère s'affole, cours les gourous, les devins, les recettes improbables de bonne femme pour que viennent enfin la chance, la demande salvatrice, mais rien n'y fait : Anju vieillit inexorablement et est toujours fille. Elle part donc aux Etats-Unis sous prétexte qu'elle trouvera là-bas nombre d'Indiens éduqués et ouverts d'esprit, mais néanmoins attachés à leurs traditions natales. Ce qu'est la jeune fille, et c'est cette ambivalence de son caractère qui est intéressante : elle est moderne, part seule au bout du monde dans le pays de la perdition, se lance dans des études, trouve du travail et arrive même à avoir un sacré bon job (attachée de presse dans la mode) qui la fait voyager et rencontrer moults gens célèbres, tout cela à New-York. Mais elle reste désespérément (et assez incompréhensiblement pour moi) attachée aux traditions les plus ancrées : pour elle, pas question d'imaginer un mariage autre qu'arrangé par ses parents... et dans le même temps, elle refuse les quelques rares candidats qu'on lui propose (il faut dire que ce ne sont pas les plus reluisants !).

"J'étais étrangement attirée par le système séculaire du mariage arrangé. J'y voyais une forme d'exotisme, de la noblesse, de la délicatesse - de quoi m'élever au sommet de la bonne conduite sociale : une jeune fille épouse l'homme que les membres de sa famille ont choisi pour elle. Acte de piété suprême, source d'innombrables bénédictions, si l'on en croit la tradition."

Bref, je ne vous raconte pas tout pour vous laisser un peu du plaisir de la découverte de la trépidante recherche de l'homme idéal... Ce livre m'a beaucoup amusée, d'autant plus qu'il m'a pas mal rappelé... mes jeunes années ! Non, je ne suis pas indienne et je n'ai pas effectué cette course folle au mariage sous la bienveillante attention de mes parents, mais j'ai tout de même à une certaine époque pas mal senti de pression sur ma petite personne. Les mariages des jeunes cousines furent souvent un calvaire, comme c'est le cas pour Anju, avec les inévitables questions des tantes tout sourire : "alors, ma belle, et toi, tu en es où, une belle fille intelligente comme toi, hein, il ne faudrait pas trop attendre...". Tic tac, tic tac, horloge biologique en route, famille aux aguets, présentations glauques de potentiellement possibles, espoirs déçus... bref, je ne vais pas vous faire pleurer sur ma jeunesse perdue, mais j'ai trouvé quelques similitudes (raisonnables tout de même) dans la pression qu'on peut ressentir quand on vient d'un certain milieu et qu'il est temps de "prendre homme". Eh oui, même en France il y a 10 ans... Sauf que moi je suis une rebelle et que je n'ai pas fait tout à fait ce qu'on attendait de moi (enfin, comme dit mon frère bien intentionné, j'ai fait ce que j'ai pu...). Je me suis mariée à 30 ans avec un roturier au chômage, divorcé, cuisinier de son métier, faisant des blagues à deux balles et... résidant à Roubaix (de tous les critères, je ne sais pas lequel était le pire...) ! Mon cher Papa a eu un peu de mal à s'y faire (il y a mis quelques années, même !). Maman quand à elle était ravie de me caser (enfin !) et de pouvoir parler recettes avec son futur gendre, ouf ! Et moi, douze ans plus tard, je ris toujours aux blagues de mon homme qui bosse comme un fou pour le bien-être de sa petite famille, je me suis mise à aimer le Nord (enfin, là il fait un temps vraiment dégueu, mais bon...),  je suis passée du Bottin Mondain au Livre des Familles sans en faire tout un plat, et je reste très heureuse de mon choix !

"Certains disent qu'on trouve l'amour quand on arrête de le chercher. Ils disent que dès l'instant que vous vous donnez dans votre travail, que vosu avez des amis, des centres d'intérêt autres que la vie sentimentale, alors l'homme ou la femme de vos rêves entre en gambadant dans votre vie.

Pour moi, ils ont tort.

En fait, quand vous cherchez l'amour, vous ne pouvez jamais vous arrêter. La possibilité de le renconter plane sur chaque invitation à dîner, chaque cocktail, chaque avion, train ou bus. Elle est suspendue au-dessus de vous chaque fois que vous assistez à un mariage, que vous prenez un cours de langue ou que vous choisissez une table près de la fenêtre dans votre restaurant préféré. Son parfum nous appâte à chaque coin de rue. Ca pourrait arriver demain. Ca pourrait arriver aujourd'hui."

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Je remercie Le livre de Poche pour m'avoir envoyé ce livre très distrayant (et instructif).

