Les lectures de Lili... Et un peu de ma vie aussi...

Ce que j'aime, ceux que j'aime... Un peu de tout, en vrac, et suivant mes humeurs...

22 mai 2009

La porte des enfers

Laurent GAUDE

coeur

coeur

coeur

porte_des_enfers

En 2002, dans un restaurant de Naples, Filippo Scalfaro accomplit enfin sa vengeance : il poignarde un client puis le force à monter dans une voiture et s'enfuit avec lui. Arrivé dans le cimetière de la ville, il le traîne à une tombe dont il lui fait déchiffrer l’inscription, puis lui tranche les doigts et l'abandonne. Qui est cet homme, de qui se venge-t-il, et pourquoi ?

Un matin de 1980, dans les rues encombrées de Naples, Matteo est de mauvaise humeur et tire par la main son fils qui risque d'être en retard à l’école. Soudain, une fusillade éclate à un carrefour, et Matteo se jette à terre en couchant contre lui son petit garçon pour le protéger. Mais quand il se relève, il est couvert de sang, le sang de son enfant, atteint par une balle perdue.

Commence alors l'enfer. L'enfer d'une vie sans plus aucun but, l'enfer de la culpabilité, l'enfer des images qui défilent dans la tête, du film de la fusillade qui passe et repasse nuit et jour en pensée, l'enfer de ne plus arriver à parler à sa femme, de chacun se refermer sur sa douleur sans pouvoir tendre la main à l'autre, de bâtir autour de soi ce mur du silence... Mattéo parcourt la ville de nuit, dans son taxi, sans pourtant prendre de clients. Il sait, il sent ce que son épouse GiulianaGiuliana attend de lui : qu'il retrouve les coupables de la mort de leur fils et se venge. Mais il ne s'en sent pas capable, et cela le mine. C'est alors qu'il fait la connaissance dans un café d'un professeur qui soliloque sur les Enfers, leur réalité et la possibilité d'y descendre...

Mattéo entreprend alors un long et terrible voyage que seul l'amour infini d'un père pour son fils rend possible. On le suit ainsi que ses comparses avec une boule dans le ventre, on ressent sa douleur, sa volonté, sa force de vie, on a mal avec lui, mais on le suit parce que ce livre est puissant et passionnant, parce que, à travers la fiction et l'imagination de l'auteur, on touche à la mort, à l'amour, à l'amitié profonde, on côtoie les mythes anciens, les rêves, les peurs les plus folles, on entre dans le monde des Ténèbres... On s'interroge alors sur la place des morts dans nos vies, de nos morts, parents ou amis qui nous ont quitté trop tôt, et sur la trace que nous laisserons quand ce sera notre tour de partir.

Un livre bouleversant, que je relirai probablement un jour. Du grand Gaudé (qui ne fait que de belles choses, et m'impressionne tant il excelle à donner à chacun de ses romans une atmosphère, un contexte différent, tout en gardant un style parfait, mais qui s'adapte à l'histoire). Curieusement cependant, j'ai lu ce livre en décembre dernier, mais je n'arrivais pas à me résoudre à écrire mon billet, que j'ai repris maintes et maintes fois avant d'en être à peu près satisfaite...

por_1

Amanda Meire a été bouleversée. Biblioblog sous le charme (mais pas impartial, car fou de Gaudé), Bellsashi a abandonné avant la fin, non pas parce qu'elle n'aimait pas, mais parce que c'était trop dur. Papillon a aimé, Mimienco a mis un coeur ; Stephie a beaucoup aimé, Wictoria a trouvé que c'est un livre formidable et Argantel a adoré...

por_haut

porte_grande

La porte des enfers de Rodin.

Posté par liliba à 20:20 - J'ai lu, j'ai aaaadoré ! - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

12 février 2009

Les lettres de Capri

Mario SOLDATI

babelio

capri

Dans la Rome d’après la Seconde Guerre mondiale se retrouvent pas hasard le scénariste Mario - le narrateur - et son ami, Harry, un ancien soldat américain épris d’art italien devenu chargé de mission à l’UNESCO dans le cadre de la reconstruction du pays. Aussitôt, Harry sollicite l'aide financière de Mario, qui ne peut refuser tant son ancien ami semble être désemparé et dans le besoin. Il lui prête donc de l'argent qu'il pense pouvoir se faire rembourser quand Harry aura écrit un scénario pour lui.

Mario rencontre également Dorothéa - aussi appelée Dora, l'amie de Harry, ancienne prostituée, qui l'attire irrésistiblement et qu'il tentera de séduire. Cependant, il découvre toute la vie de Harry lorsque celui-ci lui fait parvenir son manuscrit : le scénario promis n'est pas une fiction, mais un récit fidèle des années passées, années pendant lesquelles Harry, en dépit de son mariage avec Jane, voua une adoration obsessionnelle et maladive à Dora.

