Les lectures de Lili... Et un peu de ma vie aussi...

Ce que j'aime, ceux que j'aime... Un peu de tout, en vrac, et suivant mes humeurs...

24 février 2009

Une pause s'impose

valise_livres

Je vous abandonne quelques jours pour aller me reposer avec ma petite famille à la campagne chez mes parents. Je compte bien emmener quelques livres, dont je ne manquerai pas de vous parler à mon retour... J'espère aussi pouvoir squatter l'ordinateur de Maman pour vous rendre visite, je suis (comme toujours) en retard de plusieurs articles dans mon tour des blog-amis...

A bientôt !

Posté par liliba à 19:03 - Vrac, humeurs et fourre-tout... - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

23 février 2009

Tag en folie

tag

Il semblerait que la mode des tags reviennent sur la toile ! Voici un tag envoyé par mon amie Nikette, qui vient de créer son joli blog de couture Une souris dans mon dressing

Voici les règles de ce tag :

Répondre aux questions
Recopier les règles
Le renvoyer à 6 personnes (pfff, c'est beaucoup !) et les avertir sur leur blog

Diamant ou perle ? Perle, c'est discret, pas cliquant, plus chic

Quel est le dernier film que tu as vu ? LOL, parce que le journal ne donne pas les bons horaires, donc quand nous sommes arrivés au cinéma, il n'y avait plus que ça... Gentillet, j'adore Sophie Marceau, mais je prie pour que mes enfants ne soient pas comme ceux du film à 16 ans !

Ta série TV du moment ? Avec toudou d'amour, on s'enfile Desesperate housewifes, on adore ! Devinez laquelle je suis ???

Petit déjeuner ? c'est intéressant, ce que je mange au p'tit déj ???

Deuxième prénom ? Marie

Quels aliments n'aimes-tu pas manger du tout ? le foie, la cervelle, les abats en général...

Quelle voiture conduis-tu ? Un gros truc pas sexy du tout pour se faire draguer aux feux rouges, la faute aux schtroumpfs et aux copains qu'il faut bien caser...

Quel trait de caractère n'aimes-tu pas ? Les gens qui forcent mon intimité sans y être invités

Vêtement préféré ? Jupe ou robe

Si tu pouvais partir n'importe où en avion où irais-tu ? Un grand trek en Asie, ou en Amérique du sud, le tour de tous les pays pendant plusieurs mois, Canada, Etats-Unis, Russie, Vietnam, Tahiti, La Réunion... enfin, partout !

veux-tu passer ta retraite ? Qui a pondu ce tag ?

De quel anniversaire te souviens-tu ? mes 40 ans, une fête d'enfer avec tous mes amis autour

Ta date d'anniversaire ? 21 octobre

Si tu étais une couleur ? gris - rose - orange - marron...

Chocolat ou vanille ? oui, merci, avec de la chantilly s'il vous plait

La dernière personne que tu as eu au téléphone ? mon papa

Jour de la semaine préféré ? le lundi, quand les enfants sont à l'école et que je suis seule à la maison... et quand je travaillais : le lundi, parce que je me retrouvais au bureau...

Comme je ne suis pas autoritaire, je ne désigne personne, je laisse à ceux ou celles qui ont envie le soin de prendre la suite !

tag2

Posté par liliba à 22:17 - Swap, tag et autres jeux... - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

22 février 2009

Tic tac toc, non, je ne suis pas toquée !

ob_lix

Angelica nous fait partager ses petites manies, et comme cela m'a amusée, et que je suis curieuse de connaître les votres, je vous livre les miennes !

1) Je ne peux pas sortir de chez moi sans avoir une bague, sinon j'ai l'impression d'être toute nue.

2) J'aime que l'eau de mon thé du matin soit bouillante, mais j'attends ensuite pour le boire que le breuvage soit redevenu tout tiedasse. Ben oui, je sais que c'est bête, mais sinon ça n'a pas le même goût.

