Les lectures de Lili... Et un peu de ma vie aussi...

Ce que j'aime, ceux que j'aime... Un peu de tout, en vrac, et suivant mes humeurs...

04 décembre 2009

Allumer le chat

Barbara CONSTANTINE

coeur

chat

Quatrième de couverture :

Bastos, le chat philosophe et pédant, parvient à échapper au fusil de Raymond. N'empêche qu'il le nargue ce chat ! Et il faut encore s'occuper du môme, un peu nul en foot, qui n'a rien trouvé de mieux que de choper de l'eczéma sur le visage... Sans compter son imbécile de père qui se fait encastrer par un cerf de deux cents kilos. Il y a franchement de quoi devenir allumé dans cette famille !

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Un premier roman qui ne laisse pas le lecteur indifférent ! Ici, tout est loufoque et rocambolesque, tant l'histoire que les personnages, hauts en couleur et dont la verve donne un rythme soutenu au livre. Chaque chapitre permet à un des personnages de s'exprimer et de raconter les choses à sa façon. Nous avançons donc dans l'histoire en découvrant les caractères de chacun, racontés par les autres, et c'est assez rigolo ; le chat qui parle et philosophe, Raymond le septuagénaire dont la forme doit en faire rêver plus d'un, le petit Rémi et son eczéma, les femmes, avec leurs secrets... tous nous donnent leur propre version des faits, qui, bien sûr, s'avère parfois très différente de celle du voisin...

Le style est simple, c'est le langage parlé qu'employeraient les personnages si on pouvait les entendre, et on sent pendant la lecture les intonations, les soupirs, les sourires, tant ce style est imagé, et convient parfaitement aux personnages. Ce qui m'a le plus touché dans cette histoire, outre le fait que ce soit drôle et décalé, c'est l'humanité et la poésie sous-jacentes. L'histoire est à dormir debout, totalement farfelue et incroyable, tant il y a de rebondissements et de trouvailles, mais les caractères sont décrits avec finesse, et avec beaucoup d'empathie, beaucoup de tendresse. Certes, ils sont tous un peu fous, ces personnages, mais on se prend à les aimer et à ne pas vouloir les quitter.....

Un grand merci à Pascale pour ce livre voyageur !     livre_voyageur_anim_

Sylvie a beaucoup aimé. Elle recense, à son habitude, les blogueurs qui ont lu le livre avant elle, de façon très complète (merci Sylvie, tu me mâches le travail !). Pour trouver les autres, car certains l'ont lu après la parution de son billet, je vous renvoie directement sur le moteur de recherche de Calepin, car je suis en retard d'au moins 15 livres à chroniquer et je fais au plus vite !

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16 novembre 2009

La chorale des maîtres bouchers

Louise ERDRICH

coeur

bouchers

Quatrième de couverture

1918. De retour du front, Fidelis Waldvogel, un jeune soldat allemand, tente sa chance en Amérique. Avec pour seul bagage une valise pleine de couteaux et de saucisses, il s'arrête à Argus, dans le Dakota du Nord où, bientôt rejoint par sa femme et son fils, il décide d'ouvrir une boucherie et de fonder une chorale, en souvenir de celle des maîtres bouchers où chantait son père.

Des années 1920 aux années 1950, entre l'Europe et l'Amérique, ce roman à la fois épique et intime retrace le destin d'une famille confrontée au tumulte du monde.

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Un livre qui se lit d'une traite mais que je trouve difficile à résumer. On n'y parle pas de guerre, ou si peu, mais plutôt des marques que la guerre laissera dans les coeurs et les âmes, des gens aimés qu'elle prendra. On n'y parle pas tant que ça de chorale, mais bien du partage que des hommes trouvent dans le chant, du réconfort que leur apporte le fait d'être ensemble et de laisser s'élever leur voix. On n'y parle pas non plus énormément de boucherie, mais l'odeur du sang reste présente tout au long du livre, et la propreté qu'il faut maintenir malgré tout, ainsi que les couteaux qui servent à tuer les animaux...

Non, on y parle surtout d'amitié, et d'amour. Banal, pensez-vous ! Oui. Et non. Parce que le style est superbe et qu'on se laisse porter. Parce que l'amitié et l'amour ne sont jamais aussi simples qu'on le croit et qu'au fil du temps on découvre parfois des secrets enfouis, ou bien ce qu'on se cachait à soi-même. Parce que cela se passe en Amérique et que la famille dont il est question vient d'Allemagne. Parce que, on le découvre assez vite, ce n'est pas le boucher le héros de l'histoire, mais une femme. Parce que dans ce livre, les petites choses de la vie de tous les jours sont décrites avec minutie, et poésie tout en même temps, et qu'on comprend que ce sont dans ces détails infimes, dans ces gestes répétés, dans l'attention portée aux autres que se niche le bonheur, qu'on peut tirer de la joie. Parce qu'il ne faut pas se fier aux apparences et cataloguer les gens sur leur mauvaise mine ou leur réputation. Et pour plein d'autres raisons encore...

Alors je me tais, et vous dis simplement : lisez ce livre ! vous passerez un vraiment bon moment.

