Délivrances Noann Lyne Lectures de Liliba

 

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Quatre nouvelles sur le même thème, un thème dur, à tel point que l’auteur nous annonce d’emblée en guise d’avertissement que « certains passages contiennent des scènes violentes ou déstabilisantes » et que « ce livre est déconseillé aux âmes sensibles ainsi qu’aux personnes atteintes de dépression ». Mon âme ne doit pas être très sensible, car de fait, je n’ai pas trouvé du tout difficile ni pesante ma lecture.

Certes, on parle de mort. Mais la plume de Noann Lyne, bien que précise, affutée, est si poétique, si belle que la mort n’est pas l’abjecte compagne avide de nous attirer à elle qu’on pourrait imaginer, loin de là.

Bien sûr, ces histoires ne sont pas gaies. Dans chacune d’elle, la mort est là, elle rode, nous entoure, nous susurre des mots doux à l’oreille, tend la main, allume des lumières pour nous attirer à elle… Car pour certains, cette mort que le commun des mortels redoute est un soulagement, un bonheur même, un accomplissement merveilleux. On parle ici de suicide, sujet tabou encore aujourd’hui, parce que les proches, tout à leur malheur de perdre l’être aimé, se reprochent de ne pas avoir pu l’écouter, le comprendre, le sauver. Alors que pour beaucoup, c’est justement ce grand saut vers la mort qui représente l’espoir. On parle aussi d’euthanasie, un sujet qui revient régulièrement au fait de l’actualité, et l’auteur pose les faits : oui, on peut décider de partir, le décider de manière consciente et réfléchie. La mort alors, devient délivrance.

J’ai aimé ces textes, bien écrits et sensibles, et qui ne tombent jamais dans le pathos, mais sans que cela pourtant ne me touche vraiment, sans que l’émotion ne me gagne. Un peu comme si j’avais regardé la mort présente dans ces lignes de haut, de loin, en tout cas étrangère à moi (remarquez, cela me rassure !). Probablement que l’effet n’est pas le même sur des personnes fragiles psychologiquement, en situation de détresse affective, bien que ce recueil ne soit pas un manifeste pro-suicide, ou pro-euthanasie.

J’ai moins adhéré à tout ce qui concerne le passage vers l’autre vie, ce lieu d’amour mythique dont la littérature nous rabat les oreilles depuis des lustres… Une façon pour moi de fuir la réalité, de refuser de s’y confronter : l’herbe est toujours plus verte dans le pré du voisin, mais là, malgré les théories (parfois fumeuses), malgré les soi-disant expériences vécues de retour à la vie, on ne sait rien. Rien de rien. Et pour l’instant, une seule chose est certaine : quand on est mort, eh bien, on est mort. Pour moi, ces histoires de vie après la vie, de paradis fantastique sont un leurre… C’est pourtant l’inverse que pensent les protagonistes de ces quatre histoires, persuadés que la mort leur ouvrira les portes d’un autre monde, plus beau, plus doux, plus accueillant…

J’ai par contre adoré la plume de Noann Lyne pour ses descriptions de la mer, du vent, des éléments déchaînés, de la Bretagne ou la côte en général. On sent l’iode remplir nos poumons, le vent s’engouffrer dans nos cheveux, le varech nous caresser les pieds sous les rochers rugueux, on vit la mer comme si on y était, bien plus personnifiée que la mort dont il est question.

Au final, une belle lecture, que je vous conseille. A tel point que je fais circuler ce petit ce petit livre à qui veut (blogueuses habituées de ces pages).

 

 

Un recueil lu et apprécié par Daniel.

Noann Lyne, beaucoup d'entre vous le connaissent sous le nom de L'ivrogne.

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