10 octobre 2009
Mariage à l'indienne
Présentation de l'éditeur
" A deux jours de son dixième anniversaire, ma grand-mère était déjà mariée. Ma mère, elle, avait trouvé un mari à vingt ans. J'en avais conclu que si l'on gagnait ainsi dix ans à chaque génération pour arriver à l'âge idéal du mariage, à trente ans au plus tard j'aurais dû trouver un conjoint. Mais, à trente ans, j'étais à mille lieues de convoler, d'où la consternation de chacun au mariage de ma cousine Nina. " K. D.
Née à Bombay, devenue journaliste de mode à New York, Anju est écartelée entre son envie de vivre à l'américaine, célibataire et libre, et son désir de rester fidèle à ses racines indiennes pour ne pas décevoir sa nombreuse famille.
Un livre qui peut faire partie de la Chick Litt de Calepin, mais que j'ai lu très rapidement et avec beaucoup de plaisir. L'Inde est un pays sur lequel j'ai déjà lu plusieurs ouvrages qui m'ont tous beaucoup intéressée tant ce pays est riche : culture, religion, mode de vie, traditions, tout y est si différent de chez nous et également si exacerbé, démesuré que cela me fascine. Ce roman ne prétend pas faire de vous une érudite sur l'Inde et ses traditions mais on y découvre tout de même les us et coutumes face au mariage. Certes, il n'est question ici que des traditions d'une caste en particulier, celle des privilégiés qui allient éducation, culture, ouverture d'esprit et au monde extérieur et bien sûr la réussite dans les affaires qui permet un train de vie particulièrement opulent et vous ne pourrez pas prétendre en refermant le livre tout connaître sur la façon de convoler en justes noces de ce pays, fort différente de la notre. Fort différente ? A voir...
Anju, donc, provient de ce milieu ultra privilégié. Elle a pu grandir en étant très protégée par sa famille et en recevant la meilleure éducation qu'on puisse donner à une jeune fille de bonne famille. Mais elle a pu également faire des études et surtout travailler et partir à l'étranger, ce qui est loin d'être le cas dans toutes ces familles, surtout pour une fille. Ses parents, bien que veillant sur les traditions et les suivant scrupuleusement, la laissent gagner la lointaine "Umrique", comprenant que leurs efforts pour marier leur fille continueront à s'avérer vains si elle reste à Bombay.
Car les parents de Anju n'ont qu'un but dans la vie : bien marier leurs enfants. Cela sous-entend faire un mariage arrangé par les familles respectives en ayant considéré toutes les conditions requises pour que fonctionne ensuite ce mariage : même milieu, même religion bien évidemment, même statut social et niveau de richesse. Il faut que les deux jeunes gens (les plus jeunes possible, après 20 ans, une fille est déjà presque vieille fille, et un garçon peut attendre jusqu'à 25 ans, mais pas plus !) soient bien éduqués, n'aient pas de "mauvaises habitudes", soient respectueux des traditions inculquées et surtout qu'ils acceptent, après une ou deux entrevues, d'épouser le ou la parfaite inconnue qu'on leur présentera...
"Maman, je veux simplement être heureuse. Beti, répliqua-t-elle, je ne veux pas que tu sois heureuse. Je veux que tu sois mariée."
Mais Anju semble avoir le mauvais oeil. Elle refuse les quelques demandes qu'on lui fait quand elle est encore jeune, et ensuite attend désespérément de recevoir d'autres demandes... Sa mère s'affole, cours les gourous, les devins, les recettes improbables de bonne femme pour que viennent enfin la chance, la demande salvatrice, mais rien n'y fait : Anju vieillit inexorablement et est toujours fille. Elle part donc aux Etats-Unis sous prétexte qu'elle trouvera là-bas nombre d'Indiens éduqués et ouverts d'esprit, mais néanmoins attachés à leurs traditions natales. Ce qu'est la jeune fille, et c'est cette ambivalence de son caractère qui est intéressante : elle est moderne, part seule au bout du monde dans le pays de la perdition, se lance dans des études, trouve du travail et arrive même à avoir un sacré bon job (attachée de presse dans la mode) qui la fait voyager et rencontrer moults gens célèbres, tout cela à New-York. Mais elle reste désespérément (et assez incompréhensiblement pour moi) attachée aux traditions les plus ancrées : pour elle, pas question d'imaginer un mariage autre qu'arrangé par ses parents... et dans le même temps, elle refuse les quelques rares candidats qu'on lui propose (il faut dire que ce ne sont pas les plus reluisants !).