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Wictoria a trouvé ce livre magnifique, Aifelle le recommande chaudement, "un grand bonheur" pour Keisha, mais Théoma n'a pas trop aimé et c'était une lecture "un peu mitigée" pour Sassenach . Sylire a trouvé que c'était une "fresque familiale passionnante", Kathel recommande ce livre "sans réserves", Papillon l'avait lu il y a 3 ans et avait  beaucoup aimé ; pour Solenn, c'est "une fresque captivante" et les avis de La biblio du dolmen, Les mots de Pascale, et d'autres lecteurs chez BOB.

Un grand merci à Chez les Filles et au Livre de Poche pour cette lecture !

26 octobre 2009

Le passage

Louis SACHAR

coeur

le_20passage

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Quatrième de couverture

Méfiez-vous.
Ce livre va vous donner envie de croquer des oignons crus.
De creuser des trous de 1 mètre 50 de diamètre et de profondeur.
D'escalader une montagne.
De respirer vos vieilles baskets.
De mettre du rouge à lèvres avant de partir à la poursuite de vos ennemis.
De tout savoir sur l'existence oubliée de votre arrière-arrière-arrière-grand-mèrearrière-arrière-arrière-grand-mère.
Et ce, même si vous haïssez les liliacées, même si vous détestez l'alpinisme et les travaux forcés, même si vous avez les cosmétiques en horreur autant que les odeurs de pieds, et même si la généalogie et les histoires de famille vous indiffèrent profondément.
Maintenant, pour échapper à tout cela, c'est simple. Il vous suffit de ne pas imiter les centaines de milliers d'adolescents américains qui ont déjà plébiscité ce livre, et de ne jamais ouvrir ce livre.

Ainsi que le souligne Bladelor, difficile de ne pas avoir envie de se précipiter sur ce livre en lisant une telle quatrième de couverture... Je me suis donc précipitée, et n'ai pas regretté un seul instant !

Un peu entre le roman initiatique et le conte, ce livre destiné aux adolescents contient tous les ingrédients pour accrocher le lecteur : une bonne dose d'humour, du suspense, un cadre pour le moins original, une malédiction qui pèse sur les épaules du héros et une faute pour laquelle il doit payer sa dette...

Stanley Yelnats se retrouve donc en plein désert américain dans un camp de redressement, Le Camp du Lac vert, après avoir été accusé à tord du vol d'une paire de baskets. Il devra rester dans cet endroit du bout du monde pendant 18 mois et va passer son temps à creuser des trous. Mais Stanley qui est un garçon intelligent se rend vite compte que le travail de forçat qu'on leur fait accomplir a une raison cachée, autre que celle de leur forger le caractère. Maudissant son "horrible-vaurien-d’arrière-arrière-grand-père-voleur-de-cochon" qui fait peser sur la famille une lourde malédiction, il va, avec tout son courage, sa volonté, son obstination et sa force en la vie, sauver un camarade, déjouer les plans de méchants, casser la malédiction familiale, retrouver un trésor et ressortira de cette aventure plus fort qu'avant, en ayant mûri et compris beaucoup de choses sur sa vie et ce qu'il voulait faire de son avenir. Il va découvrir l'amitié, la solidarité, la franchise, et l'honneur personnel, celui qui fait qu'on devient -ou non- quelqu'un de bien.

Un bien joli livre ! Mon seul regret : mon andouille de fils pré-ado n'a pas voulu le lire ("si ma mère aime, ça doit être ringard"...).

Emmyne a tant aimé ce roman qu'elle en a fait un livre voyageur, et je l'en remercie vivement !

Karine n'avait pas du tout aimé et s'était ennuyée, mais Bladelor a elle aussi beaucoup aimé, de même que Sylvie (qui l'a lu sous le titre La morsure du lézard, titre sous lequel il a été a adapté au cinéma par Disney). Sexaoul a trouvé que le roman n'était pas à la hauteur de la 4ème de couv et les souffrances de Stanley l'ont "laissée assez mal à l'aise".

livre_voyageur_anim_

24 octobre 2009

Corps étranger

Didier van CAUWELAERT

coeur

corps

Quatrième de couverture
Peut-on changer de vie par amour, devenir quelqu'un de neuf sous une autre identité, sans sacrifier pour autant son existence habituelle ? C'est ce que va oser Frédéric. A dix-huit ans, il avait publié sous le nom de Richard Glen un roman passé inaperçu, puis il avait renoncé à l'écriture ; il avait conquis Paris d'une autre manière... Mais, un jour, une jeune étudiante de Bruges envoie une lettre à ce pseudonyme oublié, à cette part de lui-même en sommeil depuis plus de vingt ans. De tentations inconnues en bonheurs d'imposture. il va s'inventer dans les yeux de Karine un autre passé, un autre présent, rendre Richard Glen de plus en plus réel, de plus en plus vivant... Mais combien de temps deux personnalités peuvent-elles se partager un corps ? Avec son humour et sa tendresse implacable, le romancier d'Un aller simple, prix Goncourt 1994, nous entraîne dans un récit poignant qui explore le rêve secret de beaucoup d'entre nous.

