30 décembre 2008
Et une bonne Ch'tite année !
Ch'est bêta, mais cha me fait bien rire, et pis c'est la fin de l'année, et pis ch'est ma région d'adoption,
et pis voilà QUOI !
28 décembre 2008
La carte des Lecteurs Blogueurs Francophones
A l'initiative (géniale) de Madame Charlotte,
venez découvrir la carte des LBF !
Kesako ?
Une carte du monde sur laquelle, si vous allez vite remplir le formulaire Là , vous serez visible, oui, vous qui tenez régulièrement votre blog chéri, ainsi que tous les petits camarades de souris que vous cotoyez sur le net (tous les blogs francophones orientés littérature).
Une idée amusante, qui pourrait peut-être déboucher sur des rencontres par région, ou de nouvelles connaissances, au moins virtuelles...
Courrez-vite vous inscrire !
Vous pouvez visualiser la carte en cliquant tout en bas à droite sur le lien.
26 décembre 2008
Challenge ABC 2009
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Il n'est jamais trop tard pour changer d'avis...
Voici donc ma liste pour le challenge ABC 2009
ADLER Laure Adler et BOLLMANN Stéphane - Les femmes qui lisent sont dangereuses
BRASME Anne-sophie ‑ Le carnaval des monstres
CALVINO Italo - Le chevalier inexistant
DJAVANN Chahdortt – La muette
EPHRON Nora ‑ J'ai un problème avec mon cou !
FERNEY Alice - Grâce et dénuement
GERMAIN Sylvie ‑ L'inaperçu
HERON Christelle - Un jour, je serai grande ! (le livre écrit par Antigone)
ISHIGURO Kazuo ‑ Quand nous étions orphelins - Les vestiges du jour
JOURDE Pierre – L’heure et l’ombre mars 09 TTB
KRAKAVER - Into the wild
LITTELL Jonathan ‑ Les bienveillantes
Mc EWAN Ian - Expiation mars 09 TTB
NEMIROVSKY Irène ‑ Chaleur du sang
OATES Joyce Carol – Infidèle
PAASILINNA Arto – Le bestial serviteur du Pasteur Huuskonen
QUINT Michel ‑ Effroyables jardins
RHEIMS Nathalie ‑ Le cercle de Megiddo février 2009 - bof...
SZABO Magda – La porte
TEULE Jean - Le Montespan janvier 2009 - beaucoup aimé
UNGAR Antonio Les oreilles du loup
VACCA Paul - La petite cloche au son grêle
WELLS Rebecca – Les divins secrets des petites ya-ya
X – Xénakis ? bof, pas trop envie de la lire… et je n’ai pas d’autre idée pour le X, sauf si je triche un peu : je choisis Les onze mille verges de Guillaume Appolinaire, que j’ai lu, mais quand j’avais 15 ans, et en cachette, et je me souviens que c’était un peu… classé X ! J'ai vu aussi dans les listes des autres participants quelques chinois... je me tâte... Je vais également faire un tour à la biblio, peut-être aurais-je une illumination ?
YUMENO Kyusaku – Dogra magra
ZEMAN David ‑ Le syndrome de Pinocchio
24 décembre 2008
Joyeux Noël à tous !
Je vous souhaite à tous et toutes un très joyeux Noël, beaucoup de rires et de partages en famille ou avec vos amis
... et beaucoup de livres sous le sapin !!!
20 décembre 2008
U.V.
Serge JONCOUR
C'est l'été sur la Côte de Granit Rose et Vanessa et Julie se prélassent au bord de la piscine quand apparaît un inconnu, qui se présente comme un ami d'école de Philip, leur frère. Mais Philip n'est pas encore arrivé, même si on l'attend d'un jour à l'autre, et si la famille est sûre qu'il sera là quoi qu'il arrive pour tirer le traditionnel feu d'artifice du 14 juillet. Boris est cependant accueilli par toute la famille et sa présence les charme tous, il s'installe lui aussi dans ce lieu paradisiaque. Le père se prend d'amitié pour lui, les soeurs rivalisent de féminité pour le séduire, inconsciemment ou pas.
