08 janvier 2010
Books and the City, c'est reparti !
Toute la blogo l'attendait et ça y est !
Books, la troisième édition est lancée !
Souvenez-vous, j'y étais l'année dernière.
Il avait plu, et nous n'avions pas eu très chaud, mais la journée a été passionnante et riche en rencontres, échanges, cogitations, marches, interrogations, idées lumineuses... et j'avais adoré !
Je me suis donc réinscrite pour la version 2010 : A nous Paris, Littérature et cinéma au programme !
(je préviens déjà les malheureux membres de ma future équipe que je suis une bille en culture cinématographique...)
Je me réjouis de faire la connaissance de celles et ceux qui sont inscrits !
Je crois que la liste d'inscription est déjà close, mais peut-être qu'en usant de stratagèmes innommables, vous pourrez convaincre les GO d'augmenter le nombre de participants !
30 novembre 2009
La reine des lectrices
Alan BENNETT
Quatrième de couverture
Que se passerait-il outre-Manche si, par le plus grand des hasards, Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, tout d'un coup, plus rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ?
C'est à cette drôle de fictions que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. Henry James, les sœurs Brontë, le sulfureux Jean Genet et bien d'autres défilent sous l'œil implacable d'Elizabeth, cependant que le monde empesé et so british de Buckingham Palace s'inquiète : du valet de chambre au prince Philip, d'aucuns grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l'implacable protocole de la maison Windsor.
C'est en maître de l'humour décalé qu'Alan Bennett a concocté cette joyeuse farce qui, par-delà la drôlerie, est aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture.
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Vous qui commencez à me connaître assez bien, chers lecteurs, savez que je suis tout à fait réceptive à l'humour décalé et aux histoires un peu loufoques ou originales. Pas de surprise donc à la lecture de ce livre dont je me suis bien sûr délectée. L'humour typically british de l'auteur n'y est pas pour rien, certes, mais c'est surtout le personnage de Sa Majesté qui a emporté mon adhésion à cette lecture. Comme cette Reine est accessible, humaine, et comme sa découverte de la lecture m'a semblé proche de la mienne !
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"Elle découvrait également que chaque livre l'entraînait vers d'autres livres, que les portes ne cessaient de s'ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n'étaient pas assez longues pour lire autant qu'elle l'aurait voulu."
"Cet attrait pour la lecture, songeait-ellesongeait-elle, tenait au caractère altier et presque indifférent de la littérature. Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s'ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle. (...) La lecture provoquait un sentiment du même ordre. Il y avait en elle quelque chose d'anonyme, de partagé, de commun. Ayant mené une existence à part, elle se rendait compte à présent qu'elle désirait ardemment éprouver un tel sentiment : elle pouvait parcourir toutes ces pages, l'espace contenu entre les couvertures de tous ces livres, sans qu'on la reconnaisse."
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La reine lit, me direz-vous ? La belle affaire ! Eh oui, justement ! Car on ne demande pas à la reine de lire, ni de réfléchir d'ailleurs, on lui demande juste... d'être reine et de faire correctement son travail de reine. Lire, c'est d'une audace ! Alors quand la reine va, en plus de la lecture, se mettre à écrire sur un petit carnet qu'elle garde secrètement sur elle, le Palais s'affole ! Il faut remédier vite à cet état de fait so chocking, la remettre dans le droit chemin et commencer par limoger rapidement ceux qui la pousse dans cette voie de perdition...
Les arcanes du pouvoir sont brocardés tout en finesse, de même que les manigances des conseillers qui tentent desespérément de faire entendre la voix de la raison à cette reine qui dépasse les bornes de la bienséance, avec ses drôles d'idées ! Mais la reine s'est mise à lire, puis à écrire, et donc à réfléchir... et c'est elle qui aura le mot de la fin, avec un véritable panache royal !
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Un livre vraiment sympathique, à lire absolument !
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J'avais noté ce livre en passant chez Ys et chez Clarabel il y a déjà plusieurs mois. Vous trouverez chez Sylvie , qui a bien aimé elle aussi, une foule de liens d'autres lecteurs.
Un grand Merci à Alapage qui m'a offert ce livre. 
28 novembre 2009
Un nouveau prix littéraire !
Peut-être êtes vous déjà au courant parce que les bruits courent vite de blog en blog, et puis aussi parce que je suis toujours en retard d'un billet, mais je vous annonce cependant la création d'un nouveau grand prix littéraire !
le Prix Qd9 2009
(Cécile, je t'ai fait un logo, comme tout grand prix qui se respecte !)
Mais qu'est-ce donc que ce prix ?