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Si vous voulez, ce livre peut voyager jusqu'à chez vous, il suffit de m'envoyer un mail avec votre adresse ! livre_voyageur_logo

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24 septembre 2009

Dis oui, Ninon

Maud LETHIELLEUX

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NINON

RÉSUMÉ :  » Dans ma classe, une immense dame maigre et très laide avec des cheveux courts et des gros sourcils m’a demandé de recopier le mot écrit au tableau. J’ai essayé d’imiter les traits droits comme du blé un jour sans vent, c’était très difficile, mes doigts glissaient sur la mine colorée. La dame s’est approchée et elle a dit : Mon Dieu ! J’ai dit que j’étais pas Dieu mais que si elle voulait m’appeler comme ça, pourquoi pas. Elle a répété : – Mon Dieu… Tu ne sais même pas écrire  » maman  » ? – Non, ça sert à rien que je l’écris puisque je dis jamais maman. – Tu… tu ne dis jamais maman ! – Non, je l’appelle Zélie parce que c’est trop mignon et en plus c’est personnel et assumé pour de vrai. La dame m’a dit de ne pas parler sur ce ton, j’ai répondu que je ne mangeais pas de poisson parce que sinon, on allait vider la mer.  » Du haut de ses neuf ans, Ninon observe le monde. Un monde où les adultes ne s’aiment plus, où les mots n’ont pas de sens, où les mensonges sont rancuniers… Parce qu’elle ne le comprend pas, Ninon décide de s’en détourner et de vivre avec son père qui n’a plus rien. Rien, sauf elle. Ensemble, ils refont leur monde, construisent une maison à partir de rien, traient les chèvres, vendent sur les marchés, oublient l’école et les bonnes manières, sans se soucier des bien-pensants, ni de madame Kaffe, l’assistante sociale. Dis oui, Ninon est une histoire d’amour. Celle d’une petite fille pour son père et celle d’un homme pour la liberté.

La petite Ninon, suite à la séparation de ses parents, décide de vivre avec son papa, laissant sa petite soeur sous la bonne garde de sa maman et de l'Autre, l'ami de sa maman. Mais la vie avec le papa n'est pas très conventionnelle, c'est le moins qu'on puisse dire ! Enfant de parents trop jeunes et, on peut le dire, un brin irresponsables, la petite fille doit s'adapter comme elle le peut à une vie rude, mais dans laquelle elle réussit cependant à être heureuse.

Une vraie réussite que ce livre, et un coup de coeur pour cette petite Ninon si attachante, à l'esprit vif et à la langue bien pendue. Enormément d'émotion également au cours de cette lecture, puisque cela touche l'enfance et qu'en tant que maman moi-même, je n'ai pas pu m'empêcher de m'identifier et de comparer... Ce livre est poignant, mais réussit malgré tout à être drôle et bourré de traits d'humour (Madame Kaffe !) grâce à la fraîcheur et l'innocence de cette enfant, et au style tout en finesse de l'auteur.

Beaucoup d'interrogations suite à cette lecture sur le rôle des parents et leurs responsabilités vis à vis de leurs enfants : l'amour suffit-il pour que l'enfant soit heureux, même si les conditions matérielles sont déplorables ? Vaut-il mieux avoir une enfance traditionnelle dans une famille traditionnelle ou bien une enfance bohème dans une famille éclatée : quelles traces l'enfant devenu adulte en gardera-t-il ? Les enfants ressentent les conflits et les crises des adultes sans souvent en comprendre le sens, la portée ou la signification : ne faut-il pas leur parler plus afin, d'une part de les déculpabiliser, et d'autre part de leur expliquer ce qu'on recherche, nos buts et les moyens mis en oeuvre pour y arriver ? Eternelles questions qui je crois resteront sans réponse précise, puisque chaque cas, et chaque enfant est unique...

Un livre à lire si vous ne l'avez pas déjà fait ! Je suis impatiente de lire également un prochain ouvrage de Maud Lethielleux, dont j'ai vraiment aimé l'écriture et la sensibilité.

Les blogueurs qui en parlent sur BOB.

Un grand merci à Antigone pour avoir fait voyager ce livre jusqu'à moi.

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Vous pouvez retrouver Maud sur son blog : Maud et les mots.

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21 septembre 2009

Dis moi quel est ton Frigo...

frigo

Un nouveau tag, si vous le voulez !

En ma baladant récemment chez plusieurs amies, j'ai été impressionnée par les décorations diverses et variées trouvées sur leur... frigo ! Certes, nous sommes en début d'années scolaire, et trônent en gros plans les emplois du temps de nos enfants, les rendez-vous chez le dermato pour enlever au plus vite les vilaines verrues chopées cet été à la piscine, ceux chez l'orthodontiste avant que le dernier n'ait les dents sous le nez, ceux de l'orthophoniste, les derniers achats de fournitures... bref, une foule d'informations indispensables au bon fonctionnement d'une maisonnée...

Mais il est aussi des frigos décoratifs, juste pour le plaisir d'être beaux ! Il y a des frigos-photos, des frigos tout nus, des frigos rigolos, des frigos pense-bête...

Je vous propose donc de rentrer par le petit bout de la lorgnette chez les unes et les autres (les uns sont les bienvenus aussi !) et de nous poster une photo de votre frigo (sans tricher, hein ! pas la peine de le décorer juste pour l'occasion !).