3) Je me caresse souvent les seins (!), ou le ventre... Mon homme, ouh ouh, c'est un appel subliminal pour toi !!!!!!!!!!

4) Je fume en voiture toutes fenêtres ouvertes (je me caille, donc) et je jette mes mégots par la fenêtre (désolée, Angelica !!! je te promets que si je viens dans ta région, je ferai attention !).

5) Je ne vais jamais nulle part sans un livre ou un magazine dans mon sac ou dans ma voiture. Je ne corne jamais les pages.

6) Je dors avec un nounours sur lequel je repose mon bras, et que je serre de la main droite...  Mon homme ! bis repetita...

7) Je fais cliquer mes bics sans arrêt (mais je ne suis pas la seule, j'ai découvert un autre cliquo-maniaque !).

8) Je jure comme un charretier ou une poissonière quand je suis au volant et qu'il y a des embouteillages.

9) Je trifouille et perce mes boutons, quand j'en ai, si bien que d'un mini petit point invisible à tout autre que moi (et encore, avec la lampe grossissante), la chose sur laquelle j'ai appuyé, gratté, que j'ai essayé de pulvériser, d'exterminer, d'extraire de ma blanche peau devient un gros bubon rouge-violacé, suintant, puis croutant qui met au moins une semaine à disparaitre...

10) Quand je lisais, lorsque j'étais plus jeune, j'avais tendance à m'arracher les cheveux sur le dessus du crâne... J'ai arrêté le jour où je me suis retrouvée avec une tonsure ! Maintenant, je me fais la guerre pour m'empêcher de m'arracher les cils... C'est grâve, docteur ?

... Je stoppe ici pour ne pas vous livrer mes plus grâves turpitudes afin d'entretenir le mythe de super Liliba !!!!

Et vous, c'est quoi vos petites manies ?

Posté par liliba à 18:44 - Swap, tag et autres jeux... - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

21 février 2009

Books and the City version 2009

plan_paris_france

Il y avait eu une version 2008, qui fut aux dires de tous un franc succès. Les gentilles (et courageuses !) organisatrices rempilent cette année et vous pouvez dès aujourd'hui filer vous inscrire au Books and the City 2009, qui aura lieu le samedi 6 juin.

L’idée de départ est simple : organiser un grand jeu de piste dans Paris pour les blogueurs de tous les horizons (principalement blogs littéraires).

Certaines (et certains) d'entre vous y étaient l'année dernière et j'avais suivi avec intérêt vos courses folles dans Paris sous la pluie, en vous enviant... Mais mon blog n'était qu'un bébé et je n'avais pas pu m'organiser pour venir moi aussi. Cette année, bébé-blog a bien grandi et je me réjouis de venir m'amuser avec tous ceux qui seront là, parcourir Paris, où j'ai tout de même vécu 10 ans mais où je ne retourne maintenant presque jamais, faire connaissance, me cultiver un peu, rire beaucoup j'espère...

Les inscriptions sont ouvertes !

Pour toute info, et pour se manifester auprès des organisatrices,

il suffit de se rendre !

untitled

Et moi, je vous donne rendez-vous à Paris !

books

(les non-blogueuses peuvent également participer, nous ne sommes pas une secte !!!)

Posté par liliba à 17:52 - Swap, tag et autres jeux... - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

20 février 2009

TAG de PAL

P2160030

Encore un tag ! Cette fois-ci, c'est Daniel Fattore qui demande à ce que je vous montre ma PAL.

Les règles de ce tag :

- Prendre en photo les romans à lire c'est-à-dire sa PAL.
- Dire celui qui vous motive le plus
- Dire celui qui branche le moins
- Passer le tag à 4 personnes

La PAL de Daniel est absolument impressionnante, on dirait qu'il tient une librairie dans sa chambre, et la mienne à coté va avoir l'air toute rikiki... mais cela fait partie de mes quelques bonnes résolutions de l'année : faire diminuer cette PAL avant d'acheter de nouveaux livres...

