Les lectures de Lili... Et un peu de ma vie aussi...

Ce que j'aime, ceux que j'aime... Un peu de tout, en vrac, et suivant mes humeurs...

30 juin 2009

Pause estivale

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Le soleil brille enfin, et si j'ai encore le temps de lire, j'ai moins celui de rédiger mes commentaires de lecture ou de venir vous rendre visite, je prends donc une petite pause pour vous concocter quelques textes à mon retour !

Bon été à tous et toutes !

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28 juin 2009

Le voisin

Tatiana de ROSNAY

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Quatrième de couverture
Face à son nouveau voisin, elle a le choix vaincre ou déménager - Un mari souvent absent. Un métier qui ne l'épanouit guère. Un quotidien d'une affligeante banalité. Colombes Barou est une femme sans histoires. Une de ces femmes auxquelles il n'arrive jamais rien. Comment peut-elle imaginer ce qui l'attend dans le nouvel appartement où elle vient d'emménager ? Sans raisons apparentes, à l'étage supérieur, un inconnu lui a déclaré la guerre. Seule l'épaisseur d'un plancher la sépare désormais de son pire ennemi...

Ce roman est agréable à lire mais ne me laissera pas un souvenir impérissable. Je n'ai pas trouvé Colombes très attachante, dont le caractère est sans grande personnalité et qui se cherche toujours sans pour autant se donner les moyens de trouver sa voie. Je l'ai trouvée un peu molle et les aventures qui lui arrivent depuis qu'elle a emménagé dans ce nouvel appartement m'ont semblé parfaitement improbables. Non pas parce que de tels voisins ne peuvent exister, je suis au contraire tout à fait persuadée qu'il existe bon nombre de pervers manipulateurs autour de nous, mais parce qu'avec mon caractère (de cochon, diraient certains... bien trempé, diraient d'autres...), je ne me serais je crois jamais laissée malmener ainsi sans réagir de façon tout à fait exemplaire (voire extrême ou même violente !). Je me suis même dit en cours de lecture "tu l'as bien cherché, ma vieille !", tant j'avais envie de lui secouer les puces pour qu'elle arrête de se plaindre et de se morfondre, de se complaire dans ses angoisses plutôt que d'attaquer le problème de front. Cela dit, je peux également comprendre qu'un être dont la personnalité est vacillante puisse se retrouver ainsi à la merci d'un maître chanteur et ne sache comment se dépêtrer d'une situation devenue invivable...

Une lecture détendante, donc, mais sans plus.

Florinette l'avait lu à sa sortie et avait beaucoup aimé, de même que Cuné.

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26 juin 2009

La rencontre

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Elle avait vu les tubes, les machines, les tuyaux qui le reliaient à la vie. Elle avait vu le lit blanc avec le crucifix accroché au dessus, la chambre blanche, l'enfant livide. Elle avait croisé le regard de l'enfant ; elle y avait lu l'espoir, un espoir immense, et l'amour, un amour démesuré pour la vie, pour les hommes. Elle n'avait pas compris, elle ne pouvait pas imaginer un seul instant que l'être couché en face d'elle, cet enfant qui n'en n'était presque plus un tant il était malade, mutilé puisse rire, et aimer, et rêver encore. A sa place, elle aurait plutôt voulu mourir pour ne pas souffrir, ne pas connaître cette dépendance à autrui, cette vie végétative, cette déchéance et dégradation lente et inéluctable du corps. Elle était révoltée. Contre la vie si cruelle, contre les médecins impuissants, contre le destin, contre le monde entier ; elle bouillait de haine et d'envie de vengeance, elle aurait voulu tout casser pour effacer les traces de ce malheur, pour repartir à zéro, pour retrouver une vie normale, un enfant normal. Détruire le lit, la chambre, la croix, comme si cela pouvait effacer l'horreur, annuler le malheur...

Elle avait de nouveau regardé l'enfant. Ce regard clair, si limpide, presque insoutenable tant il était pur, et serein. Et, elle ne savait pas pourquoi, non, depuis toutes ces années, elle n'avait pas encore compris pourquoi, elle avait été remplie d'amour. D'un amour pur, inconditionnel, total et absolu pour cet enfant, pour tous les hommes et pour Dieu. Elle avait passé et repassé un millier de fois la scène dans sa tête, revu chaque détail, mais non, jamais elle n'avait trouvé ce qui avait déclenché ce jour-là sa vocation, sa rencontre avec Dieu. Elle si terre à terre, si matérielle, tellement de son époque, profitant pleinement avec ses 20 ans de la société de consommation dans laquelle elle vivait... A travers les yeux de cet enfant elle avait entendu la voix du Seigneur, et perçu son appel. Elle n'avait pas réalisé comment cela avait pu se passer, ni pourquoi elle avait été choisie, mais, après toutes ces années, Soeur Marie-Agnès était heureuse d'avoir su écouter son coeur.

