Un_oc_an_de_pavots_Amitav_Ghosh_Lectures_de_Liliba

Si vous aimez les romans d'aventure, et si vous aimez voyager, dans le temps comme dans l'espace, découvrir de nouvelles contrées et des modes de vie différents des nôtres, ce roman est fait pour vous !

Nous sommes au début de l'année 1838, dans la plaine du Gange. Deeti, une pauvre paysanne, a une vision alors qu'elle ramasse le pavot dans son champ : elle voit un bateau, mais un bateau comme encore elle n'en n'a jamais vu, totalement différent des petites barques qu'elle aperçoit habituellement sur le fleuve, une goélette immense, qui semble venir de nulle part, mais se diriger vers elle...

Ses yeux gris de magicienne ont bien vu ce qu'ils ont vu, et ce n'est pas le pavot qui en est la cause, puisque Deeti n'en consomme jamais, au contraire de son mari qui travaille à l'usine de transformation toute proche, tenue par les anglais et cause de la misère dans la région (culture intensive du pavot, les paysans ne peuvent plus planter autre chose par peur de ne pas atteindre un quota satisfaisant, et ne peuvent plus vivre en auto-suffisance en mangeant les produits de leur récolte. Ils sont donc totalement dépendant du pavot, des conditions climatiques, de la qualité de la récolte, et des prix fixés par les anglais...).

Quand, quelques temps plus tard, elle aura sous les yeux son songe, quand elle découvrira que ce bateau existe bel et bien, Deeti comprendra que ce navire est un signe du destin et qu'elle doit se lier à lui, et pour cela embarquer à son bord.

L'ibis, qui autrefois transportait des esclaves, est maintenant un navire marchand, même si parfois sa cargaison n'est pas tout à fait conforme à ce qui était prévu au départ. Parti de Baltimore et en route vers "Mareech", l'île Maurice, il fait escale à Calcutta pour embarquer des coolies, cargaison humaine qui servira de bras dans cette île par delà les eaux noires, dont on dit qu'elle est peut-être hantée...

Sur le bateau se croisent des gens de tous horizons, qui tentent tant bien que mal de supporter les difficultés de la navigation, de même que la promiscuité et parfois les haines tenaces qui les opposent et les lient tout à la fois.

Ainsi Zachary Reid, le commandant en second, un Noir qui passe pour un Blanc et doit batailler pour se maintenir à son poste, face aux coups bas d'autres marins. Detti, qui embarque avec Kuala, son nouveau mari, l'homme qui l'a sauvée du bûcher funéraire sur lequel elle avait décidé de mourir, y rencontre aussi Paulette Lambert, une jeune française orpheline fuyant en cachette l'Inde et ses contraintes, ses obligations de mariage arrangé et la famille qui l'a accueillie à la mort de son père, de même que Yodu, un jeune indien intrépide qui s'est engagé comme mousse et qui fut le frère de lait de Paulette. Et en fond de cale de l'Ibis sont terrés deux prisonniers condamnés à l'exil, dont l'un est le raja lui-même, Neel Rattan, trahi par les anglais et emprisonné après avoir été accusé de malversations frauduleuses.

Tous ces personnages évoluent d'abord autour du bateau, puis à son bord, apportant chacun le bagage de leur vie mouvementée, de leurs terreurs, de leurs espoirs. Le voyage qui promet d'être long, d'autant plus que personne ne sait vraiment ce qui les attend à l'arrivée, une fois qu'ils auront bravé tempêtes et mutineries, mais aussi vécu malgré tout de belles histoires d'amour, d'échange, de confiance.

Un roman très dépaysant donc, qui vous offrira une belle traversée de l'Inde, au fil de tous ces personnages aux personnalités marquantes, mais que j'ai trouvé moins extraordinaire que le fabuleux Le pays des marées, que j'avais littéralement adoré.

 

Un roman lu par Mélo, Dominique, Laurent, Biblioblog, Val, La livrophile, Chiffonnette...

 

Un grand merci aux Editions Robert Laffont, qui m'ont offert ce livre, comme prix de ma critique du roman L'homme de Kaboul de Cédric Bannel.

Editions_Robert_Laffont

1__Rentr_e_litt_raire_2010

Challenge_Petit_Bac