28 avril 2009
Une simple affaire de famille
Rohinton MISTRY
Présentation de l'éditeur
À travers le portrait pittoresque de la petite bourgeoisie parsie de Bombay, Mistry aborde, avec un regard tendre et humain, une réalité plus grave : celle du traditionalisme rigide et du fanatisme religieux. Comme dans ses précédents romans, l'auteur de L'Équilibre du monde met au service d'une vision sans complaisance de la société indienne son immense talent de conteur, son sens du cocasse et sa sympathie communicative pour des personnages naïfs, injustement malmenés par la vie.
Nariman a bientôt 80 ans et est atteint de Parkinson. Il vit à Bombay dans son grand appartement qu'il partage avec son beau-fils et sa belle-fille, et leur cohabitation se passe sans trop de problèmes majeurs si ce n'est le ressentiment qu'ont vis à vis de lui Jal et Coomy. Mais quand il se casse la jambe à la suite d'une chute lors d'une promenade dans la rue, les choses se corsent et bientôt Coomy ne peut plus supporter la charge de la présence de son beau-père et le fait déménager d'office chez Roxana, la fille de Nariman, et Yezad, qui vivent avec leurs deux jeunes garçons dans un deux-pièces minuscule. Les soins à apporter au vieil homme et sa présence même au sein de l'appartement trop exigu vont bouleverser la vie familiale jusqu'alors tranquille et heureuse, de même que les rapports des membres de cette famille.
Au début du roman, je n'ai pas trop accroché à l'histoire et surtout au style de l'auteur, qui ne m'a pas emballé du tout. Puis je me suis laissée porter par cette famille dont le passé recèle nombre de secrets que nous découvrons au fil de la lecture, et dont les relations se compliquent en même temps que se dégrade la santé de Nariman. Chacun tente de supporter à sa façon la promiscuité, le manque cruel de moyens financiers, les mensonges et manoeuvres de Coomy et Jal pour ne pas récupérer dans leur appartement le vieil homme, tous sont face à leur devoir et à leur notion de l'honneur. Mais tout cela ne se fait pas sans heurts et crises et le couple souffre bientôt de la présence imposée, de même que les deux jeunes enfants qui sentent la tension monter entre leurs parents.
Nariman se montre cependant un malade exemplaire, gentil et reconnaissant et bien plus courageux qu'il ne l'a été au cours de sa vie faite de compromissions et d'abandons. Les petitesses des uns et des autres, notamment de Coomy et Jal sont parfois expliquées par le passé familial et les souffrances subies dans leur enfance, mais n'excusent en rien leur attitude dans une société où la place et le respect de la personne âgée tient une place si importante.
En outre, je suis absolument viscéralement et indécrotablement réfractaire à l'intégrisme et l'obscurantisme religieux, quelle que soit la religion, et j'ai suivi avec tristesse la transformation de Yezad, qui, d'un père et mari aimant, ouvert, cultivé et intelligent, devient au fil du temps et à cause de son retour vers la religion, un fanatique stupide et intransigeant (ce qui va ensemble, vous me direz !). Quand au personnage de Mr Kapour, le directeur du magasin dans lequel travaille Yezad, je l'ai trouvé totalement improbable, trop cultivé et rêveur, trop idéaliste pour être vrai, mais peut-être est-ce du à ma méconnaissance de ce pays...
En plus de l'histoire familiale, nous découvrons l'Inde et ses traditions, notamment celles de la caste des parsis à laquelle appartiennent les protagonistes de l'histoire. La ville de Bombay fait partie intégrante de l'histoire et explique nombre de réactions des personnages de ce roman, mais j'ai été cependant déçue car j'ai moins eu l'impression de plonger au coeur des traditions de ce pays passionnant qu'à la lecture du superbe roman de Amitav Gosh Le pays de marées (à lire absolument !) ou que du désormais très connu Les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devint milliardaire de Vikas Swarup (dont nombre de vous ont vu au cinéma la très belle adaptation Slumdog Millionnaire).
En conclusion, une lecture intéressante, qui ne m'a pas laissée indifférente du tout, un livre à découvrir !
Antigone l'a lu deux fois (et deux fois bien aimé) et Jules l'avait lu en 2006.