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Un coup de coeur pour ce livre dévoré d'une traite, que j'ai trouvé tout à la fois plein d'humour, très poétique, triste et qui m'a beaucoup émue... Rêves, destin, espoirs, désespoir aussi, tout est là, dans une belle écriture fluide que l'on lit avec plaisir... L'amour pour la femme aimée défunte entraîne le narrateur à changer de vie, ou plutôt à reprendre cette part de lui-même qu'il avait au fil des ans laissée s'étioler jusqu'à la faire disparaître, jusqu'à devenir étranger à lui-même. Le hasard d'une lettre d'admiratrice reçue le fait se retourner sur ce qu'il a construit, sur ce qu'il est devenu, sur ce qu'il a fait de ses années passées et comprendre enfin à quel point il a changé et pourquoi il a de ce fait perdu la femme de sa vie avant qu'elle ne meure réellement. Un personnage attachant bien que tourmenté et compliqué, qui essaye de se dissocier de lui-même pour mieux se retrouver et arrivera ainsi à renouer avec son âme et retrouver l'amour.

C'est une bien jolie histoire, avec une bien horrible fin, que je ne vous raconte pas, évidemment ! J'ai été fâchée contre l'auteur aux dernières pages... Tout de même, Monsieur Van Cauwelaert, vous êtes dur avec vos personnages et Frédéric ne me semble pas mériter ce que vous lui faites subir ! Mais peut-être en est-il ainsi de la vie et cela devrait nous pousser tous à savourer chaque moment de notre existence de notre mieux, en restant fidèle à nous-mêmes, à nos idéaux, à nos aspirations de jeunesse...

Une belle lecture !

biblio_tournante

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04 octobre 2009

Twilight

Stephenie MEYER

coeurcoeur

fasic

Isabella Swan, 17 ans, déménage à Forks, petite ville pluvieuse dans l'état de Washington, pour vivre avec son père. Elle s'attend à ce que sa nouvelle vie soit aussi ennuyeuse que la ville elle-même. Or, au lycée, elle est terriblement intriguée par le comportement d'une étrange fratrie, deux filles et trois garçons. Bella tombe follement amoureuse de l'un d'eux, Edward Cullen. Ce garçon beau comme un dieu et qui lui sauve la vie plusieurs fois a selon les Indiens le sang froid... Une relation sensuelle et dangereuse commence alors entre les deux jeunes gens : quand Isabella admet que Edward est un vampire, il est déjà trop tard.

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tente

Bella fête ses 18 ans. La soirée d’anniversaire que lui organisent les Cullen tourne mal : la jeune fille se blesse et la vue de son sang provoque des réactions diverses chez les vampires. Trois jours plus tard, Edward lui annonce qu’il ne l’aime plus et que sa famille déménage. Bella ne comprend pas ce brusque retournement et sombre dans la dépression. Elle reprend le dessus peu à peu et s’aperçoit qu’en courant de graves dangers elle peut entendre la voix d’Edward. Elle décide alors de s’exposer régulièrement. Dans ce but, elle restaure de vieilles motos avec Jacob, le fils de Billy. Une amitié amoureuse se noue entre eux. Mais le retour soudain de Victoria et Laurent jette le trouble à Forks. Bella se retrouve traquée. Elle est sauvée in extremis par le clan indien des Protecteurs, qui ne sont autres que des loups-garous, ennemis héréditaires des vampires...

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hesit

Bella est perdue. Déchirée entre les deux hommes qu'elle aime, elle choisit finalement d'épouser Edward. Mais lorsqu'elle revoit Jacob, elle n'est plus sûre de rien : souhaite-t-elle vraiment qu'Edward la transforme en vampire après leur mariage? Mais surtout, doit-elle ensevelir le sentiment d'amour qui la submerge lorsqu'elle est face à Jacob ? La confusion règne dans son esprit déjà perturbé par les Volturi et Victoria, qui la menacent toujours...

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reve

Bella a fait son choix : elle s'apprête à épouser Edward. Mais le jeune homme honorera-t-il sa part du marché? Acceptera-t-il de la transformer en vampire et d'accepter de la voir renoncer à sa vie humaine ?

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Tentation, Fascination, Hésitation, Révélation, tout un programme ! Je ne vais cependant pas m'étendre sur ces livres puisque vous les avez toutes lus, ou presque ! Depuis le temps que je voyais des billets sur vos blogs, j'attendais le moment heureux ou ces pavés arriveraient chez moi. Eh bien, du moment où je les ai eu en main, je ne les ai pas lâchés tant que je n'ai pas terminé le tome 4, lisant même jusqu'à 4 heures du matin, frénétique, incapable de refermer le livre, voulant absolument savoir la suite... Bref, j'ai dévoré la série en 10 jours début juillet... bien que ce soit un truc d'ados en mal de sentiments guimauve et gnangnan à souhait !

Car oui, pourtant, c'est kitch et bêta, c'est bourré de clichés d'ados en mal d'amour, de sentiments mielleux, avec des bons et des méchants en vraies caricatures... J'ai de plus trouvé que le monde et les personnages de l'auteur n'étaient pas assez construits et de ce fait l'histoire m'est apparue pas du tout crédible...

