Les Hauts de Hurle-Vent Emily Brontë Lectures de Liliba

Les deux enfants de Mr Earnshaw, son fils Hindley, et sa fille Catherine se voient un jour attribuer un jeune frère : un enfant abandonné à l’origine inconnue que le père ramène au foyer. Heathcliff et Catherine nouent rapidement des relations d’amitié étroites, qui se transforment en sentiments plus profonds bien qu’inavouables à l’adolescence, mais l’animosité entre les deux garçons ne cesse de grandir au fil du temps et devient carrément ouverte quand Hindley se retrouve maître des lieux à la mort de son père.

Hindley a juste le temps d’avoir un fils, Hareton Earnshaw, avant le décès prématuré de son épouse, tandis que Catherine épouse Edgar Linton, un riche héritier dont elle pense qu’il pourra protéger son ami Heathcliff de la colère de son frère. Sauf que le sombre jeune homme se sent abandonné et s’enfuit, avant de réapparaître quelque temps plus tard. Ils auront juste le temps de s’avouer leur amour avant que Catherine ne décède après avoir donné la vie à une petite Cathy.

La suite n’est que la longue vengeance de Heathcliff vis-à-vis de Hindley. Après l’avoir ruiné aux cartes, il devient le maître des Hauts de Hurlevent, séduit ensuite Isabelle Linton, la sœur d’Edgar et la maltraite tellement que la pauvre femme s’enfuit, en laissant cependant son fils Linton Heathcliff. Lorsque Edgar Linton (le mari de Catherine qui est morte) meurt, Heathcliff manœuvre pour que sa fille Cathy tombe amoureuse de Linton et s’installe aux Hauts de Hurlevent, où elle va être retenue prisonnière. Mais Cathy et Hareton tombent amoureux, déjouant les projets de l’infâme Heathcliff…

Vous avez suivi ? Racontée comme cela, l’intrigue semble vraiment compliquée, et c’est ce que j’ai trouvé en effet au début de ma lecture, ayant du mal à faire le lien et me souvenir qui est qui par rapport à qui… Une histoire complexe, donc, mais qui m’a impressionnée par sa noirceur et le côté implacable et destructeur des personnages. Il y a de la tragédie grecque dans ce roman, où l’on sent bien qu’aucun des acteurs – ou si peu – n’en sortira indemne. J’avais lu ce roman lorsque j’avais une quinzaine d’année et me souviens l’avoir adoré. Cette seconde lecture m’a beaucoup plu également, mais j’ai été moins séduite. Serais-je devenue moins romanesque ? Certes, le texte est toujours magnifique, et superbes les descriptions de la lande sauvage et inhospitalière du Yorkshire, de ces terres balayées par le vent et la pluie. Certes également, Emily Bronte décrit les sentiments avec une force et une justesse incroyables, laissant parler ses deux narrateurs : Lockwood, locataire d’un manoir appartenant à Heathcliff, et Mrs Dean, domestique bavarde qui en a vu, des choses, et en a autant à dire, mais…

Mais… mais cette vengeance qui n’en finit pas, ces personnes qui se complaisent dans le malheur, ce poids du passé et des amours ou haine des autres qui pèse sur les enfants, cette soumission au sort, tout cela a à mon goût vraiment vieilli et si le texte reste beau, je trouve qu’il a pris un petit parfum désuet qui aura sans doute du mal à passionner les lecteurs d’aujourd’hui. 

0 Challenge amoureux 20120 Challenge Petit Bac 20130 challenge un classique par mois