Je remercie Blog-o-Book ainsi que les Editions du Livre de Poche de m'avoir fait parvenir ce livre.
20 avril 2009
Pause brico
Voici à nouveau les vacances, et je vous abandonne pour aller sur mon échelle...
Cette fois-ci, je m'attelle à la cage d'escalier, plus l'entrée et le palier du haut...
Photos à suivre quand j'aurais terminé (et si c'est réussi !)
Photo prêté par Bab la bricoleuse aux doigts de fée, qui vient de publier son premier livre, qui est surement une merveille au vu de ce qu'on peut admirer comme créations sur son blog.
18 avril 2009
Valse avec Bachir
Film de Ari FOLMAN
Ce film très original est le récit autobiographique d'une partie de la vie de Ari Folman, un metteur en scène israélien. Ari subit des cauchemars récurrents, dans lesquels il se retrouve pourchassé par une meute de 26 chiens, soit le nombre exact qu'il a dû tuer au cours de la guerre du Liban. Il en parle à un ami, et le lendemain, pour la première fois depuis la fin de la guerre, il retrouve un souvenir de cette sombre période de sa vie, mais une seule image qui ne le laissera pas en paix tant qu'il n'arrivera pas à faire le lien avec ce qu'il s'est réellement passé. Sur le conseil de son ami, il va donc partir à la recherche de son passé, entrer au dedans de lui-même pour y creuser ses souvenirs, et recontrer un à un ses anciens camarades de combat, mener une enquête sur les derniers mois puis les derniers jours et instants qui précèdent le massacre de Sabra et Shatila.
Je ne suis pas fan en général de films sur la guerre, quelle qu'elle soit, et mon avis n'est pas différent pour ce film-ci. Par contre, c'est malgré tout un film à voir absolument pour plusieurs raisons.
Valse avec bachir est tout d'abord un film très intéressant en tant que témoignage d'une époque épouvantable dans l'histoire du Liban et d'Israël. Nous sommes entre le documentaire et la fiction, mais un documentaire vu par ceux qui ont vécu l'évènement, donc avec les peurs, les passions, l'innocence et l'insouciance parfois de ces jeunes soldats qu'on envoyait à la guerre sans qu'ils comprennent grand chose au sens de cette guerre et à ce qu'on leur demandait de faire.
Le fait que ce soit un film d'animation permet de garder une distance avec l'horreur de la guerre, et on aurait tendance à croire que ce film n'est qu'une histoire de plus, inventée et bien racontée avec talent, jusqu'aux dernières images du film où la réalité sordide de la vie et de la mort nous rattrappe de plein fouet...
Les dessins sont assez simples mais les couleurs sont absolument somptueuses, et la musique superbe met en valeur les teintes qui sont de toute beauté.
Vous pourrez également visionner les bonus qui expliquent la genèse du film et cette période de la guerre du Liban.
Témoignage de Ari Folman
"J'ai réalisé Valse avec Bachir du point de vue d'un soldat quelconque, et la conclusion est que la guerre est si incroyablement inutile ! Ca n'a rien à voir avec les films américains. Rien de glamour ou de glorieux. Juste des hommes très jeunes, n'allant nulle part, tirant sur des inconnus, se faisant tirer dessus par des inconnus, qui rentrent chez eux et tentent d'oublier. Parfois ils y arrivent. La plupart du temps, ils n'y arrivent pas."
"Cette histoire est mon histoire personnelle. Le film retrace ce qui s'est passé en moi à partir du jour où j'ai réalisé que certaines parties de ma vie s'étaient complètement effacées de ma mémoire.Les quatre années pendant lesquelles j'ai travaillé sur Valse avec Bachir ont provoqué en moi un violent bouleversement psychologique. J'ai découvert des choses très dures dans mon passé (...)"
Stephie n'a pas aimé le graphisme ni le style documentaire, bien qu'elle ait été touchée par l'histoire. Aifelle a trouvé ce film très intéressant.
Je remercie Chez les Filles pour m'avoir fait découvrir cette oeuvre, qui a récolté nombre de prix, fort mérités. Pour une raison obscure, je n'arrive pas à insérer de photos dans mon billet, je vous invite donc à aller faire un tour sur le Site officiel du film ainsi que sur Allociné où vous trouverez photos et vidéos.