Sur cette histoire d’adultère somme toute banale se greffe un mystérieux chantage : des lettres envoyées de Capri réapparaissent et troublent profondément Harry et son entourage... dont je ne vous dirai pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue. De plus, tout au long du roman, nous assistons au débat intérieur de Harry, son attirance mêlée de répulsion pour Dora, son amour raisonné pour son épouse, sa culpabilité tout en même temps que cette force puissante qui le pousse vers le mal, la fange... Les âmes sont dévoyées et dévorées par les tourments de la chair, mais endurent mille souffrances à n'y pas succomber et mille remords quand elles n'ont pas sur résister... En ce sens, le livre a un peu vieilli : l'adultère est devenue monnaie courante, ou plutôt, n'est probablement pas plus fréquent qu'autrefois, mais tout du moins, n'est plus caché et honteux, et nous vivons dans une société qui n'est plus du tout puritaine. Quand à la notion de péché et au repentir, l'effondrement du respect des religions en font des notions obsolètes, ou presque...

Un beau texte, bien que la structure de l'intrigue soit plutôt complexe. L'écriture est limpide, rigoureuse et  très "visuelle" comme un scénario de film (Soldati était cinéaste) et l'auteur décrypte avec talent l'esprit et le coeur humain et ses contradictions et tourments. Il brosse avec précision les caractères des personnages, même ceux des personnages secondaires, dont nous ne saisissons toute la profondeur qu'en cours de lecture.

carpis4

Publié en 1954, Les Lettres de Capri consacre Mario Soldati, qui s'affirme alors comme l'un des plus grands écrivains italiens du siècle. Ce chef-d'œuvre reçut le prestigieux prix Strega (le Goncourt italien).

babelio_g_n_ralJe remercie vivement Babelio qui m'a fait parvenir ce livre, et plus particulièrement Guillaume pour sa gentillesse et sa patience à attendre mon commentaire !

35153224_pExtrait : "Quiconque s'est un jour retrouvé - et qui ne s'est pas retrouvé ? - face à l'infidélité d'une femme qu'il croyait fidèle, même s'il ne l'aimait pas fidèlement, sait qu'aux tortures de la jalousie, plus ou moins douloureuses selon les cas, se mêle une autre peine : la conscience de s'être trompé sur le compte d'une personne avec qui l'on a vécu, nuit et jour, pendant de longues années, la stupeur et l'humiliation de découvrir en un instant qu'elle est complètement différente de ce que l'on pensait, comme si l'on assistait, dans les courts instants de cette révélation, à une métamorphose cruelle qui s'accomplit sous nos yeux. Les traits mêmes de son visage, si familiers jusqu'à la seconde d'avant, son regard, ses mouvements, les formes de son corps, ses mains nerveuses, ses gestes, sa façon de marcher deviennent brusquement étrangers, nouveaux, mystérieux ; nous ne les connaissons pas, ils ne nous appartiennent plus. Nous nous disons : elle a souri à des joies que nous n'avons pas partagées : ses yeux ont contemplé - mais avec quelle expression ? nous l'ignorons - un autre homme ; ses mains ont caressé un autre corps, en vibrant d'une tendresse qui nous est inconnue et qui diffère de celle avec laquelle elles caressaient notre propre corps, car il s'agissait justement d'un autre corps, d'une autre réalité. Et au moment où nous ressentons tout cela, un moment déchirant, nous nous mettons, inconsciemment ou non, à éprouver pour cette femme un tout nouveau désir, tantôt étouffé sous notre vanité et nos préjugés, tantôt libre et irrésistible. Nous voulons aussitôt posséder la mystérieuse compagne de notre vie à travers cette nouvelle nature qui nous semble sa seule véritable nature : nous voulons la connaître sur le champs, jusqu'au bout, ainsi qu'elle nous apparaît, vaincre par un acte sexuel désespéré l'absurdité qui nous blesse."

Posté par liliba à 20:27 - J'ai lu, j'ai bien aimé - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

12 septembre 2008

La concession du téléphone

Andréa CAMILLERI

t_l_phone

4ème de couv : Demander une ligne téléphonique : quoi de plus banal, pensera-t-on. Oui, mais pas en 1891. Et pas à Vigàta, bourgade de Sicile, relevant d'un préfet notoirement susceptible. Le fringant Filippo Genuardi, qui s'est malencontreusement trompé d'une lettre en écrivant le nom dudit préfet, va sans le savoir être soupçonné d'agitation révolutionnaire. Et, par contrecoup, attirer sur lui le regard de la mafia locale... Rebondissements, retournements, surprises : cette satire malicieuse de la mesquinerie et de la paranoïa humaines, qui sont éternelles, est menée tambour battant. Elle donne la mesure du talent d'Andrea Camilleri, devenu romancier après une carrière consacrée au théâtre, et qui connaît un grand succès en Italie.