Mais qu'on ne me dise pas que je n'aime pas les livres d'ados ! J'avais adoré Harry Potter où le monde est imaginé dans ses moindres détails par l'auteur, où chaque chose est logique parce qu'émanant de ce monde là, ou tout se tient. Je m'étais laissée embarquer totalement avec Harry et ses amis, ressentant en même temps qu'eux les frissons de l'aventure, la peur, la joie, la colère, le désir... J'ai également beaucoup aimé la série Eragon que j'ai offerte à mon filleul et que je me suis empressée de lui piquer...

Ce qui est incroyable dans les livres de Stephenie Meyer, et je pense que beaucoup d'entre vous serez du même avis que moi, c'est que malgré tous les défauts que l'on peut trouver, bien que nous ayons dépassé l'âge de la cible des lecteurs de 20 ans largement (ma bonne dame, ça ne nous rajeunit pas !), bien que le style soit vraiment indigent (dans le 1er tome, le "torse marmoréen" de Edward doit revenir à peu près à chaque page, voire plusieurs fois par page ! On se croirait presque dans un Harlequin !), eh bien malgré tous ces défauts et d'autres encore que j'oublie certainement de vous citer, on accroche ! On se laisse embarquer par la gémissante Bella (mon Dieu, qu'elle est godiche et énervante !), par le bel Edward (qu'on me présente une fille dans la vraie vie qui ait envie de se lover contre un homme, si beau soit-il, dont la peau glacée vous transperce de froid !), par un Jacob bouillonnant et instable (le personnage de l'histoire que j'ai le plus aimé, vraiment attachant) et par des personnages secondaires dont la psychologie n'a pas été plus poussée que celle des postulants à la Police Nationale... (c'est tout dire).

Je ne sais pas quelle est la recette miracle du succès de cette série... J'ai juste passé un très bon moment de lecture, mais dont il ne me restera probablement rien dans quelques mois !

A girl n'a pas dépassé le tome 1, qu'elle a trouvé trop bourré de clichés, un avis mitigé pour Caro(line), mais des commentaires enthousiastes à lire en dessous (et tous les liens des blogueuses lectrices que j'ai la flemme de recopier), Enna a bien aimé et Clarabel était complètement accro !

Un livre de ma biblio_tournante

Et un article très drôle de Karine sur le film.

30 août 2009

Le modèle

Lars Saabye CHISTENSEN

coeur

MOD7LE

Peter Wihl est un peintre norvégien reconnu. Il prépare sa prochaine exposition qui est prévue pour le jour même de ses cinquante ans, mais se sent stressé, harcelé presque par son agent. Il a un mal fou à peindre, ses toiles n'arrivent pas à se concrétiser comme il les voudrait, il passe de l'une à l'autre, mais les douze toiles, sur leur chevalet, restent inachevées, en attente sans qu'il lui soit possible d'y mettre la touche de pinceau finale.

C'est qu'il doit se renouveler, ce peintre, car le public et la critique l'attendent au tournant, ou tout du moins c'est ainsi qu'il le ressent. Il doit faire évoluer sa peinture tout en y laissant sa "patte" et ne peut pas se permettre de faire la même chose que les corps morcelés qui avaient fait le succès de sa première exposition (Amputations), ni bien sûr moins bien.

Dans cet état d'esprit déjà fiévreux, la mini attaque dont il est victime dans son atelier, et qui le laisse inconscient sur le sol, lui fait envisager le pire, concrétisé  bientôt par un diagnostic médical implacable : il va devenir aveugle, sans aucune chance de rémission ou d'arrêt du processus. Ce verdict qui est presque comme un arrêt de mort pour le peintre va réveiller les instincts les plus bas de cet homme déjà fort peu sympathique, égocentrique, mesquin, pas gentil avec ses amis ni avec sa femme... (à tel point qu'on pourrait presque se dire que c'est bien fait pour lui, ce qui lui arrive !).

La rencontre fortuite qu'il fait d'un ancien camarade de classe (détesté à l'époque) devenu ophtalmologue va faire basculer le destin de cet homme. Thomas Hammer est un être malsain et détestable mais peut-être pourrait-il procurer à Peter une solution de rémission, voire de guérison. Les yeux du peintre lui sont vitaux et il ne peut envisager une vie d'aveugle. Étant uniquement tourné vers lui-même, ses propres besoins et désirs, il n'a aucune empathie vers le monde pour imaginer vivre sans voir, pour comprendre qu'on peut aussi ressentir les choses et les gens, les humer, les écouter... Cette terreur de la cécité qui approche à grands pas réveille donc chez cet homme déjà peu attirant des facettes de son caractère plutôt sordides. Jusqu'où ira-t-il pour retarder l'échéance, qu'est-il capable d'envisager, de faire pour changer le cours des choses ? Peter repousse sans s'en rendre vraiment compte les limites morales "normales". On suit avec une curiosité et une angoisse grandissante le destin de cet homme qui va basculer à cause de la maladie, et surtout à cause de la perception qu'il a de cette maladie, de sa lâcheté face à ce mal qu'il n'est pas plus capable d'envisager que de combattre ou d'accepter avec résignation.