"J'étais étrangement attirée par le système séculaire du mariage arrangé. J'y voyais une forme d'exotisme, de la noblesse, de la délicatesse - de quoi m'élever au sommet de la bonne conduite sociale : une jeune fille épouse l'homme que les membres de sa famille ont choisi pour elle. Acte de piété suprême, source d'innombrables bénédictions, si l'on en croit la tradition."
Bref, je ne vous raconte pas tout pour vous laisser un peu du plaisir de la découverte de la trépidante recherche de l'homme idéal... Ce livre m'a beaucoup amusée, d'autant plus qu'il m'a pas mal rappelé... mes jeunes années ! Non, je ne suis pas indienne et je n'ai pas effectué cette course folle au mariage sous la bienveillante attention de mes parents, mais j'ai tout de même à une certaine époque pas mal senti de pression sur ma petite personne. Les mariages des jeunes cousines furent souvent un calvaire, comme c'est le cas pour Anju, avec les inévitables questions des tantes tout sourire : "alors, ma belle, et toi, tu en es où, une belle fille intelligente comme toi, hein, il ne faudrait pas trop attendre...". Tic tac, tic tac, horloge biologique en route, famille aux aguets, présentations glauques de potentiellement possibles, espoirs déçus... bref, je ne vais pas vous faire pleurer sur ma jeunesse perdue, mais j'ai trouvé quelques similitudes (raisonnables tout de même) dans la pression qu'on peut ressentir quand on vient d'un certain milieu et qu'il est temps de "prendre homme". Eh oui, même en France il y a 10 ans... Sauf que moi je suis une rebelle et que je n'ai pas fait tout à fait ce qu'on attendait de moi (enfin, comme dit mon frère bien intentionné, j'ai fait ce que j'ai pu...). Je me suis mariée à 30 ans avec un roturier au chômage, divorcé, cuisinier de son métier, faisant des blagues à deux balles et... résidant à Roubaix (de tous les critères, je ne sais pas lequel était le pire...) ! Mon cher Papa a eu un peu de mal à s'y faire (il y a mis quelques années, même !). Maman quand à elle était ravie de me caser (enfin !) et de pouvoir parler recettes avec son futur gendre, ouf ! Et moi, douze ans plus tard, je ris toujours aux blagues de mon homme qui bosse comme un fou pour le bien-être de sa petite famille, je me suis mise à aimer le Nord (enfin, là il fait un temps vraiment dégueu, mais bon...), je suis passée du Bottin Mondain au Livre des Familles sans en faire tout un plat, et je reste très heureuse de mon choix !
"Certains disent qu'on trouve l'amour quand on arrête de le chercher. Ils disent que dès l'instant que vous vous donnez dans votre travail, que vosu avez des amis, des centres d'intérêt autres que la vie sentimentale, alors l'homme ou la femme de vos rêves entre en gambadant dans votre vie.
Pour moi, ils ont tort.
En fait, quand vous cherchez l'amour, vous ne pouvez jamais vous arrêter. La possibilité de le renconter plane sur chaque invitation à dîner, chaque cocktail, chaque avion, train ou bus. Elle est suspendue au-dessus de vous chaque fois que vous assistez à un mariage, que vous prenez un cours de langue ou que vous choisissez une table près de la fenêtre dans votre restaurant préféré. Son parfum nous appâte à chaque coin de rue. Ca pourrait arriver demain. Ca pourrait arriver aujourd'hui."
Je remercie Le livre de Poche pour m'avoir envoyé ce livre très distrayant (et instructif).
Si vous voulez, ce livre peut voyager jusqu'à chez vous, il suffit de m'envoyer un mail avec votre adresse ! ![]()
12 septembre 2009
La lamentation du prépuce
Shalom AUSLANDER
"Je crois en Dieu. Cela a toujours été un problème pour moi."
Présentation de l'éditeur
Iconoclastes et incroyablement touchants, les mémoires d'un jeune juif du New Jersey élevé dans la plus stricte tradition orthodoxe. Entre Chaïm Potok, Woody Allen et Philip Roth, un régal de drôlerie et d'émotion, un vrai morceau de bravoure contre tous les fondamentalismes religieux. Quand il était petit, le jeune Shalom croyait aveuglément la parole des adultes : s'il allumait la télé pendant Shabbat, Dieu ferait perdre les Rangers, et tous ceux qui mangeaient du porc périraient dans d'atroces souffrances. Et puis, Shalom a commencé à douter. De son père qui se saoule au vin casher et fait du Shabbat un véritable enfer. De sa mère qui le force à porter une kippa à la piscine. Et de Dieu Lui-même qui, télé ou pas, s'obstine à faire perdre les Rangers. Alors Shalom s'est rebellé. Il a mangé des hot-dogs, lu en cachette les magazines cochons de son père, convoité de plantureuses shiksées blondes, et attendu, tremblant, l'inéluctable châtiment divin...