Boris est beau, il est bien élevé et charmant, c'est un convive parfait qui égaye les vacances un peu plan-plan de la famille, par ses idées de sorties, de promenade, qui semblent presque des folies tant elles sortent les uns et les autres du rituel familial. Il est irrésistible, il devient indispensable à la bonne réussite des vacances. Mais il est également mystérieux, étrange parfois, et seul André-Pierre, le mari de Vanessa, éprouve vis à vis de cet homme un sentiment de refus, presque de haine. Il ne le retrouve pas sur les photos de classe de Boris et s'interroge : d'où vient cet homme, qui est-il, que veut-il ? André-Pierre est le seul à connaître les secrets de Philip et ne conçoit pas l'amitié des deux hommes.
Une angoisse sourde monte, malgré le lieu paradisiaque, malgré le soleil, la mer. On devine que cet homme n'est pas celui qu'il prétend, on sent en lui une violence prête à exploser, on frissonne malgré la chaleur, comme les animaux sentent arriver l'orage bien avant les hommes. Philip n'arrive toujours pas et l'inquiétude grandit, la tension également, les non-dits deviennent pesants, comme autant de mystères, et cette atmosphère, autant que la chaleur qui sévit cet été-là, influe sur les esprits, échauffe les coeurs et les corps.
J'ai beaucoup aimé l'ambiance, l'atmosphère de ce livre, la différence entre le paradis de l'île, sa beauté, son climat et la lourdeur du secret, le coté sombre du personnage principal, la violence qu'on sent à fleur de peau. On découvre au fil des pages les secrets de chacun, ces secrets de famille dont on ne parle pas devant un inconnu, mais que Boris semble comprendre, presque connaître déjà. L'auteur distille le mystère au fil des pages, avec un style parfait, vif et moderne, mais léger. Rien de pesant en effet dans l'écriture, on oscille entre le drôle et l'inquiétant, l'humour est là, toujours, mais, sur cette petite île de Bretagne, on sent vraiment la peur monter, la violence roder...
Une belle lecture que ce petite livre, et une très intéressante étude de l'âme humaine, des comportements induits par notre éducation, nos habitudes, nos a-prioris... Par contre, j'ai été hyper frustrée de la fin, un peu en queue de poisson, à mon goût !
Un grand merci à Cécile, qui m'a très gentillement offert ce livre, comme récompense d'un petit jeu que j'avais gagné chez elle (Portrait chinois : si Cécile était un vin...)
17 décembre 2008
Le monde sans les enfants et autres nouvelles
Philippe CLAUDEL

Mot de l'éditeur :
Les enfants aujourd’hui ne s’en laissent pas conter, mais ce sont néanmoins des enfants, avec leurs angoisses, leur naïveté, leurs interrogations, leurs espoirs. Ces histoires, souvent cocasses et drôles, leur ouvrent une fenêtre poétique et parfois philosophique sur le monde. Au fil des pages, on croise des fées maladroites, des balayeuses de soucis, des chasseurs de cauchemars, des fillettes qui inventent des vaccins pour rendre les gens heureux, et d’autres personnages pleins de tendresse.
Toujours avec pudeur et émotion, Philippe Claudel aborde, grâce à eux, des sujets graves ou tabous, comme la maltraitance, la maladie, la guerre, la mort, la différence, mais aussi tout simplement ces petites peurs ou ces complexes que l’on doit vaincre pour devenir grand. Ces histoires à partager en famille sont une invitation au dialogue, au débat avec les adultes une fois le livre refermé car les grandes personnes oublient trop facilement les enfants qu’elles ont été, et leur responsabilité à l’égard des générations à venir. De superbes illustrations de Pierre Koppe accompagnent ce livre touchant et poétique, pour petits et grands.
Une jolie lecture que ces nouvelles, pleines de poésie et d'humour, parfois un peu tristes ou amères, mais toutes empreintes d'une grande tendresse avec à chaque fois sujet à réflexion ou discussion (dont certains tout à fait d'actualité : guerre, pauvreté, violence psychologique...). Je me suis régalée de ces courtes histoires, et j'ai eu la joie de retrouver Philippe Claudel, auteur que j'aime énormément (et qui confirme bien son talent : ces nouvelles sont très éloignées des livres qu'on lui connaît : La petite fille de Monsieur Linh, Les âmes grises, Le rapport de Brodeck, mais le style comme toujours est parfait, et beau. Ses histoires regorgent de métaphores, d'allitérations et de rimes ou jeux de mots, et bien que le vocabulaire reste simple et à la portée des enfants, on le sent choisi avec tout le soin et le talent de l'auteur). Les illustrations, telles des dessins naïfs d'enfants, participent à la beauté de l'ensemble.