Pour avoir tous les détails, filez donc sur le blog de Miss Quoi de 9 qui est l'instigatrice de ce prix qui je l'espère prendra bientôt le pas sur les Goncourt, Renaudot, Fémina et autres prix très connus mais parfois très polémiqués...
Ici, 9 personnalités importantes du monde culturel choisies avec soin et tact par Cécile :
Cécile, la star de l'organisation des jeux débiles pas si débiles que ça et des prix très hautement intellectuels.
Ficelle, dont je vous ai parlé déjà deux fois ici car elle est l'auteur de La libraire a aimé et de Mon père n'est pas mort à Venise.
Cynthia, qui sévit également sur la blogosphère.
Daniel, que beaucoup d'entre vous connaissent et qui est un de mes fidèles (merci Daniel !).
Mister TdE, de l'Atelier Ted et Eux, blog fort pertinent lui aussi.
et Anne-Sophie, Christophe et Olivier, membres éminents que je ne connais pas encore, mais qui, bien que non blogueurs seront tout à fait à la hauteur de la noble tâche qui nous incombe... à savoir :
Chaque membre du jury s'est chargé d'élire en son âme et conscience ses deux lectures les plus marquantes de l'année 2008 (sachant que cela pouvait être un livre paru en 1897, la date de parution et l'âge de l'auteur n'ayant aucun rôle à jouer dans l'affaire - sa sexitude, c'est à voir...), l'une d'un auteur français, l'autre d'un auteur étranger.
Donc, nous voici donc avec 9 livres d'un auteur français ou francophone et 9 livres d'un auteur étranger, ces livres-ci pouvant éventuellement être lus directement dans la langue de l'auteur si le jury s'avère aussi compétent qu'il y parait (les Belges peuvent, par exemple, lire en français, en flamand ou en belge...).
Je copie-colle directement la liste référencée par Cécile (normal que ce soit elle qui ait le boulot, après tout, c'est elle la chef, il faut bien qu'elle en fasse un peu plus que nous...).
9 livres en français
Anne-Sophie - La haine de la famille de Catherine Cusset
Cécile - Fume et tue d'Antoine Laurain
Christophe - La Petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel
Cynthia - La mécanique du coeur de Mathias Malzieu
Daniel - Ap. J.-C. de Vassilis Alexakis
Ficelle - Cendrillon d'Eric Reinhardt
Liliba - La mort du roi Tsongor de Laurent Gaudé
Olivier - Cantique de la Racaille de Vincent Ravallec
TdE - Enquête sur Edgar Allan Poe de Georges Walter
9 livres en langue étrangère
Anne-Sophie - Une femme à Berlin d'un(e) auteur(e) anonyme
Cécile - De Niro's game de Rawi Hage
Christophe - Petits suicides entre amis de Arto Paasilinna
Cynthia - Soie d'Alessandro Baricco
Daniel - Mort dans l'après-midi d'Ernest Hemingway
Ficelle - Un bonheur parfait de James Salter
Liliba - La peau froide de Albert Sanchez Pinol
Olivier - Millenium people de J.G. Ballard
TdE - La route de Cormack Mac Carthy
Comme tout jury qui se veut sérieux, nous allons donc lire ces ouvrages d'ici la mi-décembre (!) et décider avec toute notre honnêteté de celui qui nous semble le meilleur dans chaque catégorie. Il est bien évident que les membres du jury, parfaitement intègres et conscients de l'honneur qui leur est fait d'avoir été choisis par la Go ne peuvent en aucun cas faire subir de pressions aux autres membres, ni les influencer par des éloges en tous genre ou manoeuvres et manipulations tout à fait inconvenantes et, c'est bien connu, n'ayant pas cours dans le milieu littéraire (cadeaux divers allant du chocolat aux macarons, en passant par du Pauillac, du Pessac Léognan ou une tripotée de trobogosses ténébreux pour Cécile (quoi qu'à défaut d'une tripotée, je pense qu'un seul lui ferait déjà assez plaisir - euh, à moi aussi, d'ailleurs !)...
Je suppose que Miss Cécile, grande organisatrice devant l'éternel, nous prévoira une remise des prix en grande pompe, qui nous permettra de tous nous retrouver et à laquelle nous pourrons déguster toutes les douceurs susnommées... Je m'en réjouis d'avance !
Je vous invite, cher lectorat fidèle, à me donner également votre avis sur ces ouvrages si vous les avez lus, avec le lien de votre billet !
14 novembre 2009
La muette
Chahdortt DJAVANN
" J'ai quinze ans, je m'appelle Fatemeh mais je n'aime pas mon prénom.