Cette PAL ne comprend que mes livres à moi et est bien figée ; j'ai une autre mini PAL pour les livres empruntés, en voyage, bref ceux qui ne font qu'un court séjour à la maison (ma PAL mobile).

P2160024

Un grand merci à mon Toudou d'amour qui m'a bricolé gentillement ces belles étagères, que je peux admirer de mon lit...

P2160025

Vue d'ensemble, comme ça vous savez tout de moi, z'êtes même rentrés dans ma chambre ! (d'aucuns auraient bien voulu...).

Je vous renvoie à un délire de PAL dominical il y a quelques mois : avant de ranger ma PAL sagement sur mes étagères flambant neuves, j'ai inventé une petite histoire de PAL...

Beaucoup d'entre vous ont déjà été taggué(e)s, aussi je laisse à qui veut le soin de reprendre le tag, mais ne cite personne.

Bêtouille que je suis ! Je n'ai fait que la moitié du tag !

Le livre qui me motive le plus : Sylvie Germain, l'inaperçu, parce que j'adore cet auteur. Ce livre est déjà dans ma valise en préparation...

Celui qui me motive le moins : Les Bienveillantes de Jonathan Little, que je me suis "imposé" de lire cette année dans mon challenge 2009.

Posté par liliba à 20:16 - Swap, tag et autres jeux... - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

18 février 2009

Le visiteur

Eric-Emmanuel SCHMITT

freud

En 1938, les troupes allemandes défilent dans Vienne, la ville résonne de chants nazis et de coups de feu et la tension monte dans toute l'Europe. Anna, la fille bien-aimée du célèbre docteur Sigmund Freud, l'exhorte à quitter l'Autriche et à accepter le soutien que lui propose la communauté scientifique européenne. Lui, bien que très inquiet de la situation politique, ne peut se résoudre à abandonner sa ville, son passé, ses souvenirs, et repousse sans cesse ce départ. Il est encore protégé par son statut de savant, mais subit quotidiennement le harcèlement des nazis et un chantage en échange de sa relative tranquillité.

C'est alors qu'une nuit, le 22 avril précisément, après qu'Anna vienne d'être emmenée par un officier nazi contre lequel elle s'est révoltée, Freud reçoit une visite étrange...

Un homme habillé en dandy s'introduit mystérieusement chez lui. Il refuse de dévoiler son identité, connaît le passé et l'enfance de Freud, notamment quelques faits très précis survenus quand le vieil homme avait 5 ans, évoque l'avenir proche... Comment cet inconnu pourrait-il être si bien renseigné s'il n'était... Dieu ? Le doute s'immisce dans l'esprit du psychanalyste, terriblement anxieux du sort d'Anna et fatigué par le cancer de la gorge qui le ronge. Cet inconnu pourrait peut-être bien aussi être ce mythomane évadé d'un asile et recherché par la police ? Ou bien un rêve créé par son esprit épuisé ? Mais comment expliquer ses apparitions ou disparitions, et cette connaissance du plus profond de son coeur ou de ses pensées ?

Cette rencontre entre la raison et la religion, qui à première vue semble impossible et complètement irréelle, donne une pièce vive et alerte, intelligente, qui m'a tenue en haleine du début à la fin. L'intrigue est bien menée, on ne s'ennuie jamais et jusqu'au bout le spectateur se demande quelle sera l'issue de cette discussion. Les personnages sont très humains et très justes, et l'humour et l'ironie aident le spectateur à s'immiscer entre Freud et Dieu, et à amorcer quelques axes de réflexion. Freud s'accroche à son athéisme avec force (je dirais, avec désespoir), mais avoue son profond besoin de croire à une entité supérieure. Il tente d'opposer des arguments concrets, précis, oscille entre doutes, mouvements de révolte, déni, mais est intimement tenté de lâcher prise en quelque sorte, et de se laisser porter à croire.

Comment justifier l'existence du mal si Dieu existe vraiment ?