Chez nous, depuis quelques mois, nous avons un frigo-mandalas ! Nous nous y sommes tous mis, parents et enfants, et rivalisons de couleurs, formes... Ça occupe les week-end pluvieux sans que les enfants ne sautent partout, c'est détendant à faire, chacun choisit le modèle qui lui plaît et il n'y a plus qu'à colorier ! Et puis c'est gai !

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Qui veut jouer avec moi ?

Pour une fois, je vais désigner quelques "volontaires"...

Servanne, Miss Quoide9, Angelica, la Môme Poison, Antigone, Fashion, Keisha, Choco, Emma, Sybilline, Restling, Manu, Gambadou...  vous vous y collez ?

Les autres aussi, vous pouvez !

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20 septembre 2009

Les enfants du néant

Olivier DESCOSSE

enfants

Présentation de l'éditeur
Dans une autre vie, François Marchand était psychanalyste. Un des meilleurs. Jusqu'au jour où sa femme fut étranglée par un de ses patients. Depuis, il est devenu flic, spécialisé dans l'étude des profils criminels. Aidé par le lieutenant Julia Drouot, jeune enquêtrice au caractère entier et au passé douloureux, il va être confronté à des meurtres barbares, sans logique apparente, commis aux quatre coins de la France sur des adolescents. Ensemble, les deux enquêteurs se lanceront sur la piste d'un tueur dont la folie et l'ingéniosité semblent n'avoir aucune limite. Pour le cerner, ils n'auront qu'un seul choix : percer les codes déroutants et complexes d'une génération sacrifiée.

Voilà un thriller tout à fait adapté aux lectures de vacances, que j'ai dévoré en deux jours au bord de la piscine (pas besoin de se concentrer outre mesure, on peut admirer les plongeons des enfants, boire du rosé bien frais et se tartiner de crème solaire sans que cela pâtisse vraiment à la concentration nécessaire...). Rien de transcendant donc : l'intrigue se tient et l'on a envie de découvrir le fin mot de l'histoire et ce qui est arrivé à ces adolescents (parce que ce ne sont pas des enfants, mais bien des adolescents dont il est question ici). L'histoire d'amour est cousue de fil blanc et on sait dès la rencontre entre François et Julia qu'il va se passer quelque chose. J'ai également trouvé la fin vraiment "trop" ; ce n'est pas qu'on s'y attende, mais j'y avais pensé un moment en cours de lecture, en me disant que non, cela ne serait pas possible, c'était vraiment trop gros pour que cela soit la fin inventée par l'auteur, et puis si, finalement... L'écriture est facile et n'a elle rien d'intéressant. Ca se lit vite et bien, mais ce roman ne me laissera pas un souvenir impérissable, loin de là.

Je remercie cependant les Editions Michel Lafon qui m'ont offert ce livre suite au buzz médiatique sur le web suscité par l'envoi de mails un peu douteux dont vous vous souvenez sans doute. Bref, ce livre m'a plus marquée par le battage qu'on en a fait à l'époque sur le mode de publicité employé, que par son contenu. Contrairement à ce qui avait été annoncé dans les mails reçus par nombre d'entre vous, je n'ai pas du tout trouvé que le roman pouvait se targuer d'être une mise en garde contre les dangers d'internet pour nos chères têtes blondes, il eut fallu pour cela creuser un peu plus le phénomène d'internet et user à mon goût de moins de "psychologie de bazar" que celle dont il est question dans l'histoire... Je suis tout à fait d'accord avec Miss Quoide9 et In cold blog, dont les billets sont beaucoup plus fouillés que le mien si vous voulez en savoir plus : ce n'est pas de la flemme, non, non, juste que je trouve qu'il n'y a pas grand chose à dire sur ce livre que vous n'ayez tous déjà dit !

Miss Quoide9 l'a lu et pense que "l'auteur n’échappe pas au travers du genre et ce qu’il raconte présente à peu près autant de crédibilité que Mimie Matthy en aurait en guide de haute montagne ou moi future présidente du Mozambique (quoique)." In cold blog trouve qu' "Une grande qualité de ce roman est qu’il nous embarque rapidement" mais que le roman "souffre cruellement de certaines invraisemblances dans l’intrigue et d’un style indigent" , Cathulu n'a "pas lâché ce  thriller une minute  !", Argantel pense que les amateurs du genre ne devraient pas être déçus, Daniel ajoute quant à lui qu' "il faut reconnaître qu'Olivier Descosse, peintre réaliste des cimetières, des squats hostiles et des immeubles glauques, fait fort", Biblioblog qualifie ce roman de "thriller sans grande prétention qui se lit bien " ... et beaucoup d'autres que j'ai du oublier... (mes excuses par avance, et n'hésitez pas à noter le lien de votre billet dans les commentaires, je le rajouterai).

Le site du livre.

objectif_PAL 1/104 !

Posté par liliba à 19:00 - J'ai lu, j'ai bien aimé - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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