Je me suis régalée de ce roman vraiment très original ! Déjà attirée auparavant par le titre, je me suis plongée avec délices dans les angoisses de Shalom et dans son combat quotidien contre le Dieu omniprésent, intimidant et vengeur dont on lui a rabâché les oreilles toute son enfance. Les péripéties de la vie de ce "rebelle" m'ont vraiment beaucoup fait rire, de même que la propension de cet homme à faire manifestement le contraire de ce qui est prescrit par les lois divines, parfois consciemment, parfois sans du tout se rendre compte qu'il déroge à une règle. Les anecdotes se suivent et sont souvent vraiment très drôles et l'on se prend d'amitié pour l'enfant ou l'adolescent qui tente, par ses moyens dérisoires, de tester la mansuétude ou la patience de Dieu.
Mais ce livre est plus qu'une succession d'anecdotes amusantes. En effet, Shalom teste Dieu, le met à l'épreuve pour voir s'il réagira à ses bêtises, mais il continue cependant (ou justement) à croire en ce Dieu. Même au contact de certains membres de sa famille se laissant aller à des pratiques absolument proscrites, et voyant que Dieu ne punit personne, il s'accroche tant bien que mal à sa foi et ressent toujours cette culpabilité, cette peur du jugement et de la punition, et ce même lorsqu'il devient adulte. Et cela le mine.
Présenter la religion de cette façon est certes très amusant, mais fait également réfléchir sur le poids que celle-ci peut avoir sur une vie, et notamment sur l'esprit de jeunes enfants, perméable à ce qu'on veut bien leur raconter. Je ne suis pas du tout assez connaisseuse de la religion en générale, et de la pratique de la religion juive en particulier pour me permettre de porter un jugement, juste quelques questions qui ont émaillé ma lecture : le Dieu enseigné au petit Shalom ne semble pas être un Dieu bien magnanime ni aimant, mais bien un Dieu qui surveille, qui sanctionne, qui punit... Faut-il donc apprendre à nos enfants la religion en leur faisant craindre Dieu, plutôt que de le vénérer ? Les préceptes et lois dictées sont parfois totalement stupides ou risibles, doit-on inciter cependant l'enfant à fermer les yeux et à suivre ces lois aveuglément, sans se poser de questions ? Dieu est-il juste ? Est-il bon ? Comment peut-on d'ailleurs avoir envie de croire en une entité supérieure si celle-ci n'est pas tout amour ? Les lois édictées par les religions (quelles qu'elles soient) ont-elles été écrites pour faire peur aux hommes et les forcer à croire, la peur étant considérée à l'époque comme une motivation suffisante ? Pourquoi suivre ces lois si d'autres ne les suivent pas et s'il ne leur arrive rien de particulier ? ... Bref, le dialogue est ouvert ! (oui, et moi quand on parle religion, je pars vite au créneau...)
Voici donc un livre intéressant et drôle à la fois, ce qui est plutôt rare. Une seule petite remarque, j'ai trouvé le début absolument passionnant, mais il y a ensuite quelques longueurs, et étant moi-même une rebelle dans l'âme depuis ma plus tendre enfance, Shalom a parfois eu une très nette tendance à m'énerver par sa crédulité et sa soumission à ce Dieu qui ne fait pourtant vraiment pas envie...,
"Quand j'étais petit, mes parents et mes maîtres me parlaient d'un homme qui était très fort. Ils disaient qu'il était capable de détruire le monde entier. Ils disaient qu'il pouvait soulever les montagnes. Ils disaient qu'il pouvait ouvrir la mer en deux. Il était très important de ne pas le contrarier. Lorsque nous obéissions à ce qu'il avait édicté, cet homme nous aimait bien. Il nous aimait tellement qu'il tuait tous ceux qui ne nous aimaient pas. Mais si nous n'obéissions pas, alors il ne nous aimait pas. Il nous détestait. Parfois, il nous haïssait tellement qu'il nous tuait ; parfois, il laissait d'autres gens nous tuer. C'est ce que nous appelons les jours de fête : à Pourim, nous nous souvenons de la fois où les Perses ont essayé de nous tuer ; à Pessah, nous nous souvenons de la fois où les Égyptiens ont essayé de nous tuer ; à Hanoukka, nous nous souvenons de la fois où les Grecs ont essayé de nous tuer.