Je vais être pendue bientôt... "
Présentation de l'éditeur
L'amour fusionnel d'une adolescente pour sa tante muette, l'amour passionné de celle-ci pour un homme tournent au carnage dans l'Iran des mollahs. Chahdortt Djavann fait un récit court, incisif et dénué de tout artifice. Écrite dans un cahier, par une adolescente de 15 ans en prison, La Muette est une histoire qu on n'oublie pas.
Voici un petit livre effectivement poignant où l'on est confronté à l'horreur et à la violence et surtout au courage des femmes iraniennes face à la démence de l'intégrisme dans leur pays. A lire comme un témoignage (on peut se demander quelle est la part du roman et du vécu dans l'ouvrage) et à savourer tant l'écriture est délicate malgré la dureté du thème.
"J'ai quinze ans, je m'appelle Fatemeh, et je n'aime pas mon prénom. Dans notre quartier, tout le monde avait un surnom, le mien était «la nièce de la muette». La muette était ma tante paternelle. Je vais être pendue bientôt ; ma mère m'avait nommée Fatemeh parce que j'étais née le jour de la naissance de Mahomet, et comme j'étais une fille, elle m'avait donné le prénom de la fille du Prophète. Elle ne pensait pas qu'un jour je serais pendue ; moi non plus. J'ai supplié le jeune gardien de la prison pour qu'il m'apporte un cahier et un stylo, il a eu pitié de moi et exaucé le dernier souhait d'une condamnée. Je ne sais par où commencer. J'ai lu plusieurs fois le petit dictionnaire abandonné sur la corniche de la chambre où j'ai vécu plus d'un an. J'aimais apprendre ce que les mots signifiaient ; mais ne me rappelle pas tous les mots et leur sens. Je n'ai jamais rien écrit, à part quelques poèmes, une vingtaine, mais personne ne les a jamais lus. J'étais très bonne à l'école, mais j'ai dû la quitter à treize ans ; j'aurais bien aimé continuer et aller à l'université. Personne dans ma famille, ni d'ailleurs dans notre quartier, n'avait jamais mis les pieds dans une université. Où j'ai grandi, il n'y avait que la misère et la drogue, aucun destin n'échappait au malheur ; dans ce monde-là, la pauvreté écrase les hommes et les femmes, les rend misérables, méchants et laids : trop de misère fait que les gens ne sont même plus capables de rêver. Mon oncle, le frère de ma mère, était drôle, drogué et beau, il avait vingt-deux ans et rêvait encore, un peu trop peut-être. La muette aussi était belle, elle avait de grands yeux brillants et un visage rassurant pour une muette. Moi, je ne suis pas belle, mais je ne suis pas laide non plus ; maintenant, dans cette cellule, je dois l'être. Les trois premiers jours de mon interrogatoire furent les plus lents dans l'histoire de l'humanité, soixante-douze heures sans sommeil sous les coups de matraque. Brûlures indescriptibles. J'ai plusieurs dents brisées, le visage tuméfié, des côtes cassées et, lorsque je respire, mon corps me fait mal. Je prends seulement maintenant conscience que je vais être pendue ; attendre jour et nuit la mort dans cette cellule étroite et entièrement vide est au-dessus de mes forces. Penser à la muette, l'imaginer à mes côtés, m'aide à ne pas devenir folle, à supporter la douleur, la peur. J'écris pour que quelqu'un se souvienne de la muette et de moi, parce que mourir comme ça, sans rien, m'effrayait. Peut-être qu'un jour quelqu'un lira ce cahier. Peut-être qu'un jour quelqu'un me comprendra. Je ne demande pas à être approuvée, seulement comprise."
Amanda a moyennement aimé. Un bel article de Léthée dans Le Magazine des livres, Leiloona se demande "comment rester insensible face à une telle oeuvre", Roudoudou a aimé sa lecture.
10 octobre 2009
Mariage à l'indienne
Présentation de l'éditeur
" A deux jours de son dixième anniversaire, ma grand-mère était déjà mariée. Ma mère, elle, avait trouvé un mari à vingt ans. J'en avais conclu que si l'on gagnait ainsi dix ans à chaque génération pour arriver à l'âge idéal du mariage, à trente ans au plus tard j'aurais dû trouver un conjoint. Mais, à trente ans, j'étais à mille lieues de convoler, d'où la consternation de chacun au mariage de ma cousine Nina. " K. D.
Née à Bombay, devenue journaliste de mode à New York, Anju est écartelée entre son envie de vivre à l'américaine, célibataire et libre, et son désir de rester fidèle à ses racines indiennes pour ne pas décevoir sa nombreuse famille.
