Les lectures de Lili... Et un peu de ma vie aussi...

Ce que j'aime, ceux que j'aime... Un peu de tout, en vrac, et suivant mes humeurs...

30 mars 2009

L'oratorio d'Aurélia

Victoria THIEREE-CHAPLIN

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Le monde d'Aurélia est un monde à l'envers, tout en poésie et plein de trouvailles et d'idées originales. Au début du spectacle, nous découvrons Aurélia petit morceau par petit morceau : elle se cache dans une grande commode tandis que le téléphone sonne et qu'elle ne veut pas répondre. Un pied apparaît, disparaît, puis c'est une main, une autre, une jambe... Aurélia est seule et semble vivre dans son monde à elle, un peu chamboulé, loufoque, étrange. Les objets s'animent, le cerf-volant reste à terre alors qu'Aurélia s'envole, les fleurs sont mises à l'envers dans les vases, la chaise à porteur vous porte la tête en bas, le train électrique lui traverse le ventre, les rideaux s'animent et regorgent de cachettes, les marionnettes manipulent elles-mêmes, le temps file dans un sablier, ou bien est-ce Aurélia elle-même qui s'écoule ?

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Ce spectacle extrêmement poétique, truffé de nouveautés, dans le monde fantasmagorique d'Aurélia, ou les métamorphoses et les prouesses physique des deux acteurs s'enchaînent au milieu des gags ne nous a pourtant pas comblés. Je n'ai pas du tout apprécié la musique, à mon goût pas assez gaie et rythmée et j'ai trouvé fatiguant à la longue les courses des acteurs à travers la scène, même si j'ai souvent beaucoup ri ou été impressionnée par les idées scéniques vraiment originales. Manque, je ne sais quoi, un peu de liant, un peu de poésie, je ne saurais trop bien dire en fait, mais toujours est-il que j'ai été un peu déçue, de même que mon mari. Par contre, ma fille a absolument adoré et ri tout au long du spectacle en murmurant "ah Maman, c'est trop drôle, c'est le bazar ici, tout est de travers !".

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Spectacle vu au Colysée de Roubaix (as usual, mais je remets le lien pour les curieux... ou les nordistes !) colys_e

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28 mars 2009

Tag littéraire

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Taggée par l'Oursonne et très en retard pour m'y coller, je vous dévoile une fois de plus mes habitudes, turpitudes et autres secrets...

Plutôt corne ou marque-pages ?
Marque-pages. Je déteste corner les livres, même les poches. Mais je peux aussi bien utiliser un joli marque-page qu'un bête bout de papier, post-it, ticket de caisse... J'ai tendance à mâchouiller les coins des marque-pages que j'utilise, donc ils ne font pas long feu...

As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?
Oui, plein, de la part de mes amis, de ma famille. Et depuis l'ère blog, de la part de plusieurs blog-amies (que je remercie encore et qui se reconnaîtront). Et puis il y a aussi les "cadeaux" de Babelio ou de Chez les filles, qui alimentent amplement la polémique sur la blogosphère en ce moment (voir les billets et les commentaires sur Biblioblog et chez Yspaddaden).

Lis-tu dans ton bain ?
Un ou deux bains par an... je ne prends plus le temps de mariner. Mais autrefois, oui, j'aimais lire dans mon bain (avec un verre de vin et une clope !).

As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Oui, et puis non, et puis oui... J'ai plusieurs nouvelles qui traînent, des bouts épars, des idées jetées en vrac, et jamais le courage de m'inscrire à un concours de nouvelles pour voir au moins si je suis capable d'écrire un truc qui se tienne...

Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?
En général, je n'aime pas, mais j'ai adoré Millénium, et la trilogie de Marie Laberge (Gabrielle, Adélaïde et Florent), mais j'ai tendance à ne pas aimer les gros livres lourds qui ne rentrent pas dans mon sac de dame.

As-tu un livre culte ?
Les liaisons dangereuses de Laclos. Lu plusieurs fois. J'adore.

Aimes-tu relire ?
Voir au dessus ! Mais je ne relis presque plus maintenant, la faute à mes PAL et LAL énormes !

Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu'on a aimé ?
Oui, je trouve que c'est très sympa, même si on prend le risque d'être déçu. Il faudrait avoir du temps et la possibilité d'engager un vrai dialogue. Si c'est juste pour dire que je l'ai vu, bof, ça n'a pas trop d'intérêt.

Aimes-tu parler de tes lectures ? Oui ! Je saoule tout le monde !!!