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24 juin 2009

Le sumo qui ne pouvait pas grossir

Eric-Emmanuel SCHMIDT

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sumo

Quatrième de couverture
Dans une ville du Japon, de nos jours, un garçon de 10 ans grandit dans un orphelinat. Son père est mort de surmenage professionnel et sa mère est atteinte de cyclothymie aiguë. Comme tous les enfants de son âge, il est passionné de technologies et de jeux vidéo. Étrangement, il a attiré l’attention d’un lutteur de sumo, de passage. Ce dernier, grand maître de force et de sagesse, a repéré le »  gros »  qui se cache en lui. Il entreprend donc, alors que ce gosse garde sa corpulence normale, de lui expliquer les éléments fondamentaux et les pratiques d’un sport ancestral et d’un art martial qui touche à la plus profonde philosophie zen…

J'ai dévoré ce dernier ouvrage de EE Schmidt avec passion. J'ai eu l'impression de retrouver l'ancien Schmidt, celui de Oscar, de L'Evangile selon Pilate ou de L'enfant de Noé, celui qui à partir d'un récit simple et léger nous permet de réfléchir, de continuer à y penser une fois le livre refermé...

Au contraire de Madame Charlotte qui l'a lu et a été déçue (une lecture qu'elle qualifie d' "agréable mais superficielle" alors que l'auteur est son "chouchou"), j'ai trouvé à ce récit une vraie profondeur, cachée comme l'auteur sait si bien le faire derrière les mots et les phrases anodines. C'est un petit conte initiatique qui m'a ravie, parce que j'ai reconnu en moi la grosse qui se cache (enfin, me dit mon jean fétiche, la grosse ne se cache pas tant que ça en ce moment !), parce qu'au delà de l'histoire de ce jeune homme qui veut grossir pour devenir un vrai sumo, j'ai retrouvé une part de moi-même, toujours à la recherche d'un idéal quasi inaccessible... La question est de savoir si cet idéal forgé est vraiment bon pour moi et le but ultime de mes actions, de mes paroles et de toute ma vie...

Je vous engage donc à lire ce joli petit livre et à vous laisser rêver et réfléchir sur le sens de votre vie, sur vos buts, vos envies...

Le site de l'auteur.

22 juin 2009

Bonne nuit, doux prince

Pierre CHARRAS

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  • "Je le voyais s'éloigner, la nuque maigre, le crâne chauve, les épaules effondrées. Je n'ai pas bougé. J'aurais dû l'appeler, le serrer dans mes bras, lui dire que j'étais heureux qu'il me fasse cadeau, pour me faciliter la vie de tous les jours, des ob­jets qui lui avaient permis d'être lui. Mais je n'ai pas bougé, je n'ai rien dit. C'est aujourd'hui, tant d'années après, que je voudrais le rattraper et le prendre contre moi. Je sais bien qu'il est trop tard, mais j'y reviens sans arrêt. Comme un cul-de-jatte qui a mal aux jambes, j'ai mal à mon père. C'est ça au fond notre histoire. Des gestes qui n'ont pas eu lieu. Des mots que j'ai négligé de dire. Des élans d'amour aujourd'hui périmés qui m'étouffent. Je n'en finis pas d'établir le catalogue des occasions manquées."

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Pierre Charras ressuscite son père décédé, lui parle comme il n'a pas pu ou pas su le faire lorsque celui-ci était encore près de lui et nous livre dans cet ouvrage un brillant témoignage d'amour filial, servi par une écriture simple et juste. Nostalgie du temps passé, des moments fugitifs de bonheur en commun, regret des paroles non dites, ou de celles qui ont fusé trop rapidement et ont blessé, mésentente et rancoeurs parfois... l'auteur nous emmène dans son enfance à la rencontre de ce père silencieux et imposant, il nous promène dans les méandres des relations familiales et de leurs secrets, et nous ressortons de ce livre émus, très émus par ce cri d'amour qui malheureusement arrive bien tard et ne pourra plus combler le vide et l'absence de ce père méconnu et malgré tout tant aimé.