Je me suis ensuite empressée de les lire à mes enfants, qui ont beaucoup aimé, notamment Le monde sans les enfants (en me menaçant de faire pareille que les enfants de l'histoire et de disparaître si je ne devenais pas une maman exemplaire...), ainsi que Le petit garçon qui entrait dans les livres. Mais toutes ces histoires sont jolies et toutes m'ont touchée ou amusée et tout l'art de ce livre est d'être destiné autant aux enfants qu'à leurs parents (d'autant plus s'ils sont, comme moi, restés de grands enfants !). Le résultat est savoureux, nous découvrons au fil des pages un poème, une fable, un conte... avec dans chacun des personnages les attractions et les terreurs ancestrales, mais modernisées en quelque sorte : les fées deviennent "has-been", les chasseurs de cauchemars sont au chômage, les grands-pères racontent des histoires ringardes, les cahiers ont une vie propre et ressentent des émotions, les enfants abandonnent leurs parents... Le monde est à l'envers, sans les enfants !
Quelques extraits, en vrac :
"Un beau matin, ou plutôt, un sale matin, oui, oui, un vraiment sale matin, quand les hommes ouvrirent l'oeil, ils se rendirent compte qu'il se passait quelque chose de bizarre. Pas de bruits. Pas de rires. Pas de gazouillis. Rien du tout : les enfants avaient disparu ! Quand je dis les enfants, je veux dire tous les enfants, partout dans le monde, dans tous les pays, dans toutes les villes, dans toutes les campagnes. On eut beau chercher, bien fouiller, mobiliser les pompiers, la police, les militaires, on ne trouva pas un seul enfant. La seule chose sur laquelle on mit la main, ce fut un morceau de papier un peu froissé où une très petite écriture malhabile, pleine de fautes d'orthographe, avait noté le message suivant : « On se fée tout le tems disputer, on ne nous écoutent jamais, on ne peux pas rigolé quand on veux, on doit se coucher trop taux, on ne peut pas mangé de chocollat au lit, il fôt toujours qu'on se brosse les dents : on en a assez des grands : on s'en vat. On vous lesse !" Et c'était signé : "Les zenfants."
"Ce jour-là comme d'habitude il avait voulu jouer avec les autres, mais une fois encore les autres l'avaient chassé. Alors Lucas s'était assis sur le banc, en dessous du marronnier, tout penaud. Les larmes lui venaient aux yeux.
La maîtresse s'en était rendu compte et s'était approchée de lui. "Tiens, avait-elle dit, tu ne seras plus jamais seul." et elle lui avait tendu un livre. Lucas l'avait pris, ouvert, avait lu le premier mot, la première phrase et soudain pfffttt, il avait été comme aspiré ! Il était entré dans le livre, d'un coup, comme s'il avait plongé sur un toboggan qui n'en finissait pas."
Je recopie aussi pour vous la quatrième de couverture, que je trouve aussi jolie que les histoires qu'elle accompagne :
Vingt histoires, à dévorer, à murmurer, à partager Vingt manières de rire et de s'émouvoir.
Vingt prétextes pour penser à ce que l'on oublie et pour voir ce que l'on cache.
Vingt chemins pour aller du plus léger au plus sérieux, du plus grave au plus doux.
Vingt façons de se souvenir de ce qu'on a été et de rêver à ce que l'on sera.
Vingt regards pour saisir le monde, dans sa lumière et dans ses ombres.
Vingt raisons de rester des enfants ou de le redevenir.
Vingt sourires.
Vingt bonheurs.
Vingt battements de cœur.
Interview de l'auteur. Fantasio l'a lu et l'a également beaucoup aimé.
A offrir pour Noël !
14 décembre 2008
L'échange
Film de Clint Eastwood

avec Angelina Jolie, John Malkovich, Jeffrey Donovan...