Le visiteur ouvre un abîme de réflexions, mais jamais l'auteur ne cherche à donner de leçons ni à imposer son avis personnel, tout juste à suggérer. Le débat reste donc ouvert...

visitvisiteur2

Comme toujours, un moment de pur bonheur pour moi que d'aller au théâtre, qui plus est avec cette pièce intelligente. Je me suis autant régalée du texte (d'une rare et extrême finesse) que de la mise en scène et du jeu des acteurs, impressionnants de vérité, sachant traiter ce sujet très sérieux en passant de l'humour à l'ironie, en redevenant sérieux, en virevoltant autant avec les mots que physiquement (Dieu ne cesse de se mouvoir et occupe tout l'espace de la scène, il s'assoit, se lève, s'allonge, s'étire, se redresse : il est partout. Freud, lui, est plus statique, presque raide, campé sur ses convictions).

Cette pièce a trouvé également une forte résonance en moi, soulignant de façon très précise mes interrogations personnelles quand à mon positionnement face à la religion, l'état vacillant de ma foi, et ce que j'apporte -ou pas- à mes enfants en leur donnant un simili d'éducation catholique... sans pouvoir moi-même répondre à mes questionnements intimes. Cela m'a donné envie, d'une part de lire le texte de cette pièce, et de chercher quelques livres qui pourraient approfondir ma réflexion.

Je vous conseille vivement, si vous ne pouvez pas aller au théâtre, de lire cette pièce !

Vu, comme presque tous les spectacles dont je vous parle ici, au Colysée de Roubaix, dont je vous recommande la programmation éclectique et de très grande qualité si vous êtes de la région ! colys_e

Photo1_B_124

Eric-Emmanuel Schmitt a écrit cette pièce en 1993, désormais jouée sur les scènes du monde entier, bien qu'elle ait mis quelques temps à rencontrer le succès. Le texte est finalement la plus forte vente pour le théâtre contemporain avec plus de 40 000 exemplaires vendus. La pièce a reçu trois prix lors de la Nuit des Molières 1994 : meilleur auteur, révélation théâtrale et meilleur spectacle.

Le site de l'auteur, très intéressant.

freud_bureaufreud_et_dieufreud_et_gestapovisiteur

Posté par liliba à 20:28 - Théatre, Cinéma, Sorties, Musique... - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

16 février 2009

Les diablogues

Roland DUBILLARD

41320

Vous connaissez tous le jeu du ping-pong. L'un des partenaires envoie la balle, que l'autre doit rattraper au vol, recentrer sur la table et renvoyer. C'est la même chose qui se passe sur scène dans ce spectacle original, ou les mots remplacent la balle et volent de l'un à l'autre. L'affrontement verbal de ces deux compères, par petits sketches (à l'origine radiophoniques), fait rebondir les mots. La phrase, de logique, devient absurde, le sens en est tourné, détourné par la répétition, par une logique rigoureuse mais implacable qui fait dire le contraire de ce que l'on vient d'énoncer. C'est d'une finesse remarquable et il faut tout le talent de François Morel et Jacques Gamblin pour tenir le rythme de ce match effréné de la parole contre la parole.

diabloguesluilui2

Cet exercice littéraire comique d'un duo de clowns fragiles fait rêver, sourire et rire, souvent. J'ai beaucoup aimé ce spectacle qui redonne au mot son importance, autant que sa fragilité : le mot est peu de chose s'il est lancé sans que l'interlocuteur soit "branché sur la même longueur d'ondes" et un dialogue tout à fait anodin peut devenir complètement farfelu, un vrai dialogue de sourds si les deux personnes restent chacune campées dans leur idée sans chercher à savoir ni à comprendre ce que l'autre veut exprimer, et si leurs grilles de compréhension restent différentes. Quiproquos, non sens, échanges verbaux foldingues se succèdent dans une mécanique d'une redoutable précision. C'est drôle, poétique, tendre, surréaliste et terriblement réjouissant. Ne les ratez pas !