Ce roman est absolument passionnant, tant la dérive de l'homme, sa chute lente vers l'horreur est peinte avec précision mais par petites touches qui distillent l'angoisse montante et l'ambiance malsaine. On imagine le dénouement avant la fin, mais ce que l'on devine est tellement énorme, horrible, incroyable, qu'on se dit "non, cela ne peut pas être ça, j'ai du mal lire, mal comprendre", mais finalement on se rend compte que oui, c'est bien ça qui se passe... Ça fait froid dans le dos.

livre_de_pocheJe remercie Le livre de Poche pour ce nouvel envoi, qui m'a beaucoup plu.

Quelques extraits :

"Six mois plus tôt, il perdait la vue.
Peter Wihl, par un après-midi d'octobre, travaillait dans son atelier, aux peintures destinées à son exposition anniversaire, douze grandes toiles. Vêtu de ses habits de travail, il était prêt pour la guerre : des pieds nus dans des sandales élimées, la longue blouse maculée, une écharpe autour du cou. Il venait de terminer la composition, le fond à proprement parler. Il ne lui restait à présent que l'art. Il se trouvait dans cet élan propice, qui surgit parfois et n'est pas sans rappeler une espèce d'effervescence dépassionnée. La main, obéissante, opérait avec des gestes sûrs. Les pensées étaient claires. Il savait où il devait aller. Il s'agissait simplement de trouver la voie. Décontracté, il évoluait de motif en motif qui, lentement mais sûrement, prenaient forme : des coupes anatomiques, des muscles, une omoplate, un tendon, une phalange. Il n'avait guère le souvenir d'avoir jamais ressenti un tel contrôle ; aujourd'hui, il maîtrisait à nouveau ses ustensiles, aujourd'hui il maîtrisait le travail, en cet instant très précis, alors que le travail était censé s'élever vers l'art, que l'ouvrage, le labeur, s'apprêtait à briller - et cela ressemblait à du bonheur, c'était le bonheur. Mais, soudain, il éprouva une violente douleur dans les yeux, comme si en eux quelque chose se brisait, se craquelait, exactement comme si ses yeux étaient remplis de parasites. Les couleurs se diluèrent les unes dans les autres, les lignes s'effacèrent, la perspective s'éclipsa, sa vue se brouilla, il fut littéralement plongé dans le noir et s'effondra sur le plancher. Cela ne dura pas. C'était déjà parti. Seul l'écho de la douleur lui parvenait, les lourds battements de son propre coeur. Peter Wihl, à genoux, garda longtemps la tête posée, reposée, entre ses mains. Il revint à lui. Tout se remit en place, aussi brusquement que tout s'était cassé en mille morceaux. Il se redressa, lentement, et lorsqu'il se tourna vers les grandes fenêtres il aperçut Hélène et Kaia au fond du jardin, enchâssées dans les encadrements et les croisillons des vitres, dans la lumière évanescente d'octobre - et ce qu'il vit le remplit d'une joie, d'un soulagement si profonds, si vastes, qu'il fut sur le point d'éclater en sanglots, lui qui avait failli franchir le seuil des ténèbres. Assise sur le banc blanc sous le pommier, Hélène, ses cheveux coupés court, ses mitaines violettes, son manteau ocre, feuilletait un texte de théâtre, jamais il ne l'avait vue avec une telle clarté, cependant que Kaia ramassait les feuilles mortes à l'aide d'un râteau beaucoup trop grand pour elle - et là, Peter Wihl songea qu'il n'avait jamais peint ces deux personnes, ni son épouse ni sa fille.
Et peut-être la raison en était-elle la suivante : elles lui étaient trop proches et il n'osait pas.
Il prit son coupe-vent et sortit les rejoindre.
Kaia ratissait toujours, le feuillage formait un cercle jaune autour d'elle.
La branche juste au-dessus de Hélène était grande, à son extrémité pendait une pomme rouge, gelée.
- Qu'est-ce que tu lis ?
- Ce que je lis ? Le Canard sauvage, bien sûr.
- Oui, bien sûr. Tout va bien ?
Hélène posa la pièce et leva les yeux sur lui.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien.
Elle le toisa un petit moment encore.
- Qu'est-ce qu'il y a ? répéta-t-elle.
- Je suis juste un peu fatigué.
Une rafale de vent fit voler les feuilles mortes et Kaia se retrouva au milieu d'une tempête jaune. Peter s'avança vers elle et, ensemble, ils tentèrent de récupérer les feuilles, certaines tout à fait sèches au point d'être réduites en poussière puis de disparaître quand ils les prenaient entre leurs doigts, d'autres humides, qui leur échappaient pour se poser un peu plus loin dans le jardin; comme il était impossible de toutes les ramasser, il finit par s'agenouiller devant sa fille.
Elle avait les yeux verts.
Les yeux de sa mère."

"Il lui demande : si tu pouvais choisir, tu voudrais être aveugle ou sourd ? Et au même moment, Peter se réveilla, avec la réponse du rêve sur le bout de la langue : Ceci n'est pas un choix. Ceci est une menace. Et, tout aussi brusquement, il se rappela les mots singuliers et effrayants de Kaia : tu ne te ressembles pas."