Un samedi matin de 1928, dans une jolie maison de la banlieue de Los Angeles, Christine Collins dit au revoir à Walter, son fils de 9 ans, en lui promettant de rentrer bien vite de son travail pour qu'ils puissent aller au cinéma, comme promis. Lorsqu'elle revient chez elle en fin de journée, le garçon n'est plus là. Elle appelle aussitôt la police, mais ceux-ci (c'est la procédure) ne mettent en route les recherches que 24 heures après la disparition. Commence alors pour elle le calvaire de l'attente, jusqu'au jour où la police l'appelle pour lui annoncer qu'on a retrouvé l'enfant sain et sauf. Sauf que le garçon qu'on lui ramène n'est pas son fils, mais un inconnu qui l'appelle pourtant maman, et avec lequel elle est prise en photo par la presse. La police, qui a absolument besoin de redorer son image de marque en cette période où nombre de concitoyens commencent à se rebeller contre la corruption ambiante, la loi de la jungle instaurée, et la terreur de la répression, lui affirme que c'est bien son enfant, et va tenter par tous les moyens de la faire taire.



J'ai adoré ce film, mais je vous préviens que j'ai pleuré comme une madeleine, presque tout du long ! L'histoire (vraie) est poignante, et est extrêmement bien jouée par les acteurs, notamment Angelina Jolie, toute en sobriété dans son immense douleur et son désarroi (et qui sait -presque- faire oublier sa beauté, tant elle vibre et vit tout au long de l'histoire). John Malkovich joue pour une fois un rôle de gentil (à la perfection, comme tout ce qu'il fait), et le méchant de l'histoire, le policier obtus, est parfait dans sa raideur et son indifférence, sa froideur et son détachement...
Je ne peux plus depuis laisser mon fils de 10 ans partir seul à l'école sans une angoisse sourde... Mais plus encore que l'enlèvement de l'enfant (chose abominable, mais bien malheureusement "courante" de nos jours, il suffit d'ouvrir les journaux), c'est le vide auquel est confronté cette femme qui m'a bouleversé : tout d'abord, elle élève seule son enfant, donc n'a pas vers qui se tourner pour s'épauler, se faire consoler, puis tous les services de la police, qui sont censés être là pour aider les gens, se liguent quasiment contre elle, jusqu'à la faire prendre pour folle ! Je ne vous dirai pas un mot de plus pour ne pas vous dévoiler la fin, mais courrez vite au cinéma voir ce film beau et sobre et triste mais pas mélo, difficile mais sans violence, du bon cinéma comme on aime, et comme on ne voit peu.

11 décembre 2008
Un p'tit café... What Else ?
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Et un p'tit clin d'oeil à Cécile, qui sévit sur son truculent blog Quoi de 9, et qui m'avait bien fait rire dans un de ses articles ... (mais c'est souvent, que je ris, chez Cécile...)
En ces périodes de course aux cadeaux de Noël, je pense à vous en sirotant tranquillement un p'tit café, et en rêvant un peu à Monsieur Café himself...

Ce n'est pas de la pub ! Juste qu'avec un tel homme, je pourrais boire du café jusqu'à plus soif, et au bout de la nuit... (désolée, mon toudou, tu es plein de qualités et je t'aime, mais là, c'est un cas de force majeure, et tu ne peux pas combattre contre George !)
raaaahhhh lovely ! Père Noël, s'il vous plait, je le voudrais dans mes chaussons !
Pour le ou la première qui me contacte, j'ai un bon d'achat de 70 € pour l'achat d'une machine Nespresso system, c'est Noël !
(attention, vous êtes prévenus que tout abus de ce breuvage peut nuire à votre santé, et que l'auteur dégage toute responsabilité en cas de problème !)
09 décembre 2008
Mon beau sapin

Une jolie idée que ce sapin créé par Pénélope Bagieu ! Allez vous promener sur le site de Mon Beau Sapin : chaque jour, un dessinateur y publie une planche de BD en rapport avec Noël et chaque visite est comptabilisée. Orange, partenaire, reversera une somme proportionnelle au nombre de visiteurs à la Croix Rouge pour offrir des cadeaux aux enfants défavorisés.
Voilà comment faire une bonne action tout en s'amusant !
06 décembre 2008
Histoire de PAL

Jules a lancé l'idée de photographier nos PAL afin qu'elles nous racontent une histoire. J'avais trouvé cela marrant et sympa, mais comme tout ce qu'on ne fait pas tout de suite (ah, procrastination, quand tu nous tiens !), j'ai oublié... jusqu'à ce que je tombe ces derniers jours sur un billet de Valdebaz, qui m'a donné l'envie moi aussi de vous faire partager ma PAL...