Impossible effectivement de confondre avec un autre pays que l'Italie, et je me suis régalée en lisant ces missives à l'administration, tournées d'une façon tellement désuète et alambiquée ! Il faut connaître la raison du besoin impératif d'avoir le téléphone de Filippo pour comprendre son opiniâtreté, son entêtement, et les tracas, malentendus, quiproquos et mensonges en chaîne que cela provoque. Tout à fait crédible de bout en bout, avec la mafia locale qui pointe son nez dans l'affaire, l'administration plus obtue que jamais, et les intéressés tout à la fois naïfs et roués...

Un bémol cependant, j'ai eu du mal à repérer les personnages, et me souvenir des noms, qui est qui et fait quoi, malgré l'introduction qui présente justement les acteurs de cette farce.

Mettons cela sur le compte du soleil (ou du rosé), puisque ce fut une de mes lectures de l'été, au bord de la piscine...

Posté par liliba à 14:00 - J'ai lu, j'ai bien aimé - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

03 juillet 2008

Villa Amalia

Pascal QUIGNARD

Partir et tout recommencer, est-ce la solution ?

.

villa

Juliette espionne son mari qui rencontre une autre femme, et tombe par hasard sur un ami d'enfance. Cette rencontre fortuite fait revivre des souvenirs oubliés et elle décide de bouleverser sa vie, de partir, quitter sont compagnon, disparaître, vivre ailleurs, différemment, libre, sans contraintes. Elle déménage comme une voleuse, mais une voleuse organisée qui planifie tout, et se cache délibérément de tous, sauf de cet ami retrouvé qui l'aide à construire sa nouvelle vie.

Elle se réfugie en Italie près de Capri et découvre au détour d'une promenade la Villa Amalia, vieille bâtisse à l'abandon dont elle tombe amoureuse, et qu'elle loue à sa propriétaire. Elle y vivra quelques temps, y fera venir ceux qu'elle aime, ces nouveaux amis rencontrés depuis sa fuite, avant d'en partir à tout jamais et de se perdre à nouveau dans des villes anonymes, se cacher des autres et d'elle-même.

Je suis très mitigée sur ce roman, que j'avais très envie de lire dès sa parution, et qui m'a beaucoup déçue. Je n'ai pas aimé le style de Pascal Quignard : on passe du présent à l'imparfait sans transition d'une phrase à l'autre, et c'est un peu concis pour moi, trop épuré. Quand au personnage principal, autant j'admire cette femme de quitter ainsi tout pour reprendre une vie nouvelle ailleurs et avec d'autres (parfois, ça fait envie !), autant je ne la trouve pas très sympathique. Même si l'on tient compte du fait qu'elle est artiste (pianiste compositeur), et que cela explique (excuse ?) en partie son originalité ou tout du moins son non conformiste, je l'ai trouvée égoïste, voire même méchante, notamment avec son ami retrouvé qui est pourtant vraiment serviable et aimant, et également lâche avec son compagnon qu'elle quitte sans le prévenir, sans explications, ce qui je trouve ne se fait pas, même s'il a des torts !

Posté par liliba à 21:40 - J'ai lu, je n'ai pas aimé - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

19 juin 2008

Le voyage

Luigi PIRANDELLO

.

berenson

Livre CD, lu par Marisa BERENSON (je n'ai donc pas lu, mais écouté...)

Adriana s'est mariée jeune, selon les coutumes de l'époque et de la région, et a vécu des années auprès d'un mari qu'elle n'aimait pas, remplissant avec soumission et ennui ses devoirs conjugaux, maternels et familiaux. Effacée, discrète, il semblerait qu'elle n'ait rien eu dans sa vie qui la rende heureuse, et même peut-être pas, tout simplement, l'idée que l'on puisse être femme, mariée et heureuse (vivante).

A la mort de son mari, qu'elle ne regrette pas, elle continue à vivre avec ses deux fils dans la maison familiale, auprès de son beau-frère avec lequel elle entretient peu de relations, mais qui la respecte, lui parle aimablement et la traite toujours avec considération et douceur, à l'inverse du mari un peu brutal, lourdaud et sans finesse.