"Peter fut forcé de recourir à l'adjectif dévorant, puisque c'était dévorant, comme si le qualificatif représentait en soit le fléau dans toute sa réalité, comme s'il faisait corps avec sa signification - et Peter pensa, une pensée qu'il se formulait ces derniers temps à intervalles réguliers, que l'être humain ne s'améliore pas avec les années, l'expérience ne fournit aucune garantie, on n'apprend pas de ses erreurs, on ne monte pas d'un cran, car  n'était-ce pas plutôt le contraire : à savoir que le meilleur se trouvait derrière lui, qu'il avait fait de son mieux, qu'il avait dépassé les sommets, qu'il fêtait ses cinquante ans dans trois mois et que, à partir de là, il entamait lentement une pente descendante, il dégringolait cruellement vers le bas, qu'il ne lui restait plus qu'à se peinturlurer dans la médiocrité et la nébulosité, dans du réchauffé, embarrassant et sentimental, une sauce brune et épaisse ? Ne valait-il pas mieux, dés lors, s' en dispenser, prendre un congé ad vitam aeternam, dire la vérité crue : à savoir que le meilleur se trouvait derrière lui, prenez, je vous en prie, c'est là-bas que ça a lieu, derrière moi, dans le sillage de ce qu'on appelle communément le passé, le dépassé, l'imparfait, le prétérit, le trépassé ? Oui, ça c'était préférable, ça c'était décent, et pourtant il n'y arrivait pas, il ne parvenait pas à s'en dispenser, à  s'empêcher d'essayer de peindre, car chaque fois qu'il plongeait son pinceau dans la couleur et qu'il levait la main, il était un maître, incontestable et souverain, il était un rêveur, branque et concret ; sauf que, voilà, dès que les poils fins et poisseux, extraits du dos d'une martre, s'approchaient de la toile, du croquis représentant Kaia, il redevenait un bouffon, tout disparaissait, tout se désagrégeait entre ses doigts, se volatilisait dans l'air, dans le néant - et c'est là qu'une autre pensée se collait aux précédentes, à ces pensées en cascades, cette réaction en chaîne, cynique, logique et blasphématoire : à savoir que devenir aveugle serait au fond une manière héroïque de ponctuer sa carrière, une telle mort comportait de multiples dimensions, avait un goût de tragédie, et si de surcroît il portait sa destinée en gardant le dos bien droit, avec dignité et style, ces ténèbres pourraient sans nul doute jeter une nouvelle lumière quasi incommensurable sur les toiles qu'il avait eu le temps de peindre et, ce faisant, apporter un contenu à la virtuosité, une humanité à la technique, ses yeux morts posséderaient en quelque sorte une force rétroactive, ils se profileraient dans son oeuvre amputée pour ainsi la magnifier, la parfaire."

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24 juin 2009

Le sumo qui ne pouvait pas grossir

Eric-Emmanuel SCHMIDT

coeur

sumo

Quatrième de couverture
Dans une ville du Japon, de nos jours, un garçon de 10 ans grandit dans un orphelinat. Son père est mort de surmenage professionnel et sa mère est atteinte de cyclothymie aiguë. Comme tous les enfants de son âge, il est passionné de technologies et de jeux vidéo. Étrangement, il a attiré l’attention d’un lutteur de sumo, de passage. Ce dernier, grand maître de force et de sagesse, a repéré le »  gros »  qui se cache en lui. Il entreprend donc, alors que ce gosse garde sa corpulence normale, de lui expliquer les éléments fondamentaux et les pratiques d’un sport ancestral et d’un art martial qui touche à la plus profonde philosophie zen…

J'ai dévoré ce dernier ouvrage de EE Schmidt avec passion. J'ai eu l'impression de retrouver l'ancien Schmidt, celui de Oscar, de L'Evangile selon Pilate ou de L'enfant de Noé, celui qui à partir d'un récit simple et léger nous permet de réfléchir, de continuer à y penser une fois le livre refermé...

Au contraire de Madame Charlotte qui l'a lu et a été déçue (une lecture qu'elle qualifie d' "agréable mais superficielle" alors que l'auteur est son "chouchou"), j'ai trouvé à ce récit une vraie profondeur, cachée comme l'auteur sait si bien le faire derrière les mots et les phrases anodines. C'est un petit conte initiatique qui m'a ravie, parce que j'ai reconnu en moi la grosse qui se cache (enfin, me dit mon jean fétiche, la grosse ne se cache pas tant que ça en ce moment !), parce qu'au delà de l'histoire de ce jeune homme qui veut grossir pour devenir un vrai sumo, j'ai retrouvé une part de moi-même, toujours à la recherche d'un idéal quasi inaccessible... La question est de savoir si cet idéal forgé est vraiment bon pour moi et le but ultime de mes actions, de mes paroles et de toute ma vie...

Je vous engage donc à lire ce joli petit livre et à vous laisser rêver et réfléchir sur le sens de votre vie, sur vos buts, vos envies...

Le site de l'auteur.

