La sixième Susie Morgenstern Lecture de Liliba

Le mercredi je lis avec mon petitQuand Margot reçoit enfin sa lettre d’admission en 6ème, elle doit la relire « au moins soixante dix fois » pour être certaine de ne pas rêver : elle va effectuer sa prochaine rentrée scolaire au collège du Parc des Grands Pins, « avec comme première langue vivante anglais ».

Elle est folle de joie, mais un peu inquiète également, bien que sa grande sœur lui prodigue quelques conseils avisés. Il faut dire qu’elle n’est pas très aidée par sa maman, invraisemblable tête en l’air (j’ai trouvé mon maître ! il y a donc pire que moi, me voilà tout à fait rassurée et soulagée de ne pas être une mère indigne qui parfois, oublie quelques tâches à accomplir pour sa progéniture !).

Il faut trouver le carnet de vaccination, sauf que Margot n’a pas de carnet, mais uniquement des feuilles volantes qu’il faut donc photocopier, faire des photomatons, acheter le cahier de correspondance…

Comment s’habiller le premier jour ? Faut-il prendre un cartable ? Que de questions, et déjà que de stress avant ce premier jour !

J’ai offert ce livre à ma fille alors qu’elle était en fin de CM2, pensant lui faire plaisir et l’amuser à passer le cap de l’entrée en 6ème, qui il faut l’avouer ne l’angoissait pas du tout, mais qu’elle attendait en trépignant d’impatience. Curieusement, elle a toujours repoussé le temps de la lecture jusqu’à cette dernière semaine, et m’en voilà ravie car j’ai trouvé ce petit livre… bien terrifiant !

En effet, même si tout cela est raconté sur un ton humoristique, il n’en est pas moins qu’on sent à chaque page le stress de cette pauvre gamine, qui doit faire face à pas mal de problèmes à la fois. Profs pas tous très sympathiques, devoirs à n’en plus finir, bousculades à la cantine et dans les couloirs, punitions et remarques désobligeantes de la part de ses camarades, la petite fille cumule les échecs en ce début d’année. Elle en fait même des cauchemars qui la laissent épuisée et démoralisée au petit matin… à tel point qu’elle est si stressée qu’elle arrive une heure en avance au collège ! Elle est prise d’angoisses devant ses devoirs ou l’interrogation de maths, et en plus la bouffe de la cantine est immonde !

Pourtant, elle est pleine de bonne volonté ! Elle accepte d’être déléguée et propose même un programme pour améliorer la vie de la classe. Las, il semble que son enthousiasme ne rencontre que des obstacles et j’ai vraiment eu pitié d’elle… Même si sa mère ne cesse de répéter «  tu t’habitueras », on trouve le temps long… Heureusement, elle est bonne élève et arrive à se maintenir même si la sixième 6, sa classe, est réputée pour être la pire du collège…

Bref, je suis ravie que ma Charlotte n’ait pas lu ce livre avant sa rentrée… Au moins, maintenant qu’elle a passé le cap et qu’elle est super heureuse dans son collège, épanouie, bonne élève, et qu’elle s’est fait plein de nouvelles copines, peut-elle avoir le recul pour rire des histoires de Margot, mais je me serais mordu les doigts si elle avait lu ce petit roman avant…

Certains aspects du livre m’ont beaucoup plu cependant, telles les listes d’abécédaire qu’invente la fillette, pleines d’humour, ses rédactions fraîches et sympathiques, ou les notes qu’elle donne aux profs, mais j’ai été choquée par pas mal d’autres points. Certains profs sont des caricatures de ce qu’on peut redouter dans une vie scolaire (prof de français et sa notation qui m’a fait bondir… ou prof qui jette le stylo d’un élève à la poubelle…), et surtout, la mère de Margot semble totalement azimutée, incapable de rassurer sa fille et même de tenir correctement son rôle de mère ! C’est bien beau de dire à son enfant « tu t’habitueras », ce qui n’est pas faux, mais il faut au moins rassurer, calmer les angoisses, parler… Bref, je suis effarée ! C’est sensé être drôle, mais cela ne m’a pas du tout fait rire. Même la fin est abominable et j’aurais bien étripé de mes propres mains le sale gosse qui joue ainsi ce vilain tour à Margot. Si cela m’était arrivé à moi, j’aurais été totalement traumatisée…

 

Voici maintenant l’avis de Charlotte, noté quasiment mot à mot (11 ans, en 6ème) :

Si j’avais eu une mère comme ça, ça doit être l’horreur ! Ne pas savoir ranger les choses à la bonne place - bien sûr, moi je ne suis pas spécialement faite pour ça -  mais ici au moins les carnets de santé sont toujours au même endroit. Elle n’aide pas du tout sa fille, toi tu m’as aidée et après j’ai réussi à faire toute seule. Toi, tu me donnes beaucoup plus de conseils, mais quand j’aurai 15 ou 60 ans tu ne me diras plus rien. Je te préfère toi.

Quand la prof découvre l’abécédaire, c’est trop drôle, parce qu’elle veut ensuite en créer des plus sympas. 

Je suis contente de ne pas l’avoir lu avant la sixième, sinon j’aurais été bien plus stressée, là, ça s’est bien passé et je la plains d’avoir une vie comme ça. Moi j’adore la sixième, c’est super, la mienne. Si j’avais eu une sixième comme Margot, j’aurais demandé à changer de classe. (air scandalisé)

La notation du prof de français est complètement injuste. Nous, si on a 8 bonnes réponses, on a 8 sur 10 ou 16 sur 20. C’est nul, tout le monde a des super mauvaises notes ! Le prof n’est pas très intelligent : savoir tous les noms des vents ne sert à rien, mieux vaut en connaître deux ou trois et savoir les reconnaitre que tous les apprendre et ne pas savoir s’en servir. (moulinets de bras, et moue choquée)

Ses copines ne sont pas sympas quand elles font la liste et disent qu’elle est la plus idiote. Moi ça me ferait pleurer… Et elles se sont mis les trucs les plus sympas. Si ça m’arrivait, je ferai la même chose et je mettrai leur feuille dans la poubelle. (bras croisés, résolue)

Quand elle organise la rencontre chez elle, ils auraient pu venir ou au moins appeler et donner une excuse. Elle a passé plein de temps à organiser, c’est pas cool ! 

A propos de la notation des professeurs : C’est comme quand eux nous notent. (Rires) j’aimerais bien noter mes profs, sur le coup, c’est pas sympa sur eux, mais quand tu y repenses, tu te dis que c’est vraiment eux. 

Ça m’a plu mais sans plus. J’ai détesté le garçon avec le cartable de Margot. Il est immonde. Si on me faisait ça, j’irais le dire aux profs. Et aussi la réunion des profs où ils commencent à critiquer les élèves et Margot alors qu’elle est dans la salle. 

Ce que j’ai le plus aimé ? Le shopping pendant la journée pédagogique et à la plage ensuite avec les amis (grand sourire et yeux qui brillent), quand ils décident tous ensemble de faire un grand goûter, mais c’est dommage que ça soit à la fin de l’année !

Comme conclusion, je veux dire que je suis heureuse d’être en sixième, mais je ne n’aimerais pas être dans la sixième de Margot.


Le site de Susie Morgenstern.

Un roman jeunesse lu également par Leiloona, A propos de livres, Calypso, Sassenach, Lasardine, Mélusine...