«Béni soit-Il», disions-nous dans nos prières.
Aussi terribles que pouvaient être ces punitions elles n'étaient rien à côté de celles que cet homme pouvait nous infliger lui-même. Et allons-y avec la famine, et allons-y avec les déluges, et allons-y avec la fureur vengeresse. Hitler avait pu exterminer les juifs mais cet homme, lui, avait noyé la planète. Nous avions une ritournelle à son sujet, au jardin d'enfants :
Dieu est ici,
Dieu est là,
Dieu est partout,
Un point c'est tout.
Ensuite, petit goûter et sieste agitée.
J'ai été élevé tel un veau dans la petite ville orthodoxe juive de Monsey, État de New York, où il était interdit de consommer du veau avec des produits lactés. Si on avait mangé du veau, il était interdit de manger des produits lactés pendant les six heures suivantes ; si on avait mangé des produits lactés, il était interdit de manger du veau pendant les trois heures suivantes. Il était interdit de manger du porc à jamais, ou en tout cas jusqu'à l'arrivée du Messie car c'est alors, nous avait appris Rabbi Napier en cours moyen deuxième année, que les méchants seraient punis, que les morts ressusciteraient et que les cochons deviendraient cachère."
Site de l'auteur (en anglais). Et le billet de Emmyne, pas du tout du tout de mon avis ! |
04 septembre 2009
L'Europe de A à Z - Abécédaire illustré
Claire A. POINSIGNON - Frédérique BERTRAND
Présentation de l'éditeur
Consommer des produits répondant aux normes CE, partir étudier une année à Barcelone grâce au programme Erasmus, voir le film " La Vie des autres " de Florian Henckel von Donnersmarck... autant de situations qui nous ancrent dans l'espace européen. Rédigé par Claire A. Poinsignon, spécialiste et passionnée de l'Europe, et illustré par Frédérique Bertrand, cet abécédaire met en lumière la dimension européenne de notre vie quotidienne. Développement durable, frontières, styles de vie... A travers vingt-six lettres et autant de thèmes, il combine informations concrètes, réflexions contradictoires, rappels historiques, et rend accessibles à tous les diverses facettes de la société européenne et les débats qui l'animent. De l'Europe des géographes à celle des historiens, de l'Union européenne à l'Europe des citoyens, de l'Europe politique à l'Europe culturelle, une formidable invitation à se sentir européen.
Je remercie Babelio
et les Editions du Rouergue et Arte (où vous pourrez admirer les illustrations de l'ouvrage) pour ce livre fort intéressant et très joli. J'ai beaucoup aimé les illustrations de chaque lettre de cet alphabet européen et appris une foule de choses. J'ai cependant pris conscience au fil de ma lecture que je ne me sens pas spécialement européenne, tout du moins pas de l'Europe actuelle. Mon petit coté chauvin me fait préférer sur plusieurs sujets les spécificité françaises ou l'Europe des 5 du début et j'ai encore parfois du mal à croire à une Europe forte et unie tant les différences entre les pays sont flagrantes et parfois insurmontables. Mais je suis bien consciente que de la diversité provient la richesse des échanges et que cette Europe dans laquelle nous vivons sans y attacher grande importance représente une entité politique, économique et sociale non contournable.
Je suis juste étonnée que ce livre soit paru dans la collection jeunesse et j'imagine mal un ado s'y plonger... Le texte en est pourtant simple et à chaque page, une réflexion sur la lettre et le thème choisis permettent d'en savoir un peu plus. Les encarts "à lire, à voir ou à consulter" proposent au lecteur intéressé d'approfondir le sujet, il n'y a pas de parti-pris ni de critiques sur quoi que ce soit se rapportant à l'Europe, juste des informations présentées de la plus agréable façon.
Une lecture pour une fois un peu plus sérieuse, mais qui m'a beaucoup plu.