 

Spectacle vu, comme toujours, au Colysée de Roubaix.

colys_e

diablodiablogu

Posté par liliba à 22:51 - Théatre, Cinéma, Sorties, Musique... - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

14 février 2009

La Traviata

VERDI

coeurcoeurcoeur

traviataLa Traviata est l’opéra le plus populaire de Verdi, et même si vous n'êtes pas très mélomane, vous connaissez tous un ou plusieurs airs de cette pièce magnifique. L'histoire est tirée du roman de Alexandre Dumas, La dame aux Camélias.

A Paris, au XIXe siècle, Alfredo, jeune homme de bonne famille, s'éprend avec passion de la courtisane Violetta. Mais le père d'Alfredo ne voit pas cette liaison d'un bon oeil, qui porte ombrage à l'honneur de sa famille et fait promettre à Violetta de renoncer à son amant. Elle lui envoie une lettre de rupture sans explications qui rend Alfredo fou furieux. De rage et de désespoir, il l'insulte en public, et la jeune femme dont la maladie réapparaît, se meurt seule en compagnie de sa camériste. Alfredo apprend par une lettre de son père qu'elle n'a jamais cessé de l'aimer et se précipite à son chevet, mais trop tard : elle meurt dans ses bras.

L’amour naissant, la passion, la souffrance, la notion du devoir et du sacrifice, tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette oeuvre un chef-d'oeuvre. L'opéra alterne avec bonheur les airs envoûtants et joyeux des fêtes heureuses, et la tristesse des moments intimes et du drame que vivent Alfredo et Violetta. Et comme toujours, j'ai pleuré, pleuré...

colys_e

Une merveilleuse soirée passée grâce au Colysée de Roubaix, qui nous offre, à deux pas de la maison, des spectacles de grande qualité. C'est mon petit luxe, et chaque année, je me précipite sur le programme, mais mon choix est de plus en plus difficile à établir, tant les spectacles sont diversifiés et attirants... Je coche, je coche sur mon bulletin d'abonnement, et je n'ose pas dire à mon mari le nombre de spectacles choisis... Je le préviens juste quelques jours avant : "n'oublies pas, nous avons un spectacle cette semaine !" et ainsi il ne se rend pas trop compte de tout ce que j'ai retenu ! (enfin, il n'est pas idiot tout de même, n'allez pas croire ! Il est aussi ravi que moi !).

Photos prises pendant le spectacle.

violetteUne belle version de Violetta que je vous incite à écouter, encore et encore !


Découvrez Anna Netrebko!

Et parce que c'est la Saint Valentin, et que je vous aime tous, vous, mes lecteurs, les fidèles et ceux de passage, voici un petit bouquet pour vous :

PC240035

12 février 2009

Les lettres de Capri

Mario SOLDATI

babelio

capri

Dans la Rome d’après la Seconde Guerre mondiale se retrouvent pas hasard le scénariste Mario - le narrateur - et son ami, Harry, un ancien soldat américain épris d’art italien devenu chargé de mission à l’UNESCO dans le cadre de la reconstruction du pays. Aussitôt, Harry sollicite l'aide financière de Mario, qui ne peut refuser tant son ancien ami semble être désemparé et dans le besoin. Il lui prête donc de l'argent qu'il pense pouvoir se faire rembourser quand Harry aura écrit un scénario pour lui.

Mario rencontre également Dorothéa - aussi appelée Dora, l'amie de Harry, ancienne prostituée, qui l'attire irrésistiblement et qu'il tentera de séduire. Cependant, il découvre toute la vie de Harry lorsque celui-ci lui fait parvenir son manuscrit : le scénario promis n'est pas une fiction, mais un récit fidèle des années passées, années pendant lesquelles Harry, en dépit de son mariage avec Jane, voua une adoration obsessionnelle et maladive à Dora.