Un très beau livre ! Merci Odile, pour ce prêt qui m'a permis de découvrir cet auteur. Antigone est "restée un peu en retrait de cette lecture", bien qu'elle ait aimé.

La dédicace de l'auteur trouvée sur Passion du Livre :

"Bonne nuit, doux prince est mon treizième roman et, en même temps, le premier ou le seul que je voulais faire sur mon père, parce que mon père est mort il y a vingt-six ans et que, depuis, je suis inconsolable. Ce livre est la stèle que j'élève pour mon père. Jusque-là, il est partout dans mes livres - c'est le treizième... Il a toujours été présent, mais il est présent par morceaux, par extraits. Ce sont des petites guerres, ramassées comme ça... Et là, il s'agit d'une véritable stèle, un monument. Du moins, je l'espère... C'est ce qu'ai voulu faire, c'est ce que j'ai essayé. Ce treizième livre est l'accomplissement d'un désir que j'avais dès le premier, qui était de rendre hommage à mon père et de lui dire : «tu étais bien ; je ne te l'ai jamais dit, mais tu étais bien. Et tu étais, comme je le dis dans le titre, un prince, alors que tu étais un pauvre prolo, bien sûr, fauché et ignorant». Mais quand même, il avait une sorte de noblesse du coeur que j'ai essayée de peindre, avec mes souvenirs qui sont de plus en plus rares, de plus en plus solides et douloureux. J'espère que ces explications ont été suffisantes et ont donné envie à mes lecteurs éventuels, à mes lecteurs potentiels, possibles, souhaitables, souhaités, d'avoir du plaisir. Moi, j'ai eu beaucoup de plaisir à le faire, mais j'ai imaginé du plaisir à le lire. C'est du plaisir pour les autres, pas pour moi. Mais je l'ai fait dans le but de donner du plaisir et de donner envie à mes lecteurs de dire : «bonne nuit, doux prince» à leur papa, si leur papa est encore là."

"Je voudrais que mon récit fût une ballade. Non pour jouer sur les mots car il ne s'est jamais baladé, au cours de ses périples, il n'a jamais flâné ; il remontait une piste mystérieuse qui le conduisait à son point de départ ; il s'imposait ce devoir par tous les temps et quel que soit son degré de fatigue, comme d'autres vont à la première messe du matin. Non, je voudrais que ce qui précède fût une ballade car nous en serions maintenant à l'envoi : Prince..., écrirais-je pour m'adresser à lui. Et ce mot est si juste. Il lui va si bien."

"Prince...J'aurais voulu tout décrire de toi. J'aurais voulu faire des jaloux. J'aurais voulu que tout le monde sache la chance que j'ai eue."

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20 juin 2009

Le boulevard périphérique

Henry BAUCHAU

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  • La présentation de l'éditeur

Paris, 1980.
Alors qu'il " accompagne " sa belle-fille dans sa lutte contre un cancer, le narrateur se souvient de Stéphane, son ami de jeunesse. Au début de la guerre, cet homme l'a initié à l'escalade et au dépassement de la peur, avant d'entrer dans la Résistance puis, capturé par un officier nazi - le colonel Shadow -, de mourir dans des circonstances jamais vraiment élucidées. Mais Shadow, à la fin de la guerre, s'est fait connaître du narrateur.
Son intangible présence demeure en lui, elle laisse affleurer les instants ultimes, la mort courageuse - héroïque, peut-être - de Stéphane. Et la réalité contemporaine (l'hôpital, les soignés et les soignants, les visites, l'anxiété des proches, les minuscules désastres de la vie ordinaire, tout ce que représentent les quotidiens trajets sur le boulevard périphérique) reçoit de ce passé un écho d'incertitude et pourtant d'espérance...
L'ombre portée de la mort en soi, telle est sans doute l'énigme dont Henry Bauchau interroge les manifestations conscientes et inconscientes, dans ce captivant roman qui semble défier les lois de la pesanteur littéraire et affirmer, jusqu'à sa plus ultime mise à nu, l'amour de la vie mystérieusement éveillée à sa condition mortelle.

