Il faut marier Bertrand ! Philippe Saimbert-Liliba

 

J’avais beaucoup aimé l’humour et l’originalité de L’héritage de tata Lucie et me réjouissait de lire à nouveau Philippe Saimbert. Las, c’est pourtant cette fois-ci une rencontre totalement ratée…

Quand j’étais jeune, je fuyais déjà les bandes de copains, surtout les groupes de garçons aux blagues éculées et lourdes, toujours les mêmes, aux rires gras, aux allusions vaseuses, à l’humour de fond de culotte et au cerveau ramollo (je fuyais aussi les bandes de filles, c’est tout dire…). Raymond, Eric, Didier, Joaquim, Bertrand et le narrateur forment une bande ultra soudée qu’ils appellent entre eux « la Raya », le narrateur étant le « Rayator » : « La Raya, c’était le Clan, la Horde, la Confrérie, le Cercle ; bref, la bande d’amis, la famille que nous formions depuis les bancs du lycée ou de la fac ». Ils sont tous très différents, mais restent soudés malgré les années, ce qui est de prime abord plutôt sympa. Nous avons droit à une belle brochette variée de métiers : un garagiste, un commerçant amoureux de son boulot (un sex shop), coiffeur à mi-temps, un musicien punk raté, un prof dépressif, un caissier de banque qui se fait virer… Un peu caricatural, mais bon…

Or les copains ont maintenant 40 ans, du gras au bide, quelques rides, des cheveux en moins et… ils sont toujours aussi lourdingues… J’ai eu l’impression que pas un n’avait mûri et que les quelques-uns qui semblent avoir un peu évolué sont juste… aigris… Bref, ça partait mal dès le début, où j’ai commencé à les trouver stupides et pathétiques. Ce n’est plus du potache sympathique qui fait sourire, c’est juste du ridicule et on aurait plutôt envie de les traiter de pauvres types si on les croisait… (bon, je vous avais prévenu, je n’aime pas les bandes…).

De plus, j’ai totalement détesté le style, qui veut faire « djeuns », mais tombe juste dans le ringard avec des jeux de mots que j’ai trouvés stupides… La nostalgie à outrance (ah c’était le bon temps…) devient totalement plombante… Quand vont-ils grandir un peu ? Et même les jeunes d’aujourd’hui ne disent plus « PTDR de chez LOL » !!! Et pas de bol pour moi, aucune des références musicales et cinématographiques de l’auteur ne m’a parlé… : AC/DC, je connais et déteste, et les autres groupes cités, je ne savais même pas qu’ils ont existé…

Bref, les copains veulent marier le romantique de la bande (parce que chacun a sa spécialité, il y a le romantique, le queutard, le fidèle…) qui est fou amoureux d’une fille qui le traite comme une merde, et dont le chien le mord une fois sur deux. Je ne peux pas vous dire s’ils y arrivent, car j’ai laissé tomber le bouquin au milieu… 

« Mes amis, mes mouches drosophiles, mes chihuahuas à queue courte, vous avez tous vu le film Il faut sauver le soldat Ryan ?! Eh bien votre mission, si vous l’acceptez, sera de marier le soldat Bertrand avant la fin de l’année ! »

Désolée Monsieur Saimbert, même si vous m’avez offert ce roman, je n’ai pas pu me forcer… Mais j’ai lu sur internet d’autres avis bien plus positifs que le mien ! 

Le blog de Philippe Saimbert. Pour lire des extraits