Comment choisis-tu tes livres ?
Les lectures de vos billets sur les blogs, mes deux bibliothèques tournantes de copines, et la bibliothèque ou dans une librairie, au feeling, au vu de la couverture ou de la 4ème, en feuilletant... pas de critère particulier, le livre m'appelle de lui-même !

Une lecture inavouable ?
Des trucs un peu érotiques quand j'étais plus jeune... bof... Et puis plus jeune encore, la Collection Arlequin !

Des endroits préférés pour lire ?
Mon lit. Mon canapé en l'absence d'enfants dans la maison.

Un livre idéal pour toi serait :
Celui que j'écrirai -ou n'écrirai jamais ?

Lire par-dessus l'épaule ?
Je suis curieuse et donc parfaitement capable de lire par dessus l'épaule de quelqu'un, mais j'ai horreur qu'on me le fasse !

Télé, jeux vidéos, ou livre ?
A votre avis ??? Bien évidemment, livre !

Lire et manger ?
Ah non, on en fiche partout ! Pour mon petit déj le week-end, je lis des magazines.

Lecture en musique, en silence, peu importe ?
Silence béni ! Mais je suis capable de lire avec 6 enfants qui courrent autour de moi !

Lire un livre électronique ? Je trouve qu'il est vite fatiguant de lire sur écran, et puis j'aime le contact avec le papier, l'odeur...

Livres empruntés ou livres achetés ?
J'achète de moins en moins de livres (enfin, officiellement, il y a ceux que je déclare à mon Toudou et ceux que je planque...). J'emprunte beaucoup.

Quel est le livre que tu lis actuellement et quel sera le prochain ?
Je viens de terminer Miserere de Jean-Christophe Grangé et j'attaque Le carnaval des monstres de Anne-Sophie Brasme.

As-tu déjà abandonné la lecture d'un livre ?
Oui. Quand c'est trop rasoir, ou quand je déteste le style, je passe l'éponge.

Quel est le premier livre que vous adooooorezadooooorez d'amour ?
Quand j'étais ado, j'ai lu au moins 50 fois Ce jeudi d'octobre de AG Wimberg... (mais je ne sais même plus de quoi ça parle !)

Comme je suis très en retard pour ce tag, je suppose que beaucoup d'entre vous l'ont déjà fait, prend donc la suite qui veut...

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25 mars 2009

Salon du Livre (mon petit salon à moi)

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J'ai lu sur bon nombre de vos blogs les comptes-rendus de vos visites enthousiasmées au Salon du Livre de Paris et regretté parfois de n'avoir pas pu m'y rendre...  Roudoudou y a acheté 24 livres (Monsieur Roudoudou est-il lui aussi féru de lectures, ou bien n'est-il pas au courant de ces achats ???), Cécile y était aussi et y a croisé un tas d'auteurs, et sûrement beaucoup d'entre vous s'y sont également rendus, mais je n'ai pas pris le temps de faire le tour de vos blogs pour chercher... Heureusement, Laure, des Jardins d'Hélène  m'a consolée d'avoir raté cette manifestation par son billet hilarant narrant ses mésaventures...

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Bref, moi, petite provinciale, je suis allée me consoler au Salon du Livre de Bondues (dans le Nord, banlieue chic de Lille). Je me doute bien qu'aucun de vous n'a jamais entendu parler de Bondues, mais il s'y passe depuis plusieurs années un petit salon littéraire par la taille, mais de très bonne qualité et qui attire nombre d'auteurs et de lecteurs assidus.

Si ce salon regroupe principalement des éditeurs régionaux, on peut cependant y retrouver des auteurs connus. Je suis arrivée tôt le matin afin d'éviter la foule, mais malheureusement un peu trop tôt car nombre d'auteurs n'étaient pas encore à leur poste...

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J'y ai retrouvé, entre autres, Les éditions du Riffle, dont je vous avais parlé lors de mes lectures Le bonheur n'attend pas ou Laetitia face à son destin (Marie Fontaine), Passé Mortel (Dirck Degraeve) et Terrasse avec paysage au bord du Célé (Jean-Claude Dorchies). J'ai regretté que Monsieur Degraeve ne soit pas encore arrivé pour que je puisse lui dire tout le bien que j'ai pensé de son roman, et surtout pour réclamer une suite ! Je n'ai pas pu me retenir d'acheter un livre qui me semble très original de Richard Albisser, le directeur de cette maison d'édition (que je remercie encore de tout coeur pour ses cadeaux), Le mystère des deux sabliers, bien mystérieux puisque c'est un livre en deux parties (le sablier d'or et Le sablier d'argent) à lire en retournant le livre.

