Les lectures de Lili... Et un peu de ma vie aussi...

16 avril 2008

Hymne à la haine

Dorothy PARKER

Qui m'haine me nuise...

haine

Première édition en français des Hymnes à la haine. Des poèmes sur toutes les personnes, ou catégories de personnes qui insupportent Madame Parker... On se demande s'il en reste qui ont la grâce d'être épargnés par cette hargne vacharde et fielleuse, et on comprend bien que cette femme se soit fait des ennemis un peu partout et ait fini seule, malheureuse et misérable... Je dirais même, bien fait pour elle !

Le style est bien sûr incisif et le trait assez exact, souvent même truculent et terriblement réaliste, mais je crois que le fait de lire ces textes réunis en un livre les tue : on s'amuserait à en lire un de temps à autre, à se moquer un peu de ces gens, à reconnaître même peut-être quelqu'un de notre entourage... mais là, on se demande quel sera le prochain "épinglé" et j'avoue que j'ai assez rapidement saturé... Madame Parker aurait du essayer d'exorciser son mal-être d'une autre façon qui lui aurait sans doute été moins néfaste, et elle aurait également du relire ses classiques : dans ses Caractères, La Bruyère n'épargnait lui non plus pas vraiment ses modèles, mais il le faisait avec plus de finesse et de "rondeur"... Question d'époque, ou de talent ?

Extraits :

"Je hais les Femmes : Elles me portent sur les nerfs.

Il y a les Femmes d’Intérieur…

Ce sont les pires.

Chaque instant est ficelé de Bonheur,

Elles respirent avec méthode

Et pour l’éternité se hâtent à grand pas vers la maison

Où il faut surveiller le dîner…

Il y a aussi les douces

Qui disent avec un tendre sourire « l’argent ne fait pas le bonheur »

Et ne cessent de me faire admirer leur robe

En me confiant : « je l’ai faite moi-même »…

Et vont épluchant les pages féminines des magazines,

Toujours à essayer de nouvelles recettes…

Ah, que je les hais, ces sortes de femmes !

Et puis il y a les Petites Fleurs Sensibles […]

Et puis, il y a celles qui ont toujours des Ennuis […]

Et puis, il y a les Madame-Je-Sais-Tout […]

...

Je hais les Hommes : Ils ont le don de m’irriter.

Il y a d’abord les Penseurs Austères […]

Et puis les Monsieur Muscle […]

...

Je hais la Famille : Elle me donne des crampes d’écriture !

Il y a d’abord les Tantes :

Même les meilleurs d’entre nous en ont […]

Et puis aussi les Belle-Sœurs,

Ces Maux Nécessaires du Mariage… […]

Et encore les Neveux…

Cette basse espèce de la vie animale… […]

Et enfin les Maris…

Cette Croix que porte la Femme Blanche. […]

Posté par liliba à 17:51 - J'ai lu, je n'ai pas aimé - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

J'aime bien ce poème, mais je pense qu'à force lire un receuil entier me lasserait...

Posté par val, 16 avril 2008 à 23:37

Exactement ! A force de critiquer tout le monde, ça perd de sa force et surtout le coté drôle qu'on peut y trouver au début...

Posté par liliba, 16 avril 2008 à 23:48

quand on est arnaqué à chaque coin de rue, quand on n'entend que mensonges et trahisons, quand on subit malversations et chagrins de la part de ceux-là même qu'on aime, on peut être d'accord avec Mme Parker! Il aurait seulement fallu au moins "arrondir" un peu....

Posté par majic, 17 avril 2008 à 20:19

Parker est une merveille. J'ai une amie traductrice qui a créé ce site superbe : http://dottyparker.blogspot.com/ Je te le recommande!

Posté par Magda, 17 avril 2008 à 20:25

Ouh ! Je ne veux pas encourrir vos foudres, nous nous sommes mal compris !!! Les textes de Dorothy Parker sont effectivement magnifiques, l'écriture est rare et originale MAIS je trouve seulement domage d'avoir réunis en un recueil tous ces Hhymnes à la haine qui, pris séparément sont excellents de justesse et de vision (il faut aimer regarder les gens pour les "voir" aussi bien), mais que justement il ne faut surtout pas lire à la suite les uns des autres, car, comment dire, l'abondance tue la qualité, vous me comprenez ??? J'aurais du en lire un, laisser tomber le livre et ne le reprendre qu'après quelques jours, et je suis sure que mon commentaire aurait été beaucoup plus positif...

Posté par liliba, 17 avril 2008 à 21:07

Elle y va fort en effet !!!

En effet, Les Caractètes de La Bruyère qui restent un de les livres de chevet de toujours, une telle finesse psychologique et intemporel !

bisou du soir
Servanne

Posté par Servanne, 23 avril 2008 à 20:40

Très juste critique Liliba!! Parker est géniale, mais à petites doses. Encore que dans le livre "Comme une valse", elle se moque également d'elle-même et essaime quand même une certaine tendresse

Posté par sybilline, 28 mai 2008 à 16:42

J'ai découvert Parker avec ce livre, et même si j'ai lu la préface, je n'étais pas trop préparée à ce qui m'y attendait ! J'essayerai "Comme une valse".

Posté par liliba, 28 mai 2008 à 17:30

Oui, c'est à double tranchant et comme tu le dis il y a le ton qui peutêtre aigri et revanchard.

Posté par Anis, 16 avril 2011 à 09:42

@ Anis, en lisant, j'ai eu l'impression que cette femme avait dû être bien malheureuse et qu'elle recrachait en quelque sorte sa haine des autres... mais le regard est juste et le trait acéré, il faut la découvrir !

Posté par Liliba, 16 avril 2011 à 12:01

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