20 juin 2009

Le boulevard périphérique

Henry BAUCHAU

boulevard

  • La présentation de l'éditeur

Paris, 1980.
Alors qu'il " accompagne " sa belle-fille dans sa lutte contre un cancer, le narrateur se souvient de Stéphane, son ami de jeunesse. Au début de la guerre, cet homme l'a initié à l'escalade et au dépassement de la peur, avant d'entrer dans la Résistance puis, capturé par un officier nazi - le colonel Shadow -, de mourir dans des circonstances jamais vraiment élucidées. Mais Shadow, à la fin de la guerre, s'est fait connaître du narrateur.
Son intangible présence demeure en lui, elle laisse affleurer les instants ultimes, la mort courageuse - héroïque, peut-être - de Stéphane. Et la réalité contemporaine (l'hôpital, les soignés et les soignants, les visites, l'anxiété des proches, les minuscules désastres de la vie ordinaire, tout ce que représentent les quotidiens trajets sur le boulevard périphérique) reçoit de ce passé un écho d'incertitude et pourtant d'espérance...
L'ombre portée de la mort en soi, telle est sans doute l'énigme dont Henry Bauchau interroge les manifestations conscientes et inconscientes, dans ce captivant roman qui semble défier les lois de la pesanteur littéraire et affirmer, jusqu'à sa plus ultime mise à nu, l'amour de la vie mystérieusement éveillée à sa condition mortelle.

Sylvie en avait fait un article dithyrambique il y a quelques mois, qui m'avait vraiment donné envie de le lire, mais je n'ai pas vraiment accroché à ce livre. Le style de l'auteur est certes très beau, très pur et agréable à lire, mais j'ai eu du mal avec ce parallèle entre les deux époques et les deux morts, celle de l'ami d'autrefois et de son bourreau et celle de la belle-fille à l'agonie.

J'ai trouvé l'attachement du narrateur un peu morbide (oui, logique, me direz-vous puisque les deux dont on parle vont mourir), j'ai eu l'impression que de penser à la mort, que d'accorder son amitié à sa belle-fille, de lui rendre visite le déculpabilisait en quelque sorte de n'avoir pas bien su aimer son ami, de l'avoir abandonné (même si cet abandon n'était pas volontaire), de l'avoir laissé mourir seul et qui plus est dans des conditions atroces. L'empathie pour la jeune cancéreuse me semble plus être une espèce de dédouanement du passé, inconscient bien sûr, qu'une volonté véritable. Certes, il est très attaché à elle, mais on dirait tant qu'il se force, qu'il prend sur lui, que cela lui pèse, bien sûr car elle va mourir et qu'il le sait mais surtout parce que cela lui remémore sa jeunesse. J'aurais aimé mieux comprendre ce qui pousse le narrateur à venir ainsi tous les jours au chevet de la malade, parfois pour quelques instants seulement alors que le trajet dure plusieurs heures et à faire tout ce long pèlerinage, ce chemin de croix à travers Paris, représenté par le boulevard périphérique et ses portes, car c'est bien ainsi que je me le suis représenté, ce périph, comme un chemin de croix à parcourir pour expier les péchés du passé, les peurs, les renoncements, les lâchetés et les bassesses. Un chemin de croix avec au bout non pas la résurrection, mais la mort...

C'est malgré tout un très beau livre, très bien écrit et fort. Je pense que peut-être je n'étais pas non plus dans une période propice pour en apprécier toute la saveur et la valeur (au vu des critiques lues).

Retrouvez sur BOB les liens de tous ceux qui l'ont lu avant moi.

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18 juin 2009

Rêves de garçons

Laura KASISCHKE

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« J’ai compris à cet instant que ce qu’on dit est vrai - on peut vraiment sentir le regard d’un garçon posé sur soi. »

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Présentation de l'éditeur

A la fin des années 1970, trois pom-pom girls quittent leur camp de vacances à bord d'une Mustang décapotable dans l'espoir de se baigner dans le mystérieux Lac des Amants. Dans leur insouciance, elles sourient à deux garçons croisés en chemin. Mauvais choix au mauvais moment. Soudain, cette journée idyllique tourne au cauchemar. Rêves de garçons est une plongée au coeur d'un univers adolescent dépeint avec une justesse sans égale. Une fois de plus, Laura Kasischke s'attache à détourner avec beaucoup de férocité certains clichés de l'Amérique contemporaine et nous laisse, jusqu'à la révélation finale, dans l'imminence de la catastrophe.

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Je ne connaissais pas du tout cette auteur lorsque Le livre de Poche m'a proposé de m'envoyer Rêves de garçons et j'ai donc répondu un peu au hasard, en me disant que ce serait une lecture facile et détendante juste avant l'été. C'est effectivement une lecture agréable, mais j'étais bien loin de m'attendre à me retrouver attirée et littéralement accrochée par le style de l'auteur et l'atmosphère dégagée par ce petit roman (petit par la taille et non par le contenu).

Bien sûr, dès le départ, nous sommes plongés dans cette ambiance de mélodrame et nous nous attendons donc à chaque page à avoir peur ou à voir couler le sang. Des pom-pom girls campant dans une forêt sauvage, c'est évidement la porte ouverte à tous les sadiques, violeurs ou étrangleurs croisant dans les environs... Et si les jeunes filles se racontent le soir à la veillée des histoires à faire peur, c'est parce qu'elles savent pertinemment bien que certaines de ces histoires sont pure fiction mais d'autres bien réelles...