J'ai discuté également avec Gilles Guillon de Polars en Nord, devenu incontournable dans la région pour les polars, comme son nom l'indique... et pour lequel je referai avec plaisir quelques relecture d'ouvrages quand j'aurais un peu plus de temps libre...

Je me suis promenée, j'ai observé, traîné, musardé...

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J'étais très tentée par La peau d'Anna de Nathalie Gendreau, mais, crise oblige, je n'ai pas succombé. Ce roman parle des relations d'un père, atteint d'alzheimer et de sa fille. Je prendrai ce livre un de ces jours à la bibliothèque, et j'espère qu'il est aussi sympa à lire que l'auteur est charmante et souriante.

J'ai raconté au charmant monsieur de Autrement dit, éditeur belge de CD audio, mes mésaventures avec Ma mère, le CD audio du roman sulfureux de Georges Bataille. Il m'a fait écouter quelques extraits des oeuvres proposées, et surtout la voix d'un de leurs lecteurs, très agréable à entendre. Et il m'a suggéré, alors que je lui disais que les livres audio n'étaient pas très pratiques quand on ne fait que de petits trajets en voiture, et que je ne me voyais pas affalée sur mon canapé la journée en train de ne rien faire et d'écouter une histoire ; que quand on cuisine on ne peut pas se concentrer car on fait trop de bruit, qu'avec les enfants, c'est carrément impossible... d'écouter ces CD en faisant mon repassage, plutôt que de m'occuper avec des séries télé débiles... Voilà une bonne idée qui pourrait (presque !) me faire apprécier mes interminables séances repassage...

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Également tentée par une jeune auteur, Cassandre Lefebvre, qui a écrit alors qu'elle avait 17 ans Les cygnes noirs. Je n'ai pas acheté, mais je tenterai de le trouver.

Et puis, et puis... celui que je venais voir en priorité, qui m'a embrassée comme du bon pain quand je me suis présentée, qui est aussi charmant en vrai qu'à travers son blog, avec lequel j'ai pas mal discuté, le très célèbre (au moins sur la blogosphère), j'ai nommé Georges Flipo !

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J'étais ravie de faire sa connaissance après les nombreux échanges que nous avions eu par blog interposés ou par mail, et surtout après la lecture de Qui comme Ulysse et de Le film va faire un malheur, que j'ai tous deux beaucoup aimés. Je suis repartie avec Le vertige des auteurs dont j'ai déjà lu quelques bonnes critiques sur certains blogs. Comment résister à un livre présenté comme très méchant par un homme aussi gentil ?

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Sous mon regard admiratif, Georges cogite sa dédicace...

Pour cause de beau temps dimanche, et d'amis à la maison, je ne suis pas retournée au Salon du Livre. J'ai donc raté Jean-Louis Fournier, Michel Quint et plein d'auteurs que j'aurais aimé rencontrer, mais c'était malgré tout une belle ballade et bien sûr, j'y retournerai l'année prochaine ! (eh puis, voyez comme j'ai été raisonnable, seulement 2 achats... cela a été dur, mais je me suis retenue...).

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24 mars 2009

La libraire a aimé

Sophie POIRIER

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Et Liliba la lectrice aussi !

Tous les jours, à la terrasse d'un petit café de Bordeaux, deux libraires se retrouvent. Ils échangent leurs impressions de lecture, mais jamais ne parlent d'eux, ne se livrent, à tel point qu'ils ne savent même pas le nom de l'autre... Leur rendez-vous devient une habitude, jusqu'au soir ou Paul n'arrive pas et ou Corinne l'attend, tout d'abord dans le calme, puis presque avec désespoir.

Elle croit l'avoir perdu pour de bon, ne jamais le retrouver quand elle découvre au  hasard d'une exposition de photos de cadavres le visage de Paul. Stupéfaction, horreur, elle part à la recherche du photographe pour remonter la piste de Paul, découvrir ce qui lui est arrivé.

Ses recherches deviennent son moteur de vie, presque une obsession et l'amènent à faire des rencontres étonnantes : Paul Auster et son épouse, un oncle russe et son nain fidèle, une vieille anglaise collectionneuse d'objets cassés et hétéroclites, jusqu'à la Provence où...

Vous ne saurez pas la suite, pas avec moi tout du moins ! Je vous engage à lire au plus vite ce délicieux petit roman, empreint de poésie, de nostalgie et d'un immense amour pour les livres et les hommes. Une très jolie histoire menée avec délice par la plume très fraîche de Sophie Poirier (alias Ficelle, que vous pouvez retrouver sur son blog L'expérience du désordre).