Sur cette histoire d’adultère somme toute banale se greffe un mystérieux chantage : des lettres envoyées de Capri réapparaissent et troublent profondément Harry et son entourage... dont je ne vous dirai pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue. De plus, tout au long du roman, nous assistons au débat intérieur de Harry, son attirance mêlée de répulsion pour Dora, son amour raisonné pour son épouse, sa culpabilité tout en même temps que cette force puissante qui le pousse vers le mal, la fange... Les âmes sont dévoyées et dévorées par les tourments de la chair, mais endurent mille souffrances à n'y pas succomber et mille remords quand elles n'ont pas sur résister... En ce sens, le livre a un peu vieilli : l'adultère est devenue monnaie courante, ou plutôt, n'est probablement pas plus fréquent qu'autrefois, mais tout du moins, n'est plus caché et honteux, et nous vivons dans une société qui n'est plus du tout puritaine. Quand à la notion de péché et au repentir, l'effondrement du respect des religions en font des notions obsolètes, ou presque...

Un beau texte, bien que la structure de l'intrigue soit plutôt complexe. L'écriture est limpide, rigoureuse et  très "visuelle" comme un scénario de film (Soldati était cinéaste) et l'auteur décrypte avec talent l'esprit et le coeur humain et ses contradictions et tourments. Il brosse avec précision les caractères des personnages, même ceux des personnages secondaires, dont nous ne saisissons toute la profondeur qu'en cours de lecture.

carpis4

Publié en 1954, Les Lettres de Capri consacre Mario Soldati, qui s'affirme alors comme l'un des plus grands écrivains italiens du siècle. Ce chef-d'œuvre reçut le prestigieux prix Strega (le Goncourt italien).

babelio_g_n_ralJe remercie vivement Babelio qui m'a fait parvenir ce livre, et plus particulièrement Guillaume pour sa gentillesse et sa patience à attendre mon commentaire !

35153224_pExtrait : "Quiconque s'est un jour retrouvé - et qui ne s'est pas retrouvé ? - face à l'infidélité d'une femme qu'il croyait fidèle, même s'il ne l'aimait pas fidèlement, sait qu'aux tortures de la jalousie, plus ou moins douloureuses selon les cas, se mêle une autre peine : la conscience de s'être trompé sur le compte d'une personne avec qui l'on a vécu, nuit et jour, pendant de longues années, la stupeur et l'humiliation de découvrir en un instant qu'elle est complètement différente de ce que l'on pensait, comme si l'on assistait, dans les courts instants de cette révélation, à une métamorphose cruelle qui s'accomplit sous nos yeux. Les traits mêmes de son visage, si familiers jusqu'à la seconde d'avant, son regard, ses mouvements, les formes de son corps, ses mains nerveuses, ses gestes, sa façon de marcher deviennent brusquement étrangers, nouveaux, mystérieux ; nous ne les connaissons pas, ils ne nous appartiennent plus. Nous nous disons : elle a souri à des joies que nous n'avons pas partagées : ses yeux ont contemplé - mais avec quelle expression ? nous l'ignorons - un autre homme ; ses mains ont caressé un autre corps, en vibrant d'une tendresse qui nous est inconnue et qui diffère de celle avec laquelle elles caressaient notre propre corps, car il s'agissait justement d'un autre corps, d'une autre réalité. Et au moment où nous ressentons tout cela, un moment déchirant, nous nous mettons, inconsciemment ou non, à éprouver pour cette femme un tout nouveau désir, tantôt étouffé sous notre vanité et nos préjugés, tantôt libre et irrésistible. Nous voulons aussitôt posséder la mystérieuse compagne de notre vie à travers cette nouvelle nature qui nous semble sa seule véritable nature : nous voulons la connaître sur le champs, jusqu'au bout, ainsi qu'elle nous apparaît, vaincre par un acte sexuel désespéré l'absurdité qui nous blesse."