24 juin 2009
Le sumo qui ne pouvait pas grossir
Eric-Emmanuel SCHMIDT
Quatrième de couverture
Dans une ville du Japon, de nos jours, un garçon de 10 ans grandit dans un orphelinat. Son père est mort de surmenage professionnel et sa mère est atteinte de cyclothymie aiguë. Comme tous les enfants de son âge, il est passionné de technologies et de jeux vidéo. Étrangement, il a attiré l’attention d’un lutteur de sumo, de passage. Ce dernier, grand maître de force et de sagesse, a repéré le » gros » qui se cache en lui. Il entreprend donc, alors que ce gosse garde sa corpulence normale, de lui expliquer les éléments fondamentaux et les pratiques d’un sport ancestral et d’un art martial qui touche à la plus profonde philosophie zen…
J'ai dévoré ce dernier ouvrage de EE Schmidt avec passion. J'ai eu l'impression de retrouver l'ancien Schmidt, celui de Oscar, de L'Evangile selon Pilate ou de L'enfant de Noé, celui qui à partir d'un récit simple et léger nous permet de réfléchir, de continuer à y penser une fois le livre refermé...
Au contraire de Madame Charlotte qui l'a lu et a été déçue (une lecture qu'elle qualifie d' "agréable mais superficielle" alors que l'auteur est son "chouchou"), j'ai trouvé à ce récit une vraie profondeur, cachée comme l'auteur sait si bien le faire derrière les mots et les phrases anodines. C'est un petit conte initiatique qui m'a ravie, parce que j'ai reconnu en moi la grosse qui se cache (enfin, me dit mon jean fétiche, la grosse ne se cache pas tant que ça en ce moment !), parce qu'au delà de l'histoire de ce jeune homme qui veut grossir pour devenir un vrai sumo, j'ai retrouvé une part de moi-même, toujours à la recherche d'un idéal quasi inaccessible... La question est de savoir si cet idéal forgé est vraiment bon pour moi et le but ultime de mes actions, de mes paroles et de toute ma vie...
Je vous engage donc à lire ce joli petit livre et à vous laisser rêver et réfléchir sur le sens de votre vie, sur vos buts, vos envies...
08 juin 2009
Books and the City, j'y étais !
Je ne suis plus parisienne depuis quelques années, mais ce week-end, j'ai eu l'immense plaisir de pouvoir m'offrir une petite immersion dans cette ville qui a hébergé mes jeunes années et pas mal de mes folies, et que j'aime toujours autant(génial cadeau de fête des mères : seule, sans mari ni enfants !).
J'ai participé, ainsi qu'une quarantaine de blogueurs et blogueuses de toute la France au désormais très fameux jeu
organisé (de main de maître) par 6 blogueuses parisiennes, j'ai nommé : Amanda, Chiffonette, Fashion, Emeraude, Stéphanie et Tamara.
Je ne vais pas tout vous raconter, tout d'abord parce que ce serait bien trop long tant la journée a été riche en évènements, aventures, fous rires, cogitations, découvertes et kilomètres parcourus à pied ou en métro dans Paris, mais aussi parce que les organisatrices (so glamourous !) ont déjà écrit leur compte-rendu sur leur blog respectif, de même que plusieurs des blogueuses présentes.
Sachez juste que cette journée était tout simplement extra, hyper sympa, drôle, enrichissante (impressionnant le niveau d'érudition des questions posées, ainsi que celui des membres de mon équipe dont plusieurs "tiltaient" de suite sans avoir recours aux téléphones connectables (merci google et wikipédia !) ou aux guides sur Paris), que nous nous sommes amusés tout en découvrant des facettes méconnues de cette ville superbe, que nous n'avons même pas eu trop froid, ni trop de pluie, que nous étions tous passablement épuisés le soir, mais les yeux brillants de plaisir et le sourire aux lèvres.
J'ai eu le très grand plaisir de pouvoir mettre des visages sur des pseudos avec plusieurs de blogueuses fidèles chez moi, et de découvrir également d'autres personnes, blogueurs ou non, tous sympathiques et passionnants. Ainsi notre équipe soudée et efficace bien que nous n'ayons pas raflé le premier prix, qui comprenait Zag, Patricia Parry (dont je n'ai pas encore lu les livres, mais cela ne saurait tarder...) et Pimprenelle (des récidivistes !), Angua, Juliann et Caroline qui a préféré cette année jouer plutôt qu'organiser.
Je tiens à féliciter les organisatrices pour le travail de préparation et la logistique sans failles de cette journée mémorable. Merci également tout particulièrement à Fashion et Alinéa qui nous ont cousu des SLAT superbes, et à tous les éditeurs partenaires grâce auxquels même les perdants sont repartis avec plein de livres à ajouter sur nos PAL.
