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"Ecoutez la mort!

Quand la Mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter.
Une histoire étrange et émouvante où il est question
- dune fillette ;
- de mots ;
- d'un accordéoniste ;
- d'Allemands fanatiques ;
- d'un boxeur juif ;                                                                                                           - de vols."

 

L'histoire de Liesel Meminger débute en Allemagne en 1939, alors que dans un train qui les emmène vers une vie nouvelle, la Mort s'empare du petit frère de la fillette. La mère en effet ne peut plus s'occuper seule des deux enfants, alors que le père a "disparu", emporté par son adhésion au communisme, et s'est résolue à confier ses enfants à une famille d'adoption.

Liesel voit donc son petit frère emporté par cette Mort, qui est le narrateur du roman. Celle-ci remarque la fillette, et tout au long de sa vie, viendra lui "rendre visite", intriguée par le caractère fort de l'enfant, par sa farouche volonté et son envie de vivre. Pendant l'enterrement du petit garçon, Liesel ramasse dans la neige un livre, perdu par un employé du cimetière, et, alors qu'elle ne sait pas encore lire, elle pressent que ce livre deviendra son bien le plus précieux, peut-être sa protection contre le monde fou qui l'entoure, et contre la Mort qui rode autour d'elle et ne cesse d'emmener avec elle hommes, femmes, jeunes et vieux, travaillant d'arrache-pied en cette période de guerre... D'autres livres se trouveront sur le chemin de Liesel, qu'elle prendra également (volera), ressentant un appel puissant de la part de ces objets, comme s'ils voulaient lui faire partager les mots, les émotions, les expériences qu'ils contiennent. Et c'est la Mort, qui tel un ange veille sur Liesel tout au long de sa vie, qui surnomme l'enfant "la voleuse de livres".

Poussée par un incoercible besoin de comprendre ce qu'il se passe autour d'elle, Liesel, avec l'aide de Hans, son père adoptif, décide d'apprendre à lire. Le vieil homme, tout en lui enseignant la lecture, réussit à calmer Liesel, à canaliser ses angoisses, notamment nocturnes, et une complicité très forte naît rapidement entre eux deux. La petite "Saumensch", comme l'appelle sa mère adoptive, grande gueule bourrue jurant comme un charretier pour cacher sa sensibilité et sa tendresse, s'insère dans la famille et dans le quartier, où elle se fait des amis, dont Rudy, son meilleur ami, confident et complice d'aventures.

Une visite impromptue vient rompre le cours de la vie tranquille familiale (tranquille, tout en relatif : nous sommes tout de même alors en 1942 environ, la guerre bat son plein, et même les allemands en ressentent les effets). Max, jeune homme juif en fuite, est hébergé par les parents adoptifs de Liesel, et la petite fille, par sa tendresse, sa ténacité et son amour, et grâce aux livres et à leur pouvoir presque magique, arrive à le soustraire, au moins momentanément à la mort qui toujours rode autour d'eux, à la recherche de "proies".

Ainsi la mort est témoin de la folie des hommes, et c'est avec un humour aussi noir que cette triste et douloureuse période de l'histoire que l'auteur nous plonge dans le quotidien de l'Allemagne, et dans la souffrance et l'horreur que, eux aussi, ont vécu (intéressant de voir pour une fois l'autre bout de la lorgnette...). Plein d'optimisme malgré tout, le roman nous plonge avec curiosité, et délices même, dans cette guerre inhumaine, et c'est grâce à Liesel, son caractère attachant, et les protagonistes de l'histoire aux personnalités complexes et romanesques que j'ai dévoré de bout en bout cette histoire, dont la construction est pour le moins originale et surprenante.

 

 

Les premières lignes

 

MORT ET CHOCOLAT

D'abord les couleurs.
Ensuite les humains.
C'est comme ça que je vois les choses, d'habitude.
Ou que j'essaie, du moins.

UN DETAIL
Vous allez mourir.

En toute bonne foi, j'essaie d'aborder ce sujet avec entrain, même si la plupart des gens ont du mal à me croire, malgré mes protestations. Faites-moi confiance. Je peux vraiment être enjouée. Je peux être aimable. Affable. Agréable. Et nous n'en sommes qu'aux «A». Mais ne me demandez pas d'être gentille. La gentillesse n'a rien à voir avec moi.

RÉACTION AU DÉTAIL CI-DESSUS
Ça vous inquiète ?
Surtout, n'ayez pas peur.
Je suis quelqu'un de correct.

Une présentation s'impose. Un début.
J'allais manquer à tous mes devoirs.
Je pourrais me présenter dans les règles, mais ce n'est pas vraiment nécessaire. Vous ferez bien assez tôt ma connaissance, en fonction d'un certain nombre de paramètres. Disons simplement qu'à un moment donné, je me pencherai sur vous, avec bienveillance. Votre âme reposera entre mes bras. Une couleur sera perchée sur mon épaule. Je vous emporterai avec douceur.
À cet instant, vous serez étendu (je trouve rarement les gens debout). Vous serez pris dans la masse de votre propre corps. Peut-être vous découvrira-t-on ; un cri déchirera l'air. Ensuite, je n'entendrai plus que mon propre souffle et le bruit de l'odeur, celui de mes pas.

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Critique mitigée chez Karine et chez Clarabel Par contre, Lilly a beaucoup aimé et Clochette a mis un coeur. Coup de coeur également chez Femme Actuelle . Que ceux que j'ai sûrement oubliés notent le lien de leur billet dans les commentaires !

 

 

 

 

La Voleuse de livres de Markus Zusak a obtenu le prix Millepages Jeunesse décerné par les librairies Millepages. L'auteur a 30 ans, et a déjà écrit plusieurs livres, tous primés. Interview et biographie sur O Editions.

Le roman est aussi publié en Pocket Jeunesse à partir de 12 ans (ce que je trouve très jeune pour un tel livre, qui baigne profondément dans l'ambiance et les horreurs de la guerre - à faire lire par un enfant très mature, ou bien avec explications et commentaires du texte par un adulte).

 

Quelques extraits de la presse :

« Cette fable singulière envoûte par son audace et son originalité. » Questions de femmes

« La Voleuse de livres célèbre l’amour de la lecture, les liens familiaux, la solidarité humaine. De quoi attendrir la Mort elle-même. » Le Monde des livres

« La Voleuse de livres est donc d’abord un grand récit, habité par le talent narratif éblouissant de l’auteur. » France Info, Les enfants des livres, Emmanuel DavidenkoffDavidenkoff

« Un livre original et bouleversant, nimbé de poésie, et qui revisite les idées reçues sur la résistance au nazisme en Allemagne. » Phosphore

« Un livre irrigué d’humour noir et d’humanisme. (...) Au-delà de la peur et du mal, ce jeune auteur australien nous insuffle l’espoir. », Notre Temps

« Ce roman a une portée universelle. (...) L’auteur a réussi un livre très touchant et très poétique. » Livres Hebdo