Un livre qui peut faire partie de la Chick Litt de Calepin, mais que j'ai lu très rapidement et avec beaucoup de plaisir. L'Inde est un pays sur lequel j'ai déjà lu plusieurs ouvrages qui m'ont tous beaucoup intéressée tant ce pays est riche : culture, religion, mode de vie, traditions, tout y est si différent de chez nous et également si exacerbé, démesuré que cela me fascine. Ce roman ne prétend pas faire de vous une érudite sur l'Inde et ses traditions mais on y découvre tout de même les us et coutumes face au mariage. Certes, il n'est question ici que des traditions d'une caste en particulier, celle des privilégiés qui allient éducation, culture, ouverture d'esprit et au monde extérieur et bien sûr la réussite dans les affaires qui permet un train de vie particulièrement opulent et vous ne pourrez pas prétendre en refermant le livre tout connaître sur la façon de convoler en justes noces de ce pays, fort différente de la notre. Fort différente ? A voir...
Anju, donc, provient de ce milieu ultra privilégié. Elle a pu grandir en étant très protégée par sa famille et en recevant la meilleure éducation qu'on puisse donner à une jeune fille de bonne famille. Mais elle a pu également faire des études et surtout travailler et partir à l'étranger, ce qui est loin d'être le cas dans toutes ces familles, surtout pour une fille. Ses parents, bien que veillant sur les traditions et les suivant scrupuleusement, la laissent gagner la lointaine "Umrique", comprenant que leurs efforts pour marier leur fille continueront à s'avérer vains si elle reste à Bombay.
Car les parents de Anju n'ont qu'un but dans la vie : bien marier leurs enfants. Cela sous-entend faire un mariage arrangé par les familles respectives en ayant considéré toutes les conditions requises pour que fonctionne ensuite ce mariage : même milieu, même religion bien évidemment, même statut social et niveau de richesse. Il faut que les deux jeunes gens (les plus jeunes possible, après 20 ans, une fille est déjà presque vieille fille, et un garçon peut attendre jusqu'à 25 ans, mais pas plus !) soient bien éduqués, n'aient pas de "mauvaises habitudes", soient respectueux des traditions inculquées et surtout qu'ils acceptent, après une ou deux entrevues, d'épouser le ou la parfaite inconnue qu'on leur présentera...
"Maman, je veux simplement être heureuse. Beti, répliqua-t-elle, je ne veux pas que tu sois heureuse. Je veux que tu sois mariée."
Mais Anju semble avoir le mauvais oeil. Elle refuse les quelques demandes qu'on lui fait quand elle est encore jeune, et ensuite attend désespérément de recevoir d'autres demandes... Sa mère s'affole, cours les gourous, les devins, les recettes improbables de bonne femme pour que viennent enfin la chance, la demande salvatrice, mais rien n'y fait : Anju vieillit inexorablement et est toujours fille. Elle part donc aux Etats-Unis sous prétexte qu'elle trouvera là-bas nombre d'Indiens éduqués et ouverts d'esprit, mais néanmoins attachés à leurs traditions natales. Ce qu'est la jeune fille, et c'est cette ambivalence de son caractère qui est intéressante : elle est moderne, part seule au bout du monde dans le pays de la perdition, se lance dans des études, trouve du travail et arrive même à avoir un sacré bon job (attachée de presse dans la mode) qui la fait voyager et rencontrer moults gens célèbres, tout cela à New-York. Mais elle reste désespérément (et assez incompréhensiblement pour moi) attachée aux traditions les plus ancrées : pour elle, pas question d'imaginer un mariage autre qu'arrangé par ses parents... et dans le même temps, elle refuse les quelques rares candidats qu'on lui propose (il faut dire que ce ne sont pas les plus reluisants !).
"J'étais étrangement attirée par le système séculaire du mariage arrangé. J'y voyais une forme d'exotisme, de la noblesse, de la délicatesse - de quoi m'élever au sommet de la bonne conduite sociale : une jeune fille épouse l'homme que les membres de sa famille ont choisi pour elle. Acte de piété suprême, source d'innombrables bénédictions, si l'on en croit la tradition."