Une journée vraiment géniale, donc ! Vous pourrez suivre les résumés, commentaires ou photos sur le blog de Books et surtout vous inscrire pour l'année prochaine dès que nos chères GO annonceront la version Books 2010 ! (pour moi, c'est quasi sûr, je recommence !).
28 mai 2009
Persepolis
Marjane SATRAPI
Beaucoup d'entre vous ont déjà lu cette bande dessinée, ou vu le film du même nom, mon résumé sera donc succinct !
Marjane, l'auteur, puisque cette histoire est totalement autobiographique, est née en Iran en 1970. Elle a grandi sous le régime du Chah, puis connu avec ses parents la révolution islamique, de même que les répressions politiques, culturelles et religieuses. Fort heureusement pour elle, ses parents sont issus d'un milieu aisé et surtout cultivé et ouvert au monde extérieur et, dès son plus jeune âge, Marjane a pu, tout en devant supporter le poids quotidien de la vie dans ce pays ravagé par la guerre et par la stupidité de la loi islamique, grandir en s'ouvrant l'esprit, en gardant une autonomie de pensée, du recul sur les évènements et en ayant la capacité de détourner le drame de chaque jour avec humour (et rébellion tout de même !).
Elle aura la chance d'émigrer en Autriche, y vivra des galères, avant de revenir au pays puis d'en repartir définitivement pour vivre enfin une vie libre.
J'avais absolument adoré le film, de toute beauté à tous les niveaux, drôle, émouvant, poignant, faisant réfléchir... J'ai eu plus de mal avec la BD, non pas sur le fond, qui est le même et reste vraiment passionnant, mais sur le graphisme et l'écriture que j'ai trouvé très fatiguants à lire. Cela reste malgré tout une belle lecture, que je vous conseille si vous ne vous y êtes pas encore plongé.
Quand au film, si vous ne l'avez pas vu, éteignez tout de suite votre ordinateur et courrez vite au vidéo club le plus proche pour le louer, c'est une petite merveille !
Voir sur Allociné la page du film.
28 avril 2009
Une simple affaire de famille
Rohinton MISTRY
Présentation de l'éditeur
À travers le portrait pittoresque de la petite bourgeoisie parsie de Bombay, Mistry aborde, avec un regard tendre et humain, une réalité plus grave : celle du traditionalisme rigide et du fanatisme religieux. Comme dans ses précédents romans, l'auteur de L'Équilibre du monde met au service d'une vision sans complaisance de la société indienne son immense talent de conteur, son sens du cocasse et sa sympathie communicative pour des personnages naïfs, injustement malmenés par la vie.
Nariman a bientôt 80 ans et est atteint de Parkinson. Il vit à Bombay dans son grand appartement qu'il partage avec son beau-fils et sa belle-fille, et leur cohabitation se passe sans trop de problèmes majeurs si ce n'est le ressentiment qu'ont vis à vis de lui Jal et Coomy. Mais quand il se casse la jambe à la suite d'une chute lors d'une promenade dans la rue, les choses se corsent et bientôt Coomy ne peut plus supporter la charge de la présence de son beau-père et le fait déménager d'office chez Roxana, la fille de Nariman, et Yezad, qui vivent avec leurs deux jeunes garçons dans un deux-pièces minuscule. Les soins à apporter au vieil homme et sa présence même au sein de l'appartement trop exigu vont bouleverser la vie familiale jusqu'alors tranquille et heureuse, de même que les rapports des membres de cette famille.
Au début du roman, je n'ai pas trop accroché à l'histoire et surtout au style de l'auteur, qui ne m'a pas emballé du tout. Puis je me suis laissée porter par cette famille dont le passé recèle nombre de secrets que nous découvrons au fil de la lecture, et dont les relations se compliquent en même temps que se dégrade la santé de Nariman. Chacun tente de supporter à sa façon la promiscuité, le manque cruel de moyens financiers, les mensonges et manoeuvres de Coomy et Jal pour ne pas récupérer dans leur appartement le vieil homme, tous sont face à leur devoir et à leur notion de l'honneur. Mais tout cela ne se fait pas sans heurts et crises et le couple souffre bientôt de la présence imposée, de même que les deux jeunes enfants qui sentent la tension monter entre leurs parents.