Un premier roman qui donne envie de lire à nouveau cette jeune auteur prometteuse !

Extrait :

"Je les vois tous les jours depuis plus d’un an assis dans le même café, à la même heure. Ils ne commandent pas, la serveuse vient et pose les deux verres sur des petites serviettes blanches en papier, une assiette avec des olives, ensuite elle porte la bouteille de whisky jusqu’à la table pour les servir. Ils boivent deux whiskys chacun, tous les soirs à 19 h 30. Pour l’instant, je ne sais pas comment les nommer. Il y a cet homme aux airs discrets, presque timide, et cette femme un peu garçonne et charmante. Depuis que l’été est arrivé, j’ai remarqué qu’ils portaient tous les deux des espadrilles. Hier soir, elles étaient à rayures. Lui beiges et blanches. Elle bleu marine et blanches. Avant-hier, c’était des couleurs unies.

C’est le rituel qui m’a d’abord attirée. Que je sois assise dans ce café ou que je passe devant pour rentrer chez moi tous les soirs, depuis un an ils sont là, à la même heure. Avec leur whisky servi, et l’été leurs espadrilles. Je ne sais pas s’il s’agit d’un couple. Rien dans leurs gestes, leur attitude ne le laisse penser.

Ils discutent tout de suite. Ils ne s’embrassent pas, ni sur la bouche, ni même sur les joues pour se saluer, ils s’assoient directement. C’est souvent lui qui arrive le premier. Elle prend place en suivant à ses côtés et la serveuse vient. Ils lui disent merci au milieu de leur conversation déjà commencée. Ils parlent. Parfois, j’ai vu des silences très simples s’installer entre eux, des silences qui ne les inquiètent pas. Ils regardent ailleurs quelques secondes, perdus dans leurs pensées, et reprennent en suivant une autre conversation.

Ils se séparent au bout d’une heure. Ils quittent l’endroit ensemble. Marchent un peu plus loin. Peut-être qu’après chacun va de son côté, je ne sais pas, il faudrait les suivre. Je n’ose pas. Comme une interdiction. Je pourrais bien sûr m’approcher d’eux plus près, les épier. Alors j’en apprendrais sûrement davantage. C’est peut-être très simple et il y a sans doute une explication banale qui pourrait me contenter mais je reste à cette distance mystérieuse.

 

Forcément, je fais maintenant partie de leur rituel. Ils croyaient être inaperçus, mais moi j’ai vu et désormais, je participe. Ils parlent de livres. Ils se racontent ce qu’ils ont lu. Un couple n’aurait pas besoin de s’échanger ainsi des titres de livres, chacun verrait sur la table de nuit ce que l’autre est en train de lire…"

Ce bien joli roman, tant pour sa couverture que pour l'histoire et le style, a été édité par Ana Editions.

Sylvie l'a lu et a beaucoup aimé. Comme toujours sur son blog, vous trouverez foule de liens plus intéressants les uns que les autres.

Un immense merci, Ficelle, pour m'avoir envoyé ce roman !

Je propose, comme l'a fait avant moi Sylvie, de le faire voyager chez vous pour que vous puissiez le découvrir à votre tour. N'hésitez pas à vous inscrire à travers les commentaires ou par mail ! livre_voyageur_anim_

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23 mars 2009

Le roi penché

Carolyn CARLSON & Marie DESPLECHIN

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le_roi_pench0"Autrefois, il y a très longtemps, un homme bossu et boiteux vivait sur la lande. Il avait été chassé de partout. Son visage était fort laid et sa voix très altérée. Aussi les gens disaient qu'il était le fils d'une femme et d'un oiseau et ils craignaient qu'il fût sorcier.

En ce temps-là, un Roi cruel et avare régnait sur le pays. Il était si puissant et sa couronne était si lourde qu'il pouvait à peine lever la tête. Mais il préférait renoncer à voir le ciel, plutôt que de se séparer de son pouvoir et de ses trésors. On l'appelait le Roi penché.

Sur son ordre, le pauvre Bossu fut exilé sur une lande désolée. Là, il se sentit si seul qu'il décida de se laisser mourir. Mais la mort ne voulu pas de lui. Alors, puisqu'il fallait vivre, il supplia le ciel de le faire père d'un enfant. Il fut entendu : un oeuf nacré descendit se poser sur la terre...