Bref, je ne vous raconte pas tout pour vous laisser un peu du plaisir de la découverte de la trépidante recherche de l'homme idéal... Ce livre m'a beaucoup amusée, d'autant plus qu'il m'a pas mal rappelé... mes jeunes années ! Non, je ne suis pas indienne et je n'ai pas effectué cette course folle au mariage sous la bienveillante attention de mes parents, mais j'ai tout de même à une certaine époque pas mal senti de pression sur ma petite personne. Les mariages des jeunes cousines furent souvent un calvaire, comme c'est le cas pour Anju, avec les inévitables questions des tantes tout sourire : "alors, ma belle, et toi, tu en es où, une belle fille intelligente comme toi, hein, il ne faudrait pas trop attendre...". Tic tac, tic tac, horloge biologique en route, famille aux aguets, présentations glauques de potentiellement possibles, espoirs déçus... bref, je ne vais pas vous faire pleurer sur ma jeunesse perdue, mais j'ai trouvé quelques similitudes (raisonnables tout de même) dans la pression qu'on peut ressentir quand on vient d'un certain milieu et qu'il est temps de "prendre homme". Eh oui, même en France il y a 10 ans... Sauf que moi je suis une rebelle et que je n'ai pas fait tout à fait ce qu'on attendait de moi (enfin, comme dit mon frère bien intentionné, j'ai fait ce que j'ai pu...). Je me suis mariée à 30 ans avec un roturier au chômage, divorcé, cuisinier de son métier, faisant des blagues à deux balles et... résidant à Roubaix (de tous les critères, je ne sais pas lequel était le pire...) ! Mon cher Papa a eu un peu de mal à s'y faire (il y a mis quelques années, même !). Maman quand à elle était ravie de me caser (enfin !) et de pouvoir parler recettes avec son futur gendre, ouf ! Et moi, douze ans plus tard, je ris toujours aux blagues de mon homme qui bosse comme un fou pour le bien-être de sa petite famille, je me suis mise à aimer le Nord (enfin, là il fait un temps vraiment dégueu, mais bon...), je suis passée du Bottin Mondain au Livre des Familles sans en faire tout un plat, et je reste très heureuse de mon choix !
"Certains disent qu'on trouve l'amour quand on arrête de le chercher. Ils disent que dès l'instant que vous vous donnez dans votre travail, que vosu avez des amis, des centres d'intérêt autres que la vie sentimentale, alors l'homme ou la femme de vos rêves entre en gambadant dans votre vie.
Pour moi, ils ont tort.
En fait, quand vous cherchez l'amour, vous ne pouvez jamais vous arrêter. La possibilité de le renconter plane sur chaque invitation à dîner, chaque cocktail, chaque avion, train ou bus. Elle est suspendue au-dessus de vous chaque fois que vous assistez à un mariage, que vous prenez un cours de langue ou que vous choisissez une table près de la fenêtre dans votre restaurant préféré. Son parfum nous appâte à chaque coin de rue. Ca pourrait arriver demain. Ca pourrait arriver aujourd'hui."
Je remercie Le livre de Poche pour m'avoir envoyé ce livre très distrayant (et instructif).
Si vous voulez, ce livre peut voyager jusqu'à chez vous, il suffit de m'envoyer un mail avec votre adresse ! ![]()
12 septembre 2009
La lamentation du prépuce
Shalom AUSLANDER
"Je crois en Dieu. Cela a toujours été un problème pour moi."
Présentation de l'éditeur
Iconoclastes et incroyablement touchants, les mémoires d'un jeune juif du New Jersey élevé dans la plus stricte tradition orthodoxe. Entre Chaïm Potok, Woody Allen et Philip Roth, un régal de drôlerie et d'émotion, un vrai morceau de bravoure contre tous les fondamentalismes religieux. Quand il était petit, le jeune Shalom croyait aveuglément la parole des adultes : s'il allumait la télé pendant Shabbat, Dieu ferait perdre les Rangers, et tous ceux qui mangeaient du porc périraient dans d'atroces souffrances. Et puis, Shalom a commencé à douter. De son père qui se saoule au vin casher et fait du Shabbat un véritable enfer. De sa mère qui le force à porter une kippa à la piscine. Et de Dieu Lui-même qui, télé ou pas, s'obstine à faire perdre les Rangers. Alors Shalom s'est rebellé. Il a mangé des hot-dogs, lu en cachette les magazines cochons de son père, convoité de plantureuses shiksées blondes, et attendu, tremblant, l'inéluctable châtiment divin...
Je me suis régalée de ce roman vraiment très original ! Déjà attirée auparavant par le titre, je me suis plongée avec délices dans les angoisses de Shalom et dans son combat quotidien contre le Dieu omniprésent, intimidant et vengeur dont on lui a rabâché les oreilles toute son enfance. Les péripéties de la vie de ce "rebelle" m'ont vraiment beaucoup fait rire, de même que la propension de cet homme à faire manifestement le contraire de ce qui est prescrit par les lois divines, parfois consciemment, parfois sans du tout se rendre compte qu'il déroge à une règle. Les anecdotes se suivent et sont souvent vraiment très drôles et l'on se prend d'amitié pour l'enfant ou l'adolescent qui tente, par ses moyens dérisoires, de tester la mansuétude ou la patience de Dieu.
