Messe noire - Olivier Barde-Cabuçon Lectures de Liliba

 

Paris, au milieu du 18ème siècle. Louis XV est de plus en plus contesté et les esprits s’échauffent, tant à la cour que chez les bourgeois ou le petit peuple de Paris. Il faut donc absolument garder le secret sur la mort d’une jeune fille, retrouvée nue sur la tombe d’un cimetière de la ville, en plein mois de décembre. Messe noire ? Rite satanique ? Il n’y a pas de témoin et peu d’indices : un gardien mort lui aussi, une hostie noire, un crucifix et quelques empreintes de pas… Sartine, le lieutenant général de police, craint que cette nouvelle n’enflamme la population et surtout est terriblement angoissé à l’idée d’un retour de la mode des messes noires. Il enjoint à Volnay, le commissaire aux morts étranges et à son assistant le moine hérétique, qui n’est autre que son père, de pousser l’enquête au plus vite pour découvrir les tenants et aboutissants de cette histoire, et surtout le ou les coupables !

Il leur met dans les pattes une ravissante jeune femme, présentée comme Hélène de Troie (!), pour les aider dans leur enquête, mais aussi pour espionner ces deux esprits frondeurs en lesquels il n’a qu’une confiance limitée. La belle Hélène aidera les compères dans leurs recherches, mais arrivera aussi à semer la zizanie entre ces deux personnages aux caractères bien trempés. Cependant, les trois se lancent à la poursuite du diable lui-même, allant de découvertes en déconvenues et comptant les morts, et de plus en plus persuadés d’être manipulés par Sartine qui n’a pas dévoilé tout ce qu’il connaissait de l’affaire, loin de là. Ces pratiques de magie et de messes noires toucheraient-elles même la bonne société ? Vont-elles jusqu’à Versailles et jusqu’au roi lui-même ? 

J’ai beaucoup aimé les relations entre le père et le fils, leurs caractères assez opposés, leurs chamailleries et malgré tout leur amour profond l’un pour l’autre qu’ils ont un mal fou à s’avouer. J’ai moins aimé le personnage d’Hélène, rouée et dont on sent qu’elle cache bien des secrets et j’ai regretté que ne soient pas plus développés les aspects historiques réels de l’époque pour donner un peu plus de fond au roman, dans lequel on sent poindre pourtant les prémices d’un mécontentement général qui ira jusqu’à la révolution. Cela dit, c’est une lecture très divertissante et haute en couleur, avec une intrigue bien troussée qui fait voyager le lecteur dans le temps.

Cette plongée dans le Paris de l’époque est sympathique et intéressante et ce roman est agréable à lire, avec plusieurs retournements de situation et des coupables auxquels on ne s’attend pas.

 

Ce roman fait suite à Casanova et la femme sans visage du même auteur, mais les deux peuvent aisément se lire dans le désordre.

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