Souviens toi de demain-Vanessa Caffin-Liliba

 

Pouvez-vous imaginer pire malheur que perdre la mémoire ? Comment se reconstruire quand on ne sait même plus qui on est, quel est notre nom, si on est marié ou non, si on a des enfants, quelle a été notre vie et comment on en est arrivé là ?

C’est pourtant bien ce qui arrive à Charlie…

Et moi qui me réjouissais de lire ce roman découvert chez Zazy , j’ai commencé à m’énerver au bout de quelques pages…

Tout d’abord parce que le sujet ressemble beaucoup, en ce qui concerne la mémoire, à un roman dévoré l’année dernière Avant d'aller dormir de S.J. WATSON, qui m’avait tenue en haleine de bout en bout. Comparez, j’ai d’ailleurs recopié le même paragraphe d’accroche, puisqu’il s’adapte aux deux romans… 

Bon, le sujet est très similaire, passons, cela arrive. Mais par contre, j’ai très vite été en colère en lisant de nombreuses incohérences et surtout en me rendant compte que l’histoire n’est pas crédible pour deux sous. Charlie s’est fait agresser par son propre fiancé, qui a l’air pas très net du ciboulot dès le départ. Il va même jusqu’à effacer les traces de lutte dans l’appartement de la jeune femme avant de la déposer entre la vie et la mort sur le trottoir de la rue voisine et d’appeler le Samu. 

Elle est hospitalisée et quand elle se réveille du coma un mois plus tard, elle est amnésique, mais d’une forme particulière d’amnésie : chaque nuit la plonge dans un trou noir puisqu’au petit matin elle a tout oublié à nouveau (exactement la même chose que Christine dans Avant d’aller dormir…). Les médecins lui donnent des carnets noirs sur lesquels elle note tout (comme Christine également…). Or un jour dans sa chambre d’hôpital, sa voisine de lit et amie (de chaque matin) est emmenée aux urgences en catastrophe, mais a le temps avant cela de crier : « Je vais mourir. Retrouver mon mari, retrouver Adam ». Sous le choc, Charlie écrit la phrase par réflexe et je vous le donne en mille, elle pense que c’est d’elle qu’il s’agit le lendemain matin, ne trouvant que ce carnet et pas les précédents qui racontent tout de son parcours. Affolée, elle s’enfuit de l’hôpital.

Et là, on se dit que l’auteur prend vraiment les lecteurs pour des idiots. Car dans son sac à main retrouvé avec elle quand elle a été secourue, tout est là pour la retrouver : sa carte bleue, un badge avec sa photo et le nom d’une société… Et on veut me faire croire que la police, à qui bien sûr on doit signaler ce genre d’incident, n’aurait pas retrouvé ni l’appartement de Charlie ni la boite dans laquelle elle travaille ?

Plus loin, il est fait mention de gens qui sont venus toquer à la porte et de policiers posant des questions, mais ils n’ont sacrément pas bien dû faire leur boulot...

Bref, à partir de là (page 45), j’ai décroché…

La jeune femme va enquêter de son côté, du côté de son travail, puis retrouver son appartement et s’y enfermer, mourant de peur et devenant vraiment folle dans sa solitude et le noir recommencé chaque matin, d’autant plus que les quelques éléments de vérité qu’elle détient sont sans-dessus dessous et qu’elle a totalement réinventé la vérité en la modifiant, si bien que la Charlie qu’elle décrit dans son carnet ne correspond en rien à celle qu’elle était avant. Vincent, le vilain fiancé qui l’avait tabassée est bien content, d’une part parce qu’il récupère sa Charlie, sa chose et qu’elle ne se souvient de rien, mais aussi parce qu’il trouve enfin avec cette histoire la matière de son prochain roman, qui était totalement en panne. Comme il est vraiment fracassé de la cafetière, il en profite pour manipuler la pauvre fille qui devient de plus en plus parano.

Sa descente aux enfers est assez bien décrite, sauf qu’avec mon esprit pragmatique (terre à terre dirait mon homme), je ne comprends pas qu’à un moment où un autre elle ne demande pas de l’aide. Elle va bien voir les flics, mais ne raconte pas son histoire et donc n’est pas du tout crédible, et elle fuit les médecins… Elle est trop folle à la fin, mais aurait pu le faire au départ… mais sans doute est-ce cela, la folie, ne plus savoir ce qu’il faut faire ? 

D’autre part, j’ai trouvé que le récit comportait de nombreuses phrases "clichés" sans intérêt : « le dernier jour du reste de ta vie », « un jour, elle a cessé de me regarder comme hier »… et d’autres. On dirait un journal intime d’adolescente et je suis sûre que je retrouverais tout un tas de phrases du même type dans mes écrits de l’époque… Les dialogues sont de plus souvent d’une platitude extrême…

J’ai par contre trouvé que Vincent, l’affreux fiancé psychopathe était très bien décrit (ben oui, je ne peux pas râler tout le temps non plus) puisqu’on sent dès les premières pages qu’il n'est pas net et que ça s’accentue au fil du récit. Et j’ai bien aimé aussi les rebondissements de la fin et notamment le tout dernier : excellent !

Merci pour Zazy m'avoir prêté ce roman ! Une interview de Vanessa Caffin.

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