Mais ce livre est plus qu'une succession d'anecdotes amusantes. En effet, Shalom teste Dieu, le met à l'épreuve pour voir s'il réagira à ses bêtises, mais il continue cependant (ou justement) à croire en ce Dieu. Même au contact de certains membres de sa famille se laissant aller à des pratiques absolument proscrites, et voyant que Dieu ne punit personne, il s'accroche tant bien que mal à sa foi et ressent toujours cette culpabilité, cette peur du jugement et de la punition, et ce même lorsqu'il devient adulte. Et cela le mine.
Présenter la religion de cette façon est certes très amusant, mais fait également réfléchir sur le poids que celle-ci peut avoir sur une vie, et notamment sur l'esprit de jeunes enfants, perméable à ce qu'on veut bien leur raconter. Je ne suis pas du tout assez connaisseuse de la religion en générale, et de la pratique de la religion juive en particulier pour me permettre de porter un jugement, juste quelques questions qui ont émaillé ma lecture : le Dieu enseigné au petit Shalom ne semble pas être un Dieu bien magnanime ni aimant, mais bien un Dieu qui surveille, qui sanctionne, qui punit... Faut-il donc apprendre à nos enfants la religion en leur faisant craindre Dieu, plutôt que de le vénérer ? Les préceptes et lois dictées sont parfois totalement stupides ou risibles, doit-on inciter cependant l'enfant à fermer les yeux et à suivre ces lois aveuglément, sans se poser de questions ? Dieu est-il juste ? Est-il bon ? Comment peut-on d'ailleurs avoir envie de croire en une entité supérieure si celle-ci n'est pas tout amour ? Les lois édictées par les religions (quelles qu'elles soient) ont-elles été écrites pour faire peur aux hommes et les forcer à croire, la peur étant considérée à l'époque comme une motivation suffisante ? Pourquoi suivre ces lois si d'autres ne les suivent pas et s'il ne leur arrive rien de particulier ? ... Bref, le dialogue est ouvert ! (oui, et moi quand on parle religion, je pars vite au créneau...)
Voici donc un livre intéressant et drôle à la fois, ce qui est plutôt rare. Une seule petite remarque, j'ai trouvé le début absolument passionnant, mais il y a ensuite quelques longueurs, et étant moi-même une rebelle dans l'âme depuis ma plus tendre enfance, Shalom a parfois eu une très nette tendance à m'énerver par sa crédulité et sa soumission à ce Dieu qui ne fait pourtant vraiment pas envie...,
"Quand j'étais petit, mes parents et mes maîtres me parlaient d'un homme qui était très fort. Ils disaient qu'il était capable de détruire le monde entier. Ils disaient qu'il pouvait soulever les montagnes. Ils disaient qu'il pouvait ouvrir la mer en deux. Il était très important de ne pas le contrarier. Lorsque nous obéissions à ce qu'il avait édicté, cet homme nous aimait bien. Il nous aimait tellement qu'il tuait tous ceux qui ne nous aimaient pas. Mais si nous n'obéissions pas, alors il ne nous aimait pas. Il nous détestait. Parfois, il nous haïssait tellement qu'il nous tuait ; parfois, il laissait d'autres gens nous tuer. C'est ce que nous appelons les jours de fête : à Pourim, nous nous souvenons de la fois où les Perses ont essayé de nous tuer ; à Pessah, nous nous souvenons de la fois où les Égyptiens ont essayé de nous tuer ; à Hanoukka, nous nous souvenons de la fois où les Grecs ont essayé de nous tuer.
«Béni soit-Il», disions-nous dans nos prières.
Aussi terribles que pouvaient être ces punitions elles n'étaient rien à côté de celles que cet homme pouvait nous infliger lui-même. Et allons-y avec la famine, et allons-y avec les déluges, et allons-y avec la fureur vengeresse. Hitler avait pu exterminer les juifs mais cet homme, lui, avait noyé la planète. Nous avions une ritournelle à son sujet, au jardin d'enfants :
Dieu est ici,
Dieu est là,
Dieu est partout,
Un point c'est tout.
Ensuite, petit goûter et sieste agitée.
J'ai été élevé tel un veau dans la petite ville orthodoxe juive de Monsey, État de New York, où il était interdit de consommer du veau avec des produits lactés. Si on avait mangé du veau, il était interdit de manger des produits lactés pendant les six heures suivantes ; si on avait mangé des produits lactés, il était interdit de manger du veau pendant les trois heures suivantes. Il était interdit de manger du porc à jamais, ou en tout cas jusqu'à l'arrivée du Messie car c'est alors, nous avait appris Rabbi Napier en cours moyen deuxième année, que les méchants seraient punis, que les morts ressusciteraient et que les cochons deviendraient cachère."