16 avril 2009
Un brillant avenir
Catherine CUSSET
Ce roman nous emmène sur les pas de Elena, jeune Roumaine dont la vie est fortement influencée par l'histoire mouvementée de son pays. Poussée par ses parents pour faire des études supérieures de chimie, Elena est une jeune fille moderne et déjà déterminée quand elle rencontre son futur époux, Jacob. Les jeunes gens se marient sans le consentement des parents d'Elena, scandalisés parce que Jacob est juif, décident de fuir la Roumanie qui ne leur promet qu'un avenir sombre, émigrent en Israel puis aux Etats Unis. Le rêve d'une vie meilleure devient enfin réalité, ils ont un fils, un bon travail, une vie agréable, mais Elena ne peut totalement faire table rase de son passé, qui ressurgit dans son quotidien, et notamment dans ses relations avec sa belle-fille.
Je n'ai pas du tout accroché à ce roman, qui recueille pourtant des critiques extrêmement positives un peu partout. J'ai trouvé Elena très agaçante, toujours en train de se plaindre, de râler, un peu mesquine, et une belle-mère absolument abominable, méchante et ne faisant pas preuve d'une once d'intelligence ou de tendresse dans ses relations (il faut dire que la mienne, de belle-mère, est un ange, adorable, sympa, serviable mais pas collante, je suis bien consciente de la chance que j'ai !). J'ai eu l'impression d'être en face de clichés dans les descriptions des pays, notamment les Etats-Unis et la France. Et j'ai trouvé ma lecture longue, m'attendant toujours à ce que le livre démarre pour de bon... jusqu'à la fin... De plus, ce "brillant avenir" ne donne pas du tout envie...
Bref, bien que le style de l'auteur soit agréable à lire, je n'ai pas du tout aimé cette lecture. J'avais lu il y a très longtemps Le problème avec Jane, dont j'ai un bon souvenir.
Solenn a bien aimé, Cuné a trouvé que c'est un roman très réussi, Anna Blum a bien aimé, mais a été dérangé par les caricatures qu'elle y a trouvé, Leiloona a beaucoup aimé.
14 avril 2009
Pandore au Congo
Albert SANCHEZ PINOL

A Londres en 1914, Thommy Thomson est nègre pour un écrivain populaire quand il est contacté par un avocat pour écrire l'histoire de son client, Marcus Garvey, un gitan accusé du meurtre de ses maîtres lors d'une expédition au Congo. Thommy pense avoir trouvé enfin sa chance d'assouvir ses espoirs de gloire littéraire et se jette à corps perdu dans le récit de la vie de cet homme, à qui il rend visite en prison pour recueillir son témoignage. Marcus raconte et Thommy écrit, sans prendre conscience auparavant de l'importance que le témoignage de Garvey aura sur sa propre vie.
Nous partons de Londres pour la jungle angoissante du Congo, puis pour le centre de la terre, avant de revenir vers Londres et le voyage qui se déroule dans ce roman n'est pas de tout repos. Comme dans La peau froide, extrêmement dérangeant mais que j'avais adoré de bout en bout, cette épopée, plus que de nous faire voyager géographiquement, nous emmène au plus profond de l'être humain, au coeur des hommes, là où se nichent les âmes et les sentiments : violence, cruauté, soif de vengeance ou de pouvoir, bêtise, lâcheté se révêlent à cause des évènements étranges qui se déroulent dans cette jungle hostile, mais aussi la curiosité, la générosité, la bravoure, l'attention aux autres et l'amour. Ainsi ce roman est à la fois un voyage et un portrait de l'âme humaine, avec tout ce qu'elle peut offrir de bon ou d'innommable... L'auteur nous emmène à la rencontre une fois de plus de créatures repoussantes, hostiles au premier abord, mais toute la réflexion de ces deux livres est là : sommes-nous capables, nous les hommes, forts de notre intelligence et de nos connaissances, de communiquer avec d'autres espèces vivantes, avec une race d'êtres différente de la notre mais possédant également intelligence, réflexion, technique sans les cataloguer au premier abord comme des ennemis et sans chercher à leur nuire ou à les exterminer ? L'homme, certains hommes arrivent-ils à surmonter leurs peurs primales, leur dégoût de la différence physique (ou leur attirance dans ces deux romans pour la femme, une femme terriblement belle et désirable bien que monstrueuse) pour tenter de comprendre d'autres créatures ? Est-il possible de vivre côte-à-côte en bonne intelligence, ou les différences culturelles et physiques empêchent-elles tout contact à jamais ?