Mais Adriana est atteinte d'un mal incurable et son beau frère la force à l'accompagner lors de son voyage annuel, afin qu'elle puisse rencontrer des médecins qui peut-être pourraient soulager ses maux, voire la guérir. Ils partent donc tous deux, et c'est pour elle comme une naissance à la vie, malgré la mort qu'elle sent toute proche, prête à l'assaillir. Elle découvre le monde, la campagne, les villes, elle veut tout voir, tout observer, et même le diagnostic pessimiste du médecin, que son beau-frère s'efforce de lui dissimuler, ne peut lui enlever cette frénésie qui se développe en elle, ce désir venu du plus profond de son être de vivre enfin, de vibrer ! Le voyage se prolonge, et ces portes ouvertes vers un monde nouveau de sensations, d'émotions lui font regarder d'un oeil différent ce beau-frère doux et attentif qui prend si bien soin d'elle. Ils osent enfin mettre à jour l’attachement qui les lie, et c'est l'imminence de la mort qui les libère des carcans imposés par l'époque et leur éducation et leur permet enfin de vivre l’amour qu’ils ont toujours éprouvé l’un pour l’autre, au grand jour, jusqu'à l'ultime étape du voyage, Venise.

.

J'ai adoré me laisser bercer par ce CD !

Tout d'abord, bien sûr, l'histoire, belle, triste : la renaissance de cette femme éteinte, qui n'a pas vécu, juste alors qu'elle approche de la mort est vraiment poignante. J'ai vibré avec elle, j'ai voulu qu'elle puisse être heureuse, même pour un temps très court, j'ai voulu qu'elle connaisse l'amour !

Ensuite le style... Les phrases coulent, les mots sont choisis avec soin, c'est chantant, c'est acéré, c'est vif, cela colle à l'histoire et aux sentiments, c'est beau, tout simplement.

Et puis la voix : un vrai régal ! Marisa BERENSON a une voix chaude, basse, enveloppante. Sa diction est parfaite, et elle se coule dans le texte pour nous faire vivre l'histoire au plus près. Au début de l'histoire, sa voix est vraiment basse, presque atone parfois, et colle parfaitement à la non-vie d'Adriana, puis elle se met à vibrer, à onduler, en même temps que l'héroïne apprend enfin à vivre.

Extrêmement reposant : je l'ai écouté en voiture (impossible à la maison avec les 3 enfants, et quand ils sont couchés, je suis plutôt devant mon ordi ou mon piano), seule et c'était un vrai moment privilégié. Il ne faut pas qu'il y ait trop de circulation, sinon c'est un peu difficile de se concentrer en même temps sur la route et sur l'histoire, mais c'est parfait pour un long trajet. Je n'avais jamais écouté de livre-CD (à part les contes des enfants que je connais par coeur...) et je suis conquise, je compte bien en acheter quelques uns pour mes futurs voyages ! J'ai presque même regretté que mon bureau soit si peu éloigné de la maison...

Ce CD est édité par les Editions Des Femmes Antoinette FOUQUE

.

babelio


Posté par liliba à 21:16 - J'ai lu, j'ai aaaadoré ! - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

03 avril 2008

Palermo solo

Philippe FUSARO

Voyage en dehors du temps

palermo_solo

Livre étonnant qui nous transporte au "Grand hôtel et des Palmes" en Sicile. Un homme âgé, le baron, y est reclus depuis 50 ans environ pour payer une dette de sang. Il ne peut sortir de l'hôtel qu'une fois par an, le 2 novembre, jour de la fête des morts. Le baron est une rumeur qui circule dans Palerme ; existe-t-il vraiment, une telle réclusion est-elle possible, n'est-ce pas une fable, une histoire à faire peur ?

Arrivé au terme de sa vie, le baron retrace ce long enfermement dans cet hôtel, la solitude, la paranoïa, la peur des représailles et de la mort (pendant des années il n'est pas sorti de sa chambre par peur d'être assassiné, et seul le barbier pouvait entrer dans ses appartements). Sa vie est remplie de rituels, de tâches anodines et quotidiennes qui remplissent son temps, il n'a pas d'occupations si ce n'est la lecture et du jardinage sur le toit de l'hôtel. Il se rémémore aussi le bonheur qu'il a pu ressentir dans cette prison dorée à travers ses rencontres avec quelques clients de passage, certains célèbres, d'autres anonymes et l'amour pour une femme mystérieuse abordée un soir dans le restaurant de l'hôtel.

Le décalage entre la vie de cet homme et la vie du dehors (la vraie vie ?) est total. Nous sommes enfermés avec le baron dans ce lieu clos, sans souffrir pourtant d'asphyxie, mais nous dérivons avec lui sur les rives du temps qui n'a plus la densité habituelle, nous perdons nos repères, et la notion du réel disparaît bientôt pour ne laisser place qu'à la poésie du lieu et des mots.

Livre magnifique, cadeau de Marie (merci encore, chère Marie !). Beau et original, belle écriture, personnage poignant, magnifique et dérisoire. Aaaaadoré. 

Posté par liliba à 16:22 - J'ai lu, j'ai aaaadoré ! - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,
« Accueil  1