Une bonne éducation – sylvie tabet Lectures de Liliba

 

0 Challenge Rentrée littéraire 2013

Une bonne éducation, je peux me targuer d’en avoir reçu une. Des principes, un peu de religion, des traditions, et des tas de non-dits familiaux qui font comme des petits cailloux dans la poche, qu’on porte d’année en année et qui finissent par bien alourdir la marche…

Ici, nous entrons dans la vie d’une famille bourgeoise juive, et notamment à travers les souvenirs d’une des filles, dans son enfance et celle de ses frères et sœurs. Une enfance comme tous leurs cousins ou amis, presque. Presque parce que leur mère n’est pas la mère de tout le monde. La leur les frappe, les bat comme plâtre pour d’obscures raisons qu’elle seule connait, ou juste pour le plaisir. Presque parce que tous, autour, ferment yeux et bouche. Le père, les tantes, les grands-parents, pourtant aimants, tous occultent ce « petit problème ». On n’en parle pas, c’est tout. On fait comme si ça n'existait pas.

 

Je n’ai pas du tout accroché à ce récit que j’ai trouvé tout à fait plombant, et surtout très plat à lire. Ca manque de consistance, de cœur, de tripes, alors que pourtant le sujet le permettait. On ne s’attache à aucun des protagonistes de l’histoire et on aurait plutôt envie de ruer dans les brancards pour les faire réagir (bien qu’on ait tout à fait conscience que les enfants n’avaient pas grand-chose à faire pour se défendre sans le soutien d’aucun adulte de leur entourage).

Et surtout, on ne ressort pas de cette lecture avec le cœur léger, tant la narratrice (l’auteur ?) semble accablée. C’est plus un témoignage qu’un roman, en tout cas c’est l’impression que ça donne. Et moi, les témoignages du malheur des autres, je suis désolée, mais ça me saoule. Autant un roman, même le plus noir, peut m’emporter, autant les descriptions des problèmes nombriliques d’autrui me gonflent, j’ai assez des miens…

J’ai également été dérangée par l’absence de chronologie. On passe d’une époque à une autre, on saute de souvenir en souvenir sans liens entre eux, tant et si bien que je me suis lassée et ai terminé ce récit en diagonale rapide…

La seule chose intéressante est ce poids de la famille, du non-dit, du mensonge. Ce poids qui pèse sur bon nombre de « bonnes familles », qui les pourrit de l’intérieur… On s’interroge aussi sur l’amour maternel, et sur la puissance de destruction que peuvent avoir les adultes sur les enfants.

Malice n’a pas aimé non plus, mais Soukee, si et Sylire a plutôt bien aimé.

0 Challenge amoureux 2013-001