Sylvie en avait fait un article dithyrambique il y a quelques mois, qui m'avait vraiment donné envie de le lire, mais je n'ai pas vraiment accroché à ce livre. Le style de l'auteur est certes très beau, très pur et agréable à lire, mais j'ai eu du mal avec ce parallèle entre les deux époques et les deux morts, celle de l'ami d'autrefois et de son bourreau et celle de la belle-fille à l'agonie.

J'ai trouvé l'attachement du narrateur un peu morbide (oui, logique, me direz-vous puisque les deux dont on parle vont mourir), j'ai eu l'impression que de penser à la mort, que d'accorder son amitié à sa belle-fille, de lui rendre visite le déculpabilisait en quelque sorte de n'avoir pas bien su aimer son ami, de l'avoir abandonné (même si cet abandon n'était pas volontaire), de l'avoir laissé mourir seul et qui plus est dans des conditions atroces. L'empathie pour la jeune cancéreuse me semble plus être une espèce de dédouanement du passé, inconscient bien sûr, qu'une volonté véritable. Certes, il est très attaché à elle, mais on dirait tant qu'il se force, qu'il prend sur lui, que cela lui pèse, bien sûr car elle va mourir et qu'il le sait mais surtout parce que cela lui remémore sa jeunesse. J'aurais aimé mieux comprendre ce qui pousse le narrateur à venir ainsi tous les jours au chevet de la malade, parfois pour quelques instants seulement alors que le trajet dure plusieurs heures et à faire tout ce long pèlerinage, ce chemin de croix à travers Paris, représenté par le boulevard périphérique et ses portes, car c'est bien ainsi que je me le suis représenté, ce périph, comme un chemin de croix à parcourir pour expier les péchés du passé, les peurs, les renoncements, les lâchetés et les bassesses. Un chemin de croix avec au bout non pas la résurrection, mais la mort...

C'est malgré tout un très beau livre, très bien écrit et fort. Je pense que peut-être je n'étais pas non plus dans une période propice pour en apprécier toute la saveur et la valeur (au vu des critiques lues).

Retrouvez sur BOB les liens de tous ceux qui l'ont lu avant moi.

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18 juin 2009

Rêves de garçons

Laura KASISCHKE

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« J’ai compris à cet instant que ce qu’on dit est vrai - on peut vraiment sentir le regard d’un garçon posé sur soi. »

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Présentation de l'éditeur

A la fin des années 1970, trois pom-pom girls quittent leur camp de vacances à bord d'une Mustang décapotable dans l'espoir de se baigner dans le mystérieux Lac des Amants. Dans leur insouciance, elles sourient à deux garçons croisés en chemin. Mauvais choix au mauvais moment. Soudain, cette journée idyllique tourne au cauchemar. Rêves de garçons est une plongée au coeur d'un univers adolescent dépeint avec une justesse sans égale. Une fois de plus, Laura Kasischke s'attache à détourner avec beaucoup de férocité certains clichés de l'Amérique contemporaine et nous laisse, jusqu'à la révélation finale, dans l'imminence de la catastrophe.

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Je ne connaissais pas du tout cette auteur lorsque Le livre de Poche m'a proposé de m'envoyer Rêves de garçons et j'ai donc répondu un peu au hasard, en me disant que ce serait une lecture facile et détendante juste avant l'été. C'est effectivement une lecture agréable, mais j'étais bien loin de m'attendre à me retrouver attirée et littéralement accrochée par le style de l'auteur et l'atmosphère dégagée par ce petit roman (petit par la taille et non par le contenu).

Bien sûr, dès le départ, nous sommes plongés dans cette ambiance de mélodrame et nous nous attendons donc à chaque page à avoir peur ou à voir couler le sang. Des pom-pom girls campant dans une forêt sauvage, c'est évidement la porte ouverte à tous les sadiques, violeurs ou étrangleurs croisant dans les environs... Et si les jeunes filles se racontent le soir à la veillée des histoires à faire peur, c'est parce qu'elles savent pertinemment bien que certaines de ces histoires sont pure fiction mais d'autres bien réelles...