Bien sûr, je vous ai déjà souvent raconté des Histoires déglinguées, mais celle-ci mériterait d'être inscrite dans Le carnet d'or, ou bien de figurer dans Une page d'histoire, comme un exemple de la bêtise des hommes... Mais, Parce que je t'aime, toi, cher et fidèle lecteur, je veux te faire partager aujourd'hui Les divins secrets des petites yaya, et te prévenir que Les bienveillantes, ces jeunes filles charmantes dont les jeunes hommes rêvent en secret ne sont pas si bienveillantes que cela...
C'est tout d'abord l'histoire d'une Passion simple, qui comme beaucoup d'histoires entre amoureux débute dans La chambre. La femme fut Infidèle mais lui ne le sait pas encore, et bien que son prénom soit synonyme de lumière, on pouvait la surnommer aussi Clara et la pénombre, tant elle était secrète, étrange, perdue même parfois Into the wild, jusqu'à des Brooklyn follies qui faisaient peur à ses proches... Mais comme elle était belle, et drôle, et originale, on lui passait toutes ses folies, ses lubies...
Ce soir-là, elle avait trouvé pour son ami un Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants, et elle avait organisé un rendez-vous dans La chambre d'Albert Camus, cette fameuse chambre dont elle attendait inspiration, ambiance particulière... Elle avait mis à ce rendez-vous quelques impératifs, il fallait endosser un rôle, se déguiser, et il devrait, pour avoir accès aux charmes de la belle, tenir scène, déclamer son amour, bref, la séduire encore. L'amant, ponctuel, comme le lui avait conseillé son vieil ami plus au fait de ce genre de situation ("N'attendez pas trop longtemps, et ne la faites pas trop attendre, elle !") s'était présenté comme Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen, un géant qui faisait peur, Le colosse d'argile en personne, car il savait la jeune femme éprise d'hommes forts, dont le corps musculeux l'attirait plus que tout. La rencontre se déroula fort bien, les deux étaient tout à leur affaire, jusqu'à ce que l'homme commençât à se vanter de son succès auprès de la gent féminine et à arguer que Les onze mille verges du poème d'Appolinaire n'arrivaient en qualité pas à la sienne, bien plus apte à satisfaire l'appétit féroce de sa dulcinée... Mais celle-ci éclata soudain de rire et se mit aussitôt à dénigrer son partenaire, lui annonçant derechef qu'il n'était pas le seul dans sa vie, bien au contraire, vu ses piètres qualités d'amant, et qu'elle ne le gardait que parce qu'il était docile, un peu benêt, parfaitement malléable et très musclé... Celui-ci fut piqué au vif, on peut le comprendre et prit au premier degré toutes ces remarques, ces insultes, ces Petites infamies contre sa personne, et la nuit qui avait si bien commencé, qui devait être une longue nuit d'amour n'augurait plus rien de bon. La promesse de l'aube qui arrivait le transforma en Un ange sans pitié et il s'en prit au cou de la belle, serrant et serrant pour enfin la faire taire, éteindre ses paroles blessantes...
C'est ainsi que le lendemain, on put lire dans le journal le gros titre Mort à Dunkerque, et c'est ainsi que l'homme se retrouva avec la Chaleur du sang sur les mains, métamorphosé par son acte criminel, comme Kafka sur le rivage, empli de remords, ne pensant plus qu'à elle, celle qu'il avait tuée alors qu'il l'aimait, tuée pour qu'elle se taise, et qu'il appelait en cachette dans son coeur meurtri La muette... Il alla cependant à l'enterrement, et même avant avec la famille pour la voir une dernière fois dans La chambre des morts, pour tenter peut-être de trouver une Expiation à Die Sünde der Engel. Mais bien que La nostalgie du fossoyeur fut tout à fait flagrante, rien n'y fit et il repartit seul et malheureux, avec le poids de sa faute sur les épaules. Il vécut ainsi A year in the merde jusqu'à son suicide réussi, et pour lequel il laissa un mot narrant toute l'histoire.
FIN !
Merci Jules pour cette bonne idée, je me suis bien amusée !
(et les enfants pensent que je suis définitivement timbrée, m'ayant observée pendant plus d'une heure à quatre pattes en train de faire des piles de livres, de les défaire, de prendre d'autres livres, de parler toute seule...)



