Site de l'auteur (en anglais). Et le billet de Emmyne, pas du tout du tout de mon avis ! |
04 septembre 2009
L'Europe de A à Z - Abécédaire illustré
Claire A. POINSIGNON - Frédérique BERTRAND
Présentation de l'éditeur
Consommer des produits répondant aux normes CE, partir étudier une année à Barcelone grâce au programme Erasmus, voir le film " La Vie des autres " de Florian Henckel von Donnersmarck... autant de situations qui nous ancrent dans l'espace européen. Rédigé par Claire A. Poinsignon, spécialiste et passionnée de l'Europe, et illustré par Frédérique Bertrand, cet abécédaire met en lumière la dimension européenne de notre vie quotidienne. Développement durable, frontières, styles de vie... A travers vingt-six lettres et autant de thèmes, il combine informations concrètes, réflexions contradictoires, rappels historiques, et rend accessibles à tous les diverses facettes de la société européenne et les débats qui l'animent. De l'Europe des géographes à celle des historiens, de l'Union européenne à l'Europe des citoyens, de l'Europe politique à l'Europe culturelle, une formidable invitation à se sentir européen.
Je remercie Babelio
et les Editions du Rouergue et Arte (où vous pourrez admirer les illustrations de l'ouvrage) pour ce livre fort intéressant et très joli. J'ai beaucoup aimé les illustrations de chaque lettre de cet alphabet européen et appris une foule de choses. J'ai cependant pris conscience au fil de ma lecture que je ne me sens pas spécialement européenne, tout du moins pas de l'Europe actuelle. Mon petit coté chauvin me fait préférer sur plusieurs sujets les spécificité françaises ou l'Europe des 5 du début et j'ai encore parfois du mal à croire à une Europe forte et unie tant les différences entre les pays sont flagrantes et parfois insurmontables. Mais je suis bien consciente que de la diversité provient la richesse des échanges et que cette Europe dans laquelle nous vivons sans y attacher grande importance représente une entité politique, économique et sociale non contournable.
Je suis juste étonnée que ce livre soit paru dans la collection jeunesse et j'imagine mal un ado s'y plonger... Le texte en est pourtant simple et à chaque page, une réflexion sur la lettre et le thème choisis permettent d'en savoir un peu plus. Les encarts "à lire, à voir ou à consulter" proposent au lecteur intéressé d'approfondir le sujet, il n'y a pas de parti-pris ni de critiques sur quoi que ce soit se rapportant à l'Europe, juste des informations présentées de la plus agréable façon.
Une lecture pour une fois un peu plus sérieuse, mais qui m'a beaucoup plu.
24 juin 2009
Le sumo qui ne pouvait pas grossir
Eric-Emmanuel SCHMIDT
Quatrième de couverture
Dans une ville du Japon, de nos jours, un garçon de 10 ans grandit dans un orphelinat. Son père est mort de surmenage professionnel et sa mère est atteinte de cyclothymie aiguë. Comme tous les enfants de son âge, il est passionné de technologies et de jeux vidéo. Étrangement, il a attiré l’attention d’un lutteur de sumo, de passage. Ce dernier, grand maître de force et de sagesse, a repéré le » gros » qui se cache en lui. Il entreprend donc, alors que ce gosse garde sa corpulence normale, de lui expliquer les éléments fondamentaux et les pratiques d’un sport ancestral et d’un art martial qui touche à la plus profonde philosophie zen…
J'ai dévoré ce dernier ouvrage de EE Schmidt avec passion. J'ai eu l'impression de retrouver l'ancien Schmidt, celui de Oscar, de L'Evangile selon Pilate ou de L'enfant de Noé, celui qui à partir d'un récit simple et léger nous permet de réfléchir, de continuer à y penser une fois le livre refermé...
Au contraire de Madame Charlotte qui l'a lu et a été déçue (une lecture qu'elle qualifie d' "agréable mais superficielle" alors que l'auteur est son "chouchou"), j'ai trouvé à ce récit une vraie profondeur, cachée comme l'auteur sait si bien le faire derrière les mots et les phrases anodines. C'est un petit conte initiatique qui m'a ravie, parce que j'ai reconnu en moi la grosse qui se cache (enfin, me dit mon jean fétiche, la grosse ne se cache pas tant que ça en ce moment !), parce qu'au delà de l'histoire de ce jeune homme qui veut grossir pour devenir un vrai sumo, j'ai retrouvé une part de moi-même, toujours à la recherche d'un idéal quasi inaccessible... La question est de savoir si cet idéal forgé est vraiment bon pour moi et le but ultime de mes actions, de mes paroles et de toute ma vie...
Je vous engage donc à lire ce joli petit livre et à vous laisser rêver et réfléchir sur le sens de votre vie, sur vos buts, vos envies...
08 juin 2009
Books and the City, j'y étais !