Il fait chaud, donc, très chaud dans ces bois et la chaleur pèse sur les hommes comme sur les animaux, elle les anéantit mais les excite en même temps, elle fait monter leur tension et baisser leur vigilance, elle éveille certains sens et en endort d'autres. La tension dans l'air est palpable dès les premières pages, les premières phrases et j'ai été vraiment impressionnée par le style de l'auteur qui réussit à nous transmettre ce vrombissement de l'air, cette moiteur, cette sorte de suffocation, cette électricité d'avant orage, ou d'avant horreur. Bref, on sent, on sait qu'il va se passer quelque chose, on tourne les pages, mais il faut patienter car nous revenons en arrière pour nous pencher sur des épisodes de la vie de Kristy, l'héroïne, nous revivons avec elle quelques évènements de son enfance, les relations avec ses parents, avec ses camarades d'école, et surtout l'amitié qui la lie depuis toujours à Desiree.

Elle sont belles, ces filles et elles le savent. Elle sont jeunes, sportives, désirables. Elles sont issues d'un milieu privilégié, ont toujours eu ce qu'elles désiraient. Elles ont la vie devant elles, elle croient en leur bonne étoile, elle croient au pouvoir de leur sourire, de leur volonté. Elle sont 17 ans et pensent être au centre du monde, de leur monde, sans imaginer plus loin que le bout de leur joli nez que le monde ne se limite pas seulement au cercle restreint habituel, mais qu'il est vaste et inconnu - et dangereux.

Ainsi dans cette forêt vivent des animaux inconnus. Les arbres bruissent, les feuilles crissent, on entend des sifflements, des grincements, peut-être même des cris ? Les garçons croisés sur la route ont-ils suivi ces trois jolies filles, croyant à une invite du fait de leur attitude ? Ou bien a-t-on trop raconté d'histoires horribles à la dernière veillée ? On ne sait plus très bien si les bruits sont réels ou issus de l'imagination des filles, on frissonne malgré la chaleur, on se retourne "il y a quelqu'un ?", non, il n'y a personne, on a cru rêver, ou bien peut-être que si, finalement, c'était bien une personne, ou bien un fantôme ? N'étaient-ce pas des bruits étouffés de pas, de rires ? Ainsi on chemine dans le noir et la peur dès que la nuit est tombée, ou sous le soleil accablant de la journée. On chemine jusqu'au dénouement, qui est ...

Non, non, non, ne me suppliez pas, je ne vous dirai pas un mot de plus sur ce livre ! Lisez-le !

Ys a beaucoup aimé cette lecture et qualifie le ton de l'auteur de "imparable, méticuleux, et toujours aussi glaçant".

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Merci au Livre de Poche pour m'avoir fait découvrir cet auteur. Je veux bien  lire aussi ses autres romans !

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16 juin 2009

Le pouce d'un autre

Dominique RESCH

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Après Les poules (beaucoup aimé) et Pédiluve et Bénitier (pas encore lu), Dominique Resch poursuit le récit des évènements et anecdotes de son enfance et de sa jeunesse.

Nous retrouvons ici l'auteur devenu étudiant et toujours obsédé par la femme, les femmes, mais d'une obsession poétique et charmante. Quel est la part des souvenirs et quelle est celle du roman, je serais curieuse d'en discuter un jour avec l'auteur !

J'adore le style frais et léger de Dominique Resch et son humour un peu second degré qui me fait rire souvent aux éclats. Il réussit à être en même temps drôle et poétique, ce qui est plutôt rare et peint dans ce livre avec beaucoup de justesse les errances, interrogations, ou divagations que nous avons tous connus, à des degrés différents, à ces âges où l'on n'est plus un enfant, mais pas encore adulte, mais où on se croit le roi du monde et le plus malin, tout en n'étant pas vraiment sûr de soi... J'ai vraiment retrouvé dans ce petit livre cet ambiance toute particulière de la vie d'étudiants et j'ai beaucoup aimé les descriptions des personnages, avec leurs particularités, leur folie douce et l'innocence et l'insouciance qui font encore partie de leur vie mais vont bientôt les abandonner pour faire d'eux des adultes : sérieux, responsables... J'ai seulement trouvé qu'on se perd un peu dans les personnages "secondaires" alors que j'aurais aimé en lire plus sur le héros.

Une lecture amusante et très détendante, qui m'a rappelé certains épisodes de mes jeunes années... De plus, l'auteur que j'ai eu le plaisir de rencontrer il y a deux ans à un mini salon du livre, est tout à fait charmant (et séduisant !) et il m'avait à l'époque fait beaucoup rire en me présentant Les poules que je m'étais bien sûr empressée d'acheter.

Merci beaucoup, Dominique, pour ce livre ! Et j'espère que nos chemins se croiseront un jour ou l'autre, ici ou là... Faites moi savoir si jamais un jour vous "montez" dans le Nord !