Posté par liliba à 20:27 - J'ai lu, j'ai bien aimé - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

10 février 2009

Le film va faire un malheur

George FLIPO

lefilmvafaireunmalheur

Alexis Pirief est un jeune cinéaste de 31 ans très imbu de sa personne. Il attend le résultat du jury du Festival du Cinéma et Tiers Monde auquel il a présenté son film Zoubeida l’Africaine, rêve de gloire et de succès foudroyant et est persuadé de remporter la palme, l'admiration de tous, et surtout celle de sa petite amie Clara, une jeune publicitaire. La visite du sénateur-maire et président du festival prévue le conforte dans cette idée, et lorsqu'il ouvre la porte au fils de celui-ci, il tombe de haut, de même que ses rêves. Il accepte cependant la proposition qu'on lui fait, en pensant que cela pourrait malgré sa réticence à accepter, servir le film et lui ouvrir les coeurs et surtout les votes du jury : il va donc montrer son film en avant première aux détenus de la prison de Caen.

C’est à la fin de la projection qu'il fait la connaissance de Sammy Raggi, un caïd cinéphile qui veut qu'on tourne un film réaliste sur sa vie de truand. Alexis ne sait pas comment se débarrasser de l'importun et de ses questions, promet vaguement d'y penser, s'enfuit au plus vite de cet univers qui le dégoûte et lui fait peur, et oublie...

Mais Sammy, lui, n'oublie pas et a tôt fait de retrouver Alexis à sa sortie de prison...

Je ne vous raconterai pas la suite, pour ne pas gâcher votre surprise et votre plaisir face aux nombreux rebondissements et à la tournure que prend la vie d'Alexis, ainsi que celle de Clara et Sammy. J'ai beaucoup aimé ce roman, léger et drôle, que j'ai lu d'une traite, tenaillée par le désir de connaître le dénouement. Le style de Georges Flipo, alerte et moderne, permet de cerner parfaitement les personnalités des protagonistes, et l'on suit avec délice leurs pensées, leur évolution, les déboires auxquels ils sont confrontés, et les liens qui se tissent ou se dénouent entre ces trois personnes que le sort attache mais qui n'ont fondamentalement que peu de choses en commun. L'histoire est un peu abracadabrante, mais cela fonctionne à  merveille et nous sommes presque dans un roman policier tant l'intrigue est bien ficelée et le suspense omniprésent.

L'amour, l'amitié, la rancoeur, la jalousie, les sentiments des uns et des autres évoluent en un chassé-croisé permanent, les personnages sont attachants (bien qu'Alexis, par sa lacheté, sa fatuité et son arrogance soit souvent horripilant) et les relations improbables deviennent tout à fait crédibles grâce au talent de l'auteur. Le milieu de la pub, que Georges Flipo connait parfaitement, est épinglé avec humour, de même que celui du cinéma. J'ai particulièrement ri au passage où Alexis, à la demande de Sammy, lui fait un cours de littérature tout à fait original...

Le film va faire un malheur est, de plus, très cinématographique et j'imagine aisément qu'un film, un vrai, soit tourné à partir de ce roman, tant les ingrédients nécessaires au succès y sont présents, sans jamais cependant nuire à la vivacité du style fort agréable à lire de l'auteur. On lui souhaite donc tout le succès qu'il mérite, soit un "vrai malheur" !

Publicitaire de métier, Georges Flipo s’adonne à sa passion de l’écriture depuis plusieurs années. Une carrière qui l’a aidé à écrire certains de ses livres, tel le dernier, Le film va faire un malheur. Une plume qui a trouvé son chemin grâce à un pari lancé par sa fille en été 2002, quand il s’était blessé. Privé de vélo et « assigné à résidence », il s’est plongé corps et âme dans l’écriture...

Je n'ai pas encore lu tous ses ouvrages, mais j'avais déjà énormément aimé son recueil de nouvelles, Qui comme Ulysse.

images

Lily a beaucoup aimé, de même que Martine qui a publié son article sur Culturofil

Sybilline, elle, a été déçue et n'a pas apprécié l'humour de l'auteur

Le blog de l'auteur aussi sympathique que ses livres.

Posté par liliba à 21:43 - J'ai lu, j'ai bien aimé - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
« Accueil  1  2   Page suivante »