Nariman se montre cependant un malade exemplaire, gentil et reconnaissant et bien plus courageux qu'il ne l'a été au cours de sa vie faite de compromissions et d'abandons. Les petitesses des uns et des autres, notamment de Coomy et Jal sont parfois expliquées par le passé familial et les souffrances subies dans leur enfance, mais n'excusent en rien leur attitude dans une société où la place et le respect de la personne âgée tient une place si importante.
En outre, je suis absolument viscéralement et indécrotablement réfractaire à l'intégrisme et l'obscurantisme religieux, quelle que soit la religion, et j'ai suivi avec tristesse la transformation de Yezad, qui, d'un père et mari aimant, ouvert, cultivé et intelligent, devient au fil du temps et à cause de son retour vers la religion, un fanatique stupide et intransigeant (ce qui va ensemble, vous me direz !). Quand au personnage de Mr Kapour, le directeur du magasin dans lequel travaille Yezad, je l'ai trouvé totalement improbable, trop cultivé et rêveur, trop idéaliste pour être vrai, mais peut-être est-ce du à ma méconnaissance de ce pays...
En plus de l'histoire familiale, nous découvrons l'Inde et ses traditions, notamment celles de la caste des parsis à laquelle appartiennent les protagonistes de l'histoire. La ville de Bombay fait partie intégrante de l'histoire et explique nombre de réactions des personnages de ce roman, mais j'ai été cependant déçue car j'ai moins eu l'impression de plonger au coeur des traditions de ce pays passionnant qu'à la lecture du superbe roman de Amitav Gosh Le pays de marées (à lire absolument !) ou que du désormais très connu Les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devint milliardaire de Vikas Swarup (dont nombre de vous ont vu au cinéma la très belle adaptation Slumdog Millionnaire).
En conclusion, une lecture intéressante, qui ne m'a pas laissée indifférente du tout, un livre à découvrir !
Antigone l'a lu deux fois (et deux fois bien aimé) et Jules l'avait lu en 2006.
Je remercie Blog-o-Book ainsi que les Editions du Livre de Poche de m'avoir fait parvenir ce livre.
14 avril 2009
Pandore au Congo
Albert SANCHEZ PINOL

A Londres en 1914, Thommy Thomson est nègre pour un écrivain populaire quand il est contacté par un avocat pour écrire l'histoire de son client, Marcus Garvey, un gitan accusé du meurtre de ses maîtres lors d'une expédition au Congo. Thommy pense avoir trouvé enfin sa chance d'assouvir ses espoirs de gloire littéraire et se jette à corps perdu dans le récit de la vie de cet homme, à qui il rend visite en prison pour recueillir son témoignage. Marcus raconte et Thommy écrit, sans prendre conscience auparavant de l'importance que le témoignage de Garvey aura sur sa propre vie.
Nous partons de Londres pour la jungle angoissante du Congo, puis pour le centre de la terre, avant de revenir vers Londres et le voyage qui se déroule dans ce roman n'est pas de tout repos. Comme dans La peau froide, extrêmement dérangeant mais que j'avais adoré de bout en bout, cette épopée, plus que de nous faire voyager géographiquement, nous emmène au plus profond de l'être humain, au coeur des hommes, là où se nichent les âmes et les sentiments : violence, cruauté, soif de vengeance ou de pouvoir, bêtise, lâcheté se révêlent à cause des évènements étranges qui se déroulent dans cette jungle hostile, mais aussi la curiosité, la générosité, la bravoure, l'attention aux autres et l'amour. Ainsi ce roman est à la fois un voyage et un portrait de l'âme humaine, avec tout ce qu'elle peut offrir de bon ou d'innommable... L'auteur nous emmène à la rencontre une fois de plus de créatures repoussantes, hostiles au premier abord, mais toute la réflexion de ces deux livres est là : sommes-nous capables, nous les hommes, forts de notre intelligence et de nos connaissances, de communiquer avec d'autres espèces vivantes, avec une race d'êtres différente de la notre mais possédant également intelligence, réflexion, technique sans les cataloguer au premier abord comme des ennemis et sans chercher à leur nuire ou à les exterminer ? L'homme, certains hommes arrivent-ils à surmonter leurs peurs primales, leur dégoût de la différence physique (ou leur attirance dans ces deux romans pour la femme, une femme terriblement belle et désirable bien que monstrueuse) pour tenter de comprendre d'autres créatures ? Est-il possible de vivre côte-à-côte en bonne intelligence, ou les différences culturelles et physiques empêchent-elles tout contact à jamais ?