Il fait chaud, donc, très chaud dans ces bois et la chaleur pèse sur les hommes comme sur les animaux, elle les anéantit mais les excite en même temps, elle fait monter leur tension et baisser leur vigilance, elle éveille certains sens et en endort d'autres. La tension dans l'air est palpable dès les premières pages, les premières phrases et j'ai été vraiment impressionnée par le style de l'auteur qui réussit à nous transmettre ce vrombissement de l'air, cette moiteur, cette sorte de suffocation, cette électricité d'avant orage, ou d'avant horreur. Bref, on sent, on sait qu'il va se passer quelque chose, on tourne les pages, mais il faut patienter car nous revenons en arrière pour nous pencher sur des épisodes de la vie de Kristy, l'héroïne, nous revivons avec elle quelques évènements de son enfance, les relations avec ses parents, avec ses camarades d'école, et surtout l'amitié qui la lie depuis toujours à Desiree.

Elle sont belles, ces filles et elles le savent. Elle sont jeunes, sportives, désirables. Elles sont issues d'un milieu privilégié, ont toujours eu ce qu'elles désiraient. Elles ont la vie devant elles, elle croient en leur bonne étoile, elle croient au pouvoir de leur sourire, de leur volonté. Elle sont 17 ans et pensent être au centre du monde, de leur monde, sans imaginer plus loin que le bout de leur joli nez que le monde ne se limite pas seulement au cercle restreint habituel, mais qu'il est vaste et inconnu - et dangereux.

Ainsi dans cette forêt vivent des animaux inconnus. Les arbres bruissent, les feuilles crissent, on entend des sifflements, des grincements, peut-être même des cris ? Les garçons croisés sur la route ont-ils suivi ces trois jolies filles, croyant à une invite du fait de leur attitude ? Ou bien a-t-on trop raconté d'histoires horribles à la dernière veillée ? On ne sait plus très bien si les bruits sont réels ou issus de l'imagination des filles, on frissonne malgré la chaleur, on se retourne "il y a quelqu'un ?", non, il n'y a personne, on a cru rêver, ou bien peut-être que si, finalement, c'était bien une personne, ou bien un fantôme ? N'étaient-ce pas des bruits étouffés de pas, de rires ? Ainsi on chemine dans le noir et la peur dès que la nuit est tombée, ou sous le soleil accablant de la journée. On chemine jusqu'au dénouement, qui est ...

Non, non, non, ne me suppliez pas, je ne vous dirai pas un mot de plus sur ce livre ! Lisez-le !

Ys a beaucoup aimé cette lecture et qualifie le ton de l'auteur de "imparable, méticuleux, et toujours aussi glaçant".

logo_livre_de_poche

Merci au Livre de Poche pour m'avoir fait découvrir cet auteur. Je veux bien  lire aussi ses autres romans !

Posté par liliba à 18:58 - J'ai lu, j'ai beaucoup aimé - Commentaires [26] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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16 juin 2009

Le pouce d'un autre

Dominique RESCH

GpouceRecto

Après Les poules (beaucoup aimé) et Pédiluve et Bénitier (pas encore lu), Dominique Resch poursuit le récit des évènements et anecdotes de son enfance et de sa jeunesse.

Nous retrouvons ici l'auteur devenu étudiant et toujours obsédé par la femme, les femmes, mais d'une obsession poétique et charmante. Quel est la part des souvenirs et quelle est celle du roman, je serais curieuse d'en discuter un jour avec l'auteur !

J'adore le style frais et léger de Dominique Resch et son humour un peu second degré qui me fait rire souvent aux éclats. Il réussit à être en même temps drôle et poétique, ce qui est plutôt rare et peint dans ce livre avec beaucoup de justesse les errances, interrogations, ou divagations que nous avons tous connus, à des degrés différents, à ces âges où l'on n'est plus un enfant, mais pas encore adulte, mais où on se croit le roi du monde et le plus malin, tout en n'étant pas vraiment sûr de soi... J'ai vraiment retrouvé dans ce petit livre cet ambiance toute particulière de la vie d'étudiants et j'ai beaucoup aimé les descriptions des personnages, avec leurs particularités, leur folie douce et l'innocence et l'insouciance qui font encore partie de leur vie mais vont bientôt les abandonner pour faire d'eux des adultes : sérieux, responsables... J'ai seulement trouvé qu'on se perd un peu dans les personnages "secondaires" alors que j'aurais aimé en lire plus sur le héros.

Une lecture amusante et très détendante, qui m'a rappelé certains épisodes de mes jeunes années... De plus, l'auteur que j'ai eu le plaisir de rencontrer il y a deux ans à un mini salon du livre, est tout à fait charmant (et séduisant !) et il m'avait à l'époque fait beaucoup rire en me présentant Les poules que je m'étais bien sûr empressée d'acheter.

Merci beaucoup, Dominique, pour ce livre ! Et j'espère que nos chemins se croiseront un jour ou l'autre, ici ou là... Faites moi savoir si jamais un jour vous "montez" dans le Nord !

Anota , l'éditeur.

Cathulu   a trouvé ce roman "tendre et chaleureux".

A noter la couverture que je trouve très jolie et qui a été dessinée par l'auteur (décidément très talentueux !). 

Posté par liliba à 19:30 - J'ai lu, j'ai bien aimé - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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