Une lecture passionnante, et un auteur à découvrir pour sa réflexion et l'originalité des ses livres. Mais je comprends parfaitement que ce roman puisse impressionner et ne pas plaire, tant on est plongé dans un univers dérangeant et tant on se sent mal à l'aise tout au long de la lecture (moins cependant dans celui-ci que dans La peau froide, que j'ai trouvé de qualité supérieure -et encore plus angoissant- et que je vous suggère de lire en premier si vous voulez découvrir cet auteur.
12 avril 2009
Rendez-vous
Quand j'ai lu ce doux mot,
Glissé dans mon manteau...
Mon coeur n'a fait qu'un tour...
Et si c'était l'Amour ?
Le vrai, celui qui dure
Non pas ces aventures
D'un jour, sans émotion
Mais une vraie passion...
Pierre, le beau Pierre
Au regard si fier
Dont je rêvais la nuit
M'attendait... aujourd'hui !
Ce rendez-vous galant
Etait ensorcelant !
Pour signer le contrat
Qui m'unira à toi
Ce rendez-vous d'affaire
Etait-il nécessaire ?
Il faut tout préparer
Et ne rien oublier
Les textes pour la messe
Les gâteaux pour l'pince-fesse
La couturière à voir
Avec, enfin l'espoir
Que la robe soit finie
Et qu'il la trouve jolie
Et les enfants de choeur
Ah, et puis le coiffeur
La date fatidique
Approche bien trop vite
Il était là à l'heure
Tout rouge de bonheur
Et nous nous sommes dit oui
Pour toujours, pour la vie
Ce rendez-vous d'amour
Qui va durer toujours
Nous fait mari et femme
On va m'appeler Madame !
Je suis un peu anxieuse
Tout à fait nauséeuse
L'examen médical
Dit que tout est normal
Mais les futures mères
Ont toutes la même prière
Que le bébé soit sain
Et puis pas trop vilain !
Ce rendez-vous de vie
De mon ventre arrondi
Ce fruit de nos amours
Va bientôt voir le jour !
On dit que les enfants
Sont cause de grands tourments
Rendez-vous chez l'méd'cin
Est le lot quotidien
D'une mère en soucis
Pour son pauvre petit
Mais un sourire console
Même d'une rougeole
Et l'amour d'un enfant
Est tout pour sa Maman
Et la vie nous emporte
Les grandes idées sont mortes
Le temps fait son ouvrage
On subit ses outrages
Et l'on s'aime un peu moins
On ne partage plus rien
On voudrait vivre sa vie
On a d'autres envies
Même on s'en veut un peu
De se sentir si vieux
Alors on se sépare
Pour un nouveau départ
Chacun de son coté
Et sans rien regretter
Quand on prend rendez-vous
On réalise d'un coup
En face de l'avocat
Qu'on est tombé bien bas...
Et ça fait mal au coeur
Et on verse des pleurs
Sur nos jeunes années
Et ce bonheur gâché.
Avec le temps s'effacent
Même les plus grosses traces
De regrets, de tristesse
C'est donc ça, la vieillesse ?
Il reste un rendez-vous
Sur la route, tout au bout
On ne peut s'y soustraire
Même par des prières
Il nous faut dire Adieu
Et puis fermer les yeux.
Ainsi donc va la vie
Mon poème est fini.
10 avril 2009
Fame
comédie musicale de David DE SILVA


Qui ne se souvient de Fame et du film qui a été adapté de la comédie musicale qui fut un grand succès à Broadway dans les années 80 ?
C'est une adaptation française que nous avons pu admirer ce dimanche, qui m'a transportée dans ma jeunesse, et donner envie de danser sur place pendant tout le spectacle.