Quand le Roi penché entendit raconter ce prodige, il décida de s'approprier l'enfant. Ce qu'il fallut de courage pour le combattre, et comment le soleil se changea en dragon pour s'en mêler, c'est ce que raconte l'histoire du Roi penché, qui fut vaincu par une petite fille qu'on désignait sous le nom de Née d'un Oeuf..."

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Pour la première fois de sa longue et riche carrière, Carolyn Carlson s'est appuyée sur un texte pour donner naissance à son dernier spectacle. En collaboration avec Marie Desplechin, auteur nordique bien connue déjà pour ses romans pour adultes et surtout pour enfants ou ados, Madame Carlson nous emmène une fois de plus dans un univers onirique, mais dans lequel nous retrouvons les valeurs chères aux contes pour enfants : le méchant Roi, cupide et agressif, le bon Bossu, malheureux et solitaire, et Née d'un Oeuf, cet enfant magique envoyée par le ciel pour apporter un peu d'amour dans la vie du Bossu...

Ce spectacle est destiné en priorité aux enfants, mais aussi aux adultes qui ont gardé la capacité de rêver, les yeux assez grands ouverts pour écouter dans le chant des oiseaux et le coeur encore assez pur pour parler à la lune. J'y ai assisté avec ma fille de 8 ans et nous avons adoré, l'une et l'autre.

Nous avons d'autant plus apprécié que nous avons eu la grande chance d'être invités par le CCN de Roubaix (Centre Chorégraphie National, dirigé depuis quelques années par Carolyn Carlson -eh oui, nous avons beau être dans le Nord, et qui plus est à Roubaix, la culture -la grande et belle- vient aussi jusqu'à chez nous !-) pour une porte ouverte et une répétition du spectacle.

Les enfants et moi avons donc eu le bonheur de participer à une après-midi au CCN. Accueillis, ainsi que quelques autres mamans et enfants par Estelle, chargée de communication et des relations presse et Marie-France, attachée de relations publiques, confortablement installés dans la grande salle de danse, nous avons eu tout d'abord un exposé passionnant sur les méthodes de travail de Carolyn Carlson. Ces deux passionnées nous ont expliqué comment, au travers de dessins, d'aquarelles, Carolyn Carlson transmettait à son équipe, danseurs, techniciens ce qu'elle avait dans la tête, comment elle concevait le déroulement de l'histoire, quelle intonation elle voulait donner, quel sens. Les dessins, dont vous trouverez quelques copies glanées sur le site du CCN sont superbes et montrent le talent de cet artiste polyvalente. Ils permettent à l'équipe de mieux cerner ce qu'elle attend d'eux, concrétisent les idées, les sensations, donnent une direction au travail.

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Puis nous sommes entrés dans l'"antre secrète" de la chef costumière, Chrystel Zingiro. Nous avons pu, en avant première, admirer les futurs costumes du Roi penché, du Bossu et de Née d'un oeuf, encore en cours de fabrication (mais Chrystel nous a expliqué que les costumes pouvaient être modifiés jusqu'à la dernière minute avant le lever de rideau...). Nous avons pu visualiser les prouesses non seulement techniques de la couturière, mais d'inventivité et de création pure pour que les costumes correspondent parfaitement à ce que désire la chorégraphe, et qu'ils soient malgré tout aisément portables par les danseurs, pas trop lourds, adapté aux mouvements, pratiques à enfiler ou enlever lors des changements de rôles, et surtout lavables sans dommages après la performance des danseurs. La costumière, quand elle ne trouve pas les tissus désirés, crée parfois elle-même ses propres tissus, avec moultes expériences qui peuvent s'avérer selon le cas des réussites ou un remake de l'apprenti sorcier (micro-onde, cocote minute, fer à souder, peinture... tout est bon pour que le tissu ait enfin la texture et le rendu attendu !).

Après un goûter réparateur, Cristina, l'interprète de Née d'un oeuf, nous a rejoint dans la grande salle pour deux heures non stop d'atelier danse. C'était magique ! Echauffements, marches, mouvements du corps, expression de sentiments à travers les gestes, tout cela en musique, chapeautés par cette danseuse terriblement sympathique et proche qui nous ouvrait les portes de son art, un vrai moment de bonheur pur ! Les enfants, un peu gênés au début (et moi aussi !), se sont vite lachés et sont rentrés dans ce jeu du mouvement et de l'écoute de soi et des autres et aucun de nous n'a vu le temps passer.

Je remercie tout particulièrement Cristina pour la gentillesse et la douceur avec laquelle elle s'est occupée de Paul, mon dernier de 6 ans, trop fier de montrer l'exemple et d'être -enfin- pris pour modèle...