Anota , l'éditeur.

Cathulu   a trouvé ce roman "tendre et chaleureux".

A noter la couverture que je trouve très jolie et qui a été dessinée par l'auteur (décidément très talentueux !). 

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14 juin 2009

Les tribulations d'une caissière

Anna SAM

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Présentation de l’éditeur :
Que voit-on du monde et des gens quand on les voit du point de vue d’une caissière de grande surface ? Que sait-elle de nous en voyant ce que nous achetons, ce que nous disons, les questions que nous posons ? Le passage en caisse est en réalité un moment très particulier. À tort, nous pensons que tout est neutre dans cette opération et nous ne nous surveillons pas. La caissière est pour nous un regard aveugle, à la limite elle est elle-même une machine. Nous nous montrons donc comme nous sommes. Et lorsque la caissière s’appelle Anna Sam, qu’elle est titulaire d’une licence de lettres et qu’elle n’a pas les yeux dans la poche de sa blouse, elle saisit sur le vif nos petits mensonges, nos petites lâchetés, nos habitudes plus ou moins bizarres, et elle en fait un livre qui ne ressemble à aucun autre.

L'Auteur :
Anna Sam a vingt-huit ans, elle est titulaire d’une licence de lettres modernes et a travaillé plusieurs années dans la grande distribution.

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Voici une lecture détente qui pourrait très bien figurer dans la fameuse Chick Litt de notre ami Calepin et ne déparerait pas des autres livres présentés dans ce style de littérature. Oups, je m'étais dit que je ne serai pas trop méchante, et je catalogue déjà... Pour tout vous avouer, je ne suis pas vraiment emballée par cette vague de livres légers qui ont tendance à me remémorer la fameuse Collection Arlequin de mon adolescence...

Ici, pas de prince charmant ni de jolie jeune fille effarouchée ayant besoin d'aide et d'amour, mais une jeune fille obligée de travailler en tant que caissière - pardon, hotesse de caisse ! - dans une grande surface, tout d'abord pour payer ses études, puis ensuite en attendant de trouver du travail (enfin, c'est le cas au début, mais si je ne m'abuse, elle reste tout de même plusieurs années à ce poste de caissière, alors qu'il semble qu'elle soit diplomée et qu'elle devrait tout de même trouver un emploi plus valorisant et intéressant, je n'ai pas très bien compris pourquoi elle continue ce job qui manifestement ne lui convient pas).

Si le début du livre est assez rigolo, car on s'y retrouve totalement et ce sont des aventures qu'on a pu vivre ou observer en faisant ses courses, les anecdotes et conversations autour du code barre ne suffisent pas à mon goût à remplir un ouvrage complet. Cela se lit vite, effectivement, et c'est un avantage, mais j'ai trouvé malgré tout peu d'intérêt à ce livre qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. Les dialogues, s'ils semblent retracer assez fidèlement le quotidien de ce métier, ne sont pour autant pas vraiment passionnants et mon amusement au début de ma lecture a assez vite fait place à une certaine lassitude. On peut néanmoins attribuer à l'auteur un solide sens de l'humour et de la répartie et un style somme toute plutôt agréable et correct pour ce genre de littérature.

J'ai tout de même bien ri lorsque j'ai lu "tu vois, si tu ne travailles pas bien à l'école, tu finiras caissière comme la dame", leitmotiv que je répète très régulièrement à mes enfants quand ils me ramènent des bulletins scolaires vraiment mauvais, uniquement parce que ce sont des paresseux et qu'ils ne fichent rien à l'école ;-). Phrase que je leur serine parce que je me mords les doigts chaque jour de ne pas avoir fait des études quand j'avais l'âge de les faire, d'avoir perdu mon temps à faire la fête au lieu de travailler et de construire mon avenir, d'avoir eu tout au long de ma vie des boulots qui, même si certains étaient intéressants, ne reflétaient pas mes passions profondes et étaient alimentaires, alors que mes parents m'auraient permis de suivre la voie que je me serais choisie et se seraient saignés aux quatres veines pour que je puisse accéder à ce que je voulais... Et que me voilà maintenant à 40 ans passés, bilan de compétence passionnant terminé, à chercher enfin un job qui corresponde à mon caractère et mes envies... et que c'est dur !

