Georges Tanguy Prouvost Lectures de Liliba

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Georges, c’est le copain que l’on se souhaite de ne jamais rencontrer. Un vrai pot de colle qui n’en fait qu’à sa tête, toujours à se remémorer à notre esprit dès qu’on tente de l’oublier ou de l’éloigner, un petit vicieux méchant, une vraie teigne.

Georges, c’est la plaie de Tanguy, son « moche » qu’il a rencontré le jour de ses 19 ans alors qu’il jouait au foot avec ses copains sur la plage du Touquet. Il a tout fait pour s’en séparer, mais a dû apprendre à vivre avec…

Georges, c’est une maladie, un mal étrange qui s’est déclaré soudainement dans la vie du jeune homme alors qu’il était en pleine santé et entamait ses études à Bruxelles. Un sale truc qui lui faisait tourner la tête, voir double et l’empêchait de marcher droit comme un vieux clochard saoul, un truc caché au fond du cerveau qui influait sur ses jambes…

Pour surmonter cette épreuve, le jeune homme donne un nom à son mal, et en le nommant arrive à l’accepter, et surtout le combattre. En personnifiant sa maladie, il lui fait face, lui parle, lui donne corps en quelque sorte, seul moyen pour lui d’arriver à continuer à vivre malgré tout. Il va bien sûr être hospitalisé et subir de lourds traitements médicaux dont l’efficacité s’avèrera éphémère, se tournera ensuite vers les médecines plus douces, ira jusqu’en Bolivie tester des remèdes de chamanes, bref subira le parcours de nombreux malades qui tentent tout pour se défaire de leur maladie.

Le jeune homme a cependant besoin de distanciation dans son récit totalement autobiographique et pour cela renomme les lieux qu’il doit fréquenter pour tenter d’éradiquer Georges : l’hôpital est la planète Zorg, Alice est un corticoïde qu’on lui injecte pour le soulager, il passe une IRM avec La grosse Lucette et rencontre également toute l’armée d’Obléo (l’homéopathie)…

Ne croyez pas que ce livre soit triste et pesant, bien au contraire ! Même si Tanguy Prouvost ne cesse de parler de Georges et donc de ce mal qui le fait souffrir et le handicape, il clame haut et fort son amour de la vie et le livre n’est qu’un cri d’amour au bonheur, il respire l’envie de vivre, de voyager, d’aimer et de partager. Sans doute cela est ce dû à sa nature heureuse et positive et au fait que le jeune homme ait été très entouré dans son épreuve par sa famille et ses amis, mais on remarque également qu’il est extrêmement courageux, têtu et volontaire. Et c’est donc pour les lecteurs une très belle leçon de vie, très émouvante. Certes, on peut être malade et souffrir d’un handicap, mais on peut aussi en même temps aimer la vie et tenter d’en tirer le meilleur parti que nous laisse la maladie, profiter de chaque instant, ouvrir ses yeux et son cœur aux autres, et garder son humour, qui s’avère indispensable pour aider à passer les mauvais moments.

Tanguy Prouvost veut également faire comprendre le poids des regards sur les personnes malades ou souffrant d’un handicap : curiosité, pitié, indifférence, chaque regard qui ne soit pas bienveillant et aimant blesse. Une très belle distinction a été faite par un de ses amis, qui lui a un jour dit qu’il avait un handicap, mais n’était pas pour autant handicapé…

« Je n'ai pas d'explication face à ce qui m'est tombé dessus par hasard et le fait de m'inventer un monde m'a permis de m'accepter comme je suis. Je ne suis plus soucieux du regard des autres. Et c'est tellement plus simple d'en parler comme ça. Mes proches me disent "Comment va Georges ?" et pas "Comment va la santé ?" Ça m'aide et ça les aide aussi. »

Une très belle lecture, que je vous conseille, que vous ayez ou non un Georges à vos côtés !

Le site de Georges.

Les illustrations du livre sont signées Antoine Duthoit.

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