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Notre bonheur a continué 15 jours plus tard par une répétition de la pièce. Nous avons eu un avant-goût de la musique, de la gestuelle des danseurs (le Roi, effectivement vraiment penché, le Bossu boitant et vraiment bossu), admiré les décors de Stéphane Vérité (projections d'images toujours en mouvement qui permettent ainsi à un décor généralement statique de participer pleinement au déroulement de l'histoire, d'en être un protagoniste à part entière). Carolyn Carlson, présente avec son équipe, a répondu très aimablement aux questions des uns et des autres mais, afin de ne pas gâcher notre plaisir de découverte et notre émerveillement, n'a pas voulu "trop" nous en montrer...

C'est ainsi que ma puce et moi nous sommes rendues au spectacle. Pleines des souvenirs et impressions emmagasinées lors de cet après-midi de découverte, et pleines des questions suscitées par ce que nous avions entrevu à la répétition... Et nous nous sommes laissées toutes deux bercer par ce joli conte. Sur une musique de René Aubry, compositeur complice de Carolyn Carlson depuis de nombreuses années, nous avons admiré les performances des danseurs, suivi le déroulement de l'histoire, observé avec dédain le Roi cupide tentant de s'approprier bijoux et biens divers (l'entrée du Roi sur scène était superbe, avec sa couronne qui le tirait véritablement en avant, tant et si bien qu'on aurait cru qu'il allait tomber !), tremblé au moment de la bagarre entre le Roi et le Bossu (superbe !), bref, nous avons admiré ce spectacle de bout en bout et adoré ! La chorégraphie "colle" à l'histoire et les danseurs, dans leur gestuelle ont parfaitement intégré le caractère de leur personnage. Tout en faisant rêver les adultes, ce spectacle est, à mon goût parfaitement adapté aux enfants (très nombreux ce soir-là, même des très jeunes), tant il se rapproche de leur univers, de leurs rêves. La lune et le soleil font avancer le cours de l'histoire, tandis que retentissent les cris des oiseaux, amis des gentils...

Un spectacle magique !

Sur le site du CCN Interview de Marie Desplechin et de René Aubry et de Carolyn Carlson (en anglais).

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Un grand merci à l'équipe du CCN pour leur accueil et leur gentillesse. Cette expérience était vraiment enrichissante et j'espère que mes enfants en garderont le souvenir, et surtout le goût de la danse, de la musique... Nous serons ravis de pouvoir participer à une prochaine porte ouverte !

Distribution :

Cristina Santucci, Maxim Kopistko, Guilhem Rouillon

Chorégraphie : Carolyn Carlson
Musique : René Aubry
Dramaturgie : Marie Desplechin

Conseillère littéraire : Hélène de Talhouët
Scénographie, images et lumières : Stéphane Vérité
Production d'images : Romain Sosso
Costumes : Chrystel Zingiro
Assistants chorégraphiques : Jacky Berger, Henri Mayet

22 mars 2009

Où on va, Papa ?

Jean-Louis FOURNIER

papa"Cher Mathieu, cher Thomas,
Quand vous étiez petits, j'ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
Je ne l'ai jamais fait. Ce n'était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu'à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures... "

Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J'avais honte ? Peur qu'on me plaigne ?
Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c'était pour échapper à la question terrible : « Qu'est-ce qu'ils font ? »
Aujourd'hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre.
Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d'ange, et je ne suis pas un ange.
Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d'eux avec le sourire. Ils m'ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement ce que ce serait : rien.
Et surtout, pendant de nombreuses années, j'ai bénéficié d'une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j'ai pu rouler dans des grosses voitures américaines."

Jean-Louis Fournier, dans ses précédents livres, ne nous avait pas habitué à pleurer de concert avec lui. On connaissait son humour, son coté caustique. Dans cet ouvrage, qui n'est ni un roman, ni un journal intime, on retrouve bien l'humour de l'auteur, mais noir à extrême. Une manière de supporter l'insupportable, de se gausser du sort qui a donné à ce père deux enfants très lourdement handicapés, physiquement et mentalement. Sans doute la seule façon de faire face au destin et d'arriver tout de même à aimer ces enfants différents, et de continuer à vivre...

La force de l'auteur est d'arriver à nous faire rire entre nos larmes ; jamais il ne tombe dans le pathos, même si tout au long de ma lecture, je me suis dit que j'avais une chance folle d'avoir trois enfants en bonne forme. On comprend sa douleur, mais l'humour nous aide à ne pas y sombrer, et surtout à ne pas le plaindre, ce qu'il ne veut pas. Un petit livre vraiment poignant, et un regard intéressant sur les moyens qu'on peut trouver pour vivre avec ce désespoir de père. Une belle leçon de vie.