Et je dois avouer également que je suis tout particulièrment aimable, affable, charmante et souriante à l'Intermarché du coin depuis cette lecture !

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Vous pouvez jeter un coup d'oeil sur le blog de l'auteur. Bel article de Martine sur Culturofil. J'ai vu récemment un billet chez l'une de vous, mes fidèles, mais je n'ai pas noté chez qui...

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A noter que le livre ou une partie vient de sortir en BD, peut-être plus rigolotte à lire qu'un roman classique.

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12 juin 2009

Le coeur cousu

Carole MARTINEZ

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Quatrième de couverture :

"Écoutez, mes soeurs ! Écoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Écoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le coeur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes !"

Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre : le coeur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement... Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels... Le roman fait alterner les passages lyriques et les anecdotes cocasses on cruelles. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle tragique de la vie.

Un immense coup de coeur pour moi ! Je l'ai lu en 2 jours -et nuits ! (décidément, en ce moment, je suis une mère et épouse indigne, plongée que je suis dans mes lectures et abandonnant la maisonnée à elle-même tant que je n'ai pas terminé ces livres passionnants qui me suivent partout...).

Grâce à l'écriture ciselée de Carole Martinez, qui déroule cette histoire magique et envoûtante à petits points, à petites touches, j'ai voyagé moi aussi aux cotés de Frasquita et de ses enfants sur les routes d'Espagne et d'Afrique du Nord. Magicienne ou sorcière, cette femme au destin terrible et merveilleux à la fois est terriblement attachante. Ses enfants, héritiers d'un don mystérieux et magique adapté à la personnalité de chacun, devront suivre leur propre chemin pour grandir aux cotés de cette mère étrange. Bénédiction ou malédiction, c'est en donnant un sens à sa vie que chacun pourra faire évoluer le cadeau reçu de la boite mystérieuse, et décider par ses actions s'il en résultera des bonheurs pour eux et leur entourage ou bien un malheur renouvelé, encerclant cette famille bien particulière dans une spirale sans fin.

J'ai adoré ce roman, l'histoire, le style absolument magnifique de l'auteur (un premier roman ! il est des gens si doués...). Ce que j'ai le plus aimé, c'est cette façon qu'à l'auteur de ne plus tenir qu'à un fil à la réalité, d'entrer dans un monde onirique, parallèle... Le coeur cousu, c'est ce que  nous devrions tous avoir au fond de nos poches : un bout de tissu qui deviendra vivant et palpitant par la grâce de nos pensées, de nos bonnes actions, par l'attention portés aux autres, par l'amour... J'attends le prochain roman de cette auteur extrêmement talentueuse avec impatience !

Un immense merci à Florinette qui nous conviait après sa lecture à découvrir ce livre de toute urgence et a fait voyager ce magnifique roman jusqu'à moi.livre_voyageur_anim_

Biblioblog aurait "tant aimé que le feu d'artifices dure un peu plus longtemps", Sylvie a trouvé que "ce texte foisonnant est beau, poétique, gonflé d'amour, de chair, de sang, de souffrance, de larmes et de rêves" et a comme toujours écrit un magnifique billet, répertoriant à la fin les lectrices et les critiques sur cet ouvrage (travail de pro, à chaque fois, bravo !). Clarabel dit de ce roman : "C'est fou, sensuel, pittoresque, paré de mille couleurs, éclatant de poésie, violent." Saphoo conseille vivement de l'ajouter à votre LAL, Antigone a mis un coeur, Bellesahi l'a dégusté, Leiloona "crie au génie", La Môme poison attend le prochain roman de l'auteur, un cour de coeur également pour Gambadou, Sybilline trouve qu' "il est à peine croyable que ce livre soit un premier roman", Aifelle a trouvé le roman "foisonnant, extravagant, violent, surprenant, très poétique", et seule  Bel Gazou a savouré sa lecture mais a cependant "eu un peu peur des ombres remuées", Lili Galipette est restée "perplexe" à la lecture de la première partie, et a trouvé le titre "réducteur" puisqu'il ne "reprend qu'un court épisode du livre".

J'ai sûrement oublié certaines (ou certains) d'entre vous, veuillez m'en excuser à l'avance, vous êtes si nombreuses à déjà l'avoir lu, et je n'ai trouvé sur ce livre aucun avis négatif.

Posté par liliba à 20:08 - J'ai lu, j'ai aaaadoré ! - Commentaires [32] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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