Un petit rappel de l'histoire : dans une école spécialisée dans les arts du spectacle (danse, musique et théâtre), seize jeunes apprennent à chanter, danser et jouer la comédie, portés par leurs rêves de gloire et de succès. Tout au long des quatre années d'étude, nous suivons leurs progrès, leurs amours, leurs angoisses, leurs émotions, leurs période d'enthousiasme ou de découragement et découvrons avec eux que ces années d'étude sont autant un apprentissage des métiers du spectacle que celui de la vie elle-même. Les professeurs sont là pour les aider, tantôt durs et sévères, tantôt plus doux, mais toujours attentifs à la personnalité de ces jeunes en devenir.
Une star académie avant l'heure ? (avec le talent en plus !).
Plus de trente artistes (musiciens, danseurs et chanteurs) sur scène donnent vie aux élèves de cette école, tous jeunes et extrèmement talentueux : musiciens, danseurs, comédiens, chanteurs et un peu tout cela à la fois, la troupe distille avec art un souffle de jeunesse et d'espoir, d'amitié, d'entraide, d'humour aussi et les spectateurs ont pu se régaler pendant deux heures et demi sur la musique entraînante, dont plusieurs airs nous sont restés en tête. La chorégraphie mêle avec brio danse classique, hip hop, rock, les changements de scène très bien menés, le décor sobre est agrémenté par les accessoires utilisés pour danser, les interprètes transmettent leurs émotions et je me suis régalée du début à la fin ! Cela m'a donné envie de revoir au plus vite le film, vu il y a plus de 15 ans...
Générique V.F. série Fame
Souvenirs, souvenirs...
08 avril 2009
Blue Lady (revisited)
Carolyn Carlson



Je n'avais jamais vu Blue Lady, le solo mythique de Carolyn Carlson créé en 1983, bien que j'en ai entendu parler maintes fois, tant il a marqué les amoureux de la danse, laissé dans les yeux des spectateurs des images inoubliables et cristallisé dans leur coeur les émotions et les rêves...
Cette pièce a été créée après la maternité de Carolyn Carlson et est marquée par Venise. D'immenses stores (vénitiens, donc), des jeux de robes et de chapeaux, des drapés qui participent eux aussi à la danse, on admire une femme, des femmes qui nous transmettent à travers les gestes, les sauts, les pas, le rythme, leurs émotions, leurs désirs... sur la musique envoutante de René Aubry.
J'ai adoré cette nouvelle version du spectacle offerte par Tero Saarinen, un danseur impressionnant qui arrive tout au long à être fidèle à l'esprit de Carolyn Carlson sans jamais la singer, ni du tout paraître ridicule, même habillé de robes ou s'enroulant dans de grands tissus. Ce danseur sait jouer de son coté un peu androgyne mais reste malgré tout homme, et son jeu est superbe. La mise ne scène, avec parfois des images de la danseuse en fond d'écran, permet de rapprocher les deux danseurs et de réaliser à quel point ils se complètent, se répondent.
Un grand et beau moment de danse, et beaucoup d'émotion lorsqu'au moment de saluer, Carolyn Carlson a rejoint le danseur sur scène et qu'ils ont esquissé ensemble quelques pas...
Je me réjouis à chaque fois d'avoir la chance de pouvoir assister à autant de spectacles de si grande qualité, d'une part parce que mon gentil mari ne pique pas (trop) de syncopes quand je réserve les places et qu'il faut faire les chèques, et d'autre part car nous avons la chance d'habiter à coté de Roubaix, où la vie artistique est intense, grâce à la présence du théatre du Colysée et celle du CCN dirigé par Carolyn Carlson (pour une fois, cela compense le climat pourri !).
René AUBRY. Carolyn CARLSON. Tree Song: (1984)
06 avril 2009
L'omelette au sucre
Jean-Philippe ARROU-VIGNOD
Pour faire une omelette au sucre réussie, rien de plus simple : une famille de cinq garçons aux oreilles décolées et aux prénoms codés pour que le père s'y retrouve (Jean-A, Jean-B, Jean-C, Jean-D, Jean-E...), un bébé à naître (enfin une fille ?), une maman hyper organisée qui n'a pas les mains dans les poches, un père bricoleur et toujours débordant d'idées, des amis... Avec beaucoup d'humour, un brin d'émotion, des aventures et mésaventures roccambolesques, vous obtenez ce joli livre très drôle qui se lit en un rien de temps.