Une lecture passionnante, et un auteur à découvrir pour sa réflexion et l'originalité des ses livres. Mais je comprends parfaitement que ce roman puisse impressionner et ne pas plaire, tant on est plongé dans un univers dérangeant et tant on se sent mal à l'aise tout au long de la lecture (moins cependant dans celui-ci que dans La peau froide, que j'ai trouvé de qualité supérieure -et encore plus angoissant- et que je vous suggère de lire en premier si vous voulez découvrir cet auteur.
20 mars 2009
Le portrait
Si les tableaux pouvaient parler, s'ils avaient une âme, une vie propre, nous pourrions grâce à leur témoignage, leurs confidences découvrir ce que fut leur vie et celle de leur époque, vivre en même temps qu'eux certains passages de l'histoire, connaître leurs secrets...
C'est que qu'a imaginé Pierre Assouline dans cette biographie originale et passionnante. Le tableau superbe de la baronne Betty de Rothschild, peint par Ingres en 1848 nous emmène, par les souvenirs du modèle, à travers Paris et même dans le monde entier : au château de Ferrières, au château de Neuschwanstein où Hitler entrepose les tableaux pillés par Goering pour son futur musée, aux cimaises de New York et de Londres où il sera exposé... Nous découvrons donc à travers les yeux de Betty l'histoire de cette famille peu commune, ainsi que l'histoire du tableau et ses vicissitudes.
Betty de Rothschild fut le pilier de l’une des familles les plus illustres en Europe depuis le XIXe siècle, par sa puissance financière ainsi que par sa passion des arts. Elle tint salon, reçu à sa table Chopin, Heine, Rossini, Balzac et bien d'autres encore, organisa les bals les plus courus de la capitale et tint son rang dans les milieux des Lettres, de l'art et de la politique, bien qu'elle fut souvent critiquée, jalousée, insultée par une partie de la noblesse ou de la bourgeoisie de l'époque, par antisémitisme, méchanceté ou bêtise.
La forme originale de cette biographie permet une lecture fluide et maintient un intérêt constant du lecteur, doublement intéressé par le sort du modèle et celui du tableau. Nous rentrons dans les pensées, dans le coeur de Betty de Rothschild et ce qui aurait pu être une leçon d'histoire barbante devient un roman passionnant de bout en bout (mis à part vers le milieu un chapitre traitant de la dynastie financière, dans lequel abondent les noms des personnes gravitant autour de cette famille, les chiffres, les possessions).
Une lecture intéressante !
Allez sur le site de Betty de RothschildRothschild, vous y trouverez de très nombreuses photos, des explications, des détails, des extraits du livre...
19 mars 2009
Slumdog millionnaire
film de Dany BOYLE
Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l’émission «Qui veut gagner des millions ?». Il n’est plus qu’à une question de la victoire lorsque la police l’arrête sur un soupçon de tricherie. Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d’où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu’il a perdue. Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d’une émission de télévision? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante.
J'ai adoré ce film ! J'avais lu le roman il y a deux ans (Les Fabuleuses Aventures d'un Indien malchanceux qui devint millionnaire de Vikas Swarup) et avais beaucoup apprécié cette lecture, le dépaysement de ce voyage à travers l'Inde, et la fraîcheur qui se dégageait du personnage de Jamal bien qu'il nous fasse partager sa vie difficile, ses déboires et les malheurs de sa famille et de son pays. Mais j'étais un peu indécise pour voir le film, car les adaptations cinématographiques de livres sont parfois décevantes, surtout quand on a pris beaucoup de plaisir à la lecture, et inconsciemment imaginé les personnages à sa sauce...
J'ai cependant été emportée de bout en bout par l'histoire bien sûr, mais également par le jeu des acteurs, la façon très originale de filmer, la musique, l'élan de ce film de toute beauté. Certes, le début est un peu violent, et je comprends qu'on peut être choqué devant quelques images (les bidonvilles, le tabassage, la dureté (que dis-je, l'horreur !) quotidienne de la vie des enfants manipulés, mais j'ai trouvé qu'il en ressortait une force de vie extraordinaire, un regard malgré tout positif sur les choses et les gens, de l'espoir, beaucoup, le tout servi avec humour - et amour.
Un très beau film, avis que semblent partager nombre d'entre vous, puisque qu'il a récolté pas moins de 8 oscars et 4 golden globe award...






