Biographie de l'auteur
Jean-Louis Fournier est l auteur de nombreux succès depuis 1992 (Grammaire française et impertinente), Il a jamais tué personne mon papa (1999), Les mots des riches, les mots des pauvres (2004), Mon dernier cheveu noir (2006). Autant de livres où il a pu s'entraîner à exercer son humour noir et tendre.

Calepin   a apprécié sa lecture, Laure a été touchée par ce livre et fait un très joli rappel de la chanson de Linda Lemay "ceux que l'on met au monde". Karine  a un avis en demi-teinte, du fait qu'elle côtoie beaucoup d'enfants également handicapés.


Découvrez Lynda Lemay!

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21 mars 2009

L'accident

Ismail KADARE

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Quatrième de couverture : Il est question ici d'un accident dans l'acception littérale du mot : un taxi quitte la route et plonge dans un ravin, il y a deux tués, un homme et une femme, un couple d'amants à l'évidence ; quant au chauffeur survivant, il est bien incapable d'expliquer la cause de l'accident.

Il semble que cette cause ait un rapport avec ce qu'il a vu ou cru voir dans son rétroviseur. Mais il n'est pas en état de préciser ce qu'il a vu au juste, ni même de dire qui étalent les deux passagers, où ils se rendaient et pourquoi tout, chez eux, paraissait si indéchiffrable.

Une histoire d'amour peut sembler la chose la plus banale qui soit au monde, mais peut aussi apparaître comme inextricable. Des millions d'individus ont beau en faire l'expérience chaque jour, rien ne permet d'en résoudre l'énigme. On finit par croire qu'en cela même réside son pouvoir. À l'immémoriale question « L'amour existe-t-il ou n'est-il qu'une illusion ? » fait à présent écho cette autre interrogation : « S'il existe, peut-il se raconter ? »

Dans cette oeuvre magistrale, Ismail Kadaré a tenté de raconter l'inracontable : une histoire d'amour ou l'histoire d'un meurtre, voire une tout autre histoire les recouvrant toutes deux tel un masque ? Jusqu'à la fin, la question ne cesse d'obséder le lecteur.

Je remercie tout d'abord Levraoueg pour le prêt de ce livre voyageur. livre_voyageur_logo J'avais été enthousiasmé par son billet et ai eu de suite envie de découvrir ce dernier roman de l'auteur.

J'ai cependant été très déçue et n'ai pas apprécié (à sa juste valeur ?) cette lecture. Si le roman débute comme un roman policier, avec un accident étrange, des personnages secrets sur lesquels on voudrait en savoir plus, la suite du livre, à mon goût s'étire un peu en longueur. La recherche du policier, qui retrace les derniers mois des deux amants, leurs discussions, leurs dissensions, permet certes d'en apprendre plus sur eux, mais l'ensemble m'a semblé toujours trop énigmatique, un peu compliqué. Je n'ai pas réussi à accrocher à la suite de l'histoire, à cette quête improbable et vaine pour trouver la vérité, reconstituer les faits, j'ai trouvé cela un peu ennuyeux, long. Je n'ai pas non plus tout bien compris de la fin, bref, une déception... Mais il en faut parfois, et je ne remets absolument pas en cause le talent de l'auteur, qui maîtrise un style parfait et très agréable à lire. Juste que c'était un peu trop... ésotérique ? pas assez cartésien en tout cas pour mon esprit étriqué qui demande à un fait une cause possible, et sinon se perd en conjectures et élucubrations !

Un avis dans Critiques Libres qui rejoint le mien.

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20 mars 2009

Le portrait

Pierre ASSOULINE

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Si les tableaux pouvaient parler, s'ils avaient une âme, une vie propre, nous pourrions grâce à leur témoignage, leurs confidences découvrir ce que fut leur vie et celle de leur époque, vivre en même temps qu'eux certains passages de l'histoire, connaître leurs secrets...

C'est que qu'a imaginé Pierre Assouline dans cette biographie originale et passionnante. Le tableau superbe de la baronne Betty de Rothschild, peint par Ingres en 1848 nous emmène, par les souvenirs du modèle, à travers Paris et même dans le monde entier : au château de Ferrières, au château de Neuschwanstein où Hitler entrepose les tableaux pillés par Goering pour son futur musée, aux cimaises de New York et de Londres où il sera exposé... Nous découvrons donc à travers les yeux de Betty l'histoire de cette famille peu commune, ainsi que l'histoire du tableau et ses vicissitudes.