C'est en entendant mon fils rire en lisant que j'ai eu envie de jeter un oeil à ce roman... Déjà, le voir accroché à un livre plutôt qu'à sa game-boy est un exploit, mais en plus savoir qu'il y prenait du plaisir, alors que c'était une lecture demandée par la prof de français... j'étais donc bien curieuse...
Et je me suis régalée ! L'auteur a puisé dans ses propres souvenirs de jeunesse pour nous offrir cette jolie histoire, pleine de vivacité, de rebondissements et d'originalité. Cette famille est un peu fofolle, mais il fait bon passer quelques temps avec eux, tant ils sont attachants ! L'omelette au sucre, on en redemande !
Lecture jeunesse
04 avril 2009
Notre petite vie cernée de rêves
Barbara WERSBA
Albert est adolescent. Il vit avec ses parents dans une banlieue triste, est solitaire, sensible, traversé parfois d'idées suicidaires ; il collectionne les citations de grands auteurs et est à la recherche de réponses sur le sens de la vie, réponses que ne peuvent lui donner ses parents. Sa mère rêve d’Hollywood et d’appareils électroménagers, mais ne fait pas grand chose de ses journées à part se maquiller, faire quelques courses et se plaindre de sa vie et de son bon-à-rien de mari ; son père est courtier en assurances, à défaut de piloter des avions comme il le rêvait dans ses jeunes années.
Le temps semble ne pas s'écouler, l'avenir qui s'offre à Albert lui paraît bouché et morne, sans intérêt, jusqu'à ce qu'il fasse la connaissance de Madame Woodfin, vieille voisine excentrique, qui s'avère être fort sympathique et intéressante : ancienne comédienne célèbre, férue de littérature, ayant voyagé, aimé, bref ayant eu une vie riche et passionnante, la vieille dame va tenter de donner à Albert le goût des choses, et surtout l'envie de vivre sa vie plutôt que de la subir.
L'amitié naît entre les deux, et chacun apporte à l'autre, qui sa présence et son attention, qui des leçons de confiance en soi et d'espoir. Ils ont des conversations passionnantes sur l'art, la littérature, l'écriture, la vie... Albert commence à avoir envie de vivre ses rêves, tout devient possible grâce à la force que lui insuffle la vieille comédienne. Il prend conscience que les possessions matérielles ne sont pas le moteur d'une vie réussie, et qu'avec rien, on peut avoir une vie riche et bien remplie. Il va aussi devoir faire la part des choses entre rêves, illusions et réalité.
J'ai trouvé la lecture de ce roman très agréable et intéressante, bien qu'à mon goût on s'attende un peu trop au dénouement. Je trouve de plus que les relations entre cette charmante vieille dame et le jeune garçon ne sont pas assez approfondies, elles restent un peu superficielles. Mais cette amitié improbable est attachante et l'on comprend très bien qu'Albert reprenne goût à la vie grâce à l'énergie de cette vieille femme vibrante de passion. A faire lire aux jeunes qui tournent en rond et ne cessent de regarder dans le jardin d'à coté -où bien sûr l'herbe est bien plus verte et fournie- pour qu'ils prennent conscience que la richesse de leur vie est principalement en eux...
Extraits :
"Si un homme marche à un autre pas que ses camarades, c’est peut-être qu’il entend le son d’un autre tambour. Laissons-le suivre la musique qu’il entend, quelle qu’en soit la cadence."
"Si ta vie quotidienne te semble pauvre, ne l'accuse pas, accuse-toi plutôt ; dis-toi que tu n'es pas assez poète pour en convoquer les richesses..." Rilke
Je remercie Lilly pour se livre voyageur. Beaucoup d'entre vous l'avaient lu avant moi : Leiloona est "restée de glace" et Cathulu n'a pas aimé du tout, mais Gawou a beaucoup aimé et elle reprend plusieurs citations d'Albert, Karine a mis deux coeurs, Gambadou a bien aimé également, de même que Lou et Clarabel. Ceux ou celles que j'ai oublié de citer, n'hésitez pas à vous manifester !


