Je ne suis plus parisienne depuis quelques années, mais ce week-end, j'ai eu l'immense plaisir de pouvoir m'offrir une petite immersion dans cette ville qui a hébergé mes jeunes années et pas mal de mes folies, et que j'aime toujours autant(génial cadeau de fête des mères : seule, sans mari ni enfants !).
J'ai participé, ainsi qu'une quarantaine de blogueurs et blogueuses de toute la France au désormais très fameux jeu
organisé (de main de maître) par 6 blogueuses parisiennes, j'ai nommé : Amanda, Chiffonette, Fashion, Emeraude, Stéphanie et Tamara.
Je ne vais pas tout vous raconter, tout d'abord parce que ce serait bien trop long tant la journée a été riche en évènements, aventures, fous rires, cogitations, découvertes et kilomètres parcourus à pied ou en métro dans Paris, mais aussi parce que les organisatrices (so glamourous !) ont déjà écrit leur compte-rendu sur leur blog respectif, de même que plusieurs des blogueuses présentes.
Sachez juste que cette journée était tout simplement extra, hyper sympa, drôle, enrichissante (impressionnant le niveau d'érudition des questions posées, ainsi que celui des membres de mon équipe dont plusieurs "tiltaient" de suite sans avoir recours aux téléphones connectables (merci google et wikipédia !) ou aux guides sur Paris), que nous nous sommes amusés tout en découvrant des facettes méconnues de cette ville superbe, que nous n'avons même pas eu trop froid, ni trop de pluie, que nous étions tous passablement épuisés le soir, mais les yeux brillants de plaisir et le sourire aux lèvres.
J'ai eu le très grand plaisir de pouvoir mettre des visages sur des pseudos avec plusieurs de blogueuses fidèles chez moi, et de découvrir également d'autres personnes, blogueurs ou non, tous sympathiques et passionnants. Ainsi notre équipe soudée et efficace bien que nous n'ayons pas raflé le premier prix, qui comprenait Zag, Patricia Parry (dont je n'ai pas encore lu les livres, mais cela ne saurait tarder...) et Pimprenelle (des récidivistes !), Angua, Juliann et Caroline qui a préféré cette année jouer plutôt qu'organiser.
Je tiens à féliciter les organisatrices pour le travail de préparation et la logistique sans failles de cette journée mémorable. Merci également tout particulièrement à Fashion et Alinéa qui nous ont cousu des SLAT superbes, et à tous les éditeurs partenaires grâce auxquels même les perdants sont repartis avec plein de livres à ajouter sur nos PAL.
Une journée vraiment géniale, donc ! Vous pourrez suivre les résumés, commentaires ou photos sur le blog de Books et surtout vous inscrire pour l'année prochaine dès que nos chères GO annonceront la version Books 2010 ! (pour moi, c'est quasi sûr, je recommence !).
28 mai 2009
Persepolis
Marjane SATRAPI
Beaucoup d'entre vous ont déjà lu cette bande dessinée, ou vu le film du même nom, mon résumé sera donc succinct !
Marjane, l'auteur, puisque cette histoire est totalement autobiographique, est née en Iran en 1970. Elle a grandi sous le régime du Chah, puis connu avec ses parents la révolution islamique, de même que les répressions politiques, culturelles et religieuses. Fort heureusement pour elle, ses parents sont issus d'un milieu aisé et surtout cultivé et ouvert au monde extérieur et, dès son plus jeune âge, Marjane a pu, tout en devant supporter le poids quotidien de la vie dans ce pays ravagé par la guerre et par la stupidité de la loi islamique, grandir en s'ouvrant l'esprit, en gardant une autonomie de pensée, du recul sur les évènements et en ayant la capacité de détourner le drame de chaque jour avec humour (et rébellion tout de même !).
Elle aura la chance d'émigrer en Autriche, y vivra des galères, avant de revenir au pays puis d'en repartir définitivement pour vivre enfin une vie libre.
J'avais absolument adoré le film, de toute beauté à tous les niveaux, drôle, émouvant, poignant, faisant réfléchir... J'ai eu plus de mal avec la BD, non pas sur le fond, qui est le même et reste vraiment passionnant, mais sur le graphisme et l'écriture que j'ai trouvé très fatiguants à lire. Cela reste malgré tout une belle lecture, que je vous conseille si vous ne vous y êtes pas encore plongé.
Quand au film, si vous ne l'avez pas vu, éteignez tout de suite votre ordinateur et courrez vite au vidéo club le plus proche pour le louer, c'est une petite merveille !
Voir sur Allociné la page du film.






