Betty de Rothschild fut le pilier de l’une des familles les plus illustres en Europe depuis le XIXe siècle, par sa puissance financière ainsi que par sa passion des arts. Elle tint salon, reçu à sa table Chopin, Heine, Rossini, Balzac et bien d'autres encore, organisa les bals les plus courus de la capitale et tint son rang dans les milieux des Lettres, de l'art et de la politique, bien qu'elle fut souvent critiquée, jalousée, insultée par une partie de la noblesse ou de la bourgeoisie de l'époque, par antisémitisme, méchanceté ou bêtise.

La forme originale de cette biographie permet une lecture fluide et maintient un intérêt constant du lecteur, doublement intéressé par le sort du modèle et celui du tableau. Nous rentrons dans les pensées, dans le coeur de Betty de Rothschild et ce qui aurait pu être une leçon d'histoire barbante devient un roman passionnant de bout en bout (mis à part vers le milieu un chapitre traitant de la dynastie financière, dans lequel abondent les noms des personnes gravitant autour de cette famille, les chiffres, les possessions).

Une lecture intéressante !

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Allez sur le site de Betty de RothschildRothschild, vous y trouverez de très nombreuses photos, des explications, des détails, des extraits du livre...

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19 mars 2009

Slumdog millionnaire

film de Dany BOYLE

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Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l’émission «Qui veut gagner des millions ?». Il n’est plus qu’à une question de la victoire lorsque la police l’arrête sur un soupçon de tricherie. Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d’où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu’il a perdue. Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d’une émission de télévision? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante.

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J'ai adoré ce film ! J'avais lu le roman il y a deux ans (Les Fabuleuses Aventures d'un Indien malchanceux qui devint millionnaire de Vikas Swarup) et avais beaucoup apprécié cette lecture, le dépaysement de ce voyage à travers l'Inde, et la fraîcheur qui se dégageait du personnage de Jamal bien qu'il nous fasse partager sa vie difficile, ses déboires et les malheurs de sa famille et de son pays. Mais j'étais un peu indécise pour voir le film, car les adaptations cinématographiques de livres sont parfois décevantes, surtout quand on a pris beaucoup de plaisir à la lecture, et inconsciemment imaginé les personnages à sa sauce...

J'ai cependant été emportée de bout en bout par l'histoire bien sûr, mais également par le jeu des acteurs, la façon très originale de filmer, la musique, l'élan de ce film de toute beauté. Certes, le début est un peu violent, et je comprends qu'on peut être choqué devant quelques images (les bidonvilles, le tabassage, la dureté (que dis-je, l'horreur !) quotidienne de la vie des enfants manipulés, mais j'ai trouvé qu'il en ressortait une force de vie extraordinaire, un regard malgré tout positif sur les choses et les gens, de l'espoir, beaucoup, le tout servi avec humour - et amour.

Un très beau film, avis que semblent partager nombre d'entre vous, puisque qu'il a récolté pas moins de 8 oscars et  4 golden globe award...

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18 mars 2009

Le cercle de Megiddo

Nathalie RHEIMS

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Maya, jeune archéologue, rejoint le professeur Friedmann, son mentor et père spirituel au nord d'Israël, sur le site de Megiddo où celui-ci a entrepris des fouilles. Le professeur est à son arrivée dans un état d'exaltation extrême : il a mis au jour un sanctuaire chaldéen qui semble remettre en cause les origines mêmes de la Bible. Maya, de même que toute l'équipe est inquiète : d'étranges messages menaçants ("Il vous reste douze jours") arrivent mystérieusement sur les téléphones portables et bientôt les décès surviennent autour d'eux. Les deux chercheurs découvrent qu'une terrible malédiction s'est mise en marche, les visant eux, au bout d'un compte à rebours inexorable.

Si le début de l'histoire est assez prenant (livre commencé dans un train, je n'avais donc pas d'autre occupation...), on s'essouffle assez vite. Le mélange des thèmes : mystères de l'astrologie, secrets de la Kabbale, conflits politiques actuels est par trop invraisemblable pour qu'on puisse croire à l'histoire, et à mon goût pas assez creusé pour être vraiment crédible. J'ai cru noter quelques incohérences, aurais bien aimé en savoir plus, comprendre mieux le fond de l'intrigue...

Bref, une "lecture de gare" distrayante, mais sans plus. L’écriture est rapide, peu littéraire et ce roman ne me laissera pas un souvenir indélébile...

Ce livre faisait partie de mon Challenge ABC 2009.

Site